Convergence CGT-CFDT
IL flottait un petit air des années soixante-dix, hier, dans les rues de Paris. La manifestation essentiellement composée de militants de la CGT et de la CFDT rappelait l'époque lointaine de l'unité syndicale entre ce qui était alors une centrale d'obédience communiste et une autre d'inspiration socialiste. En ce temps là, FO, sous la houlette d'André Bergeron, faisait déjà bande à part...
Le contexte actuel est évidemment très différent. La confédération de Bernard Thibault a rompu les amarres avec un PCF moribond. L'organisation dirigée par François Chérèque a encore moins de référent politique. Quant à FO, son positionnement est beaucoup moins clair que lorsqu'elle faisait figure de partenaire privilégié du gouvernement et du patronat. Il n'empêche que certaines conditions d'une nouvelle convergence entre la CGT et la CFDT semblent aujourd'hui réunies au-delà de leur complicité dans l'affaire de la loi sur la représentation sociale. Avec autant de fermeté que de réalisme, Thibault s'efforce de donner un visage responsable à la CGT. De son côté, Chérèque est bien obligé de constater les limites d'une orientation excessivement conciliatrice.
Le pouvoir actuel a réussi la prouesse de renvoyer la CFDT dans les rangs d'une opposition sociale très nette. Les slogans entendus dans la manifestation d'hier du côté des cédétistes étaient rageusement anti-gouvernementaux. Grosse différence cependant entre les années soixante-dix et aujourd'hui: la CFDT a troqué ses drapeaux rouges pour des drapeaux oranges qui font un peu travaux publics ! Voir notre petit reportage photographique.


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