Réalisme socialiste
Bourgeois, cessez donc de trembler comme des feuilles ! le PS renonce enfin officiellement à ses "espérances révolutionnaires". La presse bien-pensante s'en réjouit: les socialistes abandonnent leurs "vaches sacrées" idéologiques pour se mettre à jour. La nouvelle "déclaration de principes" du PS le définit clairement comme un "parti réformiste".
Ironie mise à part, ce texte corédigé par Alain Bergounioux, subtil historien et idéologue du parti, et Henri Weber, autre amateur d'exercices théoriques, n'est pas trop mal troussé au regard des lois du genre. On s'amusera même à repérer quelques signes révélateurs de la spécificité maintenue du socialisme français. La déclaration affirme que la "critique historique du capitalisme" demeure "d'actualité" et que le PS porte un "projet de transformation sociale radicale". La précédente déclaration de principes, rédigée en 1990, ne définissait le PS que comme un "parti de transformation sociale", situant son réformisme au service d'hypothétiques "espérances révolutionnaires". En passant de la référence à une "économie mixte" admettant "les règles du marché" à celle d'une "économie sociale et écologique de marché" régulée par la puissance publique, les socialistes ne sombrent guère dans une dangereuse dérive droitière. Tous les courants du parti ont d'ailleurs ratifié le nouveau texte.
L'essentiel reste pourtant à faire pour le PS. Sur le plan idéologique, il lui faudra d'abord préciser et creuser sa critique du capitalisme au-delà des facilités d'une dénonciation morale et d'une condamnation de ses défauts les plus criants. L'articulation entre pleine reconnaissance de l'économie de marché et contestation des logiques du capitalisme financier suppose un profond renouvellement d'analyses qui ne peuvent plus être adossées aux schémas marxistes.
Simultanément, les socialistes doivent donner de la chair aux valeurs qu'ils réaffirment aujourd'hui en arbitrant clairement en faveur de quelles politiques publiques ils se prononcent. Qu'il s'agisse de "développement durable" ou d'"Etat social", le PS est mis au défi de mettre des propositions concrètes derrière ses mots. C'est ce que l'on attend du débat qui s'ouvre en son sein.

ED dit que "le PS est mis au défi de mettre des propositions concrètes derrière ses mots."
"propositions concrètes" : tout est dit. De celles qui ne passeront pas du carrosse pré-électoral à la citrouille gouvernementale.
Rédigé par: DD | le 22 avril 2008 à 12h50
Il me semble que la prestation de Pierre Moscovici au grand jury démontre l'état du PS. En fait son seul programme est aussi son dénominateur commun : l'anti-sarkozysme. Moscovici a montré que les socialistes sont entrain d'inventer un nouveau mode de campagne électorale qui consiste à ne rien proposer mais à discréditer l'adversaire.
Cette déclaration de principe du PS c'est du vent, il n'y a rien derrière, aucun programme, seulement des mots.
Bergounioux fait sourire quand il dit " il nous faut imaginer un modèle de développement qui puisse allier action économique, impératif écologique et protection sociale". Mais en France on a déjà une surdose de social par rapport aux autres pays : les acquis sociaux, la sécu, les allocations chômage, le RMI etc…On ne peut en rajouter et le PS le sait bien. Pour ce qui des impératifs écologiques c'est pas en France qu'il faut le dire mais aux Etats Unis , en Chine, en Inde.
Il dit encore : "Ce qui fait la force du socialisme, c’est qu’il est capable d’allier l’idéal au réel, le futur et le présent, tout en assumant les contradictions de notre société". Mais c'est du pipeau. Ou ce gars là est un doux rêveur ou il manie en maître la démagogie. Cela me rappelle Mitterrand lorsqu'il a déclaré en 1982 je le cite : "Je me sens proche des utopistes qui, à force de croire à leurs rêves finissent par l’imposer à la réalité". La réalité ce fut1983
Et lorsqu'il dit je cite encore :" Qu’entendons-nous au juste par République ou laïcité ?" Il peut toujours le demander à Delanoé qui vient de faire citoyen d'honneur de la ville un religieux. Certainement en vertu du principe de laïcité que le PS connaît bien puisqu'il en a fait il y a peu la leçon à Nicolas Sarkozy.
Rénovation , reconstruction, refondation mais certainement pas progression car le paquet à idées du PS reste désespérément vide. Le PS lorsqu'il ne critique pas brasse de l'air.
Rédigé par: flamant rose | le 22 avril 2008 à 13h13
Eh bien c'est pas mal cette déclaration de principe, elle existe bien puisqu'elle est déjà rentée dans vos crânes, et surtout qu'elle vous a fait réagir. C'est que quelque part elle est sensée et vous dérange un tantinet.
Car moi quand rien ne me dérange, je continue mon job ou ma sieste ...
C'est bien d'avoir un axe sur lequel se construire et reconnaitre que les vieilles lunes sont définitivement passées est un progrès.
Le progrès de demain sera bien celui décrit dans ce manifeste. Développement concerté avec une humanité finie, avec au premier plan l'Homme et l'environnement.
Amitiés
Aston
Rédigé par: Aston | le 22 avril 2008 à 13h46
@ flamant rose:
>Il me semble que la prestation de Pierre Moscovici au grand jury démontre l'état du PS. En fait son seul programme est aussi son dénominateur commun : l'anti-sarkozysme.
En même temps, on ne peut pas dire que ça ne reflète pas l'électorat du PS qui est très uni sur l'idée de ne pas vouloir du sarkozysme mais très très divisé s'agissant de l'alternative à lui offrir (A Gauche toute? Social-Démocratie? New Labour à la française? pro-européen? eurosceptique?). Comment construire un "rassemblement" et a fortiori un discours clair à partir de ça? Et même en cas de retour miraculeux aux affaires comment se maintenir au pouvoir sachant qu'on ne réussira pas à satisfaire tout le monde et que les déçus se réfugieront donc dans l'abstension ou la sanction?
Rédigé par: Scuz | le 22 avril 2008 à 14h00
Ce qui est " Miraculeux " comme le dit Scuz, ce ne sera pas le retour du PS avec son nouveau manifeste aux " Affaires "... le vrai " Miracle " c'est que Mr Sarkozy ne se soit pas encore totalement ramassé. Il en est tout juste à un an sur cinq, et le " Super-Miracle " ce sera qu'il tienne les quatre à venir, avec toutes les ardoises du libéralisme sauvage international et local que vous adulez ... Essayez au moins d'y voir un peu clair, lisez des journaux non-partisans et vous vous apercevrez peut-être des énormes péniches (banques en déroutes, famines ...) que nous allons prendre dans la gueule d'ici à fin 2008.
Bonnes lectures
Aston
Rédigé par: Aston | le 22 avril 2008 à 14h33
on va pas gagner la guerre avec ça....
Rédigé par: king selewa | le 22 avril 2008 à 14h34
je crois que c'est Bayrou qui a parlé dans son programe de social-economie.
Comment vont accepter Melanchon&cie ca
Rédigé par: simbad | le 22 avril 2008 à 15h34
@ Aston
Mais je lis des journaux impartiaux. Hier le 21 avril il y avait dans "la tribune de Genève" un article très élogieux sur Nicolas Sarkozy. Le Journaliste rappelait tout ce qui a été fait en un an. Pour conclure il se demandait ce qu'il fallait faire pour satisfaire les français. A moins que ce journal suisse soit sarkozyste…
Je vous rappelle tout de même qui si Sarkozy est bas dans les sondages, d'après les mêmes études les 2/3 des français pensent que le PS ne ferait pas mieux. Inutile de vous dire que je suis parmi eux avec toutefois une différence notable : c'est que je pense qu'il ferait moins bien ou plus mal selon votre façon de voir les choses.
Rédigé par: flamant rose | le 22 avril 2008 à 16h10
Les bourgeois cesseront peut-être de trembler, effectivement, quand ils verront les projets concrets de mise en oeuvre des principes. Notamment si certains aspects spécieux, voire ambigus, des vocables et concepts sont clarifiés et avec quelle adhésion des membres et adhérents du PS.
Rédigé par: Erick | le 22 avril 2008 à 16h21
...Ce que j'aime chez E Dupin,ce sont les commentaires de flamant rose.
Le blog de Dupin sans flamant rose c'est comme du caviar sans vodka (soyez reconnaissants ...j'aurais pu écrire "du petit salé sans Morteau")
Rédigé par: hanse | le 22 avril 2008 à 16h57
Certes, certes, hanse,
En tous cas, j'aime que ce blog soit un lieu de débat entre personnes de sensibilités politiques différentes et même contrastées - à condition qu'un minimum d'honnêteté et de tolérance intellectuelles soient respectés !
Rédigé par: Eric Dupin | le 22 avril 2008 à 17h29
Effectivement, voila une belle déclaration de principe, qui mine de rien refonde le parti socialiste, (dont je suis membre). Elle est cohérente et me semble t-il adaptée. En tout cas, bien plus que toutes les productions passées du PS depuis Mitterand. Elle ne sombre pas dans le modernisme qui serait droitisation, mais réussit à avancer.
Mais ce n'est qu'une déclaration de principe, elle n'était pas là pour trancher une ligne, même si bien sûr les choix qu'elle porte sont idéologiques. Cela pose les frontières du parti (et effectivement quelques mélanchoniens doivent se poser des questions à un moment donné) mais c'est le congrès qui donnera la ligne.
Quant au PS bashing auquel s'adonne flamant rose, c'est un eu vain. Il y a des raisons de critiquer, mais pas par ces jugements définitifs et erronnés (plus d'idées, pas de travail, seulement de la haine...).
Nous travaillons, nous avons gagnés ensemble les municipales, de manière transcourant.
Les courants me semblent un outil intéressant, mais qui a pris trop de place.
Mais on bosse, on réfléchit, plutôt dans le trop plein et la confusion que dans la stérilité...
Rédigé par: jani-rah | le 22 avril 2008 à 17h30
Parce que vous trouvez honnête les propos de Moscovici lorsqu'il prétend que les libertés sont menacées, que l'on aura liquidé une forme de tradition républicaine.
Parce que vous trouvez honnête les déclarations de Ségolène Royale lorsqu'elle déclare "le gouvernement n'a pas le droit de voler l'argent des familles, ça suffit, c'est scandaleux, je ne laisserai pas casser les familles".
Parce que vous trouvez honnête les propos de Fabius laissant croire à la création d'une TVA sociale alors que c'est DSK qui en a émis l'idée.
Parce que vous trouvez honnête JL Bianco lorsqu'il déclare que le président est là pour détériorer les conditions de vie des français.
Je ne cite pas Hollande il y en aurait trop
Parce que vous trouvez honnête une candidate qui dit que le programme qu'elle a présenté n'était pas crédible.
Parce que vous trouvez honnête que la même candidate pousse une saine colère pour faire passer un message alors qu'elle a complètement tort.
Parce que vous trouvez honnête de faire croire qu'on peut régulariser tous les sans papiers.
Parce que vous trouvez honnête de faire croire que l'on peut loger tous les SDF.
Parce que vous trouvez honnête de faire croire que l'inflation et par suite la baisse du pouvoir d'achat est la faute du gouvernement comme s'il était responsable du dollar fort, du prix élevé des carburants, de l'augmentation des matières premières.
Et j'en passe. Je ne vois pas ce qu'il a de malhonnête ou d'intolérant à faire ressortir les contradictions des donneurs de leçons qui composent le PS. Sarkozy a eu raison lorsqu'il a reproché à certains de ses ministres de ne pas se défendre correctement face aux socialistes.
Je ne vois pas pourquoi cela serait de la malhonnêteté intellectuelle de rappeler à Moscovici, lorsqu'il dit que les libertés sont menacées, que jusqu'à preuve du contraire Sarkozy n'a jamais donné l'ordre d'installer des écoutes téléphoniques chez les particuliers, qu'il n'a jamais donné l'ordre de couler un bateau, je ne vois pas pourquoi cela serait de la malhonnêteté intellectuelle de rappeler à S Royale et à Jl Bianco que Sarkozy ne fera jamais diminuer les allocations familiales et ne détériore pas la vie familles en faisant injecter du sang contaminé à leurs enfants.
Oui je sais ça dérange.
Rédigé par: flamant rose | le 22 avril 2008 à 18h50
Cher Eric Dupin,
D'abord, merci pour votre murmure du jour qui m'a aussitôt amené à lire in extenso la fameuse déclaration de principe du P.S.
Je la trouve belle et pertinente, cette déclaration et quasiment irréprochable !
Vous commencez votre réflexion ainsi (je vous cite) :
"Bourgeois, cessez donc de trembler comme des feuilles ! le PS renonce enfin officiellement à ses "espérances révolutionnaires". La presse bien-pensante s'en réjouit: les socialistes abandonnent leurs "vaches sacrées" idéologiques pour se mettre à jour."
Ah bon ?
Alors que dire ce cet extrait de la dite déclaration (article 13) ?
"Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale
radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte
assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. Le Parti socialiste
veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat."
Changer la vie : très rimbaldien et assez fort non ?
En fait, en la lisant bien en détail, on voit bien qu'elle cherche à rassembler le plus possible de courants de gauche, tout en cherchant à se démarquer très sensiblement de quelques valeurs de droite.
Par contre, quand je lis : "Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail." (article 19) : là, j'ai envie de rire !
Il y a longtemps, bien longtemps, que le P.S s'est coupé de toutes les réalités et des nouvelles complexités du monde du travail.
Et, ce qui est révoltant : il y a longtemps que le P.S ne s'est clairement pas mis au travail lui-même !
Alors qu'il en a eu grandement le temps de puis 2002.
J'ai lu récemment un ouvrage passionnant de Pierre Larrouturou, porte-parole de l'Union pour l'Europe sociale ("Le livre noir du libéralisme"): cet ouvrage m'a également permis de découvrir le combat très pertinent de Mr Larrouturou pour tenter de faire sortir le P.S de l'immobilisisme dans lequel il est plongé.
Et les obstacles auxquels il est confronté dans cette rude tâche.
C'est pourquoi quand je lis : "Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les
femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents." (article 20) :
là, mon sang ne fait qu'un tour.
Et je vous renvoie à ce message du 15/4(que j'ai reçu récemment de Mr Larrouturou dont je suis le combat) pour toute réponse :
"Lettre ouverte
à tous ceux et celles qui veulent que le PS se mette au travail…
Bonjour à tous,
Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelles de notre pétition.
Rappel des épisodes précédents :
1 > nous devions déposer notre pétition le 25 mars. François Hollande nous a interdit de monter à la tribune du Conseil National mais a promis que nous pourrions la déposer au Bureau National du 1er avril et que, avant ce B.N., il recevrait quelques uns des premiers signataires pour que nous puissions parler avec lui de notre demande.
2 > le 1er avril, trois heures avant le Bureau National, nous arrivons enfin à joindre le Directeur de Cabinet de F. Hollande. Stéphane Le Foll commence par dire que nous sommes des inconscients et qu’il est impossible d’organiser une Convention sociale et une Convention européenne d’ici l’été. Au bout de 10 minutes d’un dialogue musclé, il conclut qu’on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales).
Il est acté avec Stéphane Le Foll que notre pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau National et que Claudy Lebreton et Patrick Bloche (qui sont signataires et membres du BN) auront un moment pour en parler. La décision sera mise "en délibéré" jusqu’au BN du 8 avril, date à laquelle j’aurai un moment à mon tour pour argumenter devant les membres du BN.
Il est acquis que nous pourrons rencontrer François Hollande avant le 8, pour parler avec lui du fond de notre demande. "On fixe le rendez-vous demain. Tu nous appelles demain et on fixe le rendez-vous !" me dit Le Foll en concluant l’entretien.
3 > Le 2 avril, nous apprenons que le texte de la pétition n’a pas été donné aux membres du BN.
4 > Malgré de nombreux appels, nous n’arrivons à joindre ni F. Hollande ni S. Le Foll entre le 1er et le 8 avril. Il faudra un jour reparler du cumul des mandats : Le Foll est payé pour garder la maison quand le patron n’est pas là. Mais, en plus d’être Directeur de cabinet à Paris, il est élu municipal au Mans et Député européen à Bruxelles et Strasbourg… Cela ne facilite pas les contacts et laisse peu de temps pour la réflexion !
A la demande de son assistante, nous envoyons par mail les 6.123 premières signatures de militants PS (les seules qui semblent intéresser la direction…) et obtenons un mail « Bien reçu » mais aucune proposition de rencontre.
5 > Le mardi 8 en fin d’après midi, pensant que Claudy LeBreton, Patrick Bloche et moi pourrons déposer et défendre notre pétition, je me rends à Solférino sans avoir pu joindre ni Le Foll ni Hollande. "Il a eu ton message et il a ton numéro de portable" me répondent imperturbablement leurs assistantes quand j’essaye à 6 reprises dans la journée du 8 de leur parler. N’était-il pas "promis" depuis le 25 mars que nous pouvions nous parler et que nous pouvions déposer notre pétition ?
6 > J’arrive à Solférino et demande à voir le Foll avant que le Bureau National ne commence (François Hollande est à l’Assemblée). Il ne répond pas à ma demande. Quand je fais mine de m’engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l’accueil sur un ton peu amène. J’arrive à coincer Le Foll, qui m’explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). "Vous voulez foutre en l’air le calendrier décidé par le Conseil National" dit-il. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de foutre en l’air quoi que ce soit mais seulement d’utiliser au mieux les 2 mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces 2 mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant…
De deux choses l’une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n’y aura pas de consensus et c’est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l’occasion de construire un projet très concret.
J’ai le malheur de rappeler à Le Foll qu’en 2003, déjà, ils nous avaient traité de "casse-couilles" quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu’il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l’époque, toute l’équipe de Soférino était convaincue qu’il n’y aurait pas de référendum et que c’est l’UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d’énerver Stéphane : "Bien sur. Bien sur. Et c’est grâce à vous aussi qu’on a gagné les municipales !" me dit-il, assez énervé. Visiblement, à force de le répéter, Solférino commence à croire vraiment que c’est François Hollande qui a gagné les municipales. Il faudra un jour qu’on leur parle du travail réalisé par les élus et les militants de terrain, et de l’effet repoussoir qu’a eu Sarkozy. Mais, mardi, je n’ai pas voulu m’avancer sur ce terrain…
7 > Comme l’homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n’est pas une façon de convaincre, je n’ai pas tenté d’aller au Bureau National. Quand j’ai quitté Solférino, Le Foll m’a dit qu’il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu’il n’a pas fait).
Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C’est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu’on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m’a vraiment mis hors de moi.
Sur le fond, ce refus du débat me semble dramatique. Sarkozy et Fillon ont relancé leurs réformes. Santé, code du travail, retraites, éducation… Sur tous ces sujets, nous allons évidemment nous opposer aux réformes engagées par la droite, mais nous serions 1000 fois plus convaincants si nous pouvions dessiner une alternative ! Pourquoi ne pas le faire ?
Un des élus qui soutient notre initiative a récemment croisé François Hollande et lui a demandé pourquoi il refusait de nous écouter, pourquoi il ne voulait pas que le PS se mette au travail d’ici l’été. « Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu François Hollande. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt ! »
L’élu n’en est pas revenu. « Ne pas nous dévoiler trop tôt, c’est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n’a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu’il n’a pas convaincu grand monde… »
* * * *
L’image que donne le PS recommence à être catastrophique (Cf « Les reconstructeurs socialistes bâtisseurs de dissensions » dans Libération de ce samedi http://www.liberation.fr/actualite/politiques/320801.FR.php )
Depuis le 21 avril 2002, le PS a tenu deux Congrès "classiques". Nous avons passé des heures à écouter des grandes déclarations générales qui n’ont permis aucune clarification, aucun progrès réel. Au lieu de reprendre les mêmes méthodes, avec les mêmes acteurs, dans le même huis clos, pourquoi ne pas innover ? Pourquoi ne pas nous mettre vraiment au travail, en nous ouvrant à tous ceux et celles qui veulent travailler avec nous ?
Une descente en ski dépend en large part de l’impulsion qui est donnée dans la première longueur. De même, la capacité qu’aura (ou non) la gauche à se renouveler dans les prochaines années, dépend largement de ce que nous ferons (ou ne ferons pas) d’ici au Congrès de novembre.
Face à ce blocage, que pouvons-nous faire ?
Si nous voulons effectivement organiser un grand temps de travail avant l’été, il faut que la décision soit prise avant la fin avril ou dans les tout premiers jours de mai. Ensuite, il sera trop tard pour organiser quelque chose qui a de l’allure. Nous avons donc encore 3 semaines (maxi) pour débloquer la situation.
1° Parmi nos premiers signataires, plusieurs parlementaires veulent utiliser la semaine qui vient à convaincre leurs collègues : "Quand les députés rencontrent des militants, ils se rendent compte que la rénovation annoncée par Solférino n’intéresse pas grand monde. L’idée de travailler sur le fond pendant 2 mois pour avancer sur le projet et pour renforcer notre unité, est une idée qui progresse. On doit pouvoir en convaincre un certain nombre."
2° J’invite tous ceux et celles d’entre vous qui connaissent des parlementaires ou des élus socialistes à leur en parler.
3° Nous retournerons à Solférino le 22 avril avec une vraie délégation. Si, d’ici là, nous avions doublé le nombre des signatures, peut-être que F. Hollande et les membres du BN seraient plus attentifs… Chacun et chacune peut prendre quelques minutes pour appeler un(e) ami(e), PS ou non-PS, pour lui demander de signer.
Si vous allez à une réunion de section, donnez l’adresse www.nouvellegauche.fr à tous ceux qui sont ouverts au débat.
4° D’autres prises de parole collectives sont en préparation dans les grands médias d’ici au 22. Nous vous tiendrons au courant.
Pour info, j’étais lundi l’invité du NouvelObs.com (http://forums.nouvelobs.com/1348/Pierre_Larrouturou.html) et mardi, avant d’aller à Solférino, j’ai rencontré à nouveau l’équipe qui anime Les Inrockuptibles. Visiblement, à lire son blog, l’un des journalistes des Inrocks apprécie notre façon de faire :
« Déjeuner avec Pierre Larrouturou. Vous avez peut-être lu son entretien dans Les Inrocks du 25 mars, ou alors ses bouquins. Larrouturou, c'est cet économiste qui militait pour la semaine de quatre jours, qui croit fermement qu'une vraie politique de gauche est possible dans le contexte global actuel.
Gai, souriant, parlant à toute berzingue, sortant de sa manche chiffres et graphiques toutes les deux minutes à l'appui de ses idées, Larrouturou donne la pêche.
C'est à lui tout seul un jacuzzi, un energizer, un rail de coke, une capsule de viagra : après deux heures avec lui, on redevient optimiste. On aimerait que son énergie, sa croyance dans les dossiers de fond atteignent l'air raréfié de la rue de Solférino, mais ça, c'est pas gagné. »
C’est la première fois que je me fais traiter de "Rail de Coke". Je n’ai jamais été très porté sur ce genre de complément alimentaire, mais c’est vrai que Solférino aurait besoin d’un truc un peu fort !
5° Tous ceux et celles qui ont des idées à proposer pour activer le mouvement sont évidemment les bienvenu(e)s ! Vu le peu de temps que nous avons devant nous, nous ne pouvons pas organiser de rencontres « physiques » mais nous pouvons échanger par mails. N’hésitez pas à nous envoyer toutes vos propositions pour réveiller Solférino !
Ce mail est déjà trop long (désolé !). Juste deux mots de conclusion : il nous reste 3 semaines pour faire bouger Solférino. Ensuite, je crains que nous ne soyons embringués sur un toboggan qui nous mènera à un Congrès très très dur et nul ne sait dans quel état le PS et l’ensemble de la gauche en sortiront. Alors, AU TRAVAIL !
Chacun de nous peut convaincre un(e) élu de sa connaissance.
Chacun de nous peut trouver 2 ou 3 signatures d’ici le 22 avril.
BONNE SEMAINE A TOUS !" (fin de l'email de Mr P.L)
Voilà ! Edifiant, non ?
En espérant que ce post suscitera des réactions constructives.
Cordialement
Rédigé par: Périclès | le 22 avril 2008 à 18h50
Je reste cependant surpris par l’article 15 de cette déclaration qui donne vocation à la justice « non seulement de sanctionner, mais aussi d'aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société ».
J’ai du mal à comprendre en quoi, dans le cas de la justice du divorce, il y a une sanction, sauf à adopter une conception fautive du divorce.
De même, en justice prud’homale, j’imagine mal que la justice, quand elle condamne un patron, se charge de le réhabiliter et le réinsérer.
C’est bien une vision étroite de la justice qui est exprimée ici…
J’en dis plus ici :
http://www.eglantine.info/index.php/?2008/04/21/65-le-nouveau-consensus-socialiste#co
Rédigé par: eglantine | le 22 avril 2008 à 20h19
C'est vraiment drôle de lire qu'en 2008 certaines personnes croient encore que par nature la droite gouverne mieux que la gauche ou le contraire!
Tant qu'il ne tourne pas au fanatisme, cet archaïsme de la pensée, est réjouissant!
Ce qui l'est moins, c'est que l'état de la France se dégrade continuellement depuis trente ans, qu'elle soit gouvernée par la gauche ou par la droite.
Une question : depuis quelques jours la presse commence à nous "bassiner" avec le 40ème anniversaire de mai 68. Par contre personne n'a commémoré le 25ème anniversaire du "tournant de la rigueur" ; étrange, n'est-ce pas?
Rédigé par: marl | le 22 avril 2008 à 22h33
les socialos francais :des ringards completement bouffes par l obsession du pouvoir et des privileges qui en decoulent;;;ils se fichent de la france et des francais ;;;la france est en declin a cause de leur passage au pouvoir et sils reviennent on se retrouvera au niveau d un pays en voie de developpemnt, ;j etais de gauche mais quelle connerie; ils ne savent que degueuler sur les autres ils ne proposent rien sinon de pulveriser le record de la dette publique et du nombbre de fonctionnaires surtout les "enseignants";;;regardez les se bousculer au portillon du pouvoir c set a pleurer; francais reveillez vous !!!!!
Rédigé par: pierre | le 23 avril 2008 à 06h33
Il voit rouge le flamant rose!
Ce ci dit, j'adore son esprit de débat contradictoire, au sujet de son dernier paragraphe sur les libertés menacées, il faut qu'il lise le sujet de l'affaire Clearstream : défense et parties civiles attaquent les juges, parut ce jour sur libération.
Quand à Pierre, je crois qu'il doit "lui" se réveiller.
Rédigé par: claude | le 23 avril 2008 à 08h25
Je ne sais si Koz et ses commentateurs sont les dignes représentants d' une bourgeoisie tremblante mais leurs réactions valent d' être lues. Elles rejoignent mon sentiment que tout est bien loin d' être tranché.
http://www.koztoujours.fr/?p=693#more-693
Rédigé par: Erick | le 23 avril 2008 à 10h41
Avec des orientations aussi fadasses et datées, le PS ne pourra jamais mettre des propositions concrètes derrières ses principes. Toutes les valeurs que le PS se propose de défendre ont aujourd'hui atteint leur apogée et ne peuvent que regresser. Le PS vient d'écrire un projet pour les années 80 et 90. Il y a pas un mot sur tous les nouveaux enjeux du siècle.
Si la refondation s'engage sur ces bases, on peut craindre le pire pour le prochain projet socialiste.
Voir une analyse complète sur mon site.
Rédigé par: Malakine | le 23 avril 2008 à 12h16
Je n'ai pas entendu Moscovici, mais Peillon a été excellent avant-hier! Il y a un relevé de ses propos, plus plein d'autres, ici : (cliquer sur signature)
Rédigé par: Armelle | le 23 avril 2008 à 12h54
Erick dit : "Je ne sais si Koz et ses commentateurs, etc"
On sait surtout que sur ce blogue, il vaut mieux être de l'avis du lieu et du boss. Au mieux on vous ignore, au pire on vous démolit sur des détails. Ici au moins, ED respecte ses posteurs.
"Bourgeoisie tremblante", non sans doute. Mais aveugle : leur idole est engluée dans son impuissance jusqu'au cou comme un vulgaire socialo et ils ne le voient pas, le seul but dans la vie est de dézinguer Bayrou. Si ça les occupe, pendant ce temps-là au moins ils ne font pas de bêtises.
Quant à Pierre, ici, son numéro de "j'étais de gauche mais quelle connerie" est usé jusqu'à la corde. Il n'a pas plus été de gauche (et même jamais) que moi pape à Rome. N'est pas Eric Besson qui veut.
Est-ce "le" Pierre alias Marion etc. qui a fait les beaux jours du défunt Carte de Presse ?
Rédigé par: DD | le 23 avril 2008 à 13h44
Le PS n'est plus partisan du socialisme depuis des décennies, mais du capitalisme. Ce texte ne change rien sur ce point.
Par contre j'ai été plus surpris de ne rien trouver sur le féminisme, alors que le sexisme est encore un des problèmes importants actuellement !
Bref, une vision plus complète et plus critique du monde, de ses inégalités, voilà ce qui manque au PS.
Une société basée sur l'injustice et l'inégalité ne peut pas être stable et harmonieuse.
Rédigé par: Faut résister | le 23 avril 2008 à 14h36
Les arguments politiciens sont consubstantiels à la politique en acte, et c'est faire montre de beaucoup de crédulité que de n'en être pas averti depuis longtemps. Ils ne sont donc certes pas l'apanage de la gauche. Un exemple particulièrement illustratif fut la réaction de la nouvelle secrétaire d'état à la famille lorsqu'elle commenta ainsi l'opposition du parti socialiste à la loi instituant la rétention de sureté : désormais nous savons que P.S est du côté des assassins...
Rédigé par: Scodex | le 23 avril 2008 à 22h44
Bonsoir à tous,
je pense que ce que le PS a perdu, c'est une forme de (re)définition de la souveraineté.
Pas une souveraineté "nationale" au sens ou la Nation serait en fait "les bourgeois", "les élites bourgeoises", mais une souveraineté républicaine basée sur les services publics, la République sociale, etc.
En réalité, c'est l'idée de progressisme qui en prend un coup. Non pas que le PS doive etre dans TOUT le progressisme et que TOUT le progressisme doive être dans le PS, mais face à un marché omniprésent (et même dans le génome), est ce que le progressisme, ce n'est pas affirmer la souveraineté publique sur le marché ? Sur d'autres notions, comme la culture ou la langue ?
Malakine, sur le blog Horizons, dit que le PS vient de mourir. EN TANT QUE MILITANT SOCIALISTE, je suis assez d'accord.
J'espère que des hommes de bonne volonté réussiront à se rassembler, etc
Pierre le Belge de Lille
Rédigé par: Belgo4.0 | le 23 avril 2008 à 23h26
le pire, c'est que ce sont des militants soixante huitards, comme Alain Bergounioux, et Henri Weber qui ont ainsi terminé leur oeuvre bourgeoise.
Henri Weber,... et son mariage de bourgeois mondains Ariane Chemin, « La gauche à la noce », Le Monde, 3 octobre 2007
Pierre le Belge de Lille
Rédigé par: Belgo4.0 | le 23 avril 2008 à 23h30
le pire, c'est que ce sont des militants soixante huitards, comme Alain Bergounioux, et Henri Weber qui ont ainsi terminé leur oeuvre bourgeoise.
Henri Weber,... et son mariage de bourgeois mondains [Ariane Chemin, « La gauche à la noce », Le Monde, 3 octobre 2007]
Pierre le Belge de Lille
Rédigé par: Belgo4.0 | le 23 avril 2008 à 23h32
Fondamentalement, à part une référence à l' écologie et au développement durable qui revient dans le texte comme un clou qu' on enfonce, je ne vois pas une évolution déterminante par rapport à la Déclaration de principes votée lors du congrés de Rennes en mars 1990. Différence principale : 6 pages au lieu de 2.
Texte parfaitement attrape-tout que même un UMPiste ne pourrait rejeter en totalité.
Rédigé par: Erick | le 24 avril 2008 à 08h52
Tiens ! Un exercice pratique pour le "new PS".
http://fr.news.yahoo.com/delize/20080423/dessin/pen-dessin-du-jour-silence-eedb4faf4d270.html
Rédigé par: Erick | le 24 avril 2008 à 09h11
J'ai été qualifié de quelqu'un de pas honnête dans mes propos. J'admets la critique, mais je ne suis pas journaliste , je suis donc en droit d'être partisan.
Sur France Inter il y eu hier mercredi une émission consacrée à la réforme des institutions, vous savez ce comite de réflexion et de propositions sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Véme république. Il y a de nombreuses modifications qui sont proposées en particulier le renforcement des pouvoirs du parlement. Et bien France Inter très honnête puisque par définition animé par des journalistes n' a traité que la seule modification qui permettrait au président au président de la république d'intervenir directement devant les parlementaires et en termes choisis " à son grés, à sa guise, quand il veut "………
Ca c'est de l'objectivité, ça c'est de l'honnêteté intellectuelle. France inter, la radio du service public au service du public.
Rédigé par: flamant rose | le 24 avril 2008 à 09h41
@flamant rose: il y a bien longtemps que France Inter est devenue une radio de désinformation : l'écoute des tranches du matin et le 13 h montre jusqu'à la caricature le manque d'objectivité des jouirnalistes.
Rédigé par: hanse | le 24 avril 2008 à 09h53
"Un journaliste qui manque d'objectivité est un journaliste qui ne pense pas comme moi"
FR, laissez tomber et dites ce que vous avez à dire :-)
Rédigé par: DD | le 24 avril 2008 à 10h47
Le Figaro
La chronique de Stéphane Denis du 24 avril.
J'ai lu avec l'attention qu'on devine la Déclaration de principes du Parti socialiste, telle qu'elle a été élaborée par une commission ad hoc où toutes les sensibilités étaient représentées. Je l'espère bien, car il n'a pas dû être facile d'arriver à pareil résultat.
Des principes à la Déclaration, il n'a pas fallu moins de dix-huit ans (la dernière date de 1990) ; on se demande avec angoisse et, je l'avoue, une certaine inquiétude si le programme sera prêt pour l'élection de 2012. Mais le socialisme français vient de faire un certain nombre de découvertes que je m'en voudrais de ne pas souligner en attendant qu'un candidat se charge de le faire lui-même. Si nous n'étions pas là pour l'aimer, le soutenir, parler à sa place, que deviendrait le PS ? Il nous manquerait.
À qui d'autre, en effet, devrions-nous d'apprendre que l'être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation avec autrui, ouvert à toutes les potentialités ? Sûrement pas à la droite, incapable d'inventer le futur et de travailler dans le présent en assumant les tensions et les contradictions qui en résultent. Mais je ne voudrais pas m'en tenir au prologue, au principe des principes que le document qui sera soumis au vote d'une convention nationale le 14 juin, saint Élisée, c'était prédestiné, qualifie de préambule pour nous mettre l'eau à la bouche.
L'égalité, en effet, est au cœur de l'idéal socialiste, et, là encore, la droite ne saura en dire autant, car aux injustices et aux violences du monde les socialistes opposent un message universel qui doit répondre aux besoins du présent sans compromettre l'avenir des générations nouvelles. Il s'agit de trouver des réponses qui concilient les intérêts particuliers et l'intérêt général, tout en étant conscient d'une étroite interaction des activités humaines et de leurs finalités fondamentales eu égard à la promotion du progrès et à la satisfaction des besoins.
Naturellement, cela n'ira pas sans la promotion de la connaissance, inséparable des choix collectifs qui subordonnent l'acceptabilité des risques à l'utilité des innovations, le tout dans une perspective du principe de précaution. Mais, comme la démocratie est à la fois une fin et un moyen, le tout forme un tout qui ne se résume pas à une méthode mais vise à travers la critique historique à un système mixte combinant le dynamisme à la qualité dans le respect des droits garants du long terme. Certes, il s'agira d'une société nouvelle où le travail ira de pair avec le temps libre, assurant pour tous la sécurité des personnes et des biens, sans laquelle il n'est pas de liberté réelle. Lutter pour la paix est un horizon pour le siècle qui commence, si l'on songe que le combat pour une communauté pacifique suppose de dégager des intérêts communs pour construire un monde équilibré, tout en n'oubliant pas que notre pays doit être respecté, car la France est de par son histoire à la fois singulière et universaliste.
Le Parti socialiste, lui, est républicain. Certes encore, il sait que la transformation ne se décrète pas, qu'il faut prendre en compte l'idéal et la réalité, mais grâce à la diversité des territoires, il permettra de lutter contre tous les déterminismes, en particulier grâce à la culture, qui permet l'ouverture. Puisque nous y sommes, nous ne sommes pas seuls. Le PS est un parti européen qui agit dans l'Union européenne, celle-ci ayant pour mission d'aider à relever des défis planétaires qui feront l'objet d'un message qui exige que tout soit mis en œuvre pour qu'on puisse le porter.
Élargissant leur horizon, les socialistes français condamnent les oppressions et les exploitations dont sont victimes les hommes et les peuples, qu'ils appellent à la coopération. Aussi défendent-ils le rôle international des institutions internationales, de l'Internationale socialiste et des mouvements internationalistes, dans une conception internationale de l'international. Cela n'empêche pas de ne pas oublier qu'ils sont le produit des combats politiques des XIXe et XXe siècles et revendiquent l'héritage de la République au nom de la pédagogie de l'action et de l'engagement renouvelé par le fil des générations, par-delà les moyens mis en œuvre, qui, eux, se formulent différemment dans le temps selon les enjeux et les problèmes.
Aussi le Parti socialiste est-il respectueux de ses adhérents, organisant la transparence dans la diversification des responsabilités à tous les niveaux, à commencer par les hommes et les femmes qu'il appelle à le rejoindre dès lors qu'ils partagent ses valeurs. Tout juste précise-t-il qu'il a pour but l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète, ce qui n'est peut-être pas totalement compatible, si l'on en juge par ce que la personne humaine est capable de faire d'un simple mur fraîchement repeint dès qu'il n'y a personne pour le surveiller.
Mais je ne voudrais pas apporter une ombre au tableau dont on accordera qu'il est complet, définitif, original et innovant. Quand on pense qu'on accuse les socialistes de n'avoir rien fait depuis si longtemps, on mesure la malignité de la droite et l'infamie du capital menacé dans son existence même par les 21 points de la Déclaration, sans oublier le préambule. J'espère avoir tout cité et rien négligé ; ça valait le coup d'attendre.
Rédigé par: Erick | le 24 avril 2008 à 14h39
FR, vous avez du vous sentir personnellement visé par le message de ED du 22 à 17h29.
Bizarre, je ne l'ai pas compris comme ça. Vous avez à mon avis tort de vous croire destinataire de ce commentaire puisque ED ne vous a pas cité et que vous n'êtes pas seul sur ce blog comme vous avez pu le constater.
Il vaut mieux laisser en l'air les paroles envoyées en l'air. Non?
Rédigé par: Annick | le 25 avril 2008 à 10h49
Le Parti socialiste vient de boucler son projet de DECLARATION DE PRINCIPES. Une Charte, une constitution qui prend acte, enfin, que le temps des révolutions où l’on fait du passé table rase est bien fini. Même s’il est vrai qu'il y a belle lurette que, dans la pratique du pouvoir, de l’Etat et des Collectivités Locales par les socialistes français, la quincaillerie idéologique de la lutte des classes, des nationalisations et de l’émancipation de la classe ouvrière a été soigneusement rangée dans les tiroirs de la République pour n’en sortir qu’à l’occasion de campagnes électorales, de meetings ou de fêtes de sections. Mais, en cette matière comme dans d’autres bons derniers de la classe social-démocrate européenne, il n’était plus concevable pour le PS de rester dans le 19ème siècle idéologique. Et l’Internationale ne fait plus vibrer les « bobos ». Dont acte, et réjouissons nous de cette nouvelle rose taillée par d'entrepenantes mains finement manucurées.
Cela dit, c’est la loi du genre, ce texte égrène surtout une série de lieux communs et de pétitions de principes propres à endormir les militants et exciter les journalistes. En voici quelques uns, dans le désordre !
« Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. »
« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« La régulation est également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale.»
« Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. »
« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. »
« Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. »
« le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine.. . » et que « l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. »
Là, quand même, faire de la raison un bien accessible à tous comme l’eau, le gaz ou l’électricité, c’est passer les bornes du raisonnable. Priver l’Homme d’une de ses principales facultés naturelles pour la lui généreusement octroyer, c’est en effet soutenir une bien étrange conception de l’émancipation de l’humanité. Condescendante et incomplète, assurément…
Rédigé par: santo | le 29 avril 2008 à 15h17
Non, non, Santo. Il s' agit de l' exercice de la raison et non point de la raison elle-même. Donc du droit à exercer sa raison et la liberté de le faire.
Ben ... c' est la démocratie et j' approuve.
La question demeure de savoir si, les hommes étant égaux en droits, ils sont égaux en raison. Et là, on peut philosopher longtemps. Comme quoi même les platitudes les plus insignifiantes ne sont pas toujours si anodines.
Rédigé par: Erick | le 29 avril 2008 à 15h52
Non, non Erik. la raison et son exercice sont indissociable. Sans ce postulat d'un homme naturellement doué de raison et capable d'en user point de declaration des droits de l'homme... point de citoyen, point de République. Bien! Je ne vois donc pas les raisons qui posent en principe aujourd'hui que le "but de l'action socialiste" serait de la rendre accessible à tous ( condescendance de prof...)acceptable par tous ( limite bolcho...)applicable à tout (nostalgie d'ingénieur des âmes...)
Comme quoi sous les platitudes les plus insignifiantes peuvent dormir des arrières pensées un brin liberticides...
Rédigé par: santo | le 29 avril 2008 à 22h52
Mais non, Santo. Vous méconnaissez le rôle de l'éducation. Nous ne naissons pas avec l'usage entier de notre raison. La République suppose des citoyens éduqués et c’est pourquoi l’école est obligatoire et partant aussi gratuite.
Rédigé par: chatel | le 30 avril 2008 à 17h50
Pas du tout Chatel! Tout petit déjà notre néo cortex fonctionne et il n'est point besoin d'une grande instruction pour se comporter rationnelement dans l'ordre moral,dans l'ordre technico économique comme dans l'ordre politique...j'aurais trop d'exemples à vous donner... Sauf évidemment à réserver la citoyenneté et l'accès à des fonctions publiques à une " élite " intellectuelle et d'argent, voire les deux... Cela dit,que la République mette à la disposition de tous, notamment par l'école, tous les champs du savoir disponibles pour que cette disposition cognitive déploie toute ses potentialités bien entendu... C'est une autre question!
Rédigé par: santo | le 30 avril 2008 à 20h40
@ santo
"Il n'est point besoin d'une grande instruction pour se comporter rationnellement dans l'ordre moral, dans l'ordre technico économique comme dans l'ordre politique". Peut-être pas d’une grande instruction, mais d’une éducation certainement. Pensez simplement au cas des enfants sauvages. Si l’école est la grande affaire de la République, c’est précisément parce que le citoyen a besoin d’être éduqué. On ne naît pas citoyen, on le devient. Au lieu de penser l’éducation, ainsi qu’il se doit, comme étant ce par quoi nous pouvons accéder à l’autonomie, vous y voyez une menace pour la liberté ("condescendance de prof", "arrières pensées un brin liberticides").
Rédigé par: chatel | le 30 avril 2008 à 22h05
Il est bien évident que l'exercice de la raison n'atteint pas la même ampleur selon les gens, et qu'il dépend énormément de la culture et de l'éducation. Je m'étonne d'ailleurs qu'il existe encore des gens pour ignorer cet aspect des choses.
Pour en revenir au PS, cela fait bien longtemps que, dans la pratique, ce parti a abandonné toute ambition révolutionnaire. Même le PCF ou la LCR sont aujourd'hui assez modérés dans leur tendance révolutionnaire. Cette déclaration de principe du PS n'est donc pas un événement de ce point de vue.
Certains d'entre vous stigmatisent la platitude de cette déclaration. Mais toute déclaration de principe est, par principe, un condensé de lieux communs !
Allez voir par exemple sur le site de l'UMP :
http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/l_ump/nos_valeurs
Sur le site du MODEM, on peut trouver des textes fondateurs, mais aucune déclaration de principe, et rien de bien folichon non plus :
http://www.mouvementdemocrate.fr/evenements/congres-udf-modem/
A part le recours à l'idée d'économie sociale de marché, concept qui ne veut d'ailleurs rien dire, difficile de savoir quelles sont aujourd'hui les idées de l'UMP ou du MODEM !
Les socialistes, pour certains d'entre veux, sont des ambitieux qui font primer les ambitions personnelles sur les idées. Parce que des gens comme Sarkozy en son temps, Xavier Bertrand ou Jean-François Copé aujourd'hui, ils ne sont pas ambitieux ?
Rédigé par: johanono | le 01 mai 2008 à 13h18
@Chatel! Je ne dis pas le contraire...Mais voyons, que faite vous d'un citoyen qui, en raison, ne raisonne plus. Je ne sais pas moi, mon grand père atteint de troubles de la mémoire par exemple. Interdiction de vote? Encore une fois je ne nie pas le rôle de l'éducation qui entre parenthèses n'est pas le monopole de l'école ( pensez à la famille, au sport...)et de l'instruction.Mais je conteste que l'on pose en principe disons anthropologique que l'exercice de la raison me soit rendu accessible seulement par une caste de sachants... Dans les " Bienveillantes " de Littell, que de gens bien éduqués et de grande culture...
Rédigé par: santo | le 02 mai 2008 à 00h22
Je suis au PS et je partage l'avis de Flament Rose.
De l'intérieur on a de quoi être encore plus pessimiste que de l'extérieur.
J'y reste uniquement en vue du prochain congrès, pour éviter le pire, mais c'est tout.
Il n'y a rien à attendre d'un parti structurellement organisé pour favoriser la langue à tous ses niveaux de fonctionnement.
Rédigé par: coco | le 09 mai 2008 à 16h40
addendum : "favorsier la langue DE BOIS à tous les niveaux"/
pardon pour l'omission.
Rédigé par: coco | le 09 mai 2008 à 16h43