Illusoire com'
La communication est devenue l'idéologie dominante de l'époque. Acteurs et commentateurs ont tendance à croire que la politique est désormais une affaire de représentations mentales. Les réalités n'existeraient plus que filtrées par des perceptions plastiques. Nicolas Sarkozy est loin d'être le seul dirigeant à être victime de ce prisme. Ségolène Royal est un exemple encore plus caricatural de ce postmodernisme qui conduit à négliger le fond pour mieux soigner la forme.
Mais le talentueux avocat qu'est l'actuel président de la République mise visiblement un peu trop sur la com' pour rebondir après une année d'exercice du pouvoir qui a profondément déçu les Français. Sa prestation télévisée d'hier soir lui a permis de dessiner le profil d'un chef d'Etat à la fois plus humble - il reconnaît des "erreurs" - et toujours courageux - il entend poursuivre le train de réformes au risque assumé de l'impopularité. Même si Sarkozy est apparu sur la défensive, il se peut que ce nouveau style lui permette, à moyen terme, d'être réécouté par l'opinion.
Qu'a-t-il cependant à dire et à proposer aux Français ? C'est là que la bât blesse. L'auto-critique du président est restée formelle. Le fameux "paquet fiscal" n'aurait été qu'une "erreur de communication totale"et non pas un train de mesures économiquement inefficaces et socialement injustes. Pratiquant la méthode Coué, Sarkozy jure que le dispositif d'incitations aux heures supplémentaires "marche", ce qui n'est pas vraiment l'avis des économistes. Il est encore douteux que l'encouragement à "l'intéressement" résolve le problème du pouvoir d'achat. Et il est inquiétant d'apprendre que le futur "revenu de solidarité active" sera pour partie financé par une réduction de la "prime pour l'emploi" qui aide les salariés modestes.
Les réformes, toujours vantées par un Sarkozy bien décidé à garder le cap d'une réduction du nombre de fonctionnaires, gardent le goût du sacrifice. Comment faire accepter un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites alors que l'emploi des "seniors" demeure aussi problématique ? On ne voit guère par quel miracle une telle politique pourrait devenir populaire. Les réalités pèseront plus lourd que toutes les explications du monde.

Il dit qu'il a "trouvé un pays en déficit". Mais ça fait 6 ans qu'il participe au pouvoir, et il a même été ministre de l'économie !
Se réfugier tout le temps derrière un "bilan" antérieur est en soi un peu court, mais quand en plus c'est en partie son propre bilan...
Rédigé par: david | le 25 avril 2008 à 11h20
"Les réformes, toujours vantées par un Sarkozy bien décidé à garder le cap d'une réduction du nombre de fonctionnaires, gardent le goût du sacrifice. Comment faire accepter un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites alors que l'emploi des "seniors" demeure aussi problématique ? On ne voit guère par quel miracle une telle politique pourrait devenir populaire."
Je n' ai pas le sentiment que Sarkozy ait dit autre chose et que son souci affiché ait été la recherche de la popularité. Tous ceux qui réclament à cors et à cris des mesures propres à préserver l' avenir et qui donnent des leçons de pédagogie devraient cesser d' en occulter les difficultés à court terme.
Rédigé par: Erick | le 25 avril 2008 à 12h13
Je rejoins Eric Dupin pour dire que, si les hoquets de la communication ont pesé sur l'image de Sarkozy, c'est avant tout le résultat concret de sa politique qui fera à moyen ou long terme pencher le balancier de l'opinion. A cet égard, je suis assez inquiet de voir un certain nombre de demi-mesures dans une politique insuffisamment audacieuse, n'osant s'attaquer en profondeur ni aux défauts de notre constitution (les réformes sur ce point restent en partie cosmétiques) ni à certains freins économiques (Nicolas Sarkozy décrie - à raison selon moi - les 35 heures : que ne les abroge-t-il pas au lieu de s'épuiser à les contourner ?) ni à des blocages majeurs de notre société (la triste farce du "service minimum").
Rédigé par: Nikita Malliarakis | le 25 avril 2008 à 12h22
Nicolas Sarkozy a une tendance peu discrète à s'approprier des pouvoirs qu'il n'a pas - quand il s'agit de prendre des décisions stratégiques - et à se décharger de ses responsabilités lors de questions polémiques, dans quels cas il n'est plus seul et c'est à son gouvernement de plancher.
Au début de l'émission, il a prononcé un lapsus (que je qualifierais de révélateur)en disant "gouvernement" au lieu de "Parlement" dans un contexte où justement il affirmait ne pas décider des lois qui se votaient dans les instances prévues. Intéressant, isn't it?
Rédigé par: laetitia | le 25 avril 2008 à 12h37
Personnellement j'ai trouvé le président bon sur la forme, en difficulté parfois sur le fond concernant le pouvoir d'achat, à l'aise sur les autres sujets. Sur la forme il a revêtu les habits présidentiels, il a eu un discours présidentiel, il a été calme, serein, un langage clair et limpide.
Mais où sont passés les journalistes d'Antan. j'ai plus remarqué les 2 journalistes" principaux" par leurs traces d' UV sur le visage que pour la pertinence de leurs questions. Sur les questions économiques la journaliste m'a "gonflé' avec son prix du gaz sur lequel elle a du passer une dizaine de minutes. Ensuite on a eu un Calvi très moyen, mal à l'aise et pour qui les questions de société pourtant multiples se résument à l'immigration, il m'a beaucoup déçu. Pour ce qui est du troisième il a été insignifiant. Pour avoir une bonne émission il aurait fallu de bons journalistes. Je n'ai pas du tout aimé Pujadas avec son air de penser "causes toujours tu m'intéresses".
Je connais assez bien le système de prime pour l'emploi. Plutôt que de le développer car je serai alors traité de partisan je convie les lecteurs de ce blog à visiter le site officiel dont je joins le lien. Vous vous rendrez compte par vous même ce qui est considéré comme revenu "modeste" par notre hôte et il me semble que le président à très probablement raison de récupérer une partie de cet argent pour financer le RSA.
http://vosdroits.service-public.fr/F2882.xhtml
"On ne voit guère par quel miracle une telle politique pourrait devenir populaire" conclu ED. Mais on ne lui demande pas d'être populaire, on lui demande de faire les réformes structurelles dont le pays à besoin et je suis prêt à prendre le pari que si la gauche succède à Sarkozy elle ne reviendra pas sur les réformes qui auront été faites trop contente de ne pas avoir à les faire.
Rédigé par: flamant rose | le 25 avril 2008 à 13h41
Dire que Ségolène Royal néglige le "fond" (au détriment de la forme), ressort à mon sens d'un parti pris complet, et ne reflète tout simplement pas la réalité. La mettre dans le même sac que Sarkozy (ou pire ! - "encore plus caricatural" !) est quand même un peu fort. Qui s'est bougé et se bouge pour remuer et rénover le PS ? Qui se trouve entourée des plus intelligents réformateurs dans ce PS ?
"je suis toujours très amusé de voir tout le monde prendre des airs très supérieurs par rapport à Ségolène Royal (...). Mais dans le fond, moi qui ai été chargé des Etudes pendant des années, qui ai dirigé les groupes d'experts de Rocard, qui a été la "plume" de tous les derniers candidats : la seule qui a avancé quelques idées nouvelles dans le débat public depuis quelques années, c'est elle."
(Vincent Peillon http://antennerelais.canalblog.com/archives/2008/04/22/8917314.html )
Rédigé par: antennerelais | le 25 avril 2008 à 13h57
Au Parti socialiste, on est obsédé par l'idée qu'il faut avoir des 'idées nouvelles', c'est au moins ce qu'on entend souvent de Ségolène, idée nouvelle dans notre société signifiant souvent 'ruer dans les brancards', 'faire autre chose que ce qui se fait', > absurde et générateur de désordre. Pour obtenir du progrès, il faut débloquer là où ça bloque. J'aurais aimé citer des exemples, mais je n'en ai pas dans l'immédiat. C'est le commentaire d' "antennerelais" (vous auriez pas mieux comme pseudo?) qui m'inspire cette remarque.
Rédigé par: Annick | le 25 avril 2008 à 14h16
Pas vu le show.
Quelque chose de mieux à faire.
D'après ce qui se dit dessus, ici et ailleurs, je comprends que je n'ai pas raté grand chose.
Rédigé par: JD3000 | le 25 avril 2008 à 14h33
'Scusez cher Eric,
mais si la politique nationale (bourgeoise) est réellement l'entretien d'un discours politique en décalage avec la réalité chiffrée, pour entretenir la violence de l'exploitation, comment couvrir l'abîme sinon par des techniques de comm' ?
amitiés,
le Belge
Rédigé par: Belgo4.0 | le 25 avril 2008 à 16h14
«Les réformes [...] gardent le goût du sacrifice.»
La vie n'est pas toujours rose (quoique pour un socialiste comme vous, je peux admettre que c'est difficile à admettre :-) ). N'avez-vous pas remarqué que les gouvernements dépensent et gaspillent à tort et à travers depuis des décennies ?
Cependant, vous avez raison sur un point : si on demande aujourd'hui des sacrifices, c'est qu'on espère que demain ils auront des effets heureux dépassant ceux de la conservation du système actuel, il semble intelligent d'expliquer ces effets heureux, ce que ne fait pas le gouvernement.
Rédigé par: Franck Boizard | le 25 avril 2008 à 16h51
L'adresse que donne FR ne donne pas les règles de calcul du montant de la prime. On peut les trouver sur le site www.leparticulier.fr. Le montant des plafonds y est plus visible et ne parait pas si élevé :
Hors majoration pour enfants à charge:
26 572 € pour un couple marié avec un seul salaire, la prime est de 83€, si le revenu se situe entre 17 451 € et ce montant,
17 451 € par membre du foyer fiscal pour les autres types de foyers, la prime est nulle si leur revenu atteint ce montant.
Rappelons à ceux qui pensent qu’il faudrait un peu souffrir pour aller mieux que les revenus des patrons français en 2006, pour les 50 mieux payés de France, leur revenu moyen annuel est de 3,8 millions d'euros, selon Capital (soit 316 années de Smic).
Rédigé par: Annick | le 25 avril 2008 à 17h08
moi j'ai trouve son discours tres bien, bien sur qu'il n'allait pas se mettre a genoux et demander pardon!!!! mais pardon pourquoi? c'est le seul depuis des lustres qui veut faire avancer les choses et on voudrait me faire croire que tout aurait du etre realise en une annee, mais ouvrez vos yeux, cela va prendre des annees et des annees pour corriger une 30 d'annees d'erreurs, alors bien sur les hollande et royal s'en donnent a coeur joie, on attaque, on attaque, on attaque, mais qu'ont ils propose eux et leurs predecesseurs? le grand vide que cela soit de la droite ou de la gauche.... comment peut on laisser agir un delanoe totalement incompetent et irrespectueux de l'avenir de la france avec son episode dai lama!!!!! moi aussi je suis pour un tibet libre, moi aussi je trouve que la chine ne fait pas que des bonnes choses, mais la c'est un attentat politique ce qu'il a fait, au mepris de gros contrats de travail pour la france et pour l'europe...... la gauche ne fait que rejeter, critiquer, salir, demolir toute tentatives d'evolutions pour notre pays, qui c'est sur va devoir subir quelques annees tres difficiles mais on devrait pousser en avant pas faire le contraire...... je ne suis ni de gauche ni de droite, mais je pense que ce gouvernement si on lui en laisse le temps fera de bonnes choses pour la france....... ce qui serait de bon ton, c'est que les perdants des elections presidentielles soient de bons perdants et non des perdants aigris qui eux aussi depensent des fortunes des contribuables pour faire quoi??? depuis des annees on se le demande.....
Rédigé par: saint | le 25 avril 2008 à 18h56
annick, votre remarque sur le salaire des 50 patrons francais et leur sois disant enorme salaire.... ces patrons comme vous dites generent des dizaines de millliers d'emplois, generent des milliards d'euros de chiffres d'affaires pour la france qui se sert largement au passage avec la tva..... donc ou est le scandale? cela ne vous derange pas qu'un joueur de foot puisse gagner 10 millions d'euros par an!!! ce qui fait trois fois plus que la moyenne des 50 meilleurs patrons francais..... et eux ils ne creent pas d'emplois ou alors tres peu... il ne faut pas tout melanger!!!!!
Rédigé par: saint | le 25 avril 2008 à 19h06
je ne suis ni de gauche ni de droite, mais je pense que ce gouvernement si on lui en laisse le temps fera de bonnes choses pour la france.....
Rédigé par: saint | le 25 avril 2008 à 18h56
"Comme on connait ses Saints, on les honore"
En général, les Saints qui se prétendent "ni de droite, ni de gauche" (?) sont souvent (quasiment toujours) très à droite...
La preuve par Saint et non par Neuf, ici... Humour.
Rédigé par: Ésope | le 25 avril 2008 à 22h46
Je ne comprends pas qu'on regarde ce type d'émission, premièrement les questions sont connues d'avance et deuxièmement les journalistes choisis par le Président. Donc, exercice de pure communication à la limite de la propagande.
Rédigé par: GRD | le 26 avril 2008 à 09h31
« Qu'a-t-il cependant à dire aux Français ? ». Qu’il n’y a pas d’autre politique possible. Tel était l’essentiel de son message de jeudi. Mais les français croient en la politique ; ils savent que l’action politique consiste à arbitrer entre des possibles et que le paquet fiscal, par exemple, n’était pas une fatalité. C’est pourquoi, lors du référendum sur le TCE, ils ont sagement refusé la constitutionnalisation des dogmes libéraux.
Rédigé par: chatel | le 26 avril 2008 à 09h45
Je ne peux que regretter qu'une personne de la qualité d'Eric Dupin se permette encore de relayer cette tarte à la crème selon laquelle le paquet fiscal aurait été un cadeau pour les riches. Faiblesse intellectuelle ou mauvaise foi ?
Rétablissons certaines vérités. Sur les 15 milliards qu'ont coûté le paquet fiscal, 10 ont été consacrés à la défiscalisation des heures supplémentaires. Et profitent donc à des salariés "normaux", et non pas aux présumés amis grands patrons de Sarkozy.
De plus, le gouvernement n'a jamais prétendu que le succès de cette défiscalisation des heures supplémentaires devait se mesurer à l'augmentation du nombre total d'heures supplémentaires travaillées en France. Le but de cette mesure était de stimuler le pouvoir d'achat, et de ce point de vue, beaucoup de Français "moyens" en profitent, à condition bien sûr de penser davantage au travail qu'aux sacro-saintes RTT.
Ceci dit, il faut quand même rappeler que, depuis son élection, Sarkozy a dû affronter de multiples crises internationales sur lesquelles il n'a guère de prise : flambée des cours du pétrole, des prix des matières premières agricoles, crise immobilière américaine, hausse de l'euro. Or ce sont bien ces crises, et notamment la hausse des matières premières, qui provoquent le ralentissement de l'économie, l'accroissement des déficits et les pressions sur le pouvoir d'achat des Français.
Dans ces conditions, et sachant que la croissance et la hausse du pouvoir d'achat ne se décrètent pas, la solution pour Sarkozy est très simple : engager des réformes de structure visant à moderniser notre système de production, et qui permettront à notre économie de repartir quand la conjoncture mondiale sera meilleure. Bref, des réformes qui ne produiront d'effet que sur le long terme. Privilégier le long terme, quitte à affronter l'impopularité dans l'immédiat. Moins populaire, mais plus responsable pour l'avenir du pays. Et après, on dira que Sarkozy court après la popularité...
De ce point de vue, ce n'est pas plus mal que la crise économique arrive en début de mandat de Sarkozy. D'ici à 2012, de l'eau aura coulé sous les ponts, la conjoncture sera sans doute plus favorable et les effets de la politique Sarkozy commenceront sans doute à se faire sentir.
Alors il y a des observateurs, parmi lesquels Eric Dupin et ses amis de gauche, qui critiquent la politique du gouvernement et prennent leurs rêves pour des réalités en croyant que les Français sont également dans leur majorité en désaccord avec cette politique. Ceux-là se désoleront du fait que Sarkozy n'ait rien annoncé de nouveau.
Mais il y en a qui soutiennent Sarkozy dans sa politique réformatrice, et craignent même qu'il se chiraquise peu à peu et renonce à ce pour quoi il a été élu. Ceux-ci se féliciteront de l'intervention de jeudi soir.
Rédigé par: johanono | le 26 avril 2008 à 20h05
@ johanono
Le paquet fiscal était inefficace (la situation économique actuelle de la France le démontre en tant que de besoin), irresponsable (il a contribué au creusement de la dette) et injuste puisqu’il profite essentiellement à ceux qui sont le moins à plaindre : les redevables de l’ISF (le bouclier fiscal), les salariés à temps plein (les heures supplémentaires défiscalisées) et les rentiers (l’exonération des successions).
Rédigé par: chatel | le 26 avril 2008 à 21h42
On peut considérer qu'il aurait été plus opportun de réduire d'abord les déficits, plutôt que de faire ce paquet fiscal. On peut également douter de l'efficacité de cette mesure, encore que rien ne dit que la situation de l'économie française ne serait pas pire aujourd'hui sans ce paquet fiscal.
Mais que l'on ne vienne pas dire que c'est une mesure destinée aux plus riches, car c'est faux !
Considérer les salariés à temps plein comme des nantis relève d'une curieuse conception de la justice sociale. Le problème des travailleurs pauvres, ça ne vous dit rien ? Croyez vous que l'on vit bien avec un SMIC à temps plein ou même un peu plus ?
S'agissant des successions, considérez vous comme riches des gens qui, après avoir travaillé toute leur vie, et compte tenu des prix de l'immobilier, ont 300000 € de patrimoine ?
Reste éventuellement le cas du bouclier fiscal, dont on peut en effet considérer que les bénéficiaires ne sont pas les plus à plaindre. Mais une nation dont tous les élites partent à l'étranger se condamne au déclin, car ce sont ces élites qui tirent l'économie vers le haut. Sarkozy espère redynamiser le pays en incitant ces élites à revenir en France. Il faut lui en savoir gré même s'il aurait été plus simple de supprimer purement et simplement l'impôt sur la fortune.
Rédigé par: johanono | le 26 avril 2008 à 22h43
@ johanono
« On peut considérer qu'il aurait été plus opportun de réduire d'abord les déficits » ; « on peut également douter de l'efficacité de cette mesure ». Dont acte.
En revanche, vous persistez à nier, contre tout bon sens, l’injustice du paquet fiscal. C’est pourtant un fait que cette mesure profite essentiellement à ceux qui sont le moins à plaindre (sinon, comme vous l’écrivez dans un raccourci, aux plus riches) :
- les salariés à temps plein sont moins à plaindre que ceux qui travaillent à temps partiel et à fortiori que les chômeurs. Vous me parlez des travailleurs pauvres mais vous devriez savoir qu’il s’agit essentiellement de salariés à temps partiel.
- s’agissant des successions, cette mesure concerne ceux qui ont la chance d’hériter et qui sont par définition moins à plaindre que ceux qui n’ont pas fait d’héritage. De plus, cette mesure a pour effet de privilégier la rente, ce qui est particulièrement paradoxal de la part de quelqu’un qui souhaitait -à juste titre- revaloriser le travail.
- en ce qui concerne le bouclier fiscal, vous reconnaissez vous-même que « [ses] bénéficiaires ne sont pas les plus à plaindre » et vous justifiez cette mesure à l’aide d’un argument économique (« Sarkozy espère redynamiser le pays en incitant ces élites à revenir en France ») discutable (quel effet cette mesure a-t-elle eu ? J. Halliday est-il revenu s’installer en France ?) sans rapport avec la justice fiscale.
Rédigé par: chatel | le 27 avril 2008 à 10h16
Ce qui est drôle, c'est que quand le PS critique l'UMP et Sarkozy, c'est sur une question de "méthode", voire de "communication"'.
Cf sur les régimes spéciaux, sur la "réforme de l'Etat", ou l'Europe de Bruxelles.
Voilà qui souligne un accord de fond entre les 2...
Rédigé par: Alex | le 27 avril 2008 à 14h23
@chatel :
"les salariés à temps plein sont moins à plaindre que ceux qui travaillent à temps partiel et à fortiori que les chômeurs. Vous me parlez des travailleurs pauvres mais vous devriez savoir qu’il s’agit essentiellement de salariés à temps partiel."
Et alors ? Il y a toujours des gens plus à plaindre que d'autres. En suivant votre raisonnement, il faudrait donc uniquement augmenter les minima sociaux pour les chômeurs ? Cela s'est longtemps pratiqué, Sarkozy a voulu marquer une rupture en s'intéressant à ceux qui travaillent sans forcément être récompensés, c'est bien ainsi.
Et puis parmi les travailleurs pauvres, il n'y a pas que des salariés à temps partiel, loin de là. Sans doute ignorez vous ce que c'est de vivre avec le SMIC, tant mieux pour vous.
Je répète ma question : considérez vous que l'on est un riche ou un nanti sous prétexte que l'on gagne un SMIC à temps complet ? Considérez vous qu'une politique destinée à ces personnes est injuste sous prétexte qu'il y a pire ?
"- en ce qui concerne le bouclier fiscal, vous reconnaissez vous-même que « [ses] bénéficiaires ne sont pas les plus à plaindre » et vous justifiez cette mesure à l’aide d’un argument économique (« Sarkozy espère redynamiser le pays en incitant ces élites à revenir en France ») discutable (quel effet cette mesure a-t-elle eu ? J. Halliday est-il revenu s’installer en France ?) sans rapport avec la justice fiscale."
Je sais bien qu'en France, on est imprégnés de cette vieille idée de faire payer les riches. La réussite est mal vue. C'est ainsi que l'on justifie l'ISF, impôt le plus imbécile qui soit, qui rapporte trois fois rien et provoque la suite de nos élites économiques. C'est bien dommage de raisonner ainsi, et c'est grave pour la France. Et il n'y a pas que Johnny dans la vie...
Rédigé par: johanono | le 27 avril 2008 à 15h01
@alex :
D'une manière générale, l'argument de la méthode ou du manque de concertation est toujours ressorti par ceux qui n'ont rien de bien pertinent à dire sur le fond... Quand on ne peut pas crtiquer le fond, on critique la forme, c'est bien connu.
Rédigé par: johanono | le 27 avril 2008 à 15h05
@ johanono
La justice -puisque c’est bien de cela qu’il s’agit- consiste à aider davantage ceux qui ont le plus de difficultés et à demander prioritairement des sacrifices à ceux qui ont les revenus les plus élevés. C’est une règle de justice élémentaire dont on ne peut s’affranchir qu’à condition de considérer que l’enrichissement des plus riches profite aussi -et même dans une plus grande proportion- aux plus pauvres. Le moins qu’on puisse dire est que le paquet fiscal n’a pas produit un tel résultat.
« Sans doute ignorez-vous ce que c'est de vivre avec le SMIC, tant mieux pour vous ». Vous me reprochez d’être insensible à la situation de ceux qui n’ont que le SMIG. Cette critique me paraît particulièrement infondée alors que j’ai toujours été favorable au SMIG à 1500 euros, à la différence de ceux qui se lamentent sur le sort de salariés au SMIG à temps complet dans le seul but de justifier la politique injuste de NS. Sur le fond, votre remarque appelle deux observations :
1) La défiscalisation des heures supplémentaires (que nous finançons l’un et l’autre) n’est de toute façon pas réservée aux salariés qui ne perçoivent le SMIG;
2) Le seuil de pauvreté en France est situé -fort heureusement- nettement au-dessous du SMIG.
« Je sais bien qu'en France, on est imprégné de cette vieille idée de faire payer les riches ». Le bon sens commande en effet de faire payer davantage les riches que les pauvres, non pas pour les punir d’être riches, mais parce qu’étant riches, ils ont, plus que les pauvres, les moyens de contribuer à l’effort de solidarité nationale. Cette « vieille idée », je vous le rappelle, figure dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et a donc valeur constitutionnelle : « une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » (art.13).
Rédigé par: chatel | le 27 avril 2008 à 16h16
@ johanono
Pardon. Bien vouloir lire: "qui ne perçoivent que le SMIC".
Rédigé par: chatel | le 27 avril 2008 à 16h24
Beaucoup de professionnels des droits de l'homme justifient aujourd'hui leurs revendications libertaires ou anarchistes en faisant dire à la DDHC des choses qu'elle ne dit pas.
Car cette déclaration est en réalité beaucoup plus nuancée qu'il n'y paraît. D'une manière générale, elle consacre des libertés (liberté religieuse, liberté politique...) tout en veillant à ce que l'exercice de ces libertés ne menace pas l'ordre public établi par la loi.
S'agissant de l'article 13 que vous citez, cet article prévoit simplement que la contribution aux dépenses publiques est également répartie entre les citoyens A PROPORTION de leurs facultés. Est ainsi posé le postulat d'un impôt PROPORTIONNEL aux revenus, au lieu d'un impôt forfaitaire. La notion d'impôt progressif, qui assigne à la fiscalité une fonction redistributrice qui lui était inconnue, est une notion toute récente et absolument pas posée par la DDHC.
Je ne conteste pas la notion d'impôt progressif, là n'est pas la question. Je dis simplement : ne faites pas dire à la DDHC des choses qu'elle ne dit pas.
Pour en revenir à notre débat, il faut insister sur le fait que la diminution des droits de succession et le paquet fiscal représentent moins de 2 milliards sur les 15 que représente le paquet fiscal. Le débat porte donc surtout sur la défiscalisation des heures supplémentaires.
A ce sujet, je retiens que vous considérez comme antisociale ou injuste une mesure qui profite à des Français modestes, sous prétexte qu'il y a des gens encore plus défavorisés que ces Français déjà modestes. Vous avez une vision très restrictive de la justice sociale. C'est votre droit. Mais ce faisant, vous sous-entendez que toutes les décisions sociales ou fiscales d'un gouvernement doivent être ciblées sur les personnes les plus défavorisées. Il n'est pas dit que cela soit très juste (car ces personnes sont déjà exonérées de nombreux impôts et bénéficient de nombreux avantages, ce qui donne l'impression à beaucoup de gens que ce sont toujours les mêmes qui profitent et les mêmes qui payent) ni très efficace économiquement (car ce ne sont pas ces personnes qui entreprennent et créent les richesses).
D'une manière générale, il faut avoir une vision d'ensemble de notre système fiscal ou social, et ne pas s'arrêter à telle ou telle mesure prise isolément. Et de ce point de vue, ne vous inquiétez pas : malgré le paquet fiscal, la moitié des ménages français demeure exonérée d'impôt sur le revenu. Cette moitié se trouve en général exonérée de taxe d'habitation et de redevance télé, et bénéficie de nombreux autres avantages sociaux.
C'est donc bien joli de bien vouloir faire payer les riches, mais ce sont eux qui créent les richesses. Et le jour où ils seront tous partis créer des richesses en Belgique ou en Angleterre, vous n'aurez que vos yeux pour pleurer. Le premier ferment de la justice sociale, c'est le dynamisme économique.
Si l'on veut dénoncer l'injustice du système fiscal français, je suis d'accord, mais alors il faut s'attaquer à d'autres niches fiscales à l'intérêt beaucoup plus discutable : amortissement "Besson", défiscalisation des investissements dans les DOM-TOM, etc.
Rédigé par: johanono | le 27 avril 2008 à 19h05
@ johanono
« La notion d'impôt progressif…est une notion toute récente et absolument pas posée par la DDHC. » Je vous l’accorde. Mais je n’ai nullement affirmé le contraire. Je me suis simplement borné à vous rappeler que le principe de faire payer les riches (sous-entendu plus que les pauvres) -principe qui avait l’air de vous choquer- est inscrit dans la DDHC.
« Malgré le paquet fiscal, la moitié des ménages français demeure exonérée d'impôt sur le revenu ».Vous avez raison et c’est sans doute regrettable. Vous auriez pu ajouter qu’ils sont également exonérés d’ISF. Pour autant, il est faux qu’ils ne payent pas d’impôt. Ils payent en effet la TVA et ils sont pour leur part taxés à la TVA sur la totalité de leurs revenus, contrairement à ceux qui ont la chance d’épargner et/ou de pouvoir dépenser leur argent à l’étranger.
« Vous considérez comme antisociale ou injuste une mesure qui profite à des Français modestes, sous prétexte qu'il y a des gens encore plus défavorisés que ces Français déjà modestes. Vous avez une vision très restrictive de la justice sociale ». Je suis sensible à votre argument mais je ne vois pas les choses exactement ainsi. L’action de l’Etat doit s’exercer dans l’intérêt de la collectivité tout entière, mais le bénéfice de la solidarité nationale est, par définition, réservé à ceux qui en ont le plus besoin. Or NS a décidé de faire des cadeaux, ce que la situation économique de notre pays n’autorisait guère, et il a destiné ceux-ci aux redevables de l’ISF, aux héritiers et aux salariés à plein temps bénéficiant d’heures supplémentaires. Je ne vois toujours pas en vertu de quel principe il pourrait être juste d’avantager ainsi ceux qui le sont déjà en leur distribuant l’argent de nos impôts, alors que notre pays est gravement endetté et que les sacrifices demandés par ailleurs frappent plus durement les personnes les plus modestes.
« Ce sont eux [les riches] qui créent les richesses ». Permettez-moi de vous dire qu’il s’agit là d’un cliché. Les pauvres contribuent aussi parfois à la création de richesses, souvent en travaillant pour les riches…
Rédigé par: chatel | le 27 avril 2008 à 22h16
"Les pauvres contribuent aussi parfois à la création de richesses, souvent en travaillant pour les riches…"
Plus de riches, plus de travail pour les pauvres. Ah ! Salopards de "riches" qui menacent l' emploi des pauvres.
Rédigé par: Erick | le 28 avril 2008 à 09h20
Et oui ! En ce qui me concerne j'ai un salarié à domicile 26 heures par semaine, je change de véhicule tous les 3 ans, j'ai fait agrandir ma maison (4 mois de travail pour un petit entrepreneur), j'ai rénové la piscine. Je participe à la croissance si faible soit-elle.
Rédigé par: flamant rose | le 28 avril 2008 à 09h41
@ Erick
« Ah ! Salopards de "riches" qui menacent l’emploi des pauvres». Votre phrase ne reflète en rien ma pensée. Je vous en laisse l’entière responsabilité.
@ flamant rose
« Je participe à la croissance si faible soit-elle ».
1) En consommant, les pauvres font exactement la même chose que vous.
2) Générer de l’activité économique en consommant et créer des richesses en travaillant sont deux choses différentes.
Rédigé par: chatel | le 28 avril 2008 à 10h46
@saint, oui les grands patrons ont toujours de bonnes raisons de gagner autant (voir l'émission "Capital" hier sur M6): ils ont la responsabilité de nombreux emplois et ils créent de l'emploi, il semble tout de même qu'en France, on batte des records. Mais je cite cet exemple comme en effet il faudrait citer celui des champions ou des stars, parce que s'il faut trouver des euros, ça ne changerait vraiment pas grand-chose à leur train de vie que d'en donner quelques milliers. En prétendant que si on leur prend trop, ils quittent la France, ce gouvernement s'en fait leurs esclaves, mais notre économie n'a pas l'air de s'en trouver en meilleur état.
Il me semble qu'un problème de la richesse est qu'elle circule en milieu bouclé, un milieu où seulement les biens de luxe circulent.
J'aime quand même citer cet exemple: avec 200 000 €, on peut passer une semaine de vacances sur un yacht, on peut aussi acheter une vingtaine de voitures à 10 000 €.
Quel scénario crée le plus d'emplois?
Je profite de ce commentaire pour compléter ma réponse du 25 Avril à "Antennerelais" et citer un exemple d'idée nouvelle absurde génératrice de désordre: la méthode d'apprentissage de la lecture dite méthode globale, je pense aussi qu'on peut trouver des tas d'idées nouvelles absurdes dans le rapport Attali, et un exemple de blocage: celui des nombreux contrats d'assurance vie qui ne reviennent pas aux bénéficiaires au moment du décès du titulaire parce qu'ils en ignorent l'existence, une loi récente devrait y remédier, mais beaucoup d'argent a été perdu pour les bénéficiaires depuis.
Rédigé par: Annick | le 28 avril 2008 à 10h58
Pourquoi tant de haine à l'égard de ceux qui ont réussi. A part quelques cas négligeables de la transmission de certaines fortunes que tout le monde connaît (il faut relativiser), beaucoup de ceux qui ont réussi y sont arrivés par leurs efforts et leur travail.
Lorsque j'étais en activité, j'incitais des salariés pas ou peu diplômés à se mettre au travail et à passer des examens ou concours afin de faciliter leur promotion. Combien de fois ai je essuyé des refus au prétexte que l'on ne paie pas d'impôt ce qui entraîne une réduction de la taxe d'habitation, on touche l'allocation logement, l'allocation de rentrée scolaire etc….alors qu'une promotion entraînerait une augmentation de salaire et donc à terme la perte de tous ces avantages. Combien de fois ai je entendu : Si je passe des examens je perdrai de l'argent. Je reconnaissais que à court terme c'était probablement vrai mais sûrement pas à long terme et à coup sûr faux la retraite venue. Je n'ai pas du être assez convaincant ou alors ils étaient trop paresseux. Il m'arrive de rencontrer certains d'entre eux qui me disent " tu ne peux pas savoir ce que c'est de vivre avec le minimum retraite". Effectivement je ne sais pas , je ne peux qu'imaginer, mais le refus de travailler quand il en était encore temps, ce refus de promotion par peur de perdre leur assistanat sous forme d'allocations diverses se paie aujourd'hui. Ils ont fait un choix à un moment donné de leur vie et ils se doivent de l'assumer ce que bien entendu ils ne font pas. Autant je soutiens dans leurs revendications une catégorie comme les agriculteurs qui ont travaillé durement 7 jours sur 7, souvent sans ou avec peu de congés autant je condamne ceux qui se sont laissé assister toute leur vie et qui viennent pleurer le moment venu.
Autre exemple : le cas de 2 personnes qui disposent de 100000 euros. L'une va les dépenser en quelques semaines pour assouvir ses désirs pendant que l'autre va les investir. Ainsi va la vie et, quelques années plus tard le premier n'aura plus que des souvenirs à raconter pendant que le second profitera de son investissement et c'est à lui qu'on prendra une partie de cet investissement pour le redistribuer au premier qui n'aura plus rien et pour cause.
Au final et à travers ces 2 exemples je ne vois pas en vertu de quoi et au nom de quel dogme je n'aurais pas le droit, le moment venu d'en faire profiter mes enfants. Je ne vois pas au nom de je ne sais quelle doctrine, l'état prendrait ce que j'ai acquis pour le donner à d'autres qui n'ont pas voulu faire les mêmes efforts. La redistribution doit avoir ses limites et la suppression des droits de succession telle que la loi la prévoit est une très bonne mesure et surtout une mesure sensée qui ne représente qu'un faible pourcentage dans ce qu'on appelle "le paquet fiscal".
Rédigé par: flamant rose | le 28 avril 2008 à 12h03
@chatel : bien sûr que les entrepreneurs ont besoin de salariés pour faire tourner leur entreprise. Mais lorsque les entrepreneurs vont créer leurs entreprises à l'étranger, les salariés français, restés chômeurs, n'ont que leurs yeux pour pleurer. Même si ce n'est pas très social par rapport aux canons de la gauche bien-pensante, il faut se battre pour inciter de nombreux expatriés à revenir en France, ou dissuader ceux qui seraient tentés de s'expatrier de le faire. Il en va du dynamisme économique de la France, seul à même de permettre le financement d'un système social performant. Néanmoins, on ne peut que regretter que Sarkozy n'ait pas eu le courage d'aller au bout de sa logique et de supprimer purement et simplement cet impôt inique et inefficace qu'est l'ISF.
@flament rose : des gens qui refusent un emploi ou une augmentation de salaire afin de préserver leurs avantages sociaux, voilà qui n'est pas nouveau, et ne rend que plus urgente l'instauration d'une mesure comme le RSA.
Vous soulignez aussi que certains retraités d'aujourd'hui paient leur imprévoyance du temps où ils étaient actifs. Vous avez raison, mais l'exemple que vous citez, celui des agriculteurs, doit être nuancé. En effet, beaucoup d'entre eux payaient relativement peu de cotisations, même s'ils travaillaient beaucoup. Il assez logique et somme toute assez juste que des gens qui ont faiblement cotisé pendant leur vie active aient une faible pension de retraite le moment venu.
Le cas des épouses d'agriculteurs ou de commerçants est également couramment évoqué. Voici des femmes qui ont collaboré toute leur vie à l'exploitation de leur conjoint, mais touchent une pension retraite misérable. Mais il y a là une certaine forme de justice, si l'on part du principe qu'elles n'ont pas cotisé pendant leur vie active.
De la même manière, on pourrait aussi évoquer le cas des mères au foyer : au nom de quoi des personnes qui, par confonrt de vie, n'ont jamais cotisé pendant 20 ou 30 ans devraient toucher une retraite identique à celle de personnes ayant cotisé toute leur vie, et qui ont donc du se bagarrer pour concilier vie familiale et vie professionnelle ?
Rédigé par: johanono | le 28 avril 2008 à 13h33
@ flamant rose
« Je ne vois pas en vertu de quoi et au nom de quel dogme je n'aurais pas le droit, le moment venu d'en faire profiter mes enfants. »
Le dogme que vous remettez en cause n’est autre que le principe de la solidarité nationale qui figure dans le préambule -toujours en vigueur- de la constitution de la IVème République : «Elle [la Nation] garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ». La solidarité nationale a un coût. Il est juste que la cotisation mise à la charge de chacun soit fonction de ses moyens contributifs et que les riches paient par conséquent plus que les pauvres (et sans doute aussi les rentiers plus que ceux qui travaillent). Accessoirement, la rentabilité de l’impôt l’exige également, et c’est pourquoi environ la moitié des ménages sont exonérés d’IR, ce qui est en effet regrettable.
L’heure est à la liquidation de l’Etat social. Certains souhaitent vraisemblablement revenir sur ces principes. Qu’ils le disent clairement au lieu d’insinuer que les méchants pauvres vivent aux crochets des gentils riches !
Rédigé par: chatel | le 28 avril 2008 à 13h37
"refus de promotion par peur de perdre leur assistanat sous forme d'allocations diverses"
en voilà une de représentation mentale = batie à partir de quelques exemples individuels, généralisée à un grand nombre parce qu'elle arrange en ce qu'elle alimente la théorie qu'on défend, en réalité sans grand rapport avec la réalité et altère le jugement.
Rédigé par: Annick | le 28 avril 2008 à 14h30
Annick,
J' ai rencontré ce genre de raisonnement. Je ne dis pas - comme FR - qu' il s' agit de la majorité. Néanmoins, empilez ce genre de témoignages venant de toutes parts et vous verrez qu' il n' est pas si rare que celà.
Johanono,
Mon épouse a arrêté de travaillé et nous avons dû consentir certains efforts financiers poue élever nos trois enfants. Permettez-moi de dire que son "confort" était tout relatif. C' étrait son choix et je ne crois pas qu' elle représente un cas isolé.
Rédigé par: Erick | le 28 avril 2008 à 15h44
@Flamant Rose
Vous avez écrit, "Pourquoi tant de haine à l'égard de ceux qui ont réussi.", alors que je ne vois nulle haine dans ce blog.
Vous pensez que c'est par haine qu'on prélève des impôts?...
@Johanono
"Le premier ferment de la justice sociale, c'est le dynamisme économique."
Faux. Ce sont deux variables indépendantes, et il et révélateur que vous ne parveniez pas à les distinguer. Vous confondez richesse et justice sociale.
La Chine, la Russie, sont dynamiques économiquement et très inégalitaires.
Rédigé par: Gatien | le 28 avril 2008 à 16h04
@ Erick et Annick
A aucun moment je n'ai écrit qu'il s'agissait d'une majorité et je ne généralise pas . J'ai simplement évoqué des cas que j'ai connus sur le plan professionnel. Pas plus.
@ Johanono
Comme Erick, mon épouse à cesser de travailler pour se consacrer à nos 3 enfants. Cela n'a pas toujours été une sinécure.
@ Gatien
Je ne parle pas des commentateurs du blog de Eric Dupin. Je sais bien que c'est un lieu où la convivialité règne. Mais dans la société français il y a de nombreuses personnes qui ont de la haine envers ceux qui ont de l'argent. Mais on ne leur demande jamais comment ils ont fait. Si on me le demandait, je répondrais que j'ai souvent été absent de la maison et parfois longtemps, pour sa première année je n'ai pas vu grandir ma fille, pour la naissance de mes 2 fils j'étais absent……Tout le monde n'a pas hérité, ne croyez pas. Je me suis retiré du monde du travail il y a un peu moins de 4 ans à 55 ans et je vis une retraite heureuse. Je ne crois pas l'avoir volée. Pour autant le trésor public ne m'oublie pas, en 2007 je lui ai donné plus de 5000 euros.
Rédigé par: flamant rose | le 28 avril 2008 à 17h03
Flamant rose,comme d'habitude,parle d'or...et comme d'habitude les assistés de tout poil embrayent sur le discours convenu.
Quand comprendra-t-on que pour distribuer la richesse il faut déjà la créer?
Rédigé par: hanse | le 28 avril 2008 à 17h10
@ Erick
« J’ai rencontré ce genre de raisonnement » (il vaut mieux refuser une promotion que de perdre le statut d’assisté).
Il ne faut pas toujours prendre de tels témoignages au pied de la lettre. L’échec provoque l’amertume, le dépit, la perte de l’estime de soi, surtout lorsqu’on n’en est pas responsable. On peut être alors tenté de se justifier en prétendant être dans une situation plus favorable que ceux dont on envie en réalité la condition. Il faudrait être bien naïf pour se laisser abuser par de tels propos et ne pas comprendre que la misère sociale n’est que l’une des dimensions de la misère. Au demeurant, si le statut des assistés était aussi enviable que vous semblez le penser, on ne s’expliquerait pas que les riches ne s’empressent pas de troquer leur propre condition contre celui-ci.
Rédigé par: chatel | le 28 avril 2008 à 17h26
Erick, ben non, je ne connais personne qui aurait préféré des allocations à une promotion, il faut avoir un cerveau de moineau pour penser qu'une augmentation de salaire est moins intéressante que des allocations.
Par contre, je pense qu'il est vrai que des personnes refusent une promotion en raison du manque d'attractivité du poste par rapport à la responsabilité, à la charge de travail etc... Mais que voulez-vous, si l'employeur pense qu'il suffit de donner de l'argent à ses salariés pour que sa boite marche, il est dans l'erreur.
Voyez le cas des travailleurs clandestins qui font l'actualité, personne ne fait remarquer que si ces employeurs ne trouvent pas de candidats pour occuper les emplois qu'ils offrent, c'est peut-être que les conditions de travail sont à revoir. On s'occupe de régulariser ces clandestins, et voilà que ça pourrait changer leurs exigences...
@FR,
Johanono a écrit: 'voilà qui n'est pas nouveau',
c'est une représentation mentale = c'est dans l'esprit de beaucoup de gens, et ça circule.
Rédigé par: Annick | le 28 avril 2008 à 17h29
Il y a une partie du discours de Nicolas Sarkozy que personne n'a relevé dans les médias et je le regrette. C'était dans la partie "pouvoir d'achat" et cette idée c'est celle de la participation. Elle doit se faire selon la règle des trois tiers : Un tiers des bénéfices réservé aux salariés, un autre tiers reversé aux actionnaires sous forme de dividendes et enfin le dernier consacré aux investissements.
C'était la grande idée du général de Gaulle. Il disait qu'entre un capitalisme sauvage et un marxisme sans âme, il y avait une troisième voie qui est la participation. Il ne condamnait le capitalisme que dans ses excès. Il a inventé la participation et a dû beaucoup souffrir de voir sa tâche interrompue. Un mois et demi avant son départ en 1969, il disait : " il s'agit partout où des hommes et des femmes sont ensemble pour vivre où pour travailler, de rendre les rapports humains plus dignes, par là plus efficaces; Il s'agit que chacun , là où il fournit son effort, ne soit pas un instrument passif mais participe activement à son propre destin. Voilà ce que doit être la grande réforme française de notre siècle". Le général avait bien compris que pour améliorer la compétitivité de l'entreprise et du pays, il fallait que tous soient associés à l'effort commun, et il ne s'agissait pas seulement de générosité : les rapports plus humains "donc plus efficaces".
"La grosse erreur fut de lier la participation à la transformation du sénat" a dit Robert Schumann. Les français n'étaient pas hostiles à la régionalisation, second terme du référendum mais ils n'ont pas réalisé l'articulation entre les réformes administratives et la transformation sociale dans laquelle de Gaulle voulait engager le pays. Pourtant le projet de loi allait loin , très loin.
Le général a voulu faire vite. C'était le début des trois années de transformations que promettait de Gaulle. A la veille du référendum, sachant qu'il serait perdu il dit" Tôt ou tard, il faudra que la vieille société de ce pays trouve une nouvelle voie. Alors les français comprendront et me rendrons justice.
Et oui mon général vous aviez encore des années d'avance. Vous n'étiez pas visionnaire, mais vous possédiez une capacité d'analyse et de bon sens que nos politiques d'aujourd'hui n'ont pas.
Rédigé par: flamant rose | le 28 avril 2008 à 17h44
@johanono
« Il faut se battre pour inciter de nombreux expatriés à revenir en France, ou dissuader ceux qui seraient tentés de s'expatrier de le faire. Il en va du dynamisme économique de la France, seul à même de permettre le financement d'un système social performant. »
Puis-je conclure de l'argument que vous m'opposez que « cette vieille idée de faire payer les riches » vous paraît économiquement inopportune et même contre-productive, mais qu’elle ne vous choque pas d’un point de vue strictement moral ?
Rédigé par: chatel | le 28 avril 2008 à 18h07
Si certains riches paraissent si mécontents de leur condition, on peut toujours leur suggérer de devenir pauvre....- mais je doute que ce soit une solution qui les satisfasse.
Rédigé par: Scodex | le 28 avril 2008 à 23h43
Si certains riches paraissent si mécontents de leur condition, on peut toujours leur suggérer de devenir pauvre....- mais je doute que ce soit une solution qui les satisfasse.
Rédigé par: Scodex | le 28 avril 2008 à 23h48
@chatel : "Puis-je conclure de l'argument que vous m'opposez que « cette vieille idée de faire payer les riches » vous paraît économiquement inopportune et même contre-productive, mais qu’elle ne vous choque pas d’un point de vue strictement moral ?"
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Que les plus aisés participent davantage au financement des dépenses publiques ne me choque pas, bien au contraire. Mais comme l'a dit Hanse, on ne peut répartir que les richesses qui ont déjà été créées. Et lorsque notre système social et fiscal aboutit à ce que des Français préfèrent aller créer des richesses à l'étranger, ou à ce que d'autres Français aient le sentiment qu'il vaut mieux profiter plutôt que travailler et respecter les règles, alors c'est que ce système social et fiscal devient contre-productif.
@flamant rose : "C'était la grande idée du général de Gaulle. Il disait qu'entre un capitalisme sauvage et un marxisme sans âme, il y avait une troisième voie qui est la participation. Il ne condamnait le capitalisme que dans ses excès. Il a inventé la participation et a dû beaucoup souffrir de voir sa tâche interrompue."
Il y aurait tant de choses à dire sur les conditions dans lesquelles le référendum de 1969 a été organisé, et sur les raisons de l'échec du non. Ce qui est regrettable, c'est que ce non ait abouti à enterrer cette belle idée qu'est la participation. Là où le socialisme et le libéralisme reposent, chacun à leur manière, sur une idée de lutte des classes et d'intérêts antagonistes entre salariés et entrepreneurs, la participation repose sur une idée d'intérêt commun. Si tu gagnes, je gagne, et non pas si tu gagnes, je perds. Même si Sarkozy arrive à mettre en oeuvre son projet, il y aura encore beaucoup à faire pour changer les esprits sur ce point.
@Gatien : "Vous pensez que c'est par haine qu'on prélève des impôts?..."
Parfois, j'en viens à me poser la question. Quand je songe à l'ISF, impôt inique, qui rapporte peu, coûte cher à recouvrer, et suscite des expatriations, j'en viens en effet à penser que cet ISF ne peut être motivé par aucun argument rationnel, mais bien par une haine des riches et plus généralement par une suspicion à l'égard de tous ceux qui réussissent.
Rédigé par: johanono | le 29 avril 2008 à 07h30
FR,
Mon expression était sans doute peu claire. Je ne vous accusais pas de généraliser !
Gatien et Annick,
Rien n' est parfait en ce monde mais on a tous en principe la faculté et la possibilité d' améliorer les choses en commançant par sa situation propre. On peut trouver toutes les excuses du monde à la frilosité, au manque d' ambition voire à la médiocrité mais toujours "la faute aux autres" ou la souffrance, c' est un peu facile non ?
Cervelles de moineau ... Dans quel monde extraordinaire vivez-vous pour ne pas en rencontrer ? Il est assez facile de les repérer : c' est souvent celles-là qui piaillent le plus fort.
Les sentences issues du bon sens commun parlant de l' effort individuel : "Aide-toi et le ciel t 'aidera", "On n' a rien sans rien" et le classique La Fontaine ("Travaillez, prenez de la peine") seraient-elles obsolètes ?
Rédigé par: Erick | le 29 avril 2008 à 09h02
Pardon Gatien. Je répondais à Chatel. Habitude de correspondances passées ? :-)
Rédigé par: Erick | le 29 avril 2008 à 14h16
Eric Dupin,
Texte parfaitement logique et équilibré !
Mais, les propos de François Hollande demandant ouvertement une TVA à 0% pour les produit de 1ère nécessité, sont d'une démagogie criminelle et autrement plus nocive pour l'opinion publique et la presse béate de l'hexagone.
Pourquoi ?
Parceque un Kg de farine "Francine" coûte 1,3 € et que sans la TVA elle coûtera 1,23 €.... la belle affaire !
Surtout si l'on sait qu'une excellllente farine premier prix coûte 0,60 € !
Bien sur cette perte pour l'état va de plus permettre un pénétration plus facile de farines étrangères et causer des pertes d'emplois en France.
La solution est bien sûr de diminuer les charges sur les salaires afin d'augmenter la compétitivité des farines françaises, et de faire baisser leurs prix de plus de 5,5%.
Les propos de Hollandes ne justifient peut-être pas le rétablissement de la peine de mort à son encontre... mais tout juste !
Rédigé par: Ozenfant | le 30 avril 2008 à 19h10
@ Ozenfant:
Je suis d'accord avec vous sur la qualité des propos de Hollande, mais pas avec vos arguments: "Bien sur cette perte pour l'état va de plus permettre un pénétration plus facile de farines étrangères et causer des pertes d'emplois en France."
ALors, là, il faudra me l'expliquer cette évidence économique là. Les libéraux vous diraient que justement, la compétitivité des entreprises françaises accroitrait la puissance économique française et renforcerait indirectement l'état.
Vérité en deçà des Pyrénnées...
Rédigé par: Karl Marx | le 03 mai 2008 à 08h28