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12 juin 2008

Commentaires

BA

Sur le site de Liberation.fr , Alain Duhamel écrit le jeudi 12 juin : « L'Irlande se prononce aujourd'hui par référendum sur le traité européen de Lisbonne, c'est à dire sur le traité institutionnel simplifié, raccourci et atrophié qui cherche à rendre possible le fonctionnement à 27 d'une Union bâtie pour six pays. »

Alain Duhamel est toujours aussi menteur.

1- Le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié, raccourci et atrophié. Le traité de Lisbonne officiel est lisible à cette adresse :

http://consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/st06655.fr08.pdf

Le traité de Lisbonne fait 478 pages ! Deux fois plus que le Traité établissant une constitution pour l’Europe !

2- Le traité de Lisbonne n’est pas un traité institutionnel. Il aborde des dizaines de sujets qui ne sont pas institutionnels. Il aborde des dizaines de sujets qui sont politiques.

Exemple :

« Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »

Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206, page 182.

Ozenfant

Eric Dupin,
D'accord avec vous sur presque tout !
Mais le PS, qui à essayé le gateau sans sucre de 1981 à 1983 puis le gateau à sans beurre après 1983, ne pourrait-il pas avoir l'idée d'utiliser beurre pour le social ET sucre pour l'économie.

Vous qui les connaissez expliquez leurs que la pluspart des pays dont l'économie marche mieux que la nôtre font çà !

Ce n'est pas économie réaliste OU social.
C'est économie réaliste ET social fort.

C'est aussi aides sociales moins généreuses avec les hauts revenus et plus généreuse avec les bas revenus.
Mais bon, là faut pas rêver... clientèle bobo oblige !

françois

D'accord avec vous Eric Dupin, la Gauche attend de la Gauche qu'elle soit de Gauche ce qui suppose que la rue de Solférino se transporte de temps en temps dans les banlieues, le métro du matin, les caisses de supermarchés...
L'abstention du jour sur les conditions de rupture du contrat de travail est un bien mauvais signe.

flamant rose

S'il y a une élection qui aurait pu se gagner ni à droite ni à gauche c'est bien celle 1974, l'année ou fut élu Valery Giscard d'estaing.

Le 16 septembre 1969 j'avais 20 ans. La majorité présidentielle était composée de 3 partis, le centre démocrate et progrès, les républicains indépendants et bien sur l'UDR. Ce jour là un homme est monté à la tribune de l'assemblée nationale et a fait un discours mémorable sur la société telle qu'il la voyait. Dans ce discours Jacques Chaban Delmas ( vous aviez deviné) décrit sa vision de la société pour les années à venir.

Chaban à commis une erreur et il le reconnaît. Il n'a pas suffisamment porté attention à la formation politique à laquelle il appartenait, il pensait dit-il « jouir automatiquement de la confiance des siens et que nul parmi eux ne pouvait mettre en doute sa détermination de maintenir ses orientations fondamentales » Cela ne vous fait-il pas penser à quelqu'un ?

Chaban voulait dit-il reprendre l'effort de mutation de la société au point où le général de Gaulle avait dû l'interrompre. Cette politique transcendait les notions de droite et de gauche avec la seule volonté d'épouser le siècle. Cette volonté ne vous fait-elle pas penser à quelqu'un ?

Pour Chaban il s'agissait écrit-il de prendre conscience de la gravité des blocages qui à cause de la faiblesse économique, de centralisation bureaucratique et de conservatisme social paralysent l'évolution dans tous domaines, à tous niveaux. Cette vision ne vous fait-elle pas penser à quelqu'un ?

Et Chaban de continuer : L'existence d'un corps de fonctionnaires, souvent excellents, est allé de pair avec la prolifération d'un état tentaculaire. L'impuissance de l'état est à la mesure de son omniprésence, son efficacité en proportion inverse de la multiplicité de ses objectifs. Cette prise de position ne vous fait-elle pas penser à quelqu'un ? Et à une réforme : La RGPP ?

Chaban de poursuivre. La France est un pays alourdi dans sa marche qui, faute de pouvoir secouer à temps les conservatismes, s'en remet aux idéologies extrêmes, au délire partisan, aux tempêtes de mots, et ne parvient jamais à accompagner des réformes qu'en se donnant l'apparence des révolutions. Ce constat ne vous fait-il pas penser à quelqu'un qui fait le même et qui veut lutter contre ces conservatismes ?

Et enfin Chaban de dire: Après avoir si longtemps retardé les échéances, la France s'est trouvée obligée de les affronter toutes. N'est ce pas ce qu'est obligé de faire quelqu'un que vous connaissez ?

Alors après avoir dit qu'il y avait du gaullisme en Sarkozy , je dis aujourd'hui qu'il en lui une vision Chabanisme n'en déplaise à ceux qui n'ont qu'un seul but,celui de le démolir et qui essaient de le faire passer non seulement pour un affreux réactionnaire rétrograde mais comme cela ne leur suffit pas pour un traître aux origines gaullistes qu'il revendique et qu'il possède sûrement plus que d'autres qui se réclame du général.

In fine je ne prétends pas avoir de réponse à fournir à Eric Dupin en ce sens que pour la majorité je ne sais pas s'il faut creuser le sillon de la rupture libérale mais par contre j'ai la conviction qu'il ne faut pas tenter de renouer avec les charmes du populisme quitte à en supporter les conséquences. D'abord l'intérêt de la France et ça c'est une posture gaulliste.

Ci dessous le discours de Jacques Chaban Delmas le 16 septembre 1969 à l'assemblée nationale

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Chaban1969.asp

Et « l'ardeur » de Jacques Chaban Delmas chez Stock 1975


Franck Boizard

Le PS se «molletise» : ces minables (désolé de ma brutalité, je vous livre le fond de ma pensée) manœuvrent de manière à perdre les élections nationales, fuyant les responsabilités et les risques (les lâches), pour s'assurer , par effet de balancier, les victoires locales, qui permettent de sombrer dans les délices du clientélisme (aux frais du contribuable, bien entendu, car ce sont des voleurs, qui achètent leur popularité avec l'argent des autres).

BA

En cas de NON, le résultat du référendum irlandais sera contourné fin 2009, début 2010, à l’occasion de l’entrée de la Croatie dans l’Union Européenne. L’aristocratie européenne profitera de cette occasion pour rajouter quelques protocoles au traité d’adhésion de la Croatie. Lisez cet article insupportable à cause du cynisme dont fait preuve cette aristocratie européenne :

« De hauts responsables à Bruxelles préparent des plans pour s'assurer que le traité de Lisbonne sera bien appliqué ailleurs au cas où l'Irlande le rejetterait par référendum. Des mesures comme la création d'un président de l'Union européenne (UE), d'un ministre des Affaires étrangères et de services diplomatiques seront peut-être retardées, mais elles devraient malgré tout finir par être mises en place.

A en croire un diplomate, un "mécanisme de soudure" serait en discussion. Si l'Irlande rejette le traité, peut-être sera-t-elle simplement retirée de la liste des signataires. Elle ne serait ainsi pas légalement contrainte d'en respecter les clauses.

D'ici à la fin de 2009 ou au début de 2010, quand la Croatie entrera dans l'UE, un "traité d'adhésion" ayant valeur d'amendement sera voté par tous les membres, y compris Dublin. Il comprendrait une série de protocoles prévoyant sur le papier des "issues" aux problèmes que l'Irlande peut avoir avec l'UE, comme les pouvoirs fiscaux ou une plus grande coopération militaire.

Ces textes ne seraient pas sans rappeler les clauses d'exemption dont dispose le Royaume-Uni sur la Charte des droits fondamentaux et les questions sociales dans le traité de Lisbonne actuellement ratifié à Westminster. Comme le reste de l'Europe, l'Irlande n'organise pas de référendums sur les traités d'élargissement de l'UE. Avec les nouveaux protocoles, Dublin pourrait faire passer un traité d'adhésion au Parlement irlandais sans avoir recours à une consultation du peuple.

"Ce mécanisme ne serait pas plus incompréhensible ou légaliste que le traité lui-même", déclare-t-on de source officielle. "Il n'est probablement pas plus compliqué que les allées et venues qui ont été nécessaires pour transformer le Traité constitutionnel en traité de Lisbonne après son rejet par les Français et les Néerlandais. Tout est une question de temps."

Bruno Waterfield
The Daily Telegraph

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=86648

Ozenfant

BA,
Mais alors ce n'est plus l'hypocrisie chère à la démocratie... c'est carrément le cynisme propre à la dictature, ou bien ?

BA

13 heures : le NON largement en tête à 59 %.

" Counting of votes in the Lisbon Treaty referendum began at 9am today, and early tallies from around the country showing the vote leaning towards the No side.
In Mayo, the vote appears to be 60-40 per cent in favour of the No camp with the majority of boxes counted. There was a 52 per cent turnout. Fine Gael leader Enda Kenny and the party’s MEP Jim Higgins are conceding that the No campaign have won in Mayo.
Galway West with all boxes counted tallies indicate 53.95 per cent No to 46.05 per cent Yes. There was a significant No vote in rural areas, including 84 per cent voting No parts of Connemara, such as Carna and Cliften.
Minister for Community, Rural and Gaeltacht Affairs Éamon Ó Cuív is conceding defeat for the treaty in the constituency.
In Galway East constituency, the trend from tallies also appears to be against the treaty by a narrow margin with most of the 149 boxes opened. In Tuam, the heartland of Libertas founder Declan Ganley, the No votes were two to one ahead.
Finalised tallies in Cork North Central indicate a two to one vote against the treaty. Cork South Central also appears to be leaning towards a No vote but by a smaller margin. A strong No vote has been reported in Minister for Education Batt O’Keefe’s home town of Ballincollig.

In Dublin South-West, there is a report 60 per cent - 40 per cent split in favour of the No side, and this 60:40 tally is repeated in Dublin North-West, Dublin Central, and Dublin North-East.
Elsewhere in the country, tallies from Limerick West indicate a 59 per cent No vote and a 41 Yes vote.
Tipperary South tallies show 50.3 per cent Yes and 49.7 per cent No vote, while Tipperary North tallies indicate a 50:50 split.
Initial tally figures from Sligo-Leitrim suggest a 66 per cent No vote, Roscommon-South Leitrim indicates a 55 per cent No vote, while Donegal South-West (55 per cent No) and Donegal North-East (63 per cent No) are also showing an anti-Lisbon trend.
In Louth, the tally split was reported to be a 57 per cent - 43 per cent in favour of No. In Meath West and East, the split shows a 60-40 percentage advantage to the No side.
In Cork, the trend also appears to be in favour of the No vote. In Cork North-Central, for example, the tallies are running 65 per cent No, 35 per cent Yes. In neighbouring Kerry, tallies are pointing toward a substantial 60 per cent vote against the Treaty.
Both Kildare constituencies appear to be bucking the trend, however, with early tallies indicating a 57 per cent - 43 per cent vote in favour of Lisbon.
The tallies indicate there has been a strong No showing in rural areas and in working-class urban areas, while there appears to be less support for the treaty in middle-class urban areas than had been expected.
The tallies are early at the moment, however, and all boxes are not opened yet.
Polling stations closed at 10pm last night after 15 hours of voting in the referendum, the result of which will determine the future development of the European Union and its institutions.
Voting began at 7am, and stations in 43 constituencies were open until 10pm to encourage as many people as possible to vote.
Turnout was reported at about 40 per cent by 9pm, up from 20 per cent in some constituencies by mid-afternoon. In general, turnout was reported to be higher in city areas than in rural areas.
By the time polls closed at 10pm last night, around 50 per cent of the three million people registered to vote were understood to have cast their ballots.
Both the No and Yes sides of the treaty debate expressed confidence that the result will go in their favour, but the result may be tight with 17 per cent of voters still undecided in a poll last weekend.
There is concern in other EU countries about the impact of the decision by Irish voters, and the French and German governments are expected to make a joint statement later today once the Irish result is known.
Full coverage of the referendum results will be available on The Irish Times website (http://www.ireland.com/focus/thelisbontreaty), with reports and analysis along with audio commentary from the count centre at Dublin Castle. Results from the count centres will be updated live throughout the day.
Ireland was the only country to hold a referendum on the Lisbon Treaty.


http://www.ireland.com/newspaper/breaking/2008/0613/breaking1.htm

hanse

@flamant rose :à deux mois près,nous sommes de la même génération(vous me devez néammoins,de peu le respect)
Mais ,franchement,qui se souvient aujourd'hui de la nouvelle société de Chaban?
En politique c'est une faute d'avoir raison trop tôt...et de profiter des niches fiscales (tiens à l'époque on parlait de l'"avoir" fiscal,aujourd'hui,c'est la "niche"...
Sujet :"comparez la caverne de Platon,le tonneau de Diogène et la niche de Chaban!"

Ozenfant

Le Paon de Neuilly va bientôt pouvoir s'écrier:

"L'Irlande m'a tuer" ?????

Ozenfant

Pas cons les Irlandais, d'autant qu'on s’est saigné a blanc pour eux, sans même leur demander de participer à la défense et à l’absorption d’une partie de “nos immigrés”.

J’étais dès le début un grand fan de l’Europe, mais de quelle Europe ? : C’est çà ! L’important (et non pas la rose ! )
Les commentaires fustigeant le peuple Irlandais et avant cela les peuple Français et Hollandais (de la part de gens qui se disent démocrate), montre à quel point les Privilégies Institutionnels Diplômés peuvent oublier le sens des mots.

Les “PID” veulent bien être démocrates quand le peuple est d’accord avec leurs certitudes !
Mais sont facistes dès que le peuple ne pense pas comme eux, pas une seule fois ils ne se disent:
L’Europe de Bruxelles fait-elle bien son boulot ?
Pas une seconde ils ne se disent:
NE FAIS-JE PAS UNE ERREUR, PAULO (Les “sachant” sont tous infaillibles et s‘appellent tous Paulo ! ).

95% des peuples d’Europe refuseraient aujourd’hui de ratifier l’illisible traité de Lisbonne, et de toute façon, avec ou sans l’Irlande:
TOUT CONTINUERA COMME AVANT.
En fait ce qui provoque tous ces hurlements de “ceux qui en croquent” à Bruxelles :

C’est UNIQUEMENT LA CLAQUE à leur ORGUEIL blessé : “On était pour ! Et ces cons ont dit NON ! Salaud de peuple !”.

Comme le dit BAYROU :
“Ce NON montre le fossé, que dis-je le gouffre qui existe partout entre le microcosme politico-médiatique et les populations”
C’est uniquement la prise de conscience de ce gouffre qui les gène !

L’Irlande, enfant gâté de l’Europe, refuse de continuer à se goinfrer. http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/06/lirlande-enfant.html

matéo

J'en ai particulièrement ras le bol des arguments binaires concernant la construction européenne, et du constat en boucle de la rupture des peuples avec leurs pouvoirs politiques et les « élites européennes ». Il se sait maintenant que parmi les changements les plus longs, c'est celui des mentalités qui est concerné. Le progrès scientifique, les progrès technologiques se sont accélérés depuis la fin du XIXème siècle à un rythme exponentiel comme l'humanité n'en avait jamais connu, et l'on sait la peine à faire évoluer les esprits au même rythme. Depuis un bon siècle bien tassé, l'écart s'est donc significativement creusé entre le progrès au sens large, et nos mentalités.

Le contexte de la construction européenne n'échappe pas à cette lenteur des esprits, pour simplifier et donc faire court consistant à se trouver les meilleures raisons du monde pour ralentir, freiner et arrêter la construction d'un vaste espace politique et économique constitués d'états aux frontières communes, correspondant à une continuité géographique.

Je ne suis évidemment pas devin, mais il est à peu près sûr que dans 100 ans, on portera un regard amusé et compatissant sur les atermoiements des européens, peuples et élites incluses, retardant assez stupidement l'union économique et politique de l'Europe, car un simple regard sur le monde montre l'impérieuse nécessité de s'unir et de fonctionner sur des règles communes.

La période que nous vivons, on peut dire depuis le coup d'envoi de 1957, soit 50 petites années perdues dans l'histoire, montre bien que nous ne faisons que retarder l'échéance. Les inconditionnels du « oui » à tout traité, simplifié ou pas, dont je suis, comme ceux du « non » sont tous des partisans de l'Europe. Tout ce petit monde, en fait tout le monde, a parfaitement intégré la nécessité de l'Europe. Même les plus nationalistes, souverainistes, où ce que vous voudrez,ne renient pas la nécessité de s'associer, de se grouper, de coopérer. L'extrême gauche, même la plus marxiste, ne dédaigne pas non plus le regroupement des états européens, internationaliste par culture, la démarche européenne va dans le bon sens.

Nous sommes donc dans une phase où ce sont les modalités de l'Europe, la nature même de l'union politique des états qui nous font faire ces stop and go, étant entendu que ces dix dernières années correspondraient plutôt une phase d'arrêt. C'est bien sûr dans l'ordre logique des choses qu'à un vaste mouvement centripète, corresponde par « réaction », par un phénomène de résistance au changement, un mouvement contraire, centrifuge. Cette propension à fuir en sens contraire de la tendance générale à la convergence n'est d'ailleurs pas marquée politiquement puisqu'encore une fois, on y trouve des idées et des appartenances politiques opposées, radicalement différentes, antagonistes.

Comme tout citoyen, je ne peux subir l'actualité de la construction européenne, trébuchant à chaque pas. Je regarde passer pèle-mêle tous les reproches, toutes les explications savantes, politiques, idéologiques, philosophiques, justifiant et glorifiant les rejets, les refus, la réaction à la force centripète que sont les tentatives répétées de doter l'Europe d'une dimension politique, et non plus seulement économique. Tous ces gens ont sûrement raison, en tous cas les leurs, mais il me semble que nous perdons un temps précieux.

Que l'on soit un admirateur de l'économie de marché, du libéralisme, voire du capitalisme financier, ou un adepte de la régulation étatique, du développement raisonné, et du primat de la préservation de l'environnement, la simple observation de la situation mondiale, des récentes évolutions de ce monde, concoure à cette idée de perte de temps. Pour résumer et au risque de me faire de nouveaux copains, j'aurais tendance à dire « Prenez n'importe lequel des traités politiques que vous voudrez, mais dépêchez-vous de faire l'union politique de l'Europe ».

BA

Il suffit de lire : le Premier Ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker l'avait déclaré dans la Revue Civique : « En France, Nicolas Sarkozy avait dit, avec beaucoup de courage, avant les deux tours de scrutin de l'élection présidentielle, qu'il ne soumettrait pas le nouveau texte à référendum. Cette décision lève une sérieuse hypothèque en France, et aussi dans d'autres pays. Plusieurs Etats membres auraient pu se lancer dans l'aventure référendaire si la France y avait eu de nouveau recours. J'emploie le mot "aventure" à dessein car, même si le référendum est démocratique, il entre dans cette catégorie imprévisible. »

Vous avez bien lu : pour l'eurocrate Juncker, président de l'Eurogroupe, un scrutin démocratique permettant à des peuples d'adopter les règles qui vont régir le fonctionnement de la démocratie constitue une aventure. Pour les dirigeants de la Chine, pour Kagame le Président du Rwanda, pour Pinochet autrefois, son imprévisibilité constitue le principal défaut du vote. C'est pourquoi tous, peu ou prou, s'en sont toujours passé...

D'où l'ambivalence du Non irlandais :

- d'un côté, il constitué une bonne nouvelle, comme tout réveil civique indiquant aux dirigeants que ceux d'en bas n'entendent pas être dirigés de cette façon et désirent mieux contrôler leur destin ;

- mais d'un autre côté, le référendum irlandais sonne sans doute le glas de l'enrobage démocratique européen.

La construction européenne devient censitaire.

Le satisfecit accordé à Nicolas Sarkozy ne trompe pas : la technocratie européenne lui est reconnaissante d'avoir choisi la voie parlementaire pour l'adoption du Traité. Lui-même a d'ailleurs déclaré qu'en cas de référendum, la plupart des peuples d'Europe voteraient non. Dans l'eurolangue, éviter le suffrage universel est considéré comme un acte de courage politique.

Hier, François Bayrou rappelait qu'il s'était prononcé, durant la campagne présidentielle française, en faveur de nouveaux référendums à l'échelle européenne pour ratifier le Traité. La plupart des dirigeants socialistes s'étaient également prononcés pour un nouveau référendum, comme nous l'avions déploré dans ces colonnes (Marianne.fr). Mais, rappelons-le, ils ont bien vite oublié leurs engagements et ne se sont pas opposés à l'adoption parlementaire du Traité simplifié, permettant au président français de valoriser la voie censitaire pour l'adoption des traités européens.

Les européistes rétorquent que les députés qui adoptent les textes européens sont des élus du peuple. Certes, mais ces élus n'ont pas mandat pour gérer les affaires euroépennes, sauf à modifier profondément la Constitution. Le Président est d'ailleurs en train d'en faire adopter une nouvelle ... par la voie parlementaire, devenue en fait une nouvelle voie censitaire, la nation ayant vocation à être dirigée par un groupe de « professionnels de la démocratie ». Peut-être que, sans le savoir, Nicolas Sarkozy aura posé la première pierre d'une nouvelle Europe, persuadée qu'elle doit agir pour le peuple mais sans lui. Exactement comme les dirigeants de l'ancienne Union soviétique.

Philippe Cohen.

http://www.marianne2.fr/Le-dernier-referendum-en-Europe-_a88171.html?PHPSESSID=b2a24b52223ff7b338391069f11d4b8f

Ozenfant

«Prenez n'importe lequel des traités politiques que vous voudrez, mais dépêchez-vous de faire l'union politique de l'Europe».

D'accord avec vous Mateo, mais j'ajouterais : Et peu importe si elle se fait à 10 ou à 26, mais qu'elle commence le + tôt possible !

marl

La réaction des élites face au refus réitéré des peuples (que dis-je, du bas peuple) de valider l'approfondissement de la construction européenne s'inscrit dans un mouvement plus large de "réaction nobiliaire" qui déborde la question européenne.

Noua assistons depuis une quinzaine d'années à la conjugaison de trois éléments :
-le blocage de l'ascenseur social, qui ne doit rien au hasard mais résulte de politiques volontaristes ;
-le contrôle accru des médias traditionnels par le pouvoir politique ;
-la mise en cause de la démocratie par le biais de la question européenne ; l'argument selon lequel les électeurs ne sont pas les mieux à mêmes de juger de la valeur d'un texte complexe ne sont pas à rejeter d'un simple revers de main ; mais les arguments employés seraient parfaitement transposables aux élections présidentielles voire législatives. L'idée maîtresse est claire : les peuples ne "savent" pas ce qui est bon pour eux, c'est donc aux élites de faire leur bonheur.
Cette théorie politique qui masque mal une sorte de nouvelle guerre des classes n'est rien d'autre qu'une version moderne du despotisme éclairé.

Fondamentalement, l'Europe n'est pour rien dans cette évolution. Mais elle est de plus en plus instrumentalisée par des forces sociales qui s'en servent pour défendre leurs intérêts et pour étouffer la démocratie.

Le sujet me paraît plus important que les querelles de personnes entre Delanoé et Royal.

Ozenfant

Bravo Marl !

Aiglon

Démcoratie représentative ou démocratie populaire, le débat est ancien. Faut-il rappeler que sur l'agora où s'exprimait "le peuple" au temps des grecs, ne s'exprimaient que ceux qui par la richesse ou par les lettres de noblesse, avaient rang de citoyens. Rome avait repris cette discrimination elle même, l'esclavage faisant partie de la norme sociale.

Il faut donc relativiser les qualités des démocraties directes y compris les plus anciennes. Toutes se sont bâties sur la distinction entre ceux qui peuvent et ceux qui possèdent et les autres. Suffrage censitaire moderne ? Oui pourquoi s'en étonner outre mesure.

Qui s'étonne que le principal chef d'Etat de la première démocratie du monde, les Etats-Unis soit presqu'à chaque fois un millionnaire et jamais un simple mécréant ?

Qui peut nier que pour être chois, élu et/ou diriger durablement le monde, il faut préalablement faire partie des puissants ? A moins que si l'on reste dans l'antique, certains n'estiment que le Christ n'ait finit quelque part par diriger le monde ...

Ozenfant

Aiglon,
Sans aller si loin, il y a la Suisse.

Annick

Eric Dupin, est-ce que vous ne vous seriez pas trompé d'article?

flamant rose

J'ai consulté les sujets du BAC. Je ne suis pas à cataloguer parmi les littéraires et pourtant j'aurais aimé traiter ce sujet "Y a-t-il d'autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ". Je pense que généralement la réponse est oui, même si à partir d'une démonstration qui paraît établir cette vérité on fait passer pour du vrai des contre vérités. Cela est particulièrement le cas de nos politiques qui pratiquent sans sourciller cet art qu'est le sophisme particulièrement dans les domaines qui relèvent de l'économie.

Annick

Autre réponse: oui, la perception.

Annick

Sur le site France-info.com un corrigé de ce sujet, sur la vérité se termine par:
"Cette question pouvait déboucher sur un questionnement sur l’interprétation, esthétique, poétique, philosophique ou religieuse du monde." Ben voyons, fallait juste y penser que la philo est l'art de poser des questions pour aboutir à d'autres ... questions.
Et dire que personne n’oserait remplacer cet enseignement en terminale par un autre comme … pourquoi pas un peu de psychologie ou d’économie au choix?

Erick

C' est trés joli de mettre sur le dos des "élites" le "divorce" entre les peuples qui la composent et l' Europe. Mais, quand à propos d' un texte (Traité Constitutionnel ou Simplifié) qui doit régler le fonctionnement de cette dernière, le débat national tourne autour de l' avortement ou du tri sélectif des ordures, il n' est effectivement pas bien difficile de passer pour une "élite" ...

Ozenfant

"(…) chaque peuple est différent des autres, incomparable, inaltérable, irréductible. Il doit rester lui-même, dans son originalité, tel que son histoire et sa culture l’on fait, avec ses souvenirs, ses croyances, ses légendes, sa foi, sa volonté de bâtir son avenir. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons.
Il faut respecter leur personnalité. Il faut les rapprocher, leur apprendre à vivre ensemble, amener leurs gouvernants légitimes à se concerter, et, un jour, à se confédérer, c'est-à-dire à mettre en commun certaines compétences, tout en restant indépendants pour tout le reste. C’est comme ça qu’on fera l’Europe. On la fera pas autrement."
"(…) cette Europe-là prendra naissance le jour où ses peuples, dans leurs profondeurs, décideront d’y adhérer. Il ne suffira pas que des parlementaires votent une ratification. Il faudra des référendums populaires, de préférence le même jour dans tous les pays concernés"

De Gaulle, en janvier 1960

Erick

Post à lire !!!
Il ne faut pas non plus s' étonner que "l' Europe" fasse fuir ...

http://penseespolitiques.over-blog.com/article-20481752-6.html#anchorComment

flamant rose

C'était il y a quelques semaines lorsque Nicolas Sarkozy a suggéré le retour de la France dans l'organisation militaire de l'OTAN. C'est encore le cas aujourd'hui avec l'Europe. Quoi donc ? La référence à de Gaulle.

De Gaulle disparu, les observateurs du monde entier s'empressèrent de poser la question: le gaullisme survivra t-il ?. Dans "Carrefour du gaullisme" Roland Nungesser écrit " Tout le monde a été, est, ou sera gaulliste". La prophétie semble réalisée : la quasi totalité des français semble maintenant réclamer sa part d'héritage du général de Gaulle surtout si on parle Europe.

Mais voir un supporter de Georges Frêche, un des plus anti-gaullistes que la terre ait porté, se référer au général j'avoue que ça ne manque pas d'air.

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France Identitaire

  • Je publie le 2 février 2012 "La France identitaire - enquête sur la réaction qui vient" aux éditions La Découverte. Un site est consacré à ce livre où vous trouverez la quatrième de couverture, la table des matières, l'introduction et une revue de presse qui sera mise à jour progressivement. Vous pouvez lire aussi des extraits du chapitre consacré à la gauche publiés sur Slate.fr.

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