La conquête, par les démocrates, de la Chambre des représentants marque la fin d'une ère de douze années. C'est en 1994 que les républicains s'en étaient emparés grâce à un spectaculaire raz-de-marée électoral. Sous la houlette de Newt Gingrich, la droite américaine s'efforça de pousser les feux d'une intransigeante "révolution conservatrice".
Le vote du 7 novembre n'annonce toutefois pas un virage à gauche symétrique. Les Américains ont d'abord sanctionné la désastreuse politique irakienne de George Bush, mais aussi la corruption dans le camp républicain. Les commentateurs (lire les analyses du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times) soulignent que ce sont souvent des candidats démocrates modérés, voire conservateurs, qui ont permis de gagner la majorité. L'électorat "centriste", au regard des équilibres idéologiques américains, a quitté les républicains. Dans ce contexte, les démocrates ne devraient pas s'engager dans une opposition trop radicale à l'administration Bush. Et celui-ci retrouvera partiellement les charmes de la négociation avec une majorité démocrate (conservatrice) qu'il avait longtemps connue comme gouverneur du Texas.
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