Face à McCain
Le plus dur est loin d'être fait pour Barack Obama. Sauf improbable renversement de tendance, le leader métis est sur le point de décrocher l'investiture démocrate à l'élection présidentielle (oui, je m'avance !). La campagne de la peur tentée désespérément par Hillary Clinton sent l'échec. Mais, pour Obama, le chemin est long et semé d'embûches d'ici le 4 novembre. Si les sondages lui donnent aujourd'hui souvent une légère avance sur John McCain, qui portera les couleurs républicaines dans la bataille, l'issue finale demeure ouverte.
McCain est un animal politique particulièrement coriace. En 2000, il avait déjà fourni la preuve de ses talents politiques en menant une brillante campagne pour l'investiture républicaine, même s'il avait finalement dû s'incliner face à George Bush. Vétéran de la guerre du Vietnam, sénateur depuis plus de vingt ans, il pourra faire valoir l'argument d'expérience déjà utilisé par Clinton contre Obama. Un ancien conseiller de Jimmy Carter suggère à ce dernier quelques idées pour contrer ce genre d'attaques.
Des analystes de sensibilités diverses considèrent d'ailleurs que plusieurs avantages qui expliquent le succès d'Obama face à sa rivale démocrate disparaîtront dans le combat décisif contre le candidat républicain. Le conservateur Kevin A. Hassett estime qu'il ne pourra plus se présenter comme un candidat du futur face au passé incarné par Clinton, et que ses indéniables talents réthoriques ne pourront dissimuler une orientation trop à gauche pour l'électorat.
En fait, la grande question est de savoir si Obama saura densifier son message politique pour résister à l'accusation de "vacuité" que donne parfois ses chatoyants discours. Le double écueil à éviter est de rester dans un flou inquiétant ou bien de clarifier ses positions dans un sens trop progressiste par rapport à l'état de la société américaine.
Parions tout de même qu'Obama n'est pas si mal parti que cela. D'abord parce que le camp démocrate pourrait paradoxalement plus facilement se retrouver derrière lui que les républicains derrière McCain. Le parti de l'âne sort surtout d'un affrontement de personnes et d'images. Le parti de l'éléphant, lui, a étalé au grand jour des désaccords idéologiques profonds. L'atypique McCain est détesté par beaucoup de conservateurs (qui ne lui pardonnent pas certaines de ses positions). Obama est a priori mieux placé pour convaincre la fraction stratégique des électeurs "indépendants" tout en conservant le soutien de la base démocrate.
Obama est encore avantagé par l'agenda politique actuel. Les deux questions qui semblent aujourd'hui prioritaires aux yeux des Américains sont l'état inquiétant de l'économie et la guerre en Irak. Au moins sur ce dernier point, le candidat démocrate est plus en phase avec l'opinion que son adversaire. Demeure une seule certitude: la bataille sera très rude, avec sans doute pas mal de coups en-dessous de la ceinture.
AJOUT LE 5 MARS:
J'aurais été plus prudent d'attendre, comme je l'avais initialement prévu, le résultat des votes du 4 mars pour publier cette note... Mais j'ai parfois l'esprit joueur ! Une chose est certaine: contrairement à ce que je pensais, la campagne de la peur choisie dans la dernière phase par Hillary Clinton (le scandaleux clip du réveil à 3H) semble avoir été efficace. Barack Obama a également souffert des polémiques autour de son attitude ambigüe à l'égard de l'ALENA et de la remontée à la surface d'anciennes relations d'affaires douteuses. Notons que les sondages, qui ont fourni de bonnes appréciations sur les scrutins de cette nuit, avaient relevé le retournement de tendance au Texas des derniers jours.
Reste que les victoires de Clinton dans l'Ohio et le Texas ne lui permettent pas vraiment d'espérer conquérir démocratiquement l'investiture de son parti. Tous les spécialistes notent qu'il lui est mathématiquement presque impossible de rattraper son retard en délégués élus sur Obama. Sa seule chance serait d'atteindre suffisamment gravement l'image de son adversaire pour convaincre l'establishment démocrate (et les fameux "superdélégués") de lui accorder l'investiture contre le vote populaire. Après une telle bataille, ses chances de battre McCain seraient cependant très amoindries.
La ténacité d'Hillary place ainsi le parti démocrate dans une situation fort délicate. Obama garde les meilleures chances de devenir son candidat. Mais la résistance de sa concurrente l'affaiblira inévitablement dans son combat final contre le champion républicain. La première phrase de mon billet tient parfaitement la route: "Le plus dur est loin d'être fait pour Obama" ;-)
McCain...
l me semble que la femme de John Kerry, candidate démocrate en 2004 était l'héritère des ketchups Heinz...
C'est un détail...
Rédigé par: Tefy | 03 mars 2008 at 18h33
Pour un détail, c' est vraiment un détail !
Les ravitailleurs de l' USAF. Le premier contrat avait été accordé à Boeing en 2005 sans appel d' offre. Ce dernier a été annulé pour défaut de mise en concurrence. Puis on s' est aperçu d' une concussion frauduleuse entre Boeing et la responsable des achats. Résultat : prison pour 2 cadres de Boeing et pour la responsable en question et démission du patron de Boeing.
La personne qui a été trés "moteur" dans tout cela fut le sénateur McCain. On peut dire que d' une certaine façon, Airbus a décroché le deal grâce à lui. Va-t-il ou non le payer lors des élections ?
Rédigé par: Erick | 03 mars 2008 at 19h02
leur faux débat Démocrates/Républicains, qui en grs sont d'accord sur 99% des choix politiques, ressemblent un peu à notre on-choix PS UMP Modem non ?
Rédigé par: Alex | 03 mars 2008 at 23h33
Je suis de près ces élections sur les chaîne US. et moi, je me garderais bien de jouer au supporter de foot.
La seule chose dont on peut être à peu près sur, c'est que si le Texas et/ou l'Ohio échappent à Hillary... le feuilleton s'arrête là.
"Le projet d’Obama, s’il est mené à terme, va paradoxalement marquer sa présidence plus à gauche bien qu’il fasse appel à la droite (parti républicain) en l’occurrence. Les noms républicains qui sont avancés, surtout celui de Hagel, sont ceux de deux “modérés” qui ont largement pris leurs distances d’avec l’administration GW Bush et de la clique qui la soutient (néo-conservateurs et le reste)." :
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4952
@Erick,
Nous avons traité du sujet du ravitailleur en vol : http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/03/le-choix-absolu.html#comments
et il faut lire les super documentés "DEDEFENSA.org" sur le même sujet,
Répliques et bilan provisoire du “tremblement de terre” http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4955:
Rédigé par: Ozenfant | 04 mars 2008 at 16h32
Contrairement à la France et à l'Europe en général les Etats Unis ont toujours été et restent encore un pays conservateur. Par définition l'expression de "conservateur" signifie que l'on veut bien un peu de changement, mais pas trop. C'est la raison pour laquelle vu de chez nous il est difficile de se prononcer.
Si j'en juge par ce que nous apprend l'histoire de ces 2 partis, le parti républicain a été depuis sa création en 1854 jusqu'au quart du 20 éme siècle opposé à tout intervention de l'état pour la partie économique. Il semblerait que ce soit le président Franklin Roosevelt qui à la suite du fameux krach de 1929 et le succès du new deal qui s'ensuivit ait décidé d'avoir une politique interventionniste. Puis Eisenhower et Nixon firent une politique dite de droite.
Pour ce qui est des démocrates, leurs valeur dites "de gauche" ont traversées l'Atlantique sous l'influence des gauches européennes. C'est la politique de Kennedy, au demeurant très juste puisqu'elle visait à rétablir la communauté noire dans ses droits, qui fit que les conservateurs rejoignirent le camp républicain.
Pour nous français on peut traduire que les républicains sont de droite et les démocrates de gauche. Je pense que dans la réalité aux Etats Unis il n'y a personne de gauche. Les démocrates étant en fait des centristes.
Pour les élections US qui se profilent il me semble donc qu'il y a un John Mc cain qui est un républicain de droite, Hillary Clinton démocrate du centre droit et Obama démocrate centre gauche. Mais il y en a aucun des 3 qui soit de gauche comme on l'entend chez nous.
Dans son livre "la varie guerre" Richard Nixon écrit ceci : La solution ne peut être de remplacer une classe dirigeante par une autre. Cela n'arrivera pas. Les individus peuvent changer, un parti politique céder du terrain à un autre, diverses factions peuvent apparaître ou disparaître en vertu de modes intellectuelles; Mais au fond ,ces groupes vers lesquels la nation se tourne pour être dirigée resteront à peu prés les mêmes durant ces 2 prochaines décennies critiques. Ce qu'il faut faire, c'est éveiller ceux qui exercent le leaderchip aux responsabilités du leaderchip.
Rédigé par: flamant rose | 04 mars 2008 at 18h00
Gilbert,
Bien qu' on ne parle dans tous les médias en France des élections US qu' à propos de la sélection démocrate, je voulais simplement soulever la question de l' impact sur son élection (ou non) de l' action de McCain lors de l' annulation du premier contrat Boeing. Pour le reste, il se trouve que je suis à peu prés bien placé pour le connaître.
Rédigé par: Erick | 04 mars 2008 at 19h16
@Flamant Rose : votre propos laisse à penser que Roosevelt était républicain. En êtes vous sûr ?
Rédigé par: johanono | 04 mars 2008 at 23h58
Je me suis probablement mal fait comprendre par manque de clarté dans mes propos.
L'Amérique a été républicaine depuis Lincoln jusqu'au tout début du 20 éme siècle soit pendant plus de 40 ans.
Suite au krach boursier l'état a voulu intervenir mais c'est surtout le succès du new deal mené par le démocrate Roosevelt qui a convaincu du bien fondé d'une politique interventionniste. Les Etats Unis ont à nouveau effectué un virage à droite avec l'arrivée de Eisenhower en 1952
Rédigé par: flamant rose | 05 mars 2008 at 08h33
selon un sondage Obama ne l'emporterait-il pas face à Mc Cain?? alors qu'Hillary serait battue?...
Rédigé par: king selewa | 05 mars 2008 at 10h25
Je suis encore plus prudent que vous Eric Dupin car si le nombre de délégués est serré même en faveur de Obama rien ne sera joué. En effet il me semble que seuls les super délégués sont obligés de voter pour le candidat qu'ils ont choisi au cours de la campagne. Ceux qui ne sont pas super délégués peuvent retourner leur vote.
Rédigé par: flamant rose | 05 mars 2008 at 11h19
Je crois que c'est l'inverse, flamant rose : les super délégués restent seuls libres de leurs votes.
Rédigé par: Trésor de bienfaits | 05 mars 2008 at 11h26
Vous avez peut être raison, TDB : j'ai lu ça il y a quelques semaines et il se peut que je sois dans l'erreur. Merci d'avoir rectifié.
Rédigé par: flamant rose | 05 mars 2008 at 13h21
@TDB,
Vous n'avez pas peut être raison, vous avez réellement raison. J'ai cherché et voici ce que j'ai trouvé sur internet
Les démocrates quant à eux possèdent un troisième type de délégués, communément appelés « super délégués ». Ces derniers ont la particularité de ne pas être élus par les électeurs du parti et de ne pas être officiellement engagés en faveur d’un candidat particulier. S’ils appuient au départ la candidature de l’un ou l’autre des postulants à la nomination – des listes de soutien sont en effet établies – ils peuvent à tout moment changer de position et se rallier dans le camp adverse. Parmi les super délégués figurent des membres de la Chambre des Représentants et du Sénat, des gouverneurs d’Etat, d’anciens présidents et vice-présidents des Etats-Unis, des membres du Democratic National Committee ainsi que des leaders éminents du parti démocrate au niveau des Etats. Bill Clinton, mais également Jimmy Carter et Al Gore figurent sur la liste des 796 super délégués – soit 20% du total des délégués - que devront se partager les deux candidats en lice pour la nomination démocrate.
Rédigé par: flamant rose | 05 mars 2008 at 14h21
Eric Dupin,
Hi! Hi!
Hier je vous avait prévenu: à vouloir pronostiquer, on ne risque évidemment que le ridicule et (heureusement) depuis l'élection de Speedy-zizi Gonzales à la tête de l'état... le ridicule ne tue plus, il est même devenu un "must".
Obama: Il a ri jaune à l’annonce de la victoire de la sénatrice Clinton dans trois état sur quatre.
http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/03/obama-il-a-ri-j.html
Rédigé par: Ozenfant | 05 mars 2008 at 16h17
Les Républicains ont hier remporté une première victoire : voici les Démocrates contraints de continuer à brûler de l'énergie dans leur lutte interne sans merci, autant de carburant qui ne sera plus là pour la "finale".
J'ai une interrogation sur l'évolution de l'électorat américain. Je lis ici ou là qu'Obama aurait une capacité de mobilisation réveillant assez largement une partie de la jeunesse US traditionnellement abstentionniste. Quelqu'un peut-il confirmer ? A-t-on une évaluation de ce potentiel supplémentaire ?
Rédigé par: Michel B. | 05 mars 2008 at 17h12
Les Républicains ont hier remporté une première victoire : voici les Démocrates contraints de continuer à brûler de l'énergie dans leur lutte interne sans merci, autant de carburant qui ne sera plus là pour la "finale".
J'ai une interrogation sur l'évolution de l'électorat américain. Je lis ici ou là qu'Obama aurait une capacité de mobilisation réveillant assez largement une partie de la jeunesse US traditionnellement abstentionniste. Quelqu'un peut-il confirmer ? A-t-on une évaluation de ce potentiel supplémentaire ?
Rédigé par: Michel B. | 05 mars 2008 at 17h22
@Michel B,
Allez voir ce lien, puis a son accueil :
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4952
Rédigé par: Ozenfant | 05 mars 2008 at 18h17
"Hillary Clinton fait le jeu de John McCain" :
http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/03/05/01017-20080305ARTWWW00548-hillary-clinton-fait-le-jeu-de-john-mccain.php
Rédigé par: Erick | 05 mars 2008 at 18h27
La désignation par un parti de son candidat n'est-elle finalement pas plus efficace qu'une primaire? Dans le cas des démocrates, celle-ci ne risque-t-elle pas de diviser durablement les classiques et les modernes du parti, en cas de défaite comme en cas de victoire? Ce n'est pas très démocratique, certes, mais n'y-a-t-il pas plus de cohérence à nommer un candidat en phase avec les orientations de son parti, ou l'inverse?
Rédigé par: Karl Marx | 05 mars 2008 at 21h19
Karl,
En posant votre question, je suppose que vous n' avez absolument pas en tête l' élection de S. Royal à la candidature pour les présidentielles.
Cela étant, chacun ses traditions et je ne vois pas comment la désignation par le parti serait acceptée aux USA.
Je ne suis pas expert en politique intérieure américaine mais je n' ai pas l' impression que les clivages intra-parti qui ont pu apparaître de tous temps lors des pré-campagnes soient ni trés profonds ni trés durables.
Rédigé par: Erick | 06 mars 2008 at 07h53
Barack Obama serait-il le mieux placé pour faire face à la crise économique endémique et demander des sacrifices aux classes laborieuses ? http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/03/barack-obama-se.html#comments
Rédigé par: Ozenfant | 06 mars 2008 at 10h20
@Eric,
Oui, cette histoire du contrat Boeing risque de retomber sur la tête de McCain.
Certains impliquent en effet la récente commande à Northrop/EADS au contre-effet de ce contrat où Boeing a été le seul consulté.
A suivre !
Rédigé par: Ozenfant | 06 mars 2008 at 17h24
Sans aucun rapport, une info passée inaperçue mais intéressante :
http://www.bcarayon-ie.com/blog/index.php?2008/02/29/94-lionel-stoleru-nomme-chef-de-projet-pour-un-small-business-act-europeen#co
Rédigé par: Erick | 06 mars 2008 at 18h31
@Erick,
En effet, je ne pensais pas vraiment au PS. il me semble même que les primaires du PS (une 1ère dans notre pays)n'aient pas forcément été la cause des divisions, mais plutôt une des conséquences, non? Mais il n'y a pas, je ne pense pas en tous cas, deux camps au PS et un clivage clair entre classiques et modernes, mais plutôt une multitude de divisions pas vraiment fondées sur des positions idéologiques claires.
En outre, détrompez-vous, aux USA, justement, les démocrates ont parfois perdu les élections notamment à cause de leurs divisions aux primaires. C'est aussi aux USA qu'il existe ce système des super délégués , libres de leur vote, qui peuvent - et l'ont parfois fait- aller à l'encontre du vote des sympathisants démocrates et parfois indépendants.
Vous êtes trop franco-français, je pense.
Ce n'est pas grave, ça se soigne, vous savez. Amitiés.
Rédigé par: Karl Marx | 06 mars 2008 at 20h18
Sur les dangereuses primaires démocrates, un article du Monde:http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/03/06/les-democrates-s-inquietent-de-l-aprete-du-duel-obama-clinton-qui-peut-profiter-aux-republicains_1019310_829254.html#ens_id=904503
Rédigé par: Karl Marx | 07 mars 2008 at 07h57
Les primaires du PS : un révélateur des divisions plutôt u' une cause ou une conséquence.
Vous évoquiez l' éventuelle désignation du candidat démocrate par le parti qui éviterait des divisions durables. Si la durée dont vous parlez est l' espace de temps entre la campagne et l' élection, je veux bien vous suivre mais avouez qu' il s' agit là d' un terme bien court. Quant aux élections parfois perdues pour cause de divisions, le "parfois" est plutôt l' exception que la régle.
Quant aux super-délégués, bien malin qui peut dire sur qui, dans leur ensemble, se portent leurs suffrages : la liberté de choix prime et les consignes de vote de parti comme chez nous n' ont pas cours.
Tout celà pour re-conclure sur ce que je disais pour répondre de mon point de vue à votre question :
"...chacun ses traditions et je ne vois pas comment la désignation par le parti serait acceptée aux USA."
Maintenant, si ce commentaire vous paraît par trop hexagonal ...
Rédigé par: Erick | 07 mars 2008 at 08h27
http://www.authueil.org/?2008/03/07/755-democrate-forcement-democrate&cos=1
Rédigé par: Erick | 07 mars 2008 at 08h54
Beaucoup de certitudes exprimées dans les commentaires... Je réside aux États-Unis depuis 19 ans, et je connais sans doute davantage la politique intérieure et extérieure américaine que 90% des Américains, mais cette élection est très difficile à prévoir, les trois candidats présentant tous les trois des "negatives" lourds. Quelques observations:
Les victoires récentes de Clinton en Ohio et au Texas sont très vraisemblablement en partie le résultat d'un vote stratégique de l'électorat républicain ravi de pouvoir contribuer à prolonger le jeu de massacre entre Obama et Clinton. Voir les sites Politico ou RealClearPolitics à ce sujet.
La dernière médiatisation des propos très incendiaires post-11 septembre 2001 du pasteur/révérend de Barack Obama sera exploitée à mort si ce dernier devient candidat. Je continue de penser qu'à la marge, Clinton aurait plus de chances face à McCain qu'Obama, mais c'est pure supputation, personne n'en sait vraiment rien, les Clinton traînant un lourd bagage de corruption aisément exploitable par le nouvel ami de McCain, Karl Rove (on vit une époque formidable...)
J'ai aussi des doutes sur la tant mentionnée mobilisation des jeunes (étudiants en particulier) en faveur d'Obama, car la capacité de concentration des étudiants américains est loin d'être prouvée. En termes de marketing, on dirait qu'il y a un décalage bien connu entre promesse de vote et vote effectif, surtout en présence d'un candidat africain-américain. C'est sans doute très laid, mais c'est comme ça, cela a été vérifié tant de fois dans le passé. Certains se sont entichés de Obama parce que cela les fait se sentir mieux psychologiquement, mais cela résisterait-il face à l'intense blietzkrieg médiatique qui culminera en octobre (amalgame Jim Wright/Obama, etc., questions plus ou moins subliminales sur les antécédents religieux du candidat, etc.)? On peut en douter.
Et surtout, qui sait ce qui va se passer sur le plan international et énonomique/financier jusqu'en novembre?
Qui peut assurer que l'intervention sur l'Iran n'aura pas lieu? Ça serait peut-être autant de moins à faire pour McCain sur la liste de son programme... Le chef du CENTCOM, estimé être assez prudent sur ce chapitre, vient de se faire lourder, pure coïncidence? Certains diront que ce serait une fuite en avant inimaginable en ce moment. Peut-on en être bien sûr au vu des dernières huit années? Pas moi en tout cas.
Rédigé par: Gilles Simon-Georges | 18 mars 2008 at 14h27