Leçons compliquées
Il y a ce qui est simple - la très claire victoire de la gauche au deuxième tour des municipales qui confirme et amplifie les résultats du 9 mars - et ce qui est compliqué - quelle leçon chaque camp doit tirer de ce scrutin ?
Tout en s'efforçant de minimiser la sanction des électeurs - au risque de répéter l'erreur de la gauche aux lendemains de son insuccès aux municipales de 2001 - la droite est tentée par une réponse automatique: les Français auraient manifesté leur "impatience" et voudraient, au bout du compte, une "accélération" du rythme des réformes... Cette argumentation a pour elle la déception d'une fraction de l'électorat de droite qui ne trouve toujours pas son compte au regard de la "rupture" promise par le candidat Sarkozy. D'où une réelle démobilisation dans ce camp.
Mais elle ignore la rancoeur d'un électorat populaire qui a voté Sarkozy en croyant à une amélioration de son sort. L'opposition n'a pas seulement gagné autour d'une contestation du style du pouvoir mais aussi sur fond de contestation de la politique menée depuis le printemps 2007. Prétendre ne rien changer à ses orientations, ou même les accentuer, n'est sans doute pas la manière la plus subtile de comprendre le message envoyé dimanche par les électeurs.
A gauche aussi, le malentendu guette. Le PS peut, comme en 2004, se croire revenu en grâce. Les socialistes ont certes à nouveau réussi à coaguler autour de leurs candidats les mécontentements de toutes sortes. De l'extrême gauche au centre, des électeurs très opposés ont mêlé leurs bulletins de vote pour assurer le succès de ses listes. C'est, en réalité, plus l'opposition que la gauche qui l'a emporté le 16 mars. Tout reste à construire pour que le socialistes incarnent une alternative crédible. L'électorat populaire ne s'est d'ailleurs que très modérément réveillé pour les soutenir.
Une leçon peut néanmoins être d'ores et déjà tirée pour le PS. La ligne défendue par Ségolène Royal d'une alliance systématique et prioritaire avec le MoDem a prouvé sa vacuité. Elle se révèle à la fois irréaliste (une partie des centristes penchant inexorablement à droite) et inefficace (les alliances avec le "centre" ne garantissant nullement le succès comme à Marseille). Les électeurs eux-mêmes, à en croire une enquête Ipsos, préfèreraient que le PS reste fidèle à sa politique d'alliance avec les autres forces de gauche et les Verts.
Avec l'échec personnel de son leader à Pau, le parti de François Bayrou, qui a fait la preuve de son hétérogénéité ontologique et dont la stratégie opportuniste n'a guère été comprise par les Français, restera enfin sans doute comme le grand perdant des élections municipales de 2008.

D'accord avec cette analyse.
La suite sera sans doute une redistribution des cartes de tous côtés : perte de légitimité au FN, conduite et orientation de l'UMP (surtout à Paris), désagrégation du Modem en tant qu'appareil, leadership du PS, erreur de la stratégie solo des verts etc.
Rédigé par: Karedig | le 17 mars 2008 à 03h15
Mon cher Eric Dupin,
Pas mal et comme toujours avec un soucis d'objectivité, votre analyse, j'en fais une autre....
Pour guérir un malade, il faut savoir mettre le doigt où çà fait mal !
Je développe une théorie qui n'en est pas une, tellement c'est une Lapalissade:
"C'est grâce à la nullité du couple Hollande en 2007 que le PS a gagné les municipales en 2008 !"
Élections Municipales 2008 ou l’alternance contrariée ! http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/03/lections-munici.html#comments
Rédigé par: Ozenfant | le 17 mars 2008 à 09h23
"Prétendre ne rien changer à ses orientations, ou même les accentuer, n'est sans doute pas la manière la plus subtile de comprendre le message envoyé dimanche par les électeurs."
peut-être mais c'est la seule manière courageuse et peu de gens le soulignent. Il faudrait arrêter avec la langue de bois des politiciens, je n'ai pas tenu une heure hier devant la soirée électorale, et pourtant je n'en manque pas une depuis quinze ans. Il suffit de faire simple mais aucun n'aurait le courage:
"1) non nous ne bougerons pas de notre ligne, nous avons été élus pour cinq ans, d'ici là nous ne prêterons pas attention aux fluctuations. Faire plaisir aux gens de manière immédiate n'est pas la meilleure façon de réformer. Le court terme et le long terme sont des politiques distinctes.
2) 10% des français font basculer la france à droite ou à gauche à chaque fois surtout lors des municipales. Il faut arrêter avec les interprétations "les français blablabla" quand seule une minorité qui vote juste en fonction de la conjoncture donne une couleur au scrutin. Notre rôle n'est pas d'amplifier en permanence l'influence de ces girouettes mais aussi de respecter et de ne pas oublier la majorité stable et silencieuse.
3) Quand bien même les français voteraient en majorité pour une couleur politique, il n'est pas dit qu'ils aient raison de le faire. On peut accepter les règles du jeu démocratique mais se rappeler aussi que, et c'est tout le débat des jurys de justice, la vérité ne sort pas inévitablement de la représentativité. La vérité électorale n'est pas la raison. Un peuple peut avoir tort, dans n'importe quel sens, à un moment de son histoire. Par exemple le traité européen, dont on jugera sans doute dans qques années que l'on a juste perdu du temps pour rien. Exprimer son désaccord avec la vision majoritaire du peuple n'est pas déshonorant. Jacques Chirac, pourtant pas un courageux, l'avait fait en disant "je ne vous comprends pas" lors d'une interview avec des jeunes. Voyez comment ça lui a été reproché ensuite.
Désolé... je rêvais tout éveillé.
Rédigé par: Boris | le 17 mars 2008 à 09h50
Deux remarques:
1) Tout à fait d'accord sur l'enjeu que représente les classes populaires. Elles constituent un enjeu électoral quantitatif, mais aussi un symbole qui permet de construire du sens autour d'une victoire ou d'une défaite. Par conséquent les oublier (ou faire comme si...) est de toute façon une lourde erreur.
2) En revanche, je ne sais pas si l'on peut tirer une conclusion aussi directe quant à Ségolène Royal. Le MODEM, désormais OPNI (Objet Politique Non Identifié) représente tout de même un potentiel électoral, c'est - à - dire d'attitudes de citoyens dont la gauche a aussi largement profité dans nombre de contextes locaux.
En résumé, il y a un travail idéologique et stratégique qui devrait être fait à gauche : donner un sens à ces deux enjeux (capter le vote populaire et intégrer, d'une manière ou d'une autre le "vote MODEM de gauche") qui, cumulativement, sont les conditions d'un futur succès national éventuel.
Rédigé par: Roy J.-P. | le 17 mars 2008 à 10h04
On peut essayer de préciser le contenu du message supposément envoyé par l'électorat en le remettant en perspective avec les élections de l'année passée, ce qui serait légitime, vu le court laps de temps qui nous en sépare, et la prééminence de l'élection présidentielle sur toutes les autres.
On aurait ainsi la séquence suivante: après l'élection de N. Sarkozy, l'électorat se reprenant, doutant et se demandant, au second tour des législatives: "Est-ce que je n'ai pas commis une erreur dans le choix du Président? Zut, il n'y en avait pas d'autre, pourtant!" ; puis aux municipales, devenu bougon, marmonnant, non sans une certaine coquetterie d'ailleurs: "Bon allez d'accord pour la potion libérale, mais doucement alors, hein?.. Que cela ne soit pas trop douloureux, siouplaît!"
Des sondages à propos des réformes tendent, en ce moment, à accréditer l'idée selon laquelle les français tout à la fois les craignent et les estiment inéluctables. Certainement parce que la plupart se présentent comme des factures à payer.
Rédigé par: D.H. | le 17 mars 2008 à 10h22
"Prétendre ne rien changer à ses orientations, ou même les accentuer, n'est sans doute pas la manière la plus subtile de comprendre le message envoyé dimanche par les électeurs."
Comme Boris cette phrase m'interpelle ! Une chose est de comprendre le message des électeurs dans un scrutin municipal (même s'il est politique) et une autre chose est de savoir ce qu'il convient de faire pour le pays.
Les réformes promises, et sur lesquelles Sarkozy a été élu il y a dix mois ne sont que celles déjà réalisées depuis longtemps par la plupart de nos voisins. Qui se portent tous mieux que nous.
Le président et sa majorité de gouvernement doivent prendre leurs responsabilités, quitte à être impopulaires : le problème n'est vraiment pas celui-là !
Rédigé par: Lothaire | le 17 mars 2008 à 10h33
Le MoDem risque fort, dans un contexte de relative bipolarisation de la vie politique française, de subir le sort du Reform Party américain ou du Parti Libéral britannique, soit celui d'une troisième force qui ne parviendrait jamais à s'imposer durablement. Le problème de cette formation est selon moi qu'une bonne partie des électeurs sont attachés à la distinction droite/gauche, avec parfois le risque de préférer l'étiquette à la substance ("je vote pour le candidat X parce qu'il est de droite/de gauche").
Je me trompe peut-être, mais il me semble que le PS continue dans son travail de sape envers son allié du PCF, avec pour probable objectif de le réduire à un parti-croupion : on en parle peu, mais le fait que le PS ait ravi aux communistes le Conseil Général de Seine-Saint-Denis est assez important. Si la stratégie de conquête municipale n'a pas toujours fonctionné (sauf à Aubervilliers), il semble que le PS ambitionne de réduire le PCF aux dimensions du Nouveau Centre, ce qui renforcerait encore la tendance à la bipolarisation.
Rédigé par: Nikita Malliarakis | le 17 mars 2008 à 10h38
j'adhère!!
Rédigé par: king selewa | le 17 mars 2008 à 10h51
@ ED
Entièrement d’accord avec vos conclusions :
- Quelques électeurs (ultralibéraux) de droite ont sans doute été déçus par la timidité des réformes engagées et se sont démobilisés mais l’électorat populaire qui a voté Sarkozy en croyant (naïvement) à une amélioration de son sort a perdu confiance. Maintenir le « cap des réformes (libérales) » serait dès lors une grave erreur.
- « C'est plus l'opposition que la gauche qui l'a emporté ».
- «La ligne défendue par Ségolène Royal d'une alliance systématique et prioritaire avec le MoDem a prouvé sa vacuité ».
- Le MoDem est « le grand perdant de ces élections», au point, me semble-t-il, que la question de sa survie se trouve désormais posée.
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 11h02
Si je donne une trentaine de billes à mon petit fils et qu'il revient sans billes il est incontestable qu'il aura perdu 30 billes. Si avant les élections la majorité possède 220 villes de plus de 20000 hab et que après il n'en a plus que 190, il est tout aussi vrai qu'elle a perdu les élections. Ce sont des faits et ils ne sont pas contestables. Donc la majorité présidentielle a perdu les élections municipales. Reste l'analyse.
Les arguments des uns et des autres n'ont je pense surpris personne. Sarkozy et Fillon avaient convoqué 48 h avant le scrutin les personnalités de la majorité pour mettre au point l'argumentaire. Hollande a du faire pareil. Les discours étaient bien rodés, ce furent les mêmes toutes chaînes confondues, donc pas de surprise ce côté là. Je me suis tellement ennuyé que j'ai regardé la deuxième mi-temps de OM/Lens.
Pour la droite la politique nationale a été décidée lors des présidentielles et des législatives qui ont suivi et les français jugeront en 2012. C'est aussi ma position.
Pour la gauche au contraire les français n'ont pas voté pour l'ensemble des réformes donc le gouvernement doit tirer un trait sur certaines d'elles. Cette position est celle de Eric Dupin qui dit je cite "Prétendre ne rien changer à ses orientations, ou même les accentuer, n'est sans doute pas la manière la plus subtile de comprendre le message envoyé dimanche par les électeurs". Alors oui, vous avez raison, c'est peut être pas la plus subtile mais c'est certainement la plus efficace et c'est ce que l'on demande au gouvernement de faire dans l'intérêt du pays.
J'analyse ces résultats sous 3 angles:
Le premier par comparaison avec les dernières élections du même type, c'est à dire les municipales de 2001 et je constate un retour de balancier dont nous avons été plusieurs ici à le prévoir.
Le second par rapport aux dernières élections générales donc les présidentielles. On constate que dans de nombreuses villes perdues, S Royale était déjà majoritaire en 2007. Il en est ainsi à Colombes où elle avait obtenu 53,97%, à Périgueux 54,54%, à Toulouse 57,60 %. A Périgueux et à Toulouse le différentiel avec Sarkozy était important 10 et 15 points. Hier malgré la défaite il s'est réduit à 2 points à Toulouse et 1 à Périgueux. Il faut donc relativiser.
Le troisième confirme ce que nous avions été plusieurs à dire à savoir que la gauche n' a pas gagné, elle n'offre aucune alternative c'est la droite qui a perdu. L'abstention a été massive et des villes ont été perdues de très peu : ex 113 voix à Périgueux
Parmi les discours entendus hier j'en retiens 2 . Celui de S Royale toujours aussi insipide. Elle ne sait que se positionner par rapport à Sarkozy, à ce qu'il dit, à ce qu'il fait, à croire qu'elle est possédée par lui. Et puis plus intéressant celui de M Aubry. Elle n'a pas parlé du résultat des élections mais du PS et de son futur premier secrétaire, elle s'est positionnée. D'ici quelques mois ça va pas être triste du côté de la rue Solférino.
Une petite analyse de ma région et de mon département où la droite a très bien résisté à la vague rose.
J'avais vu juste en écrivant ici même le 7 mars dernier soit 2 jours avant le premier tour dans géographie municipale " A Marseille Jean Claude Gaudin possède 5 secteurs sur 8. Il me semble que le premier avec Jean Roatta comme tête de liste est perdu. Tout se jouera donc dans le 8 éme entre Guérini et Muselier". C'est exactement ce qui s'est produit même si le premier secteur a été perdu de peu.
A Marseille un militant probablement de Guérini disait qu'il était dommage que le front national n'ait pas fait 2% de plus. Et oui monsieur avec 2% de plus le FN obtenait les 10%, se maintenait et Guérini gagnait le secteur et était maire de la ville. Les commentateurs auraient alors parlé de bérezina. Ce FN, il a rendu bien des services au PS mais hélas pour lui c'est dans un autre secteur que le FN a passé la barre des 10%. J'avais également souligné dans un précédent commentaire que l'absence ou la présence du FN dans le 3éme serait déterminante pour la ville.
Pour le reste la droite a conservé Aix en Provence et Avignon au terme de batailles difficiles voire calomnieuses à Aix. Dans cette ville le candidat modem qui s'est maintenu a perdu 30% de ses électeurs au second tour.
Michel Vauzelle a été le président de région le plus mal élu de toutes les régions grâce à la puissance du FN. Le résultat dans la région PACA et la dégringolade du FN peuvent laisser entrevoir un changement à la tête de la région en 2010. Le bassin méditerranéen de Nice à Perpignan reste résolument à droite. Seul Montpellier la bourge et ses bobos se distinguent et pourtant avec Frêche qui se cache derrière madame le maire, Montpellier possède probablement la personnalité la plus réactionnaire de ce bassin.
Je termine en disant que malgré la défaite j'ai eu 3 coins de ciel bleu :
On a gardé Marseille et le modem a perdu.
Les résultats laissent entrevoir une victoires aux régionales de 2010.
Et Bayrou a perdu…. à Pau…… car à Aubagne le Modem a gagné..
Rédigé par: flamant rose | le 17 mars 2008 à 11h09
Les analyses sur les plateau télé ont été insipides.
Le pire est venu des UMP (Bertrand, Devedjan, Hortefeu) qui voient ds ces élections un encouragement à poursuivre les "réformes". Si les électeurs votent à gauche c'est pour signifier au gvt qu'il ne va pas assez vite ni assez loin ds les réformes. L'argument est évidemment profondément débile : voter à gauche pour que s'accélère une politique de droite !?
PLus sérieusement si les électeurs voulaient vraiment une politique de droite ils n'auraient pas accordé autant de voix à la gauche ce week-end.
Rédigé par: bernard | le 17 mars 2008 à 11h22
Le PS n'a pas de raison de pavoiser. Le manque de fond, la difficulté à se renouveler restent des handicaps.
Rédigé par: Eric | le 17 mars 2008 à 11h39
L'autisme de la droite battue hier était des plus inquiétants. Prétendre voir dans cette défaite une approbation à la politique menée par Sarkozy, c'est vraiment montrer une fois de plus la totale déconnection de cette droite arrogante et revancharde.
Le pire étant à venir sous la forme de ce plan de rigueur caché.
On verra bien les réactiçons des français à ce plan...Du mal à croire à une quelconque approbation
Rédigé par: Rébus | le 17 mars 2008 à 11h46
Le message des électeurs est clair. A l'exception de quelques idéologues gagnés à l'ultralibéralisme, les français, majoritairement, ne veulent pas de la potion libérale concotée par le gouvernement. JP Raffarin vient de le reconnaître en déclarant que l'UMP est trop à droite. Espérons, dans l'intérêt de tous et spécialement de ceux qui ont le plus de difficultés, que NS et son gouvernement cessent de faire la sourde oreille!
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 12h01
Si la Droite avait remporté les élections :
"Les Français sont satisfaits. Ils nous encouragent et nous imposent d'amplifier et accélérer les réformes."
Comme la Droite a perdu :
"Les Français sont impatients. Ils nous demandent et nous imposent d'amplifier et accélérer les réformes."
Comment faudra-t-il leur dire ?...
http://tours-de-france.over-blog.net/
Rédigé par: bernard | le 17 mars 2008 à 12h07
Comment ne pas constater le scénario REPETITIF des consultations électorales depuis trente ans, que ce scénario, profite selon les cas à la droite ou à la gauche : abstention d'une partie de l'électorat du parti au pouvoir - stabilité ou mobilisation de l'électorat de l'opposition = "victoire" de l'opposition, en réalité défaite du parti au pouvoir. Exemple de la "vague rose" qui a inauguré ce processus en 1981 : la gauche avait le même nombre de voix qu'en 1978, mais la droite en avait perdu 10% et l'abstention avait cru de 10%! Bénéficiant à la droite ou à la gauche selon les moments, ce scénario en dit plus long que de savants discours sur la gouvernabilité de la société française ou sur l'incapacité des gouvernants à assumer leurs responsabilités. Ils sont plus habiles pour conquérir le pouvoir que pour l'exercer!
Rédigé par: Guzet | le 17 mars 2008 à 12h16
@ Eric
"Le PS n'a pas de raison de pavoiser". Tout à fait. Qu'il se contente pour le moment de remplir, mieux qu'il ne l'a fait jusqu'à présent, son rôle d'opposition.
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 12h20
Je suis en partie d'accord avec votre analyse. Néanmoins, sur le point particulier du MoDem, je pense plutôt que c'est le MoDem qui a montré sa vacuité idéologique...La stratégie d'alliance systématique n'a certes pas fonctionné, mais on ne peut nier que beaucoup de candidats socialistes ont été décomplexés par l'initiative de Royal et ont fait alliance avec le parti centriste. On peut d'ailleurs citer Aubry...ce qui est assez ironique vu ses prises de position l'année dernière au sujet de l'alliance PS/MoDem! C'est la première fois que la gauche accepte de s'allier au centre, et réciproquement, et on ne peut que souligner que c'est quand même pas mal grâce à Ségolène Royal. De toute façon, il faudra bien que les électeurs de gauche qui ont voté MoDem l'année dernière rentrent au bercail socialiste. Quant au retour d'Aubry dans le débat national, je ne suis pas persuadé que ce soit une très bonne idée...Aubry, Jospin, Delanoe etc...dans le genre ayatollah socialistes aux dogmes figés, ça me fait peur pour 2012...Bref, que le meilleur gagne au PS!
Rédigé par: reggio | le 17 mars 2008 à 12h22
Toulouse et Périgueux qui basculent pour 0,4%... dommage. C'était impressionnant hier en regardant défiler les bandeaux de résultats en bas des écrans, le nombre de villes qui sont passés au PS entre 50,1 et 51%... le climat national plus une abstention un peu plus forte d'élécteurs de droite ont accentué la défaite. Quand la droite boude, la droite perd, logique. Et puis le Modem, s'il a fait perdre peut être deux, trois villes à la gauche, il a surtout fait perdre la droite. Et l'unique axe de communication de Bayrou depuis 6 mois "a mort Sarkosy" n'a rien arrangé. Sa défaite à Pau... pas de quoi se réjouir, mais il l'a bien cherché... enfin, 3 sondages disent que 60% des français veulent que le gouvernement accélère les réformes annoncées, 30% que ca aille aussi vite... contredisant el PS. Il semble que les français admettent et veulent les réformes telles qu'annoncées mais ont élu des maires de gauche pour se "protéger "de ces transformations nécessaires... pauvres petits, ils veulent tout avoir. Comme les cohabitations depuis 20 ans... drôle de peuple... on sait que la droite est meilleure pour transformer le pays mais on prend des maires de gauche ... le message du PS en ce sens est bien passé... 30 ans que ce message leur fait office de programme... et ça marche encore...
Rédigé par: Roum1 | le 17 mars 2008 à 12h28
@ Roum
"3 sondages disent que 60% des français veulent que le gouvernement accélère les réformes annoncées". Les français veulent des réformes qui puissent améliorer leur situation mais ils refusent celles qui visent à détruire le modèle social auquel ils sont une majorité à demeurer légitimement attachés et qui n'ont d'autre effet que de fragiliser encore davantage les plus démunis d'entre eux. Pour l'instant, le gouvernement ne semble pas l'avoir compris malgré l'explication de texte de JP Raffarin ("l'UMP est trop à droite"). Souhaitons qu'il recouvre la lucidité et qu'il cesse de s'entêter!
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 12h53
Pour confirmer le constat dressé par Flamant Rose, on peut souligner que d'autres villes qui ont basculé à gauche avaient majoritairement voté Royal à la présidentielle : Caen, Amiens, Laval, Quimper, par exemple. Cela invite donc a relativiser le succès de la gauche.
En outre, il ne faut pas non plus oublier que les municipales sont la somme de 36000 scrutins locaux différents, dont beaucoup se jouent à moins de 5%. Il suffit donc, dans toutes ces villes, d'un glissement de 2% ou 3% de l'électorat en faveur de la gauche, pour faire basculer la ville.
@bernard : ce qui ressort de ce scrutin, c'est que l'électorat de droite s'est davantage abstenu que d'habitude. Sans doute par déception face à la faiblesse de la politique de Sarkozy jusque là. Cela suffit à faire basculer de nombreuses villes. Mais ça n'est pas pour autant un désaveu de la politique menée.
Rédigé par: johanono | le 17 mars 2008 à 13h07
En tous cas, ce qui semble certain, c'est que le sarkozysme ait vécu.
Il faut dire qu'il s'agissait d'un curieux alliage: d'un côté la promotion de la réussite individuelle et le message constamment véhiculé du "Aimez l'argent! Libérez-vous!" (l'équivalent du "Qu'est-ce qui vous retient, Monsieur?", que nous adressent les suaves télésprospectrices pour nous convaincre d'acheter leur produit); message affiché non seulement dans le comportement mais inscrit jusqu'au tréfond de la personnalité (de type désinhibée, "psychopathique" disent les psys).
De l'autre la tentative de restauration d'une autorité morale(religieuse,laïque, avec culte de morts), devant compenser les effets dissolvants des dérégulations sur la société.
Cela aurait peut-être pu marcher; mais cela relevait quand même d'une alchimie délicate. Prsonnellement je vais regretter les coups de pied donnés dans la fourmilière laïcarde, dont l'agitation m'a beaucoup diverti. On va s'acheminer vers une présidence sage et terriblement ennuyeuse, ramenée à ses problèmes économiques, et cela n'empêchera pas le peuple d'être mangé à la sauce libérale, comme d'habitude.
Rédigé par: D.H. | le 17 mars 2008 à 13h30
@ johanono
"Ce n'est pas pour autant un désaveu de la politique menée." Pour vous, les résultats des municipales ne seraient pas significatifs. Admettons que vous ayez raison ; vous ne pouvez tout de même pas dire la même chose des résultats des cantonales. Or ceux du premier tour parlent d'eux-mêmes : la gauche a obtenu 47,5% et la droite 40%. La droite a perdu. Elle doit en tirer les leçons et renoncer à appliquer à la France les recettes libérales qui heurtent nos traditions, remettent en cause notre pacte républicain et aggravent les difficultés des plus fragiles. L’efficacité et la justice commandent un changement de politique. Le gouvernement se montrerait particulièrement irresponsable s’il refusait de se s’y résoudre. Seule une minorité d’extrémistes pourrait l’encourager, contre tout bon sens, à continuer de faire la sourde oreille.
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 13h45
Sur le comportement de Sarko plus ou moins déterminant que sa politique Fabius a eu hier soir une formule percutante : "La forme c'est le fond qui remonte à la surface".
Rédigé par: Trésor de bienfaits | le 17 mars 2008 à 13h47
"C'était impressionnant hier en regardant défiler les bandeaux de résultats en bas des écrans, le nombre de villes qui sont passés au PS entre 50,1 et 51%... "
C'est vrai, chez moi la gauche divers gauche appentée PC, est passée avec 61 voix i.e. 50.3% contre 49.7%.
Petit calcul amusant: la valeur d'un bulletin de vote. Prenons le budget de la ville (60 Milllons d'euros) multiplié par la durée de la mandature (6 ans) et divisons le tout par le nombre de bulletins de votes pour le maire (environ 5000). On arrive a 72 000 euros le bulletin de vote.
En réalité, c'est beaucoup plus car la bascule se joue très souvent à moins de 100 voix.
Rédigé par: Michel | le 17 mars 2008 à 13h50
@ DH
« Le message constamment véhiculé du "Aimez l'argent! Libérez-vous!" » et « la sauce libérale » forment un tout que les français ne trouvent manifestement pas à leur goût. A NS et à son gouvernement d’en tirer les conséquences et au PS de l’exiger!
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 14h00
pour avoir vecu en france toutes les elections de1979 a 2004 de maniere engage je peux dire que les electeurs n'avaient pas beaucoup de choix de changements reels.
et,dire que la "gauche a gagne "me fait bien rire.ayant connu des elus et des ministres socialistes je sais tres bien qu'ils ne veulent que satisfaire leur ego.
bref ,la fausse gauche est en tete et le socialisme reel a la queue ,pauvre PC qui s'est laisse mange en reniant ses fondamentaux.
Rédigé par: papadopoulos georges | le 17 mars 2008 à 14h25
pour avoir vecu en france toutes les elections de1979 a 2004 de maniere engage je peux dire que les electeurs n'avaient pas beaucoup de choix de changements reels.
et,dire que la "gauche a gagne "me fait bien rire.ayant connu des elus et des ministres socialistes je sais tres bien qu'ils ne veulent que satisfaire leur ego.
bref ,la fausse gauche est en tete et le socialisme reel a la queue ,pauvre PC qui s'est laisse mange en reniant ses fondamentaux.
Rédigé par: papadopoulos georges | le 17 mars 2008 à 14h38
@ papadopoulos georges
"Dire que la "gauche a gagné" me fait bien rire". Comme ED l'a bien vu, c'est l'opposition qui a gagné, beaucoup plus que la gauche.
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 14h43
@chatel :
Que ces élections soient un succès mathématique pour la gauche et une défaite mathématique pour la droite, c'est un fait incontestable. Mon propos est simplement de dire que la victoire de la gauche n'est pas si nette que cela, si on la compare aux résultats de la présidentielle dans les villes qui ont basculé et si l'on en juge au fait que beaucoup de villes ont basculé pour peu de voix.
Quoiqu'il en soit, il ne faudrait pas que ces municipales justifient une remise en cause de la politique menée depuis quelques mois.
Sarkozy et son équipe doivent continuer dans la voie engagée, pour la bonne et simple raison qu'ils ont élus pour cela, sur un discours de réforme et de rupture, tant par rapport à la gauche qu'aux années Chirac.
Il ne saurait être question, moins d'un an après, de changer de cap pour mener une politique pour laquelle il n'a pas été élu.
Je n'ai pas voté Sarkozy pour avoir un nouveau Chirac, et je ne suis pas le seul dans ce cas.
Alors j'entends bien les arguments de certains consistant à dire que les Français ont voté pour Sarkozy sans en approuver les principales promesses de campagnes, mais de tels arguments reviennent quand même à prendre les Français pour des imbéciles.
Le service minimum, promis pendant la campagne, est-il impopulaire ? Le paquet fiscal, promis pendant la campagne, est-il impopulaire ? La réforme des régimes spéciaux, promise pendant la campagne, est-elle impopulaire ? Je ne crois pas.
Si impopularité il y a, c'est bien le style Sarkozy qui est en cause, et pas la politique menée.
Rédigé par: johanono | le 17 mars 2008 à 14h46
Et quand j'entends Raffarin déplorer que l'UMP soit trop à droite et appeler à un recentrage de la politique menée, et bien je me dis qu'il faut vraiment craindre une chiraquisation de Sarkozy.
Rédigé par: johanono | le 17 mars 2008 à 14h56
Je ne partage pas tout à fait les idées de Mateo, mais c'est vrai que ce Chatel qui se fait insistant sur ce blog, a quelque chose d'agaçant à ressasser toujours le même genre de propos assez stéréotypés et qui n'évoquent pas grand-chose de précis, par exemple:
'une politique qui heurte nos traditions, et sape les fondements du pacte républicain' (?)
'sous couvert de garantir la pérennité de l’Etat-providence ' (?)
'le modèle social '
'L’efficacité et la justice commandent un changement de politique'
et j'allais oublier 'les réformes libérales'
voilà maintenant qu'il se préoccupe de la survie du Modem, un parti qui n'a que quelques mois, vient d'obtenir plusieurs mairies dont une partie par une alliance avec le PS dès le 1er tour, et est maintenant lorgné par la droite qui a perdu dans l'histoire, ses petits.
Tant qu'il n'est pas tombé dans l'indifférence, ce qui risque d'arriver au FN (mais la comparaison n’est même pas justifiée, le FN aurait-il déjà obtenu une mairie ?), un parti a toujours une existence, il n'est pas tenu pour autant de gagner.
Rédigé par: Annick | le 17 mars 2008 à 15h48
Eric Dupin,
il y a quelque chose de remarquable dans l'étude Ipsos que vous mentionnez: à la question "A l’avenir, souhaitez-vous que Nicolas Sarkozy soit davantage, autant ou moins présent dans la définition et le suivi de la politique gouvernementale qu’il ne l’a été ces derniers mois?", 16% des sondés répondent "davantage", et 37% répondent "autant". L'addition s'élève à 53% : ce chiffre ne vous rappelle rien?
Rédigé par: Michel B. | le 17 mars 2008 à 15h56
Comme toujours excellente analyse. Toutefois, je vous indique que je me suis abstenu car je ne veux pas voter sur les machines à voter en raison de l'impossibilité de système de contrôle sur ces machines. En effet, j'ignore si mon vote sera bien comptabilisé sur le candidat de mon choix. Ces machines étant dépourvues de liste de contrôle le seul moyen d'être sur de spécifier mon mécontentement est l'abstention.
Rédigé par: Gerard | le 17 mars 2008 à 16h18
Les amis la situation est grave et je crois meme désespérée.Les francais viennent de nous montrer encore une fois q'ils sont pret a suivre n'importe qui du moment qu il leur raconte que demain on va raser gratuit.Si un démagogue, peut étre un fuhrer(plus c'est gros plus ça marche) passe par là ils se jetterons dans ses bras qu'il soit de droite de gauche, ou de n'importe ou ça n'a pas d'importance du moment qu il les caressera dans le sens du poil.Nous avons perdu toute fierté nous somme des guignoles.Aprés avoir voté pour pour un"jeanfoutre" nous voilas suivant les joyeux "turlupins "du PS et sa madone de comptoir.Quelle misére
Rédigé par: argonaute | le 17 mars 2008 à 16h48
@ DH : intéressante votre analyse sur l'évolution possible de la présidence Sarkozy...
Par contre, je ne comprends pas qui vous visez avec "votre fourmilière laïcarde"
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que le modèle dont vous parlez : libéral du point de vue économique et sur de nombreux sujets, mais coup de vis sur l'ordre moral, c'est peu ou prou le néoconservatisme (celui qu'on retrouve avec Bush au pouvoir en Amérique)... C'est une tendance forte où l'individu est censé trouver un équilibre entre le cynisme en affaire, et le puritanisme en religion...
Franchement, pour le coup, non, ce n'est pas le modèle que je veux pour la France...
Et, si se chiraquiser pour Nicolas Sarkozy, c'est laisser de côté cette orientation, et ne pas oublier que la France s'est aussi construite lors de la Troisième République, notamment autour de l'école publique, laïque, gratuite et obligatoire, bah, ça ne me dérange pas...
Ca n'empêche pas de faire quelques ajustements ici ou là qui permettent de libéraliser un peu le système français, là où les rentes et les conservatismes de certaines empêchent les individus de progresser...
Un certain nombre de pays en Europe (je pense notamment à l'Allemagne ou aux pays scandinaves) ont prouvé qu'on pouvait trouver un juste équilibre entre réformisme libéral et protection sociale.
Si, se chiraquiser, c'est effectivement ne plus rien faire, bah ce serait une erreur...
Oui, la France a besoin de réformes... Et les sondages traduisent que les Français en sont conscients, mais ils traduisent la peur d'une potion amère destructrice...
Ils ne veulent plus d'un président et d'un gouvernement qui leurs vendent les réformes comme super en quelques mots, sans parler des côtés négatifs...
Bref, il y a des moments un discours à la Churchill "je n'ai rien d'autre à vous promettre que du sang, de la sueur et des larmes" passerait mieux que les discours d'autosatisfaction sur le thème "super ! on fait la rupture !"
Rédigé par: Loïc | le 17 mars 2008 à 17h59
Eric Dupin,
N'est-il pas intellectuellement exitant de penser que si Ségolène avait gagné en 2007, nous aurions paradoxalement assisté à une déferlante bleue aux municipales !
Quels horizons ouverts sur la finalité de la politique !
L’inexorable balancier de l’alternance fait qu’en France le parti au pouvoir, parce que trop nul économiquement depuis 30 ans, perd systématiquement les élections (nous somme encore dans la fiscalité des 30 glorieuses).
C’est l’alternance de la non compétence.
Vrai ou faux ?
Faux ! Mais seulement grâce à une improbable exception que confirme la règle: A la nullité crasse des éléphants qui ont réussi à faire perdre Ségolène. Une Ségolène que même sa royale diction d’ânesse du Poitou et sa béatifiante “bétasserie” n’aurait dû empêcher de gagner.
Ainsi en 2007 le PS a t-il fait l’histoire et restera sans doute le seul exemple d’un parti si nul qu’il a réussi à perdre l’imperdable.
Cette nullité lui a permis d’avoir été, ce Dimanche dans une opposition condamnée à gagner par alternance, quoi qu’elle fasse.
Pour peu qu’on se penche sur le problème la course de dimanche était courue et seuls des “con-vaincus” pouvaient croire à un autre résultat que celui là.
Tout à fait d’accord avec Eric Dupin, les désolantes tiédasseries et les lénifiantes questions des journalistes me prennent la teuté grave !
Les “con-vaincus” qui pensent détenir la vérité et ne la cherchent donc plus depuis longtemps me gavent aussi “velu”. Les “Con-vaincus” (ce qui peut se dire aussi “militants sectaires” -pléonasme-) représentent pourtant le gros bataillon des bloggers politiques, même s‘ils le nient (évidemment), et les discussions de fond honnêtes et sans à priori, sont de véritables exceptions qui confirment la règle !
Mais voilà, depuis la nuit des temps nous, les hommes, parlons d’objectivité, mais au fond de nous mêmes ne cherchons qu’à “croire” !
C’est délicieusement primitif et tellement tragique en même temps!
Encore faut-il en être conscient à chaque seconde, pour pouvoir lutter conte !
Rédigé par: Ozenfant | le 17 mars 2008 à 18h11
@Loïc : bien sûr, le terme de "réforme" ne suffit pas à lui seul à définir une orientation politique. Tout dépend de savoir quel modèle de société on veut. S'il s'agit de réformer dans le sens d'un libéralisme à l'américaine, il est bien évident qu'une telle orientation ne sera pas approuvée par une majorité de Français.
Mais trouvez-vous vraiment que la politique menée par Sarkozy puisse être qualifiée de libérale ? Trouvez-vous vraiment qu'il a été élu sur un projet libéral ? Il me semble au contraire qu'il a été élu sur le thème du volontarisme politique, qui lui a permis de séduire une partie de l'électorat populaire, et que jusqu'à présent, il est resté fidèle à ce credo. D'ailleurs, il est critiqué par les plus libéraux de la majorité, qui trouvent qu'il ne va pas assez loin.
Rédigé par: johanono | le 17 mars 2008 à 20h19
@ johanono
La réforme des régimes spéciaux n’est sans doute pas impopulaire, le service minimum non plus, je vous l'accorde. S’agissant du paquet fiscal, c’est plus discutable. Beaucoup de français semblent en effet avoir compris que cette mesure est injuste, inefficace et irresponsable (compte tenu du niveau de la dette). Quant aux franchises médicales et à la réduction du périmètre de l’Etat, ils y sont opposés car ils voient bien, contrairement à Annick, en quoi ces mesures méprisent le principe d’égalité et les valeurs de solidarité qui fondent notre société.
@ Annick
Il ne me semble pas utile de préciser dans chacun de mes commentaires pour quelles raisons les projets de réforme de NS sapent les fondements du pacte républicain ni en quoi ils sont d’inspiration libérale. Je ne voudrais pas lasser, en effet, ceux que j’ai la chance de ne pas « agacer ». Au demeurant, pour qui n’est pas totalement fâché avec l’abstraction, ce sont là des choses aisément compréhensibles.
Désolé de vous « agacer », Annick, parce que je ne partage vos préjugés libéraux. Encore une fois, je constate qu’il est des façons bien peu libérales d’être libéral. Manifestement, contrairement au credo libéral, l’esprit de tolérance et le libéralisme économique ne font pas toujours bon ménage. Pour ma part, je partage rarement les analyses de Matéo, johanono et Flamant rose mais j’ai plaisir à les lire : leur point de vue m’intéresse, m’instruit même parfois ; aucun d’eux ne m’a jamais « agacé ». Oserais-je vous conseiller de faire comme moi ?
Rédigé par: chatel | le 17 mars 2008 à 20h46
@Loïc,
Je ne suis pas sûr que l'Allemagne puisse constituer l'exemple d'un équilibre trouvé entre réformisme libéral et protections sociales! Les pays Scandinaves, oui; mais l'Allemagne...
Un fait significatif est le succès remporté récemment là-bas par l'exposition des dessins de Zille, un graphiste qui dépeignait la misère des Kinderstrasse de Berlin (au XIXème je crois); il revient à l'actualité...
A Londres on se détartre maintenant les dents au tournevis; en France pour l'instant on se contente de réapprendre à baisser les vitres des portières de voiture à l'aide d'une manivelle, sur les Logan.
Personnellement je redécouvre les romans de Dostoïevski, qui acquièrent un nouvel intérêt je trouve, ces derniers temps.
Mais bon, j'ai peut-être l'humeur un peu sombre en ce moment.
Pour ce qui est de la "fourmilière laïcarde", c'est la France entière quasiment. C'est pour cela que le néo-conservatisme n'était pas possible dans notre pays. Ce qui le cimente est le pacte républicain, comme dit chatel. Mais qui dit "pacte" dit exclusion d'un tiers...
On peut se demander pendant combien de temps cela va tenir; les assauts contre les institutions, de la part du modèle économique en cours, sont tels qu'ils vont jusqu'à disloquer des Etats-Nations entiers, comme la Belgique, où une partie est pressée de se débarasser de l'autre, plus pauvre.
Rédigé par: D.H. | le 17 mars 2008 à 20h53
Ah ! En fait, oui, c'est une question que je me pose : dans les cinq dernières années (et principalement sous le gouvernement Schröder), j'ai l'impression que l'Allemagne a fait de grandes réformes, qui ont été acceptées avec courage par le peuple (même si les dents commencent à grincer si j'en crois les échos de grève dure)
Mais, je me demande quelles orientations avaient ces réformes ? Libérales ou pas ? Au pays où est né la Sécurité Sociale... Mais où aussi la notion de salaire minimum est toute relative...
Je sais qu'il y a déjà eu un recul de l'âge de la retraite...
Ensuite niveau université et recherche, je crois que leur système s'avère plutôt performant...
Bref, on ne connaît pas bien les autres pays, c'est dommage, ça laisse la place à tous les fantasmes, comme ceux de Sarkozy l'Américain : il se sent sans doute américain vis à vis de la perception qu'on a en France des Etats-Unis, mais connait-t-il vraiment les Etats-Unis ? Il parle moyennement anglais...
Oui, j'ai eu l'occasion de lire "L'idiot" de Dostoïevski, et effectivement ce sont des romans très typiques de l'âme russe, où le comique côtoie toujours le tragique de très près...
Oui, le modèle du libéralisme sauvage, ou tout se juge à l'aune des profits à courts termes, détruit beaucoup de liens...
Je ne pense pas que la vocation de notre laïcité soit d'exclure, mais il est vrai que cela peut demander des explications de texte, et une vraie éducation civique, vis à vis des populations récemment arrivées....
L'idée de service civil obligatoire avait été évoquée dans la campagne, et oubliée en route...
Rédigé par: Loïc | le 17 mars 2008 à 21h45
Sinon, concernant le MODEM et le centre, je crois que dire que les français aiment se référer au clivage gauche-droite, c'est nier le fait qu'il existe une bonne partie de français qui ne se sentent pas forcément de gauche ni de droite, et qui se moquent de ce clivage....comme moi d'une certaine manière...Mais, c'est peut-être vrai que cela ne représente pas la majorité...
Et que finalement dans le centre au sens large, on trouvera un certain nombre de personnes, qui se diront de centre droit et d'autres de centre gauche...
Il n'en reste pas moins que le débat en blocs majorité-opposition me semble assez stérile...
Et, que les idées d'ajustement de la politique gouvernementale en cours de législature, ne devraient pas être dictées par les municipales, mais avant tout par l'Assemblée NAtionale...
Malheureusement, on a un parlement de godillots...
Rédigé par: Loïc | le 17 mars 2008 à 21h50
@chatel :
Qu'une majorité de Français refusent le modèle libéral américain avec ses apparents succès économiques mais aussi sa violence et son cortège d'inégalités, c'est un fait. Que le terme "réforme" ne veuille rien dire en soi, tout dépendant de l'orientation de ces réformes, nous sommes d'accord aussi.
Mais pouvez-vous me dire en quoi la politique menée par Sarkozy depuis son élection est vraiment libérale ? Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur cette politique libérale d'inspiration américaine qui serait menée depuis neuf mois et que les Français rejetteraient tant ?
Le libéralisme, c'est la tendance de l'Etat à ne plus intervenir dans les rapports économiques et sociaux, et donc à laisser libre cours aux initiatives privées. Un marché du travail plus flexible peut-être qualifié de politique libérale. La privatisation des services publics peut être qualifiée de politique libérale. Un recul des systèmes de protection sociale publics au profit des organismes privés peut être qualifié de politique libérale. Ou voyez-vous tout cela avec Sarkozy ?
La réforme des régimes spéciaux n'a rien de libéral, elle est motivée par un souci d'égalité et de justice.
Le service minimum n'a selon moi rien de libéral non plus. Il est simplement motivé par un souci d'assurer la liberté d'aller et venir à de nombreux Français qui utilisent les transports en commun pour aller travailler.
La réforme des universités, si elle semble (très)légèrement ouvrir la porte à des intervenants libéraux, ne semble pas non plus remettre en cause les politiques publiques menées jusque là.
Sur la réforme du marché du travail, beaucoup de choses ont été dites, et pour l'instant, seul un accord a minima entre les partenaires sociaux est intervenu, qui ne me semble pas remettre en cause les données actuelles.
Restent éventuellement les franchises médicales, que l'on peut qualifier d'inspiration libérale, mais qui étaient sans doute nécessaires pour dégager les marges de manoeuvres financières nécessaires au financement d'autres besoins tels que la prise en charge des personnes âgées et des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
Le paquet fiscal ? On peut être pour ou contre. Moi-même, je fais partie de ceux qui doutent de son efficacité économique et considèrent qu'il aurait été préférable de réduire d'abord les déficits. Mais enfin, de là à dire qu'il avantage les riches, il ne faut pas exagérer. La défiscalisation des heures sups profitent certes à ceux qui ont déjà un travail, mais cela n'en fait pas des riches pour autant. L'allègement des droits de succession profitera à des successions de 200000 € ou 300000 € avec deux enfants : compte tenu des prix actuels de l'immobilier, croyez vous que l'on est riche, aujourd'hui, après une vie de travail, avec un patrimoine de 200000 € ou 300000 € ?
L'impatience sur le pouvoir d'achat ? Sans doute est-elle réelle, et également en bonne partie alimentée par le tapage médiatique à ce sujet. Mais ce n'est pas être libéral que de dire que le pouvoir d'achat ne se décrète pas, mais résulte du dynamisme de l'économie.
Alors, qu'y a-t-il de libéral dans la politique de Sarkozy et que les Français rejetteraient tant ?
A supposer que la politique menée soit en cause dans l'impopularité de Sarkozy et le résultat des municipales, il s'agit au plus d'un désenchantement, le volontarisme affiché pendant la campagne tardant à produire des effets concrets sur la vie quotidienne des gens. Mais sans doute pas de désaccord de fond.
Rédigé par: johanono | le 17 mars 2008 à 22h57
Les leçons d'un vote sont moins ses causes que ses conséquences.
Savoir si les électeurs ont voté national ou local, pourquoi on a voté ceci ou cela importe peu. ce qui compte c'est la façon dont les leaders politiques vont intégrer ce scrutin dans leurs discours et leurs stratégies.
Rédigé par: tefy | le 18 mars 2008 à 05h31
"Oui, le modèle du libéralisme sauvage, ou tout se juge à l'aune des profits à courts termes, détruit beaucoup de liens..."
Pardonnez-moi, Loic, mais à part le fait que vous reprenniez quelques poncifs ("libéralisme sauvage", bientôt "hyper-libéralisme"), vous confondez libéralisme et capitalisme.
A vous ainsi et à Johanono qui "parle en mal" du libéralisme américain, je ferai remarquer que c'est aux USA que se sont mises en place à l' origine les lois anti-trusts et celles relatives à la protection du consommateur. Vous appelez ça "sauvage" ?
Rédigé par: Erick | le 18 mars 2008 à 08h15
@ johanono
Le jugement des français est fondé sur les réformes réalisées et sur celles qui sont annoncées. Les franchises médicales constituent une réforme libérale, comme vous le reconnaissez vous-même, de même que le paquet fiscal dont certaines mesures profitent exclusivement aux plus riches (suppression de fait de l’ISF, atténuation de la progressivité de l’IR). Les réformes annoncées (flexibilisation accrue du marché du travail, réduction du nombre des fonctionnaires, allongement de la durée de cotisation…) vont dans le même sens. Et que dire des propositions du rapport Attali dont NS avait dit qu’il les retiendrait toutes, avant de se raviser ?
Précédemment, vous vous étiez déjà demandé si le projet de NS pouvait être qualifié de libéral. « Il me semble au contraire, ajoutiez-vous, qu'il a été élu sur le thème du volontarisme politique, qui lui a permis de séduire une partie de l'électorat populaire ». Je comprends tout à fait vos doutes mais mon sentiment serait plutôt que NS a été élu sur ces deux thèmes (la réforme libérale et le volontarisme politique) et que ce malentendu originel, auquel HG n’est pas étranger, explique une bonne part de ses difficultés actuelles. De fait, plus grand monde ne se reconnaît aujourd’hui en lui : ni les libéraux qui manifestent en effet de la déception ou de l’impatience, ni l’électorat populaire qui commence à comprendre qu’il a été abusé par le discours de campagne du candidat élu. C’est le risque lorsque, comme les socialistes au demeurant, on se fixe comme objectif plus ou moins avoué de « tenir ensemble les deux bouts de la chaîne ». Je ne nie évidemment pas qu’il y ait plus libéral que lui, mais NS veut incarner la rupture (libérale) et réconcilier les français avec la mondialisation (libérale). Il ne cesse de le répéter : son intention est d’accomplir les réformes (libérales) qui ont été mises en œuvre dans d’autres pays européens, aux traditions, n’en déplaise à Annick, fort différentes des nôtres.
Rédigé par: chatel | le 18 mars 2008 à 09h09
Ok, peut-être qu'effectivement quand le premier but des entreprises, c'est d'accroître les profits des actionnaires à court terme, c'est ce qu'on appelle du capitalisme sauvage, et non pas du libéralisme sauvage...
Je pense que quoi qu'il en soit quand on adjoint les adjectifs "hyper-" et "sauvage" à libéralisme ou capitalisme, c'est quand on juge qu'il n 'a pas assez d'entraves, de garde-fous et de vue à long terme...
En économie, je contraire de libéralisme étant sans doute "planification" à mon sens (avec l'exemple des plans industriels à cinq ans en URSS) Corrigez moi si je me trompe...
En tout cas, la planification ne semble plus être une option politique, et la question est maintenant de savoir quel équilibre trouver entre contrôle politique et libéralisme...
Et, je sais aussi qu'il y a un contresens à vouloir croire que libéralisme veut toujours dire mesure en faveur des riches...
Ca ne veut pas d'ailleurs toujours dire "réduction d'impôts à mon sens"
Par exemple, la réduction des droits de succession et des impôts sur le patrimoine, comme l'ISF, à mon sens, c'est plus une mesure conservatrice qu'une mesure libérale... alors que les réductions d'impôt sur le revenu ou des impôts sur les sociétés sont effectivement des mesures libérales...
Après, c'est toujours la question de savoir comment on s'est constitué son patrimoine : par son propre travail, ou par le travail de ses aïeux, et ensuite héritage...
De même, suivre les recommandations de Jacques Attali en ce qui concerne la réglementation de professions comme les notaires, c'est une mesure libérale, mais pas forcément en faveur des riches (notaires)
Bref, mon avis sur la question, c'est qu'il faut faire quelques réformes structurelles de notre vieil Etat-Providence, mais garder à l'esprit que le politique doit garder le contrôle d'éléments aussi essentiels que la santé, l'éducation, et en partie dans les transports et le logement...
Rédigé par: Loïc | le 18 mars 2008 à 11h23
@Chatel, vous avez écrit: "je ne partage vos préjugés libéraux", je ne sais pas où vous avez trouvé mes préjugés libéraux, mais qu'importe.
et "aucun d’eux ne m’a jamais « agacé ». Oserais-je vous conseiller de faire comme moi ?"
Que vous trouviez de l'intérêt à lire le point de vue de tel ou tel, cela ne regarde que vous. Vous ne pouvez pas me demander d'en faire autant. Et si ce que vous écrivez m'agace, je n'y peux rien, ce qui est abstrait et les querelles d'idées, m'accrochent assez peu. Mes opinions sont en général le fruit d’expériences très concrètes, parfois d’une confrontation à une réalité que je n’ai pas toujours trouvée facile, c’est pourquoi les préjugés et leur rigidité, au contraire de ce que vous dites ne font pas mes pensées, loin de là.
Comme je n'ai pas envie non plus de m'accrocher avec un internaute, que je considère que les uns ou les autres tout comme moi, sont libres de s'exprimer sur un blog ou un forum (sauf censure que je n'ai pas constatée ici), sachez que je dispose moi aussi de ma liberté de vous zapper.
Rédigé par: Annick | le 19 mars 2008 à 11h48
@ Annick
« Vous ne pouvez pas me demander d'en faire autant ». Bien sûr, mais je me suis seulement permis de vous le suggérer. Conseiller n’est pas exiger.
« Ce qui est abstrait et les querelles d'idées, m'accrochent assez peu ». Merci de le reconnaître mais je m’en étais aperçu.
« Sachez que je dispose moi aussi de ma liberté de vous zapper ». Nul ne vous la conteste mais que n’en faites-vous usage puisque ce que j’écris vous « agace » et que, de votre propre aveu, vous n’y pouvez rien ?
Rédigé par: chatel | le 19 mars 2008 à 15h07
@Chatel, je ne peux en faire usage qu'à partir de maintenant, il fallait d'abord que je vous lise pour constater que (j'allais écrire 'vous m'agaciez', mais il faut être précis, puisque je ne vous connais pas) ce que vous écriviez m'agaçait.
Ainsi la cohabitation sur ce blog sera très supportable.
Rédigé par: Annick | le 19 mars 2008 à 18h27