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Médias

16 octobre 2007

Libé tradition

        "Une nouvelle formule à la fois conforme à notre identité et radicalement nouvelle", annonce Laurent Joffrin, président du directoire de "Libération" et directeur de sa rédaction. A la lecture, la conformité identitaire l'emporte largement sur le radicalisme novateur. Le déroulé du journal change peu. On ne compte qu'une seule vraie rubrique nouvelle (la bonne idée du "contre-journal" de "l'actualité vue par les lecteurs et les libénautes"). L'essentiel du changement promis se résume à l'emploi d'une nouvelle typographie et à un agrandissement notable de photos plus fréquemment publiées en couleurs.

    Sur le fond, "Libé", où j'ai travaillé tant d'années (avec plaisir), reste égal à lui-même. On ne voit pas encore trace de la volonté de Joffrin de lui insuffler un ton "plus optimiste" et moins anxiogène. Une fois de plus, on semble confondre en France nouvelle formule et nouvelle maquette. Comme si la profonde crise endurée par la presse était une question d'emballage plus que de contenu.

03 octobre 2007

Info pub

    La gratuité gagne encore du terrain dans l'information en ligne. Le New York Times vient d'abandonner sa zone payante, le Financial Times s'ouvre partiellement à la gratuité et même le Wall Street Journal songerait à abandonner son système d'abonnement pourtant rentable. En France, les quotidiens économiques Les Echos et La Tribune ont aujourd'hui un contenu payant. C'est également le cas du Parisien et, très partiellement, du Figaro et du Monde. Les tendances américaines finissant souvent par aborder nos rivages, il est fort possible que le modèle de la gratuité totale l'emporte ici aussi.

    Faut-il s'en réjouir ? Soulignons tout d'abord que la "gratuité" n'existe pas. Les entreprises de presse ont toujours besoin de ressources financières. En l'absence d'acheteurs, les voici financées par les annonceurs. Il est plus juste de parler de modèle publicitaire que de modèle gratuit. Et cela pose deux types de problèmes pour l'information sur internet.

    Tout d'abord, la manne publicitaire est-elle suffisamment généreuse pour financer à elle seule une information de qualité ? Certes, le pub en ligne se développe de manière spectaculaire. Mais on peut douter de la réponse. Les sites de presse qui s'annoncent bénéficiaires se nourrissent d'un contenu papier qui, lui, demeure payant. Les grands sites agrégateurs de nouvelles, comme Yahoo Actualités, paient à vil prix des dépêches d'agence vendues très cher aux médias traditionnels. Tout cela fausse le calcul économique.

    Une site d'information original et véritablement producteur de contenu peut-il se financer uniquement par la publicité ? C'est le pari tenté par mes amis de Rue89 et quelques autres. L'argument essentiel est celui d'un choix obligé pour s'adresser à un grand public désormais accoutumé à la gratuité de l'information sur le net. Certes. Le réalisme économique de ce choix reste néanmoins à prouver tant il est vrai que la recherche d'une information originale et son traitement rigoureux coûtent cher. On rétorquera peut-être que la télévision et la radio ont démontré la validité du modèle publicitaire. Mais ces médias produisent à la fois, et parfois de façon mêlée, de l'information et du divertissement.

     On touche ici à l'essentiel. Qu'on le veuille ou non, la logique de financement pèse sur les contenus. Les médias payants sont payés par des citoyens désireux de s'informer. Les médias gratuits sont rémunérés par des consommateurs influencés par la publicité. Nuance. Les stratégies de conquête du lectorat ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Le modèle publicitaire incite à maximiser une audience selon certains types de critères (la ménagère de moins de cinquante ans ou encore le cadre supérieur à fort potentiel d'achat). Et les choix éditoriaux sont bien obligés d'intérioriser, plus ou moins consciemment, ces contraintes. Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, avait eu la cynique franchise de confesser que son vrai métier était de "vendre du temps de cerveau humain disponible" aux annonceurs. Le filon publicitaire ne peut plaider l'innocence.

27 octobre 2006

Libé rupture

    L'heure de la rupture a sonné à "Libération". Rupture entre l'équipe et Edouard de Rothschild, l'actionnaire de référence amené par Serge July et accepté alors par les salariés. Mais aussi rupture désormais inévitable avec ce qu'est devenu ce quotidien. Rothschild préconise la médication de la saignée (encore une centaine d'emplois en moins), de l'amputation (filialisation du site internet) et de la normalisation (disparition des derniers vestiges de la période autogestionnaire). Son "plan" ressemble plus à une tentative désespérée de récupérer un peu d'argent perdu qu'à un véritable projet de presse.
    En face, le plan proposé par Edwy Plenel et la SCPL (Société civile des personnels de Libération) a le mérite d'offrir une perspective sérieuse. Il y aurait place pour un quotidien à la fois réactif par rapport à l'actualité et libéré des contraintes de l'agenda médiatique dominant. L'ancien directeur de la rédaction du "Monde" est-il le mieux placé pour mener un tel projet ? Son tropisme militant risquerait de rencontrer la tentation de la régression gauchisante d'une partie de l'équipe. Mais c'est le mur de l'argent qui est le principal obstacle: les investisseurs vont être difficiles à trouver d'ici le 7 novembre malgré le dépôt opportun d'un amendement d'aide à la presse.
    A terme, le redressement judiciaire n'est pas à exclure. Il risquerait d'engager "Libération" dans la funeste spirale vécue par "France Soir", ballotté d'un actionnaire peu scrupuleux à l'autre. A moins d'envisager qu'un groupe de presse sérieux rachète la marque "Libération" pour en faire un quotidien de gauche haut de gamme. On peut toujours rêver. 

13 juin 2006

Capital presse

    "Libération" n'a jamais été seulement "le journal de Serge July" comme lui-même avait réussi à le faire croire. Mais il est vrai que l'aventure collective de presse, qui porta ce titre au sommet de son influence dans les années Mitterrand, a été marquée par le talent manoeuvrier de son directeur. Manageur calamiteux mais formidable bête de presse avant que la lassitude ne l'emporte, July vient d'être débarqué par un Edouard de Rothschild affolé par le devenir des sous qu'il a investis dans ce quotidien.
    Cet épisode rappelle aux journalistes, qui ont parfois tendance à l'oublier, le pouvoir du capital sur la presse. Surmontant bien des résistances internes, July n'a eu de cesse de vendre le capital du journal, autrefois totalement détenu par les salariés, en se faisant fort de tenir la dragée haute aux actionnaires. Le PDG de "Libé" avait dernièrement introduit Rothschild, devenu "actionnaire de référence" du journal en 2004, qui avait promis de le garder à son poste... jusqu'en 2012 !

26 avril 2006

Manipulations gagnantes

    Le filon du cynisme télévisuel n'en finit pas d'être exploité. M6 a lancé cette semaine une série mexicaine dont la belle héroïne est prête à tout pour devenir riche. Rien à voir avec les traditionnelles et naïves "telenovelas", nous précise l'AFP: "Rubi", c'est son nom, est "une jeune fille envieuse, intrigante, pour qui la fin, ou tout simplement la jalousie, justifient les moyens". Et cela marche ! La présentation de M6 est alléchante: "Amour, haine, trahisons... l’héroïne et les valeurs prônées ne sont pas forcément morales et les méchants ne sont pas toujours punis. Un programme de qualité qui rend accro !"
   
Aux Pays-Bas, l'inventeur de la "télé-réalité", John De Mol, essaie de frapper toujours plus fort. Sa dernière idée est d'enfermer dix individus dans une "Cage dorée". Leur mission: se rendre mutuellement la vie impossible. Le plus odieux gagnera la villa de luxe où il a révélé sa suberbe malfaisance en sus d'un paquet d'argent.
   On rétorquera que le télespectateur n'est pas dupe. Il jouirait de ces spectacles sans céder à une inversion des valeurs. Ce n'est sans doute qu'en partie vrai. La mise en scène de comportements manipulateurs et gagnants pèse sur la perception de la vie sociale. M6 souligne elle-même que son émission "s'inspire de la réalité et aborde de nombreux sujets de société (l’alcoolisme, les barrières sociales…) auxquels les téléspectateurs peuvent facilement s’identifier". Le pire est que ces émissions trahissent effectivement quelques vérités des sociétés contemporaines.

21 mars 2006

Journalisme (a)mateur

    En son principe, Agoravox est une excellente initiative. Le "journalisme citoyen" peut et doit enrichir la vie de la cité. L'entreprise est cependant exposée à de sérieux dangers. Comment distinguer le témoignage fiable de l'affabulation libre, le commentaire informé de la rumeur fantaisiste ?
     Agoravox a mis en place un dispositif de surveillance afin d'éviter les dérapages. Le hic, c'est qu'un des fondateurs du site, Carlo Revelli, vient de publier à la "une" un article exemplaire du mauvais journalisme amateur. L'auteur fait la publicité du film vidéo délirant d'un certain Dylan Avery qui insinue très lourdement que les attentats du 11 septembre ont été organisés par l'administration Bush !
    Revelli se garde de dire clairement dans son article que tel est le sens du "documentaire" dont il recommande chaudement le visionnage. En qualifiant ce montage fantaisiste de "véritable travail d'enquête", l'auteur donne cependant crédit au pire conspirationnisme. Revelli, également PDG de la société Cybion qui intervient sur ce site, en appelle certes à l'esprit critique de se lecteurs: "c’est en effet notre devoir de citoyen de visionner, analyser, décortiquer, et éventuellement critiquer ou dénoncer ce genre de document". Hélas, la lecture des commentaires ajoutés à son article est édifiante: la grande majorité des internautes qui réagissent croient à la thèse de la provocation américaine. Et les trois-quarts d'entre eux jugent cet article "intéressant". La fascination de Revelli pour les "médias des masses" et la "vlog surveillance" est parfois périlleuse.

15 mars 2006

Sarkozy medium

    L'activisme de Nicolas Sarkozy se déploie aussi dans la sphère médiatique. En moins d'un mois, trois histoires témoignent de rapports entre le patron de l'UMP et les médias bien peu conformes aux théories libérales.
    Le 22 février, le "Canard Enchaîné" affirme que Jean-Pierre Elkabbach, président d'Europe 1, a "consulté" Sarkozy pour recruter le journaliste chargé de suivre ses activités. C'est le ministre de l'Intérieur lui-même qui l'a confirmé à quelques journalistes lors d'un déplacement à Chamonix le 10 février: "Bien sûr, et c'est normal. J'ai été ministre de la communication, je suis cela de très près, ça fait aussi partie du travail politique." La rédaction d'Europe 1 s'en est émue. Elkabbach a défendu en conférence de rédaction, le 16 février, son initiative en expliquant, sans rire, qu'il était "normal de consulter les politiques pour recruter des journalistes pas trop près du pouvoir".
    Le 6 mars, Etienne Mougeotte, vice-président de TF1, annonce que Harry Roselmack remplacera à l'occasion Patrick Poivre d'Arvor. Dés le 17 février, au cours d'un déjeuner du collectif Averroès, militant en faveur de la promotion des "minorités visibles" dans les médias,  Sarkozy confie que TF1 fera un "geste fort" cet été en mettant un journaliste noir à l'antenne. "Grâce aux liens qui me rapprochent de Martin Bouygues (propriétaire de TF1), je sais qu'il y aura un Noir au 20 heures de TF1 cet été", explique-t-il selon "Le Monde" du 7 mars.
    Le 14 mars, "Libération" annonce que Karl Zéro est "viré" de Canal Plus, victime entre autres de sa désastreuse couverture de l'affaire Alègre. Le quotidien précise que cette éviction ne s'est pas décidée sans difficulté, Zéro bénéficiant de soutiens actifs dans une classe politique qu'il fait semblant de traiter avec insolence. Sarkozy en personne, mais aussi Laurent Fabius, auraient décroché leur téléphone pour lui tenter de lui sauver la mise. L'animateur le confirme sur son blog tout en prétendant être soutenu par un vaste arc-en-ciel politique, de Bayrou à Besancenot.
    Vous avez dit cynisme ?

14 mars 2006

Illusoire surinformation

    Plus il y a de médias et moins on en apprend. Telle est, brutalement résumée, la conclusion d'une passionnante étude de l'institut américain "Project for Excellence in Journalism" (voir aussi la dépêche AP et l'article du "Los Angeles Times"). Télévisions et radios locales, médias câblés, internet, jamais l'offre médiatique n'a été aussi riche. Et pourtant, la diversité réelle de l'information se réduit, explique ce centre de recherches lié à l'école de journalisme de l'université de Columbia. La pléthore de messages médiatiques cache une pénurie informative sur le fond.
    Nous vivons le règne de la redondance. D'un média à l'autre, les mêmes nouvelles se diffusent en boucle. Les agrégateurs de contenu, florissants sur l'internet, participent à cette illusion médiatique: En une journée, si Google News peut offrir à la curiosité des internautes quelques 14.000 articles, ceux-ci ne concernent au total que... 24 sujets.
    Le paysage médiatique, souligne cette étude, traverse une phase de transition: les médias traditionnels se portent au plus mal tandis que les nouveaux vivent en parasite sur les premiers et ne sont toujours pas adossés à un véritable modèle économique. Cette double fragilité pèse à la baisse de la qualité de l'information. Les "cost killers" règnent désormais sur la presse: 500 journalistes couvraient Philadelphie en 1980, ils sont sont plus que 220 aujourd'hui. Les radios d'information ne consacrent que 14% de leur temps d'antenne au journalisme de terrain. Privés de ressources autres que publicitaires, dans le meilleur des cas, les nouveaux médias sont dans l'incapacité de compenser ces défaillances. Seulement 5% des notes postées sur les blogs offrent une information originale, l'essentiel relevant du commentaire. Nous n'y faisons pas exception ! 

02 février 2006

Infocapitalistes et pronétaires

    Dans un livre parfois agaçant mais toujours stimulant, le scientifique Joël de Rosnay nous convie à un spectaculaire voyage dans l'avenir médiatique. Peu importe l'enthousiasme pour la modernité de l'auteur, fasciné par l'interconnexion généralisée des objets: l'essentiel réside dans la fin de l'ère des mass media, ici annoncée et décortiquée. Toute une économie de l'information, fondée sur la rareté, la verticalité et la grosse tuyauterie, agonise sous nos yeux. De la presse écrite à la télévision, les grandes institutions du secteur souffrent d'un double déficit d'audience et de crédibilité.
    De nouveaux «médias des masses» s'immiscent dans le jeu, en exploitant les ressources d'Internet, qui n'a pas encore révélé toutes ses potentialités. Faut-il y voir, comme l'auteur, l'émergence d'une «nouvelle démocratie»? Les chances offertes par la mutation en cours ne sauraient en masquer les risques. Une «intelligence collective» commence effectivement à ébranler tous les pouvoirs établis. Une étude très sérieuse a ainsi montré que l'encyclopédie collaborative gratuite Wikipedia serait presque aussi fiable que la célèbre Encyclopaedia britannica!
    Mais les nouveaux médias ne sont pas à l'abri de maux anciens. Tout en ressuscitant l'agora antique, la blogosphère est aux prises avec la rumeur et l'intolérance. Internet n'a pas encore accouché d'un nouveau journalisme, à la fois interactif et respectueux de la déontologie. Faute de moyens, les nouveaux médias produisent peu d'informations originales. Joël de Rosnay sous-estime aussi le risque de voir la fin des mass media - avec l'explosion probable de la personnalisation des radios ou des télévisions - accentuer encore l'enfermement tribal et communautaire.
    Tout n'est heureusement pas joué d'avance. L'auteur met en scène une opposition entre les «infocapitalistes», «détenteurs des moyens de création, de production et de diffusion de contenus informationnels dits propriétaires», et les «pronétaires», «nouvelle classe d'usagers des réseaux numériques capables de produire, diffuser, vendre des contenus numériques non propriétaires». De réels conflits d'intérêts animent certes le nouveau jeu informationnel. Mais l'existence de cette lutte des classes est sujette à caution. L'adolescent qui pille en toute bonne (in)conscience quelque création culturelle est-il un «pronétaire» en lutte? Et les entreprises nées de la nouvelle donne médiatique, saluées dans le livre, n'échappent pas aux logiques capitalistes. Si Google, par exemple, a gardé son mot d'ordre de «ne pas faire le mal», cette firme se plie de plus en plus aux exigences de la publicité ciblée qui la fait vivre.
    Les «médias des masses» n'annoncent pas automatiquement l'avènement de l'«économie du peuple» rêvée par Rosnay. Celui-ci en appelle opportunément à une «corégulation» des réseaux, aujourd'hui balbutiante, entre l'Etat et les citoyens. Une chose est certaine: l'«infoéthique» sera l'un des grands champs de bataille du futur.

La Révolte du pronetariat. Des mass média aux médias des masses, Joël de Rosnay, avec la collaboration de Carlo Revelli, Fayard, 252 pages, 18 €.

Article publié dans "L'Express" du 2 février 2006.

15 décembre 2005

Les quotidiens patinent

    Les nouvelles formules se succèdent et se ressemblent dans la presse quotidienne. Dans les choix effectués comme dans les résultats décevants. "Le Figaro" puis "Le Monde" ont lancé, respectivement début octobre et novembre, des versions modernisées de leur titre dont la convergence a frappé plus d'un lecteur. Dans les deux cas, les changements ont infiniment plus porté sur la forme que sur le fond. Ces quotidiens n'ont pas élargi leur prisme idéologique. Ils offrent surtout une maquette plus aérée et un traitement renforcé des thématiques relatives au mode de vie.
     Les lecteurs n'ont pas été conquis. En octobre 2005, "Le Figaro" n'a vu ses ventes au numéro augmenter que de 4,9% par rapport à octobre 2004 malgré un investissement publicitaire de 5 millions d'euros. Le bilan n'est guère plus encourageant pour "Le Monde". Ses ventes au numéro ont enregistré une hausse de 7,3%  en novembre 2005 par rapport à novembre 2004. La comparaison doit toutefois être relativisée par l'actualité très porteuse des émeutes urbaines du mois dernier. Le bimensuel "Presse News" a d'ailleurs relevé une nette retombée des ventes en fin de mois. Eric Fottorino, le très fier concepteur de cette nouvelle formule, s'en satisfait-il ? Dans une longue interview au "Nouvel Economiste" (reproduite sur le site Libé Lutte), il célébrait fin novembre le passage "de la culture de l'exhaustivité à celle de la sélectivité" et affirmait que le but était que "Le Monde" "impose son regard sur les choses". Une conception étrange à l'heure de l'internet.

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