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« Pragmatisme institutionnel | Accueil | Article inédit »

13 décembre 2007

Commentaires

all

Oui et alors, qu'attendiez-vous de DSK, un credo marxiste révolutionnaire ?

jmdesp

Le rôle du directeur du FMI ne lui permet pas, il me semble, de censurer un rapport écrit par le personnel du FMI.
Surtout que ce rapport semble avoir été écrit pour l'essentiel avant l'arrivée de DSK, car les dernières tendances montrent que les premières réformes ont échoué à amener le "sursaut" que Sarkozy attendait, que la croissance sera moins bonne que prévu par le budget et que les objectifs de déficit seront dépassés. S'il prenait tout cela en compte, le rapport aurait été beaucoup moins positif.
Je pense que si DSK intervenait directement dans un rapport sur la France, il serait beaucoup plus critique que cela sur le véritable intérêt économique des réformes de Sarkozy, cependant encore une fois, ce n'est pas le directeur qui rédige les rapports personnellement, et s'il intervenait pour le réécrire, vu sa position politique vis-à-vis de Sarkozy cela passerait à mon avis très mal pour le personnel du FMI, qui considérerait certainement que c'est une intervention politicienne et non une correction d'erreurs sans aucune arrière pensée.

Quand aux réductions d'effectifs, ça n'est en aucun cas une lubie du directeur mais la conséquence de la situation financière très précaire du FMI depuis plusieurs années. DSK arrivera peut-être à la redresser par la suite, mais dans l'immédiat les réductions d'effectifs sont une des seules mesures possibles à moins de souhaiter rester comme "le type qui a mis le FMI en faillite".

Reste un argument réellement valide, le seul qu'il aurait fallu évoquer, la question des 7,5% d'augmentation de salaire pourtant déjà très élevé. Même si l'augmentation était prévue d'avance, il aurait pu la refuser.

tefy

Vous m'inquiétez M.Dupin, Altermedia est un site "d'information" bien connu dans les milieux d'extrême-droite....

Sur l'article que vous mettez en lien (pour le salaire de DSK) je suis tombé sur une pub pour "Fraternité française", une assoc "caritative" réservée aux "français" proche du FN.

Aussi des pubs pour "un Etat au service des français"....

On trouve aussi sur Altermedia les communiqués de Marine Le Pen :
http://fr.altermedia.info/general/
le-voyage-en-france-de-monsieur-kadhafi_12308.html

chacun ses idées mais si un ancien de Libé cite des sites d'extrême-droite, ça va changer à vie ma conception de journalisme...

Bastien

"Quand aux réductions d'effectifs, ça n'est en aucun cas une lubie du directeur mais la conséquence de la situation financière très précaire du FMI depuis plusieurs années. DSK arrivera peut-être à la redresser par la suite, mais dans l'immédiat les réductions d'effectifs sont une des seules mesures possibles à moins de souhaiter rester comme "le type qui a mis le FMI en faillite"."

Mais bien sûr, "les types qui ont mis la France en faillite" depuis 1981, en embauchant + d'un million de fonctionnaires, et ce, sans que le service au public n'y voit d'amélioration, ne vous dérangent pas ?
Ce n'est pas la cause unique (voir les 35 h), mais cela représente quand même 45% du budget de l'Etat : une autre belle exception française.

chroma

pour mémo le FMI est une institution capitaliste...quant a esperer une orientation "de gauche" de la part de DSK autant se remettre a croire au père noel

noop

La gauche ce n'est pas "travailler plus pour gagner plus" c'est "travailler moins pour gagner autant"... C'est magique en quelque sorte.
Le FMI peut-il faire l'économie d'une réorganisation et d'une compression de ses effectifs. Si il y retrouve un peu d'efficacité sur sa mission d'origine. Pourquoi y renoncer ?
Quant au reste c'est toujours le même éternel (?) problème de la mondialisation et de la mise en concurence (déloyale) de différentes économies, qui inévitablement tirent les pays pauvres et émergeants vers du mieux et les pays riches vers du moins. Que proposez-vous ? De laisser les pays pauvres ou émergeants dans leur m... ? De leur interdire d'accéder eux aussi à une économie et un niveau de vie satisfaisant.
Si être de gauche c'est énoncer des "vérités" trop évidentes et surtout trop simples pour être vraies... On en arrive très vite au sublime "j'aime pas les riches" (mais quand il n'y en a plus... on fait comment ? on taxe les moins riches, devenus les plus riches ? Et comme cela jusqu'au moins pauvres ?). Si c'est ça la gauche, c'est clair qu'il n'ont pas besoin de DSK.

Martin P.

"offre l'occasion"
"il faut chercher à engager"

ça me rappelle les déclarations de Juncker à la sortie de la réunion de l'eurogroup en juillet dernier. on sait aujourd'hui ce qu'il en était de ce satisfecit apparent:

il s'agissait, essentiellement, de prendre date.
http://sauce.over-blog.org/article-11321420.html


"chacun verrait ses opportunités accrue":

il faudrait aussi que la prime aux insiders envigueur en france ne soit pas encore accrue par la politique de sarkozy

Malakine

Je n'ai pas lu toute la recommandation du FMI. Je me suis arrêté à cette phrase :

"En termes réels, le revenu disponible des ménages a en effet enregistré une progression substantiellement plus élevée en France que chez ses partenaires de la zone euro depuis 2000. Mais cette augmentation de pouvoir d'achat a contribué à aggraver le déficit de croissance"

Finalement Sarko est encore plus à gauche que le FMI !

92Dref

Ce qu'il y a de fantastique avec l'idéologie, qu'elle soit de droite comme de gauche dans le cas présent, c'est la façon dont elle annule les capacités de jugement.
Revenez à l'école, apprenez ce qu'est l'économie, les mécanismes micro et macro économiques, ouvrez les yeux sur le monde qui nous entourre et vous comprendrez que l'on s'appelle DSK ou autrement il n'y a pas d'autre solution que le pragmatisme.
FD

flamant rose

Vous dites : "Mais que ses amis politiques se rassurent. Strauss-Kahn reste "socialiste".
Dans ma ville le maire est un communiste réformateur SVP.

Je vous plagie et pour reprendre votre expression le zèle réformateur l'amène, afin d'économiser quelques millions d'euros et d' alléger ainsi la dette de la commune, à appliquer à ses propres troupes la "rigueur" à laquelle France est fermement conviée. Pour ce faire, il procède à des dégraissages du personnel communal. C'est du pragmatisme là ou la même chose voulue par le président de la république au niveau du pays est"inacceptable".

Notre bon maire, toujours très pragmatique, est favorable lui aussi à l'augmentation des salaires. Pour cela il favorise les promotions, c'est la raison pour laquelle trois femmes viennent d'être nommées "rédacteur catégorie B" alors que aucune n'est titulaire du moindre examen. Le hasard veut que l'une d'entre elles est la propre épouse du maire et la seconde sa belle sœur, pour ce qui est de la troisième c'est l'épouse du "chef" des municipaux CGT qui lui même est nommé ingénieur catégorie A.Et oui!

Vous dites ensuite je vous cite " La gestion "de gauche" strauss-kahnienne imite enfin Sarkozy en ce que le chef, pour sa part, obéit à la règle "s'augmenter soi-même pour gagner plus". Dans une ville dirigée par un communiste réformateur on fait la même chose en prenant un chemin différent : on augmente sa femme et on en fait profiter les amis. Et dire que notre bon maire lors de ses meetings dénonce les méthodes Sarkozy.

Mais comme vous le dites, que ses amis politiques se rassurent notre maire reste communiste.

Mais que vous êtes à nouveau réducteur et c'est dommage. Je veux bien que la base militante du PS fasse croire que Sarkozy s'est augmenté. Mais vous, un journaliste confirmé et lu, ne tombez pas dans ces travers, laissez les à d'autres. Vous savez bien que Sarkozy, en jouant la transparence sur son salaire, va coûter moins au contribuable que ses prédécesseurs dont on ignorait tout du budget Elyséen qu'ils s'allouaient. Vous n'êtes pas le seul, mais de la part de journalistes avisés on attend un peu plus de sérieux, laissez ce genres de réflexions à ce pauvre Hollande.


Gatien

@Bastien

Vous dites : "Mais bien sûr, "les types qui ont mis la France en faillite" depuis 1981, en embauchant + d'un million de fonctionnaires, et ce, sans que le service au public n'y voit d'amélioration, ne vous dérangent pas ?
Ce n'est pas la cause unique (voir les 35 h))."

Y a t'il une petite chance pour que vous nous donniez un lien vers un article, un graphique, ou n'importe-quoi qui appuierait un peu vos dires?

Pour ma part, je vous propose de regarder simplement l'évolution de la dette publique en % du PIB ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Dette_publique_france_%25_du_PIB.png

C'est certe une vision partielle de la situation, mais ça permet au moins un petit historique. Or, vous constaterez comme moi que la dette augmente plus vite sous les gouvernements de droite. Avec en particulier une croissance effrénée depuis 2002.
Logique : la droite baisse les impôts, ce qui a un effet immédiat en terme de baisse des recettes, et jamais aucun en terme de relance économique. C'est pas grave, continuons avec les mêmes recettes, les shadocks vous dirons que plus on se trompe et plus on s'approche du succès.

Sur l'impact économique des 35h, là aussi, merci de nous orienter vers quelques données concrètes.

Sur le fait de savoir si le service public est plus efficace qu'avant... je vous propose de comparer le pourcentage d'enfants d'ouvriers faisant des études supérieures entre 1981 et aujourd'hui... et ensuite vous me direz si on peut former plus d'étudiants sans embaucher plus de profs.

chatel

Merci, M. Dupin, de porter à notre connaissance ces informations qui ne font, hélas, que confirmer ce à quoi nous nous attendions. Le socialisme du réel est réellement la négation du socialisme.
« Il n'y a pas d'autre solution que le pragmatisme » (92 Dref). Inutile de relever une nouvelle fois l’indigence de cet argument. A noter en revanche le recours à un mode d’expression euphémisé (pragmatisme au lieu de libéralisme) semblant témoigner d’ une conversion idéologique encore mal assumée.

Gatien

Correctif :
J'ai commenté un peu trop vite et j'ai fait une erreur. En fait, c'est la dette totale qui augmente très vite depuis 2002.
Si on ramène çà en pourcentage du PIB, ce n'est plus ChiracII qui détient le record d'explosion de la dette, mais plutôt les gouvernements balladur-juppé (93-97). La dette diminue ensuite pendant toute la période Jospin, puis ré-augmente avec Raffarin mais moins vite qu'entre 93 et 97.

Eric Dupin

Tefy,
Oui, Altermedia est un site d'extrême-droite et j'ai sans doute été un peu imprudent de faire un lien avec lui. En même temps, l'information sur le salaire de DSK et sa surprenante augmentation a aussi été publiée par le "Canard Enchaîné" de cette semaine. Une information, bizarrement, très peu relayée sur le Web...

Franck Boizard

Cher M. Dupin, vous me décevez : vous vous exprimez dans cet article comme un socialiste français (et Dieu sait si, dans ma bouche, ce n'est pas un compliment). L'ironie est facile, Mais que reprochez vous exactement à DSK ? De ne pas croire à une «autre politique» (sous-entendue anti-libérale) ?

René Fiévet

L’augmentation de salaire dont fait état le texte cité par Eric Dupin est calculée par rapport à la rémunération de Rodrigo Rato indiquée dans le rapport annuel 2006 du FMI. Il faut savoir que l’exercice budgétaire au FMI est du 1er mai au 30 avril, et que le rapport 2006 est celui de l’exercice qui se termine le 30 avril 2006. Autrement dit, la rémunération en question avait été fixée en mai 2005.
Depuis cette date, il y a eu l’exercice 2006-2007, où la rémunération de Rato a encore évolué. Et le nouvel exercice en cours (2007-2008) s’est traduit à nouveau par un ajustement de salaire de Rato, comme pour tout le personnel du FMI. Bref, il y a tout lieu de penser que la rémunération de Rato au moment de son départ était de 7,5% supérieure à celle affichée dans le rapport 2006. Cela correspond bien à l’évolution moyenne des rémunérations de l’ensemble du personnel du FMI (qui évoluent selon des règles complexes qui tiennent compte, en partie, de l’évolution des salaires européens, et donc du taux de change avec l’euro).
La vérité, c’est que Strauss Kahn n’a rien négocié, et s’est contenté du salaire de son prédécesseur fixé pour l’exercice 2007-2008. Un niveau de rémunération qui, je suppose, lui convenait tout à fait.
Désolé de "casser l'ambiance" et de livrer cette information, qui ne correspond pas à la (très) mauvaise opinion d’Eric Dupin sur Strauss Kahn. Pour le consoler, je peux toutefois lui livrer une information dont il pourra faire son miel: Strauss Kahn vient de s’acheter une grande maison à Georgetown, dans le quartier le plus chic de Washington, où les prix sont exorbitants. De toute évidence, cet homme est riche.
Sur le fond des choses, le texte d’Eric Dupin ne fait qu’illustrer les craintes que j'exprimais suite à sa communication du 1er octobre dernier ("cas DSK"): Strauss Kahn ne pourra pas changer en profondeur la “culture” économique du FMI, et risque d’y perdre une bonne partie de sa crédibilité politique en France. Ses camarades socialistes, encore plus efficacement qu’Eric Dupin, sauront le lui rappeler.

vox

Non seulemnt DSK doit être assez riche personnellement mais en plus il a une épouse fortunée et qui aime les belles choses, elle a d'ailleurs financé sa campagne pour les primaires socilalistes avec dit-on le fruit de ses indemnités de licenciement de TF1. Toutes ses reflexions me paraissent bien mesquines dans la bouche d'un journaliste que l'on pensait au-dessus de ce genre de pensées.

DD

"Mais que ses amis politiques se rassurent. Strauss-Kahn reste "socialiste".

Appelons ça de l'humour dupinien (ça existe, ou je viens de l'inventer ?)

Dans le genre "socialiste", un autre bon : Attali le désertificateur.

Vox, j'aimerais bien avoir la mesquinerie de voir ma retraite augmentée de 7.5%.

GED

Si le FMI avait fait un jour une politique intelligente ça se saurait.
Le FMI (en particulier l'ineffable Camdessus) louait la politique du Président Argentin Carlos Menem. Celui-ci endettait son pays, vendait les entreprises pour rembourser les prêts (et se servir au passage) : résultat la plus grande crise du pays.
En résumé, vous m'avez rendu très inquiet, car si la France suit les conseils du FMI, Fillon n'aura pas besoin de dire la France est en fallitte, car elle le sera réellement.
Quelques exemples : lire Jacques Marseille : la politique de la rustine http://www.jacquesmarseille.fr/Actualites/Article_LEPOINT_Rustine.asp

Ozenfant

D'accord avec vous, à condition de bien être conscient que nous vivons dans un pays ou tout doit être compliqué pour être crédible !
D'ou les innombrables mille-feuilles administratifs et fiscaux.
Ainsi tout propos tenu sur le ton de la plaisanterie ne peut être crédible auprès des intellectuels qui se la jouent.
Par exemple:
Enfin la France est encore N°1 mondial dans un domaine : celui de la plomberie.
Pas dans la plomberie des plombiers, bien sûr, dans celle qui plombe le travail. C'est pourquoi je fais, sur "l'électron libre", l'éloge de la simplicité, avec une conclusion d’Abbâs KIAROSTAMI.

Virginie Duprès

"Sur le fait de savoir si le service public est plus efficace qu'avant... je vous propose de comparer le pourcentage d'enfants d'ouvriers faisant des études supérieures entre 1981 et aujourd'hui... et ensuite vous me direz si on peut former plus d'étudiants sans embaucher plus de profs."

Gatien, pouvez-nous donc nous donner ce fameux chiffre ? Avec si possible un minimum de détails, tels que le type d'études suivies, la nature de l'emploi à la sortie et le salaire; un autre critère intéressant serait l'évolution de la mixité sociale au sein des formations sélectives de haut-niveau durant la même période, si vous voyez ce que je veux dire.

Gatien

@Virginie Duprès

"Gatien, pouvez-nous donc nous donner ce fameux chiffre ?"

"En 1977, les chances d ’être cadre plutôt qu’ouvrier étaient 100 fois plus élevées pour les fils de cadres que pour les fils d’ouvriers; en 1985, 70 fois, et en 1993 environ 40 fois."

Vallet L-A., 2001, La mesure des évolutions des inégalités sociales et scolaires en longue période in Boudon R., Bulle N., Cherkaoui M. (eds), Ecole et société. Les paradoxes de la démocratie, Paris,
PUF, 187-206.

A cette démocratisation s'ajoute une massification. Le pourcentage d'une classe d'âge diplomé du supérieur et passé en 30 ans de 14% à 38%. :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13407

Je vous apprends quelquechose Virginie? Vous pensiez qu'en 1950 des millions d'enfants d'ouvriers obtenaient des diplômes d'ingénieur?

Bastien a l'air moins décidé à nous fournir des chiffres, mais je n'en attendais pas plus...

bernard

Augmentation ? Double augmentation plutôt :

"Nicolas Sarkozy perçoit toujours son salaire de ministre de l'Intérieur"
http://www.politique.net/2007121201-nicolas-sarkoz-percoit-toujours-son-salaire-de-ministre-de-l-interieur.htm

Ozenfant

Oui, j'ai eu cette info:
2 salaire de président + un salaire de ministre de l'intérieur: çà commence à être confortable... quoi que ?
En effet, même ses trois salaires permettront pas à Naboléon de s'acheter une vrai belle montre de collectionneur comme la Vacheron-Constantin "Tour de l'Ile" construite à 7 exemplaires (1.200.000 euros), l'Audémars-Piguet "Jules Audemar" DINAMOGRAPHE (335.430 euros), la Jaeger-Lecoultre "Master Gyrotourbillon" (75 exemplaires) à 280.000 euros, La Bréguet "mouvement perpétuel répétition minutes" à 218.000 euros, la Patek Philippe "Dix jours" à 202.000 euros, La Lange & Sohne "Arkade" au prix très raisonnable de 128.600 euros !
Tout juste la très populaire Glashütte Original "Tourbillon" à 85.000 euros seulement, ou bien ?

A moins qu'il ne porte que des marques de nouveau riches comme Rolex ou Cartier ? (lol)

Gatien

Moi, je trouve que la splendeur de notre président en a pris un coup avec la venue de Kadhafi.
Ou sont les Amazones de la républiques, les limousines de 20 mètres de long, les baignoires en or massif et le harem du chef?
Quelques breloques et des montres signées, et après?
Si la France peut recevoir des leçons de luxe et et d'ostentation du premier petit dictateur venu, où va t'on?

noop

Pour le chiffre des fonctionnaires.

Il est impossible en France de connaître avec précision le nombre des fonctionnaires.
J'ai recemment entendu lors d'une rubrique sur RTL le matin, un journaliste attribuer une note de 3/20 à Santini, ministre en charge de la fonction publique, qui venait "d'avouer" qu'il n'était pas en mesure de donner le nombre de fonctionnaires... Un particularisme bien français.

Jacques Marseille, habitué, comme Eric Dupin, du plateau de "C dans l'air" sur France 5, donne, dans un des ses ouvrages récents, l'augmentation des fonctionnaires (tous corps confondus, d'état, territoriale, hospitalière de 1994 à 2004... le chiffre passe de 4 490 000 à 5 798 000, soit une augmentation de 1 308 000... Alors depuis 1981 on peut imaginer que cela doit être supérieur. Ca fait peur.

matéo

"Sur le fait de savoir si le service public est plus efficace qu'avant... je vous propose de comparer le pourcentage d'enfants d'ouvriers faisant des études supérieures entre 1981 et aujourd'hui... et ensuite vous me direz si on peut former plus d'étudiants sans embaucher plus de profs."

Argument de la mort KITU.

Pour avoir plus d'étudiants aux études supérieures, il faut "plus" de prof. Que le nombre d'élèves diminuent ou pas dans le secondaire, il faut "plus de prof". Si il y en a moins aux études supérieures, ça ne peut pas être parce que les profs sélectionnent plus, parce que les élèves entrant dans le secondaire sont d'un niveau plus faible, ou parce que les parents issus de la dite "classe ouvrière" sont moins capables soit d'aider leurs enfants, soit de les pousser à travailler et à être sérieux.

C'est forcément parce qu'il n'y a pas assez de profs. CQFD.

Différence entre qualitatif et quantitatif ? Hmm ? Pas d'idée sur le sujet ?

Gatien

"l'augmentation des fonctionnaires (tous corps confondus, d'état, territoriale, hospitalière de 1994 à 2004... le chiffre passe de 4 490 000 à 5 798 000, soit une augmentation de 1 308 000... Alors depuis 1981 on peut imaginer que cela doit être supérieur. Ca fait peur."

Certains n'aiment pas les patrons, d'autres les riches, d'autres les arabes, d'autres les fonctionnaires... Qu'est ce qui devrait faire peur exactement, noop, dans le fait que le nombre de fonctionnaires augmente?

Matéo, vous faites exprès de ne pas comprendre là non? Ce n'est pourtant pas dans vos habitudes.
Ai-je dis à un moment qu'il fallait plus de profs?

D'après Bastien, le nombre des fonctionnaires a explosé sans qu'il n'y ait aucun lien avec les services rendus. C'est absurde!! Dans le même temps la population a augmenté, une plus forte part de cette population fait des études, et sur des durées plus longues. J'aurais pu parler aussi d'une population vieillissante qui nécessite plus de personnel dans les hôpitaux.
Comment peut-on sérieusement comparer le nombre des fonctionnaires en 1981 et en 2007 en supposant que tout est égal par ailleurs? Les missions ont changé, la population a changé.

Il est vrai qu'en matière de simplisme l'exemple vient d'en haut, depuis Sarkozy prétextant la supression des droits de douane en europe pour s'étonner qu'il y ait encore des douaniers. Comme si l'europe n'avait pas de frontières et que les trafics illicites avait cessé du jour au lendemain...

Je ne sais pas s'il y a aujourd'hui trop ou pas assez de fonctionnaires. Je ne voulais à aucun moment m'avancer sur ce terrain là. A vrai dire, je crois même que la question, posée isolément, n'a aucun sens. Je vais donc vous laisser la trancher entre vous.

Gatien

"Ai-je dis à un moment qu'il fallait plus de profs?"

Comprenez :
"Ai-je dis à un moment qu'il fallait plus de profs AUJOURD'HUI?"

Virginie Duprès

@Gatien

"En 1977, les chances d ’être cadre plutôt qu’ouvrier étaient 100 fois plus élevées pour les fils de cadres que pour les fils d’ouvriers; en 1985, 70 fois, et en 1993 environ 40 fois."

Mais sur la meme période: le pourcentage de cadres dans la population n'aurait-il pas augmenté tandis que le pourcentage d'ouvriers baisse nettement ?

"Le pourcentage d'une classe d'âge diplomé du supérieur et passé en 30 ans de 14% à 38%."

Mais de quoi parle-t-on. C'était le sens de ma question: une formation Bac+2/+3 d'aujourd'hui n'est-elle pas équivalente à un niveau bac d'il y a 30 ans ? Que ce soit en terme de contenu, de potentiel intellectuel, et de débouchés ? Il est permis de s'interroger. On connait la réponse qu'y apportent les cabinets de recrutements.

" Vous pensiez qu'en 1950 des millions d'enfants d'ouvriers obtenaient des diplômes d'ingénieur? "

Vous observerez que le diplôme d'ingénieur n'a absolument plus le même sens aujourd'hui qu'il y 50 ans... Ce qui fait le lien avec cette question à laquelle il serait bon d'avoir une réponse: quelle est l'évolution de la mixité sociale au sein des formations d'élite sur la même période ? Je crains que le résultat ne soit pas si bon, mais peut-être fais-je erreur ?

Robert Marchenoir

Mais qu'est-ce qui vous ferait plaisir, à la fin, monsieur Dupin?

Vous reprochez au FMI de baisser le nombre de ses salariés. Ce serait horriblement "libéral". Je ne comprends pas.

Le FMI étant à vos yeux, si je vous suis bien, une odieuse officine capitaliste écrasant le monde sous sa botte libérale, moins il y aura de malfaisants au FMI, mieux cela vaudra, non?

Je vous parie une caisse de champagne Roederer contre un chewing-gum usagé que si jamais DSK avait fait l'inverse, et augmenté massivement les effectifs du FMI, vous l'auriez accusé de se goberger avec l'argent extorqué aux pays pauvres.

De plus, vous omettez le fait que, si le FMI réduit ses effectifs, c'est que le FMI, en tant qu'entreprise, ne se porte pas très bien. Mais pourquoi ne se porte-t-il pas très bien?

Il se trouve que le FMI est, non pas un club de mangeurs d'enfants du Tiers-monde, mais une banque. Une banque gagne de l'argent grâce aux intérêts des prêts qu'elle consent. Si le FMI traverse des difficultés en ce moment, c'est qu'il y a moins de pays pauvres qui lui empruntent de l'argent.

S'il y a moins de pays qui ont besoin de lui emprunter de l'argent, c'est que les pays pauvres le sont moins, c'est que les pays émergents émergent, c'est que le libéralisme fonctionne, c'est que le FMI a bien fait son boulot. C'est donc plutôt une bonne nouvelle.

Evidemment, vu de la logique De Gauche française, où plus de fonctionnaires c'est toujours mieux, et moins de fonctionnaires c'est toujours moins bien, c'est incompréhensible.

Quant à envisager qu'une administration ou un organisme public puisse ne pas être éternel une fois créé, voire à s'imaginer que sa raison d'être même serait de disparaître le plus vite possible -- car ce serait la preuve qu'il a définitivement réglé le problème dont il était chargé --, c'est tout à fait impossible, inconcevable en Gaule centrale. Autant prétendre que la Terre tourne autour du soleil.

Vous vous scandalisez de cette prise de position du FMI: "L'élection d'un nouveau président et la nomination d'un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l'occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues".

Cette déclaration ne serait pas De Gauche. Je ne comprends pas.

Etre de gauche, ce serait défendre une stagnation prolongée, voire une récession, où les perspectives de tous s'amenuiseraient inexorablement? Où chacun aurait le sentiment de se heurter à un mur tout au long de sa vie? Où personne n'entreverrait d'avenir pour soi et les siens?

Un peu comme la merde où l'on se trouve depuis un bon paquet d'années d'années maintenant? Où des vagues successives de diplômés désespèrent de trouver du travail à moins de s'expatrier? Où des quartiers entiers n'ont connu que le chômage de père en fils? Où un pourcentage effarant de Français pensent sérieusement avoir des chances de finir SDF?

Décidément, la pensée De Gauche en pilote automatique donne toujours des résultats aussi baroques.

JD3000

Bien fait pour vous, ED !

Ça vous apprendre à être de Droite !

Chiche que vous pouvez pas répondre.

Normal, être de Gauche c'est être baroque, pardon, bête.

Pierre-Henri

Virginie Duprès écrit :

"Mais de quoi parle-t-on. C'était le sens de ma question: une formation Bac+2/+3 d'aujourd'hui n'est-elle pas équivalente à un niveau bac d'il y a 30 ans ? Que ce soit en terme de contenu, de potentiel intellectuel, et de débouchés ?"


En réalité, nombre d'universitaires comparent davantage les licences avec le collège. Par exemple, pour les maths, voici un petit texte à lire impérativement si la question vous intéresse (l'auteur est loin d'être un passéiste réactionnaire : il cite même Aschieri en bien).

http://www.institut.math.jussieu.fr/~abellaic/LA_CRISE_DES_PREMIERS_CYCLES.pdf

Pour les lettres, le constat est le même :

http://www.r-lecole.freesurf.fr/sup/jourde.html

Les diplômes universitaires, dans l'ensemble, constituent une supercherie d'ampleur soviétique. Le fonctionnement du système en apporte au moins deux preuves :

1) l'université refuse de recruter directement ses propres docteurs. Le niveau du diplôme est si bas qu'il faut obtenir une "qualification" en plus du doctorat.

2) L'Etat, en tant que recruteur, refuse d'accorder du prix aux diplômes universitaires, puisqu'il oblige ses fonctionnaires à passer des concours. Par exemple, on ne devient pas bibliothécaire parce qu'on a une maîtrise (qui ne vaut rien), mais parce qu'on a passé un concours particulièrement sélectif (1.5 % de réussite).

Par conséquent l'Etat, en tant que recruteur, considère que ses propres diplômes (dont il a le monopole) sont de la camelote. Il a donc le culot de demander aux entreprises de reconnaître leur valeur, alors que lui-même ne le fait pas !

noop

@ Gatien,
"Certains n'aiment pas les patrons, d'autres les riches, d'autres les arabes, d'autres les fonctionnaires... Qu'est ce qui devrait faire peur exactement, noop, dans le fait que le nombre de fonctionnaires augmente?"
Ce qui fait peur, c'est que dans les autres pays européens, pendant la même période, tous ont compris, y compris les sociaux démocrates (ah ! les traitres !!) qu'il fallait de la rigueur et de l'efficacité dans la gestion des services publiques, pour faire face à la nouvelle donne économique. Tous, sauf la France dans un registre "plus à gauche que moi, tu meurs".
Rappelons nous du point de vue de Raffarin en son temps : Il disait que quand il discutait avec Blair et Schroeder (gauche de gouvernement d'Angleterre et d'Allemagne) et bien c'était lui premier ministre de droite français qui avait les positions les plus à droite...

noop

Les positions les plus à gauche.
Bien sur. Excusez moi.

chatel

@Pierre-Henri
Un examen vérifie un niveau de connaissances alors qu'un concours départage des candidats possédant le diplôme requis pour s'y présenter. Ces deux systèmes se complètent : l'existence des concours de la fonction publique ne prouve pas que les diplômes ne valent rien.

Ozenfant

Eric Dupin,
Oui d'accord DSK est DSK.
Mais quelles sont donc les idées de PS, (pour savoir si je rend ma carte ou pas !).

Virginie Duprès

"l'existence des concours de la fonction publique ne prouve pas que les diplômes ne valent rien."

Effectivement, la seule existence de concours de recrutement ne prouve rien. En revanche, il y a deux éléments qui pourraient, eux, prouver quelque chose:
1. le niveau moyen des candidats aux concours. Exemple, le CAPES.
2. l'attitude du privé en matière de recrutement. On met aujourd'hui la barre à minimum Bac + 2 pour recruter des gens que l'on aurait autrefois pris sans sourciller à niveau bac.

"Le niveau du diplôme est si bas qu'il faut obtenir une "qualification" en plus du doctorat."

Cette affirmation n'est-elle pas fortement exagérée. D'abord, il faut sans doute distinguer les pratiques entre les différentes disciplines. Dans certaines sections du CNU, la qualification est essentiellement une formalité visant à corriger les erreurs d'aiguillage, du genre un docteur se présentant dans une discipline qui n'est pas "vraiment" la sienne.

Pierre-Henri

@ Chatel.

Désolé, je maintiens mon raisonnement, au moins pour les doctorats. La France, à ma connaissance, est le seul pays qui exige de ses docteurs qu'ils soient "qualifiés" par l'Etat avant d'envisager les recruter. Or, l'Etat possède le monopole de la collation des grades universitaires, en particulier du doctorat.

Cela signifie que l'Etat décerne un diplôme dont lui-même reconnaît le peu de valeur, puisqu'il en exige un autre. Il n'y a rien de compliqué dans ce raisonnement : c'est la simple constatation d'un fait.

Le procédé est d'ailleurs typique du fonctionnement de l'université française. Au lieu de remonter aux sources du problème (ici, le faible niveau du doctorat), on crée en aval de nouveaux dispositifs censés corriger le défaut initial.

La situation est effectivement légèrement différente pour les concours, assimilables à des entretiens de recrutement. Néanmoins, la cruelle réalité des chiffres est là.

Encore une fois, en 2005, exemple parmi des dizaines d'autres, le taux de réussite au concours de bibliothécaire d'Etat était de 1.1 %. Cela signifie que, pour 98.9 % des candidats, leur diplôme est inutile. Il ne leur permet pas d'accéder au métier pour lequel ils ont été formés. Pas de sélection à l'entrée... mais cette guillotine à la sortie, qui élimine 98.9 % des diplômés.

"De jure", le doublon diplôme/concours s'explique peut-être. "De facto", il crée des situations d'une absurdité bureaucratique inouïe, avec un nombre considérable de jeunes coincés entre les deux. Tout le monde entre à la fac ; seuls quelques-uns en sortent avec un diplôme (ou concours) qui vaut réellement quelque chose. Les autres, on leur remplit les mains de licences pipeau, de maîtrises bidon, de doctorats qui, dans les meilleurs des cas, les mèneront à des emplois largement sous-qualifiés.

La situation se révèle d'autant plus inadmissible que l'Etat est responsable aux deux bouts de la chaîne : c'est lui qui tamponne les diplômes et (pour la quasi-totalité des métiers de la culture, de la recherche et de l'enseignement) c'est lui qui recrute.

Il est vrai, d'une certaine manière, l'université française remplit son rôle : le trucage des statistiques du chômage. Face à ce noble objectif, fixé par le Gosplan, que pèsent les 98.9 % d'apprentis-bibliothécaires qui resteront sur le carreau ? Pas grand chose.

Que les entreprises se débrouillent avec.

chatel

@Pierre-Henri
« Cela signifie que, pour 98.9 % des candidats, leur diplôme est inutile ». Voudriez-vous donc que l’Etat engage tous les diplômés ? L’Etat ne recrute que les fonctionnaires dont il a besoin; il le fait au moyen de concours auxquels peuvent se présenter tous ceux qui possèdent un diplôme attestant qu’ils ont bien le niveau de connaissances requis. La logique d’un examen et celle d’un concours ne sont pas les mêmes. Ce qui importe pour un examen, c’est la note ; ce qui importe pour un concours, c’est le rang de classement. Les cursus qui se terminent par un examen visent à former, ceux qui préparent à un concours à sélectionner.

chatel

Le commentaire de noop reprend l’argument des libéraux répété ad nauseam sur ce blog, notamment par Mattéo : il n’existe pas d’autre option, nous sommes condamnés à devoir faire ce que font nos voisins, bref le possible se confond avec le réel.
Or il y a là un paradoxe rarement relevé. En principe un libéral, au sens moral et politique du terme est le contraire d’une personne sectaire : il se sait faillible et pense par conséquent que la diversité des opinions, mais aussi des formes de vie, est une bonne chose et doit être encouragée. En cela, il s’oppose donc totalement au sectarisme de tous les zélateurs du libéralisme économique que leur foi irrationnelle en la rationalité du marché aveugle au point de les rendre incapables d’admettre qu’une autre organisation du monde est possible. Il y a de toute évidence une façon bien peu libérale d’être un libéral.

Pierre-Henri

Chatel : "Voudriez-vous donc que l’Etat engage tous les diplômés ?"

Non, non. Au contraire : qu'il gère l'université de façon à ce que les filières (surtout littéraires) accueillent un nombre raisonnable d'étudiants par rapport aux débouchés potentiels. Ou, pour employer un mot tabou, qu'il sélectionne.

Ma démonstration cherchait à montrer qu'une idée fort généreuse en apparence (pas de sélection) aboutit dans les faits à un gâchis phénoménal. L'université non-sélective, tout le monde y perd :

- l'Etat, parce que (même exemple) il finance les études de 98.9% d'apprentis-bibliothécaires qui ne seront jamais bibliothécaires.

- L'Etat, encore, parce qu'il se force à gérer des masses de candidatures, ce qui génère une bureaucratie supplémentaire. A vrai dire, deux bureaucraties antagonistes : l'une qui admet trop, l'autre qui doit éliminer beaucoup, avec moult commissions et jurys (1) impliqués dans tous les sens.

- L'université, parce qu'elle perd des ressources humaines et matérielles à donner des formations fictives.

- Les étudiants, parce qu'ils commencent leurs études en sachant qu'ils ont 98.9 % de se faire avoir à la fin (bonjour la motivation !). D'où le souk dans les amphis, où les plus faibles font pression pour pourrir le jeu dès le départ. On a patiemment mis en place toutes les conditions d'une explosion sociale.

- Les reçus, parce qu'un nombre trop élevé de candidats force à accepter n'importe quelle condition de travail (sur le thème : "vous n'êtes pas heureux, y'en a 98 autres pour prendre la place").

- la France dans son ensemble, parce que le ruine des universités grève ses capacités intellectuelles, scientifiques et techniques à un point que peu de gens réalisent encore.

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(1) D'ailleurs, ce sont souvent les mêmes personnes qui siègent dans les deux types de jurys (ceux qui acceptent et ceux qui refusent). Par exemple, un professeur qui donne une bonne mention à une maîtrise sera le même qui mettra une sale note au même candidat au concours. Ne parlons du clientélisme que ce gigantesque capharnaum produit, quasiment par nécessité de survie.

Robert Marchenoir

Pierre-Henri, précisez-moi donc une chose; car croyant avoir déjà touché le fond de la stupidité du système français, j'en découvre tous les jours de nouvelles abysses: êtes-vous en train de nous expliquer que les 98,9% d'étudiants qui seront refusés au concours de bibliothécaire font des études qui ne mènent qu'au métier de bibliothécaire? Et que les seuls postes disponibles dans ce métier sont dispensés par l'Etat?

D.H.

Dans la continuité avec le post de chatel, le libéralisme en ce moment c'est à la fois se lamenter sur la fonte des glaciers, s'inquiéter de la disparition des forêts amazoniennes, etc., et développer toujours davantage l'activité économique en ouvrant les magasins le dimanche, en demandant aux gens de travailler davantage (dans une espèce de mobilisation générale), etc.
C'est une idéologie, qui ne se satisfait pas du tout du réel tel qu'il est, mais entend bien le transformer pour qu'il corresponde exactement à l'idée qu'il s'en fait.
Il relève de la pensée magique.
"S'il n'a pas encore réussi à assurer notre bonheur, c'est parce qu'il n'a pas triomphé partout" (comme pour la libéralisation du marché des renseignements téléphoniques?) Ainsi s'exprimaient déjà les communistes désappointés, à propos de leur propre projet politique, dans le siècle précédent. La TOTALISATION intéresse cette fois-ci les secteurs de l'économie, et à terme la société elle-même, et non plus la géographie planétaire.
Le postulat de base est celui de "la main invisible". Tout s'arrangera par soi-même. Y compris les désordres climatiques?
Les idéologues libéraux sont fascinés par les "systèmes auto-organisés". Ils invoquent l'exmple, pour nos société, des bancs de poissons, la manière dont ils se forment et reforment au gré des aléas maritimes. Ils ne donnent jamais l'exemple, comme "système auto-organisé", celui de la file d'attente, celle qui s'allonge par exemple en face des guichets de la banque à laquelle on a brusquemment retiré sa confiance, comme cet été à Londres, ou celle des chômeurs aux portes de l'A.N.P.E.
Peut-on se fonder uniquement sur des mouvements mimétiques erratiques et imprévisibles pour "faire société", et préserver le monde qui l'abrite? pas de réponse de ce côté-là, hélas, chez eux.

Robert Marchenoir

Chatel, votre paradoxe dirigé contre les libéraux est facile à démonter.

Il est parfaitement exact que l'une des pierres de touche du libéralisme est l'anti-sectarisme.

Vous vous basez là-dessus pour affirmer qu'il ne faut pas s'en tenir à ce qui existe, mais imaginer autre chose. Certes. Et c'est l'une des bases de la pensée libérale.

Mais vous interrompez votre raisonnement avant la fin. Le corollaire de ce qui précède, c'est que si cette innovation fonctionne, on la garde; mais que si elle ne fonctionne pas, on l'abandonne.

Or, les anti-libéraux affirment qu' "un autre monde est possible"; mais ils omettent soigneusement de nous expliquer en quoi il consisterait, empêchant par là même que leurs prétendues innovations soient testées.

Et les pays qui, eux, ont expérimenté les solutions socialistes, ont toujours échoué. Les réformes libérales, quand elles ont été essayées, ont la plupart du temps réussi.

L'anti-sectarisme ne consiste pas à rêver d'un univers socialiste théorique, parfait, à ne jamais tenter de le mettre en pratique, à récuser tous les gouvernements existants au nom de cette "possibilité" idéale mais jamais testée (et pour cause), et à réfuter tous les exemples historiques du socialisme réel, dont l'échec serait dû au fait que ce n'était pas le "vrai" socialisme.

Cela, ça s'appelle le gauchisme, fort répandu dans la société française, bien au-delà de l'extrême-gauche.

Au parti socialiste, par exemple.

Cela conduit à l'absurdité de François Hollande, qui vient de reconnaître que l'économie de marché est la plus efficace pour créer des richesses (ah! tout de même! on y arrive!...), mais qui a aussitôt enchaîné en déclarant qu'il fallait continuer à critiquer le capitalisme et à lutter contre le libéralisme.

Tout cela, bien entendu, sans daigner nous expliquer quelles étaient les différences fondamentales, dans son esprit, entre les trois concepts.

Arrivé à ce point de confusion mentale et de malhonnêteté politique et intellectuelle, que voulez-vous qu'on dise?

Pendant ce temps-là, le gouvernement socialiste espagnol se prépare à abolir l'impôt sur la fortune. Le gouvernement français, prétendu "de droite dure", n'ose pas le faire, et cela ne figure même pas à son programme électoral.

Cherchez l'erreur.

J'ajoute que votre description du libéralisme omet un aspect fondamental: le libéralisme confie avant tout l'expérimentation aux individus et non à l'Etat.

M. Jeff Bezos, créateur d'Amazon, a inventé un truc qui ne pouvait pas marcher. Or ça a marché, contrairement à toutes les prédictions. Très bien. Du coup, tout le monde en profite.

Mais si ça n'avait pas marché, il n'y aurait eu que M. Bezos, les investisseurs qui lui ont fait confiance et ses salariés pour en pâtir. Cela aurait donc été un moindre mal.

Et, pendant ce temps-là, des millions d'autres individus ont essayé d'autres trucs. Certains ont marché, d'autre pas. C'est la multiplicité du génie humain qui permet le progrès, non la planification centrale.

Si l'on avait confié la librairie mondiale -- ou française, soyons modestes -- à l'Etat français, et qu'il se soit planté au bout de vingt ans, on aurait été dans la merde, car on aurait perdu vingt ans.

Et ce genre de retard ne se rattrappe jamais. C'est ce qui nous est arrivé avec l'informatique et le plan Calcul, le plan Informatique pour tous, Bull, Thomson, etc.

Cela ne signifie pas que l'Etat ne doit rien faire, ni rien expérimenter, naturellement. Les libéraux ne sont pas opposés à l'Etat. Au contraire, ils lui attribuent le rôle fondamental de gardien du droit et des libertés. (Je ne parle pas des anarcho-libéraux; le libéralisme a aussi ses extrémistes. Ils ont, sur ceux de gauche, l'avantage de ne point prôner ni pratiquer la violence. Leur extrémisme reste intellectuel.)

Mais vous observerez qu'en l'occurrence, c'est l'Etat sarkozyste qui teste, qui expérimente, qui dit: essayons telle réforme dans quelques départements, et on l'élargira si elle marche.

Tandis que l'opposition socialiste grimpe aux rideaux en hurlant: houlàlà! la méthode n'est pas la bonne! il n'y a pas concertation! Sachant que cette fameuse "concertation" a surtout servi, jusqu'à présent, à faire s'éterniser les discussions jusqu'à bloquer tout changement...

Dieu sait pourtant si les libéraux ne reconnaissent pas Sarkozy comme l'un de leurs -- et c'est réciproque, d'ailleurs...

Pierre-Henri

@ Robert Marchenoir

Vous posez des questions simples, qui demanderaient des heures d'explication pour y répondre correctement. Comme toujours, avec l'université, il y a la version officielle (la jolie loi avec les beaux tampons "République Française" dessus) et la situation réelle, qui nécessite de savoir où se trouvent les portes dérobées.


I) En théorie, n'importe quel étudiant de niveau bac+3 peut s'inscrire de plein droit au concours de bibliothécaire. Donc, la réponse à votre question est "non" : il n'est pas nécessaire de suivre un cursus spécifique. Ceux qui sont recalés tentent d'autres choses, comme le CAPES de documentation, par exemple. Cela dit, le nombre de candidats par postes est toujours extravagant (1).

Toutefois, en pratique, avec des concours aussi sélectifs, pour avoir une chance de les avoir, il est nécessaire de les préparer longtemps à l'avance, de connaître le milieu, d'avoir déjà une petite expérience professionnelle. Donc, oui, dans les faits, ils demandent une préparation longue et sérieuse, exclusivement dédiée, offerte par les facs ou des prépas privées.

Il est impossible de dire quelle est la proportion de naïfs qui se présentent sur la seule foi des textes officiels. Je ne les imagine pas si nombreux que cela. En tout cas, ils courent assurément au casse-pipe.


II) Concernant votre autre question (le monopole), l'ENSSIB est la grande école qui forme les bibliothécaires et conservateurs. Attention : dans le sens où je les emploie, les termes "Bibliothécaire d'Etat" et "Conservateur d'Etat" sont des statuts de la fonction publique. Tous les gens qui travaillent dans les bibliothèques publiques n'ont pas nécessairement ce statut.

En tout cas, pour y accéder, il faut passer le concours national, qui vous donne accès à la formation professionnelle dispensée par l'ENSSIB.

De façon amusante, même les postes de conservateur des bibliothèques municipales sont centralisés. Plus précisément, ils ont été décentralisés, puis re-centralisés : les collectivités locales confient cette tâche à l'ENSSIB, qui est une école nationale (2).


Voilà. J'ignore si je suis clair. Vous savez, la situation est compliquée au-delà du concevable.

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(1) pour donner un exemple dans un autre domaine, en 2006, 231 docteurs en philosophie ont demandé une qualification. La même année, il y avait 7 postes d'ouverts.

(2) Ce n'est pas le seul concours "dé-re-centralisé". On a même créé un "centre national de la fonction publique territoriale" ( http://www.cnfpt.fr/fr/accueil.php? ). Cet organisme, à l'intitulé délicieusement oxymorique, a pour objet de recentraliser la décentralisation.

Baillergeau

Descendre DSK, pour un rapport rédigé avant son arrivée au FMI et ne pas traiter de son entretien avec le Wall Street Journal paru peu avant la publication du rapport sur la France, ne rend pas compte de la situation exacte de "l'aventure" audacieuse dans laquelle DSK a décidé de se lancer.

Enfin, discourir interminablement du montant du salaire de DSK n'aide pas à mesurer un dossier à la dimension du monde, le Canard Enchainé fait ça très bien, laissez lui en la primauté !

chatel

D’accord avec l’excellente analyse de DH
1) « "Si [le libéralisme] n'a pas encore réussi à assurer notre bonheur, c'est parce qu'il n'a pas triomphé partout". Ses échecs ne le condamnent donc pas mais nécessitent au contraire son application dans le monde entier. On remarquera que les européistes raisonnent exactement de la même manière : la façon dont se construit l’Europe ne satisfait pas les peuples, il faut donc accélérer le processus. C’est le mécanisme de la fuite en avant qui est d’ailleurs en complète contradiction avec les fondements mêmes de la pensée libérale.
2) « Le postulat de base est celui de "la main invisible" ». C’est incontestable. Or, il s’agit là d’une croyance parfaitement irrationnelle : comment croire en effet qu’il y a plus de rationalité dans les « mouvements mimétiques erratiques et imprévisibles »(DH) que dans les décisions rationnelles des hommes ? La Raison aurait donc déménagé : après avoir habité l’Histoire, elle habiterait désormais le marché. C’est sur lui, par conséquent, qu’il faudrait compter pour « faire société » et « préserver le monde »(DH).
3) « [Le libéralisme] est une idéologie, qui ne se satisfait pas du tout du réel tel qu'il est, mais entend bien le transformer pour qu'il corresponde exactement à l'idée qu'il s'en fait ». Il s’ensuit évidemment que les libéraux ne sont pas fondés à reprocher à leurs adversaires de nourrir le même projet.
La position de DH me semble toutefois devoir être nuancée sur un point : je ne crois pas, hélas, que l’idéologie libérale « relève de la pensée magique ». Le magicien n’agit pas réellement sur le monde - il en donne seulement l’illusion-, tandis que le libéralisme s’emploie avec succès à le détruire, malgré la résistance des peuples.

Ozenfant

Virginie Duprès,
Ce qui est terrifiant, c'est que vous posez des questions en ayant l'air de connaître les réponses... comme si vous aviez peur de savoir ce que vous savez déjà !
Je suis de famille d'enseignant(e)s et bien sûr nous savons tous que 64% d'une tranche d'age donnée entrant à l'Université en France (contre 19% en Suisse et 22% en Allemagne) signifie que TROIS FOIS TROP d'étudiants font des études supérieures.
Études qui les mèneront donc dans 2/3 des cas à trouver un poste de caissière chez Leclerc. De plus un bac Suisse correspond à Une Mention Bien française.


Pierre Henry,
Ce que vous dîtes correspond en effet à ce que je vois dans d'autres domaines :
Des écoles d'économistes qui n'ont guère comme débouché que des postes de profs d'économie ou de chômeurs. Des études de lettres qui mènent dans la plupart des cas à prof de lettres ou chômeur.

Pendant ce temps on manque de médecins, d'ingénieurs et de tous les métiers que fournissent les IUT ou les Écoles professionnelles.
Quand au niveau de nos études on peut voir quel Q.I. est suffisant pour faire major de promotion à l’ENA…. En observant François Hollande (lol).

chatel

@ Robert Marchenoir
« Les anti-libéraux … [empêchent]…que leurs prétendues innovations soient testées ». « Jeff Bezos, créateur d'Amazon, a inventé un truc qui ne pouvait pas marcher. Or ça a marché, contrairement à toutes les prédictions ». Je conclus de ces deux affirmations que vous souhaitez que les solutions des antilibéraux soient mises en œuvre afin de pouvoir être testées. J’en prends donc acte…
« C’est l'Etat sarkozyste qui teste, qui expérimente, qui dit: essayons telle réforme dans quelques départements, et on l'élargira si elle marche ». Cette méthode semble inspirée par le bon sens mais elle n’est pas aussi innocente qu’elle le paraît, ce que les réformateurs ne sont d’ailleurs pas sans savoir. Quand on agit, on libère en effet des forces qui peuvent avoir pour effet, non seulement de rendre impossible tout retour en arrière, mais aussi de pousser à poursuivre dans la même direction, quoi qu’on puisse penser du processus ainsi enclenché. Il s’ensuit que si la décision de commencer dépend bien de nous, celle de continuer échappe souvent à notre pouvoir. C’est pourquoi la prudence commande de refuser tout « changement pour voir », dès lors qu’on considère qu’un tel changement ne va pas dans la bonne direction. Ainsi se trouve justifiée la réaction de bon sens consistant à s’opposer parfois à de simples expérimentations

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France Identitaire

  • Je publie le 2 février 2012 "La France identitaire - enquête sur la réaction qui vient" aux éditions La Découverte. Un site est consacré à ce livre où vous trouverez la quatrième de couverture, la table des matières, l'introduction et une revue de presse qui sera mise à jour progressivement. Vous pouvez lire aussi des extraits du chapitre consacré à la gauche publiés sur Slate.fr.

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