Vases communicants
Des travailleurs chinois remplacent des Roumains partis travailler en Italie tandis que des ouvriers ukrainiens prennent la relève de Polonais émigrés en Grande-Bretagne. Deux articles récents publiés par Le Figaro et Le Monde éclairent les nouvelles vagues migratoires qui frappent l'Europe de l'Est à l'heure où la Bulgarie et la Roumanie rejoignent l'Union européenne. L'ouverture du marché britannique et irlandais a provoqué la "ruée vers l'Ouest" d'un grand nombre de Polonais qualifiés, notamment dans le secteur du bâtiment. D'où une pénurie désormais comblée par l'arrivée, souvent clandestine, de travailleurs ukrainiens, biélorusses ou encore roumains. Depuis l'entrée de la Pologne dans l'UE, on estime à un million le nombre de ceux qui ont quitté leur pays.
En Roumanie, l'exode n'a pas attendu l'entrée officielle dans l'Europe. Deux millions de personnes - soit un quart de sa population active - travailleraient dans un autre pays, généralement en Italie ou en Espagne, la moitié clandestinement. Là aussi, la pénurie de main d'oeuvre se fait désormais sentir. Et voici que des ouvrières chinoises commencent à être importées dans certaines usines. Elles triment presque aussi dur qu'en Chine mais gagnent quatre fois plus d'argent. De même, un maçon polonais peut multiplier par quatre ses revenus en travaillant en Grande-Bretagne... Cette mise en concurrence planétaire des salariés est sans doute économiquement efficace. Elle s'accompagne pourtant d'un cortège de difficultés sociales qui, pour être difficilement mesurables, n'en sont pas moins réelles.

Les commentaires récents