IL flottait un petit air des années soixante-dix, hier, dans les rues de Paris. La manifestation essentiellement composée de militants de la CGT et de la CFDT rappelait l'époque lointaine de l'unité syndicale entre ce qui était alors une centrale d'obédience communiste et une autre d'inspiration socialiste. En ce temps là, FO, sous la houlette d'André Bergeron, faisait déjà bande à part...
Le contexte actuel est évidemment très différent. La confédération de Bernard Thibault a rompu les amarres avec un PCF moribond. L'organisation dirigée par François Chérèque a encore moins de référent politique. Quant à FO, son positionnement est beaucoup moins clair que lorsqu'elle faisait figure de partenaire privilégié du gouvernement et du patronat. Il n'empêche que certaines conditions d'une nouvelle convergence entre la CGT et la CFDT semblent aujourd'hui réunies au-delà de leur complicité dans l'affaire de la loi sur la représentation sociale. Avec autant de fermeté que de réalisme, Thibault s'efforce de donner un visage responsable à la CGT. De son côté, Chérèque est bien obligé de constater les limites d'une orientation excessivement conciliatrice.
Le pouvoir actuel a réussi la prouesse de renvoyer la CFDT dans les rangs d'une opposition sociale très nette. Les slogans entendus dans la manifestation d'hier du côté des cédétistes étaient rageusement anti-gouvernementaux. Grosse différence cependant entre les années soixante-dix et aujourd'hui: la CFDT a troqué ses drapeaux rouges pour des drapeaux oranges qui font un peu travaux publics ! Voir notre petit reportage photographique.

Pas besoin de faire un long commentaire...
Les syndicats français sont un de nos particularismes.
Ils s'opposent à tous, ne proposent rien ou pas grand chose, si ce n'est d'aller plus loin encore dans la voie qui nous a mis dans la panade...
Rédigé par: noop | 18 juin 2008 à 09h59
Oui, Noop. C' est en cela qu' ils sont proches des partis dont notre hôte dit qu' ils s' éloignent.
Drapeaux oranges. J' exclus la Hollande et l' Ukraine. Manoeuvre des quelques militants du MoDem ?
Rédigé par: Erick | 18 juin 2008 à 10h10
Les syndicats sont-ils corrompus avec le pouvoir, au point d'être incapable de concrétiser l'énorme exaspération des Français ?
Pourquoi n'expliquent-ils pas aux travailleurs le lien évident entre l'Europe de Bruxelles, relais de la mondialisation débridée, et toutes les mesures de saccage prises actuellement : RGPP (http://www.levraidebat.com/article-18004673.html), postes de profs supprimés, armée saccagée, pouvoir d'achat comprimé, etc.
Il faut cesser de mentir en cachant les vraies sources du désespoir et des problèmes.
Rédigé par: Benji | 18 juin 2008 à 10h12
Les syndicats veulent faire bonne figure, mais Sarko les tient avec un rayon paralysant qui les a figé. Jamais ils n'auront avalé autant de grosses couleuvres. Ah ! ah ! ah !
Un rayon paralysant nommé "financement des syndicats, magouilles financières et détournement de fonds", qui fait qu'ils se sentent tellement péteux qu'il n'osent plus bouger de peur de voir leurs représentants en taule.
Mort de rire (bis)
Rédigé par: all | 18 juin 2008 à 11h53
Une fois de plus on nous parle du gouvernement, de la CGT, de la CFDT mais on oublie encore les principaux intéressés à savoir les salariés. Ils en ont assez que l'on pense pour eux, que l'on veuille faire leur bonheur malgré eux, ils ont compris que cette réforme maintenait la durée légale du travail à 35 heures. Et puis surtout ils ont compris que chaque entreprise avait ses particularités et ils préfèrent des accords dans les entreprises plutôt que des accords par branches. Ils ont compris que ces types d' accords leur permettront de négocier par eux mêmes leur temps de travail et leurs heures supplémentaires. Les salariés de Plan de campagne pourront négocier le travail du dimanche auquel Thibault et Chérèque s'opposent au nom dont on ne sait quel dogme. En négociant par eux mêmes les mesures favorisant leur pouvoir d'achat les salariés ne seront plus contrariés par un mec qui circule en C6 avec chauffeur et qui prétend les défendre.
Il y a une catégorie de salariés dont on parle peu. Ce sont ceux des PME et des TPE. Eux ont compris quelque chose de plus que ceux qui étaient dans la rue hier, c'est que les syndicats protègent ceux qui sont déjà les mieux protégés. J'ai des relations au PAM (port autonome de Marseille). Après avoir côtoyé la CGT pendant 35 ans il semble que les méthodes employées soient toujours les mêmes et qu'elles ne rendent pas la majorité des salariés heureux surtout lorsqu'il recevront leur feuille de salaire de juin.
"Thibault s'efforce de donner un visage responsable à la CGT". Il a encore du travail à accomplir et pas seulement dans les ports mais aussi avec les comptes de son syndicat.
"Chérèque est bien obligé de constater les limites d'une orientation excessivement conciliatrice" Et oui, Il n'a pas oublié la naissance de SUD.
Rédigé par: flamant rose | 18 juin 2008 à 12h14
Un commentaire sur le blog de PLS qui rejoint le vôtre. A noter que PLS, journaliste propre sur lui, dit souvent de telles contre-vérités sur son blog que l' on se demande s' il sait ce qu' il écrit.
" Bonjour monsieur Séguillon,
Vous oubliez les principaux intéressés : les salariés.
Les salariés des entreprises sont majoritairement pour le démantèlement des 35 heures. Un temps, les oppositions et vous même avez réussi à faire croire que c'était la fin des 35 heures comme durée légale utilisée pour le calcul des heures sup. Aujourd'hui, il y a très peu de salariés qui n'ont pas encore compris que les oppositions et une certaine presse militante leur mentaient et que l'on garde bien 35 comme plancher pour le calcul des heures sup. Les salariés ont également bien compris qu'ils pourront négocier les heures supplémentaires, entreprise par entreprise si les négociations par branche ne tiennent pas compte des spécificités. La plupart des salariés ont plus confiance en eux même, voire en leurs représentants locaux, pour discuter avec leur patron qu'en les syndicats nationaux. Pensez que les PME étant malheureusement pas très nombreuses, la grande majorité des français travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés dans lesquelles les rapports entre eux et leur employeur sont empreints de plus de bonhommie que dans des entreprises plus grandes.
C'est une des raisons pour lesquelles les salariés des PME et TPE n'étaient pas dans la rue aujourd'hui.
Les salariés ont bien compris aussi que, quoi qu'on fasse, le passage à 41 ans de cotisation est inéluctable et qu'il ne sera même pas suffisant. Ils ont également bien compris que la mesure est d'autant plus urgente que l'on n'a pas encore réussi à augmenter le taux d'emploi des séniors. Les syndicats et les oppositions ont réussi à faire croire, un temps, aux salariés que tant que les séniors ne retournaient pas au travail le passage à 41 ans était inutile. Ils ont enfin compris que c'est le contraire : moins il y a d'anciens qui travaillent plus les anciens qui ont un emploi doivent travailler longtemps et non pas le contraire.
Donc les salariés sont en train de gagner (pas à la Pyrrhus) et, toutes choses étant égales par ailleurs, leur niveau de vie va s'améliorer au point de regagner en 10 ans maximum ce qu'ils ont perdu depuis 25 ans. Pourquoi pas plus vite ? Parce que les oppositions et la presse militante n'aiment pas les français qui n'ont pas besoin d'elles et font tout pour ralentir le mouvement.
Jean-Luc Lehocq, un salarié de RTE filiale d'EDF, est débouté de sa demande de travailler au delà de 60 ans. Il gagnera sans doute en appel et à coup sur à Bruxelles car mettre les salariés d'EDF en retraite d'office et pas ceux du régime général est discriminatoire.
Cordialement,
Claude "
Rédigé par: Erick | 18 juin 2008 à 16h07
Eric Dupin, vous commentez la couleur des drapeaux et pas la participation?
On laisse entendre qu'une participation plus faible qu'attendue serait due à l'absence d'unité syndicale? Pas très convaincant.
Il s'est écoulé aussi quelques années depuis le début de la réforme des retraites vers 2002-2003, quelques années pendant lesquelles l'idée d'avoir à cotiser plus longtemps ou de percevoir une retraite plus faible n'a forcément pas laissé les français immobiles.
L'investissement massif ces dernières années dans l'immobilier pourrait être aussi une explication d'une moindre inquiétude aujourd'hui sur les retraites, d'autant que ceux qui sortent habituellement dans la rue sont aussi ceux qui ont le plus de sécurité d'emploi et qui obtiennent le plus facilement des prêts de très longue durée.
Les prix de l'immobiliers ont commencé à flamber vers 2002. Serait-ce une pure coïncidence?
Rédigé par: Annick | 18 juin 2008 à 17h11
Et si les syndicats ne servaient à rien ? Je parle des syndicats « ouvriers, employés et cadres » bien entendu. Les syndicats patronaux, c’est autre chose. En passant, pourquoi continuer de nommer ces derniers « syndicats ».Les mots organisation, association, club, réseau…. seraient sans doute plus appropriés.
Je reviens aux syndicats de salariés. Je voudrais croire que leurs dirigeants et les « permanents » qui les assistent exercent leurs fonctions comme un véritable sacerdoce, animés par le seul souci de défendre les travailleurs, et ce, en dehors de toute gloriole personnelle. Est-ce bien le cas ? En poussant certains de leurs adhérents, en particulier les fonctionnaires protégés par leur statut, à demander toujours plus, ne cherchent-ils pas un accroissement de leur notoriété ?
Et si les syndicats ne servaient à rien d’autre que de maintenir dans leurs postes, avec les avantages attachés à leurs fonctions, une minorité de personnes qui ont peut-être trouvé le bon filon ? Et si leur premier souci était le recrutement pour faire ronronner la machine ?
Travailleurs, travailleuses (comme le disait si bien Arlette) avez-vous pensé à cela ?
Rédigé par: Louis de Saint-Aout | 18 juin 2008 à 17h17
Bien sur que certains commentaires se rejoignent que ce soit sur le blog de PL Séguillon où sur celui-ci. tout simplement parce que c'est du bon sens Il est incontestable que les syndicats ont fait avancer les choses quand le pays pouvait le faire, mais depuis quelques années ils s'arque boutent sur des positions qui ne sont pas tenables.
Eric Dupin écrit je cite" Thibault s'efforce de donner un visage responsable à la CGT", peut être mais il éprouve des difficultés à maintenir ses troupes. L'état veut moderniser les ports parce qu'il y va de leur survie mais il n'a pas l'argent pour le faire. Or les fonds privés existent,et sont prêts à s'investir mais la CGT n'en veut pas. A Barcelone on se frotte les mains et si la modernisation ne s'est pas faite lorsque Tanger aura construit son propre port les conséquences à Marseille seront terribles La CGT sur cette affaire est totalement irresponsable et tout le monde le sait. Le gouvernement s'il est responsable ne peut pas et ne doit pas céder.
Eric Dupin dit également "La confédération de Bernard Thibault a rompu les amarres avec un PCF moribond". C'est pas sérieux. Renseignez vous et faites le tour des grandes entreprises dont les CE sont dirigés par la CGT. Les secrétaires, les trésoriers et les chargés de com sont toujours au PC. En suite pour jouer les démocrates on donne des strapontins aux autres OS. Les permanents sont dans 80% des cas adhérents au PC. Souvenez vous de ce que disait Jean Baptiste Doumeng "le milliardaire rouge" Le PC avec quelques milliers de personnes peut paralyser les gares et les ports et par conséquent le pays. C'est toujours d'actualité même avec un PC moribond, pas besoin d'avoir beaucoup d'électeurs, des militants aux ordres suffisent.
Rédigé par: flamant rose | 18 juin 2008 à 18h54
Que pourrait-on bien dire sur les syndicats Français qui n'ai pas déjà été dit ?
Rédigé par: Ozenfant | 18 juin 2008 à 20h44
Cela fait 30 ans qu'on le dit... et pourtant rien ne change !
Rédigé par: Ozenfant | 18 juin 2008 à 20h45
L' inénarrable Doumeng qui répondait à qui lui reprochait de faire fortune avec les pays de l' Est : "Que voulez-vous ? Je combats le capitalisme avec les armes du capitalisme".
C' est sans doute pour cela - ou pour donner le change - qu' il laissait un des ses fils monter en concours hippique, sport démocratique et populaire s' il en est.
Rédigé par: Erick | 19 juin 2008 à 08h28
Cette journée de manifestations en France peut être reliée avec la crise européenne que nous sommes en train de vivre. Jeudi 19 juin, Jean-Michel Aphatie écrit une chronique intitulée " L'Europe, une idée morte." A la fin de sa chronique, Jean-Michel Aphatie pose une question à laquelle personne n’a pensé. C’est peut-être une question à laquelle personne ne veut penser : pourquoi les dirigeants français s’acharnent-ils à maintenir artificiellement en vie l’idée européenne, puisque l'idée européenne est une idée morte ?
« L’Europe, une idée morte.
[…] De fait, l’Europe est devenue une bureaucratie tatillonne qui veut réglementer la composition du chocolat, qui aimerait harmoniser la fiscalité, et qui rêve d’une concurrence « libre et non faussée ». Étonnons-nous, après cela, du peu d’amour que suscite l’Europe. Ceux qui disent qu’il faut remettre de la politique en Europe ne savent pas exactement ce qu’ils disent, car la politique n’aurait de sens que dans l’intégration des peuples, ce à quoi, nous notamment, Français toujours patriotes et parfois cocardiers, ne sommes pas prêts.
C’est nous qui, dans l’histoire européenne, avons fait capoter la CED, communauté européenne de défense. C’était en 1954, avant l’Union donc, et c’est de ce jour qu’est morte l’Europe politique, par notre faute, faute sur laquelle nous ne revenons jamais, coupables et pourtant arrogants. C’est nous encore, aujourd’hui, qui critiquons l’euro, son organisation, la banque qui le gère.
Le « non » irlandais n’est que le signe supplémentaire de la désagrégation d’une idée que nous maintenons artificiellement en vie. Pourquoi, d’ailleurs, agissons-nous ainsi ? Voilà la question à laquelle nous ne voulons pas encore nous confronter et qu’il faudra bien aborder un jour.
http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/post/2008/06/19/LEurope-une-idee-morte-19/06
Rédigé par: BA | 19 juin 2008 à 21h47
BA,
Sauf erreur, pour JMA, l' intégration européenne doit se faire selon le principe de la supranationalité. Souvenons-nous des débats en leur temps qui opposaient cette notion à celle d' "Europe des Nations" chère à de Gaulle (qu' on ne finit pas de redécouvrir et de s' approprier de tous bords, soit dit en passant). Je pense que cette formule est vivace et toujours présente et pas seulement en France; à ce propos, je crois quer JMA fait un mauvais procés aux français, cocardiers peut-être mais pas plus attachés à leurs particularismes nationaux que les autres.
JMA peut plaisanter à propos de la composition du chocolat, il n' empêche : l' harmonisation des normes européennes, par exemple, est un énorme progrés pour l' industriel, le producteur et le consommateur; cela devrait être assez facile à faire comprendre au lieu de contribuer ainsi à caricaturer les choses et se plaindre ensuite qu' on "rejette l' Europe".
En quoi l' idée d' Europe des Nations serait-elle incompatible avec la théorie des cercles ou avec la politique des grands projets de coopération dés lors que les bases politiques, économiques et juridiques existent grâce au travail de construction de l' Europe qui a été effectué jusqu' à aujourd'hui.
Rédigé par: Erick | 20 juin 2008 à 09h08
L'idée de l'Europe telle que la voyait le général de Gaulle date de bien avant son arrivée au pouvoir en 1958. De Gaulle fit un voyage officiel de 2 jours en Belgique en octobre 1945. c'est au cours du second jour le jeudi 11 que dans une allocution il jette l'idée d'une union européenne.
Au cours de sa visite de Gaulle rencontra en privé Paul- Henri Spaak qui était pour la Belgique le ministre des affaires étrangères. Spaak a posé la question sur le lancement des bases d'une construction européenne, mais dans ses propos l'idée principale qui en ressortait concernait la la sécurité collective. Mais le général, lui, voyait déjà beaucoup plus loin et au cours d'un discours à l'hotel de ville de Bruxelles il fit un discours dans lequel il dit en autre :"Je proclame l'espoir que pourrait apporter, un jour, au monde entier, l'association de tous les peuples de l'Europe et, dans l'immédiat, un groupement occidental ayant pour artères: Le Rhin,la Manche, la Méditerranée.
On connait la suite......
Rédigé par: flamant rose | 20 juin 2008 à 11h25
On connait la suite......
Surtout vue par ceux qui "sachant" tout ne veulent plus rien apprendre...............
Je ne dis pas çà nécessairement pour toi Flamingo, mais surtout pour les bobos parisiannistes !
Rédigé par: Ozenfant | 20 juin 2008 à 12h30
Erick écrit : " les bases politiques, économiques et juridiques existent grâce au travail de construction de l' Europe qui a été effectué jusqu' à aujourd'hui."
Le problème n'est pas que ces bases existent.
Le problème est que ces bases ont été construites sans demander leur avis à tous les peuples concernés.
Le problème est que ces bases ont été construites en contournant le vote des peuples (français, hollandais).
Le problème est que ces bases ont été construites en forçant les peuples (danois, irlandais) à revoter jusqu'à ce qu'ils répondent OUI.
Rédigé par: BA | 20 juin 2008 à 13h22
BA,
Le problème éventuel avec n' importe quelle bouteille n' est pas d' exister. C' est ce qu' on met dedans, sirop ou poison.
Rédigé par: Erick | 20 juin 2008 à 15h50
Après l'Europe, l'Etat mondial:
L'idée d'un gouvernement mondial tel que le voit Monseigneur Attali, date de bien avant le traité de Lisbonne:
Le 24 septembre 1998, interviewé au sujet d'un état mondial sur le site l'Expansion.com (http://www.lexpansion.com/economie/jacques-attali-il-faut-creer-un-etat-mondial_11011.html ), il se dit partisan de la création d'une sorte d'Etat mondial qui définisse les règles du jeu planétaires pour éviter de plonger dans la dépression et dans une crise mondiale prolongée.
En 2006 (?), son livre 'Une brève histoire ... ", montre que le sieur voyait déjà beaucoup plus loin, jusque vers 2060, moment d'une hyperdémocratie, forme d’organisation supérieure de l’humanité. Le 14 décembre 2006, interviewé par "L'actualité du livre" sur cet ouvrage, il déclarait: (http://www.actualitedulivre.com/index.php)
"On assiste à la naissance progressive d’une intelligence collective. Et comme toute intelligence commence par une réaction à la peur et une prise de conscience des menaces qui pèsent sur l’humanité, cela créera une demande très forte d’action commune qui fera naître un gouvernement mondial. ... Ce sera une sorte de dictature de l’espèce contre les vivants. Au-delà, on peut imaginer une dictature de la vie contre l’espèce. Mais ça, c’est pour un futur encore plus lointain.
...
Je crois que l’idée d’un gouvernement mondial est une utopie tout à fait réaliste aujourd’hui. " ...
A propos des utopies, JA les juge tout à fait nécessaires pour avancer, il l'a dit en 2005 à l'Université du Medef (http://www.medef-44.fr/main/core.php?pag_id=39535) :
" Oui, elles sont tout à fait nécessaires. C’est le principe de la carotte et du bâton. Elles font avancer à la fois par la séduction et la peur. "
Nous voilà bien...
Rédigé par: Annick | 20 juin 2008 à 16h40
J'ai souvent défendu la thèse qui veut que Nicolas Sarkozy soit plus gaulliste que beaucoup de ceux qui se réclament du général. Aujourd'hui "le Monde" dans un article de Patrick Jarreau écrit ce que je défends depuis longtemps.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/20/nicolas-sarkozy-et-l-otan-gaulliste-ou-gaullien-par-patrick-jarreau_1060803_3232.html
Le dessein de de Gaulle consistait à dégager la France, non pas de l’alliance atlantique qu’il entendait maintenir , mais de l’intégration réalisée par l’O.T.A.N. sous commandement américain. Il voulait nouer avec chacun des états du bloc de l’est et , d’abord avec la Russie des relations visant à la détente, puis à l’entente et à la coopération puis d’en faire autant avec la Chine. Il voulait également doter la France d’une puissance nucléaire telle que nul ne puisse nous attaquer sans prendre d’énormes risques.
J'aime particulièrement cette phrase "Toute remise en question de cette position singulière, dans l'Alliance atlantique, est devenue synonyme de renoncement à l'indépendance". Que jarreau à raison, ce discours c'est celui de Dupont Aignan et de quelques autres dont l'analyse politique est bloquée à 50 ans en arrière comme le compteur d'une voiture le serait sur une vitesse donnée. Alors que la géopolitique a considérablement évolué depuis 1966, la pensée de ces hommes n'a pas varié d'un iota. Le projet de la défense européenne n'avance plus, et se pose t-on un seul instant la question de savoir si l'OTAN pourrait aider à relancer cette défense?
Patrick jarreau écrit "Seul un gaulliste, Jacques Chirac, trente ans après, a osé écorner le tabou en autorisant, en 1996, la présence d'un représentant de la France au comité militaire de l'Organisation. Mais la réintégration pleine et entière échoua en raison des conditions mises du côté français et du côté américain" puis à la fin de l'article" La droite gaulliste y rechigne, Alain Juppé ouvertement". Je me permets d'apporter la précision suivante. Les Gaullistes et Juppé ne se sont pas opposés à J Chirac lorsqu'il a proposé que la France réintègre la défense militaire de l'OTAN. Chirac avait posé comme condition d'avoir un commandement et s'il n'a pas donné suite c'est parce qu'il ne l'a pas obtenu. Aujourd'hui N Sarkozy fait exactement la même proposition mais après avoir proposé lui aussi des conditions il les a retirées. Pourquoi ? Que sait-on des discussions qui ont eu où vont avoir lieu ? J'ajoute une autre précision c'est que Alain Juppé me semble t-il est co-président du livre blanc sur la défense nationale et puis son discours, celui auquel se réfère P Jarreau, comporte beaucoup de conditionnel .
De Gaulle a su épouser son siècle lorsqu'il a fallu, gageons que Nicolas Sarkozy réussira à épouser le sien malgré l'obstruction sans égale qu'il subit car ne nous leurrons pas, il s'agit de combattre plus l'homme que la politique qu'il mène.
Le "Monde "n'est pas un journal réputé gaulliste, il a souvent combattu le général. Alors bravo pour cet article qui n'en doutons pas sera attaqué.
Rédigé par: flamant rose | 21 juin 2008 à 14h38
Les syndicats sont'ils tous de gauche ?
Les bobos sont-ils de gauche ? http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/06/les-bobos-sont.html#comments
Rédigé par: Ozenfant | 21 juin 2008 à 17h46
Si un référendum était organisé sur le Traité de Lisbonne, nouveau nom de la Constitution européenne,
53% des Français voteraient NON
alors que 47% l'approuveraient.
Résultat qui nous donne plein d'espoir. En l'absence de toute campagne, le NON est déjà majoritaire ! Quel progrès en quelques années ! Signe d'une prise de conscience généralisée des méfaits de l'Europe de Bruxelles, relais de la mondialisation débridée.
A diffuser massivement !
http://www.levraidebat.com
Rédigé par: Benji | 21 juin 2008 à 17h46
Les syndicalistes sont'ils allés "aux écoles ?"
Probablement : 80% d'une classe d'age n'est-elle pas Bachelière ????
Vu c't'aprem sur le cable: Beaumarchais l'insolent.
Retenu:
"Il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits"
Bizarre comme aucune leçon du passé n'est retenue... comme si nos meilleurs professeurs nous avaient montré la lune en vain :
Pauvres imbéciles, nous ne regardions que le doigt !
Rédigé par: Ozenfant | 23 juin 2008 à 18h48
Erick écrit: " Le problème éventuel avec n' importe quelle bouteille n' est pas d' exister. C' est ce qu' on met dedans, sirop ou poison."
Pourquoi tu me parles de bouteille, tout à coup ?
Nous parlions des bases sur lesquelles l'Union Européenne s'est construite.
Ces bases ont été construites sans les peuples, et même parfois contre les peuples.
L'Union Européenne, construites sur de mauvaises bases, va donc s'effondrer.
Rédigé par: BA | 23 juin 2008 à 22h59
Pourquoi ne fermez vous pas ce Blog puisque vous ne faites que très épisodiquement des articles...depuis qq temps.Quel dommage d'ailleurs.
Rédigé par: monik | 25 juin 2008 à 11h07
"Ces bases ont été construites sans les peuples, et même parfois contre les peuples"
Peut-être mais sans ce coup de force de quelques personnes de bon sens, il y a belle lurette que les peuples de l'Europe se seraient renter dedans comme ils ont su si bien le faire en 1870, 1914, 1939 pour ne prendre que les exmples les plus récents.
Rédigé par: Vox | 25 juin 2008 à 11h32
La seule différence (que vous ne voyez toujours pas), c'est que dans les années après 1939, une grande nouveauté est apparue : la bombe atomique.
Croire que c'est grâce à ce coup de force anti-démocratique que les peuples de l'Europe ne se sont pas " rentrés dedans ", c'est commettre un contresens historique.
C'est la peur de la bombe atomique qui a empêché les peuples d'Europe de se faire la guerre.
Ce n'est pas la construction de l'Union Européenne qui a permis la paix en Europe.
En revanche, c'est la présence de centaines de bombes atomiques en Europe qui a permis la paix en Europe.
Rédigé par: BA | 25 juin 2008 à 14h56
BA,
Il fait davantage honneur aux hommes de pouvoir donner la raison comme motif de maintien de la paix en Europe, plutôt que la peur. On peut alors y voir un progrès.
La raison est un état de l'homme bien supérieur à la peur, et plus durable, qui lui reconnaît la capacité de tirer des leçons de l'histoire, de reconnaître que le spectacle de la chair en lambeaux, que la destruction, font souffrir plus de gens qu'elle n'en soulage.
Si la peur de la bombe atomique maintenait l'Europe en paix, on ne pourrait qu'y voir la marque d'esprits primitifs et veules, de lavettes, de gens sans intelligence. Ceux qui ont besoin d'avoir le doigt sur la gachette pour se faire respecter ne sont que des gens irrespectables qui créent eux-mêmes les conditions de n'être pas respectés.
A chacun sa façon de voir, selon l'idée qu'il se fait des hommes.
Rédigé par: Annick | 25 juin 2008 à 18h28
Si ce n'est pas la peur qui a permis de maintenir l'Europe en paix, pourquoi ne serait-ce pas tout simplement, et très prosaïquement, le désir de commercer librement et de s'enrichir mutuellement moyennant la création d’un marché commun? Une telle motivation n'est pas en soi illégitime, pas plus d’ailleurs que la peur est toujours irrationnelle. Mais d’un point de vue moral, cette motivation est-elle très nettement supérieure à celle qu’Annick refuse d’admettre au nom de la haute idée qu’elle se fait de l’humanité ?
Rédigé par: chatel | 25 juin 2008 à 19h11
" Si la peur de la bombe atomique maintenait l'Europe en paix, on ne pourrait qu'y voir la marque d'esprits primitifs et veules, de lavettes, de gens sans intelligence. "
Au contraire, c'est la marque de gens intelligents : depuis les années 1950, chaque dirigeant politique, chaque chef d'Etat européen a fait fonctionner sa raison.
Il s'est dit : " Si j'attaque mon voisin Charles (ou Helmut, ou John, ou Boris, etc.), les alliés de Charles (ou Charles lui-même) vont m'envoyer des bombes atomiques. Donc, je n'attaque pas Charles (ou Helmut, ou John, ou Boris, etc.). "
Résultat de ce raisonnement intelligent : presque 63 ans de paix en Europe.
Et ça va continuer.
Les dirigeants politiques européens sont intelligents.
Rédigé par: BA | 25 juin 2008 à 21h56
Les Allemands n'ont pas la bombe atomique me semble-t-il.
Rédigé par: Trésor de bienfaits | 25 juin 2008 à 23h30
B(ombe)A(tomique) ne ferait-il pas une petite fixette par hasard ?
Rédigé par: Erick | 26 juin 2008 à 08h50
Trésor de bienfaits écrit : " Les Allemands n'ont pas la bombe atomique me semble-t-il."
Non, mais les Etats-Unis l'ont.
Si un pays X avait envahi l'Allemagne, les Etats-Unis aurait envoyé des bombes atomiques sur ce pays X (solidarité entre pays de l'OTAN).
Je répète pour la 36ème fois parce qu'Erick n'a toujours pas compris :
1- Ce n'est pas la construction européenne qui a créé la paix en Europe.
2- C'est la peur de la bombe atomique qui a créé la paix en Europe depuis 63 ans.
Rédigé par: BA | 26 juin 2008 à 16h31
@ BA
Je ne veux surtout pas parler au nom d'un autre et en particulier à la place de Erick mais lorsque vous dites"Je répète pour la 36ème fois parce qu'Erick n'a toujours pas compris " vous commettez une erreur.
Bien souvent dans les commentaires on peut lire " je répète car il semble que vous ne m'ayez pas compris. C'est faux, on a souvent parfaitement compris, mais on est pas d'accord c'est tout et c'est pas en le répétant une 37 éme fois qu'on le deviendra.
Rédigé par: flamant rose | 26 juin 2008 à 17h15
@ flamant rose
Je ne veux surtout pas parler au nom d'un autre et en particulier à la place de BA mais lorsque vous dites " C'est faux, on a souvent parfaitement compris, mais on est pas d'accord c'est tout et c'est pas en le répétant une 37 éme fois qu'on le deviendra." permettez-moi de vous dire que ce que vous dites est faux. Autour de moi, en Belgique, beaucoup de mes amis ne me comprennent pas les 36 premières fois. Par contre, au bout de la 37ème fois, ça y est : ils commencent à comprendre. Répéter un argument plusieurs fois, de façon claire et intelligible par tous, ça peut donc être un bon moyen pour que certaines personnes finissent par comprendre. Amitiés wallonnes.
Wallon bleu.
Rédigé par: wallon bleu | 27 juin 2008 à 06h18
J'aime l'humour belge.
Cela fait à peu prés 400 jours que l'on essaie de me persuader que Nicolas Sarkosy est un mauvais président. Et pourtant....Je dois mal comprendre,il va falloir me le répéter encore de nombreuses fois, je crois qu'il faudra m'en persuader sous hypnose.
Rédigé par: flamant rose | 27 juin 2008 à 09h32
Mais pourquoi diable les Etats-Unis n'ont-ils pas envoyé une bombe atomique sur l'Irak, plutôt que d'aller y faire de la charpie, puisque Bush a jugé que l'Irak était impliqué dans les attentats du 11 Septembre?
Les américains ne doivent pas être très intelligents.
Justement la Cour suprême américaine a confirmé hier que la Constitution garantit le droit de chacun à posséder une arme.
Rédigé par: Annick | 27 juin 2008 à 11h38
Le moral des ménages atteint un plus bas historique.
Coup de blues passager ou vraie déprime ? Après la croissance en berne, l’INSEE pointe le moral en chute libre des ménages. Selon le baromètre mensuel de l’Institut, le moral des ménages a dégringolé une nouvelle fois, en juin, de quatre points.
Pour Fabrice Lenglart, le chef du département des comptes nationaux : « Le solde d’opinions négatives se situe à un niveau extrêmement négatif. On est au plus bas historique, et à des niveaux jamais observés depuis que cette enquête existe. » Soit depuis 1987.
Situation financière, pouvoir d’achat, inflation… Les Français jugent sévèrement les mois écoulés et, plus inquiétant, s’angoissent tout autant pour les semaines à venir. Depuis un an, dans l’esprit des Français, la descente aux enfers s’accélère. Petite nuance, entre l’épargne et la consommation, c’est leur capacité à se lancer dans des achats importants (meubles, électroménager…) qui se dégrade le plus vite.
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/335221.FR.php
Rédigé par: BA | 27 juin 2008 à 13h12
Certains ont parlé du divorce entre syndicats et PME. C'est vrai. Mais c'est un cercle vicieux: les syndicats n'ont pas la culture des PME? car la représentation salariale et sa puissance évolue avec le nombre de salariés dans une entreprise, dans le code du travail lui-même, issue entre autres des luttes des syndicats. De l'autre côté, il est très difficile d'être syndicaliste dans une PME, et donc de développer une forme de syndicalisme plus adaptée aux modes de fonctionnement nécessairement plus souples des PME. Les relations y sont plus personnelles, donc plus soumises aux aléas humains. La vie en PME peut être formidable, mais aussi un enfer, selon les personnalités.
Il y aurait pourtant beaucoup à dire et à faire pour les salariés de PME. Le seul syndicat de PME est à ma connaissance, un syndicat...patronal.
Rédigé par: Karl Marx | 28 juin 2008 à 13h45
"Le pouvoir actuel a réussi la prouesse de renvoyer la CFDT dans les rangs d'une opposition sociale très nette. Les slogans entendus dans la manifestation d'hier du côté des cédétistes étaient rageusement anti-gouvernementaux."
Ah, parce qu'il faudrait qu'un gouvernement légitime prenne des gants avec des syndicats illégitimes, fût-ce en renonçant aux réformes dont on sait qu'elles sont indispensables...
Rédigé par: Criticus | 01 juillet 2008 à 19h44