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15 février 2008

Maires à l'épreuve

    Le pesant contexte national n'empêchera pas les facteurs locaux d'influer sur le résultat des élections municipales. Même dans les communes urbaines où le scrutin est politisé, l'électeur sanctionne la performance de son maire. Si la gauche a toutes les chances d'agrandir son territoire communal en mars, les basculements de villes ne seront pas à sens unique. L'équation locale produit toujours des mouvements à contre-courant de la tendance nationale.

    La théorie des « cycles municipaux », formulée par Pierre Martin, explique ces spécificités locales (1). Etudes statistiques serrées à l'appui, le politologue démontre tout d'abord que l'impact personnel du maire sortant est maximal à l'issue de son premier mandat. Ce facteur est, en règle générale, positif. L'auteur évoque même un « état de grâce » qui durerait tout au long de cette première phase d'exercice du pouvoir. Le maire nouvellement élu acquiert automatiquement une forte notoriété qui l'avantage ensuite sur ses concurrents. Un atout plus présent dans les grandes cités, où rares sont les personnages connus de l'électeur moyen, contrairement à ce qui se passe dans les communes rurales.

    Selon ce schéma, la réélection probable des socialistes Bertrand Delanoë, à Paris, et Gérard Collomb, à Lyon, ne saurait surprendre. Ces deux édiles du PS ont été élus de justesse en 2001, mais ils ont ensuite réussi à incarner leur ville. En fin de premier mandat, ils n'apparaissent guère menacés.

    Dans certains cas, toutefois, l'impact personnel du maire peut se révéler négatif ou insuffisamment positif pour assurer sa première réélection. A Strasbourg, Fabienne Keller (UMP) ne s'est pas assez imposée pour être à l'abri d'une défaite et d'un retour de la gauche à l'hôtel de ville. A Rouen, Pierre Albertini (divers droite) est, de l'avis général, en danger d'être battu après avoir été élu de justesse il y a sept ans (51,3 % des suffrages exprimés).

    La thèse du cycle municipal stipule encore que les maires ne peuvent compter sur une prime à l'ancienneté. Au contraire, le phénomène d'usure du pouvoir les guette tous, même si leur manière d'agir peut en différer les conséquences. Autrement dit, il faut être vraiment mauvais pour être battu à l'issue de son premier mandat. Mais il faut être très bon pour être réélu à de nombreuses reprises.

    Vues de près, les causes d'un échec municipal sont rarement mystérieuses. Trois facteurs principaux mettent en danger une équipe sortante. Il y a d'abord les divisions qui la minent, notamment en écho aux dérives autoritaires de l'édile. Battue aux dernières élections législatives, l'UMP Brigitte Le Brethon part en position défavorable à Caen en raison de la division de la droite. A Reims aussi, les conflits internes à la majorité de droite pourraient lui coûter une ville conservée de justesse en 2001 (51,6 %) et où, de plus, le maire ne se représente pas.

    Or cette absence dans la compétition du vainqueur précédent est un second facteur de fragilité pour l'équipe en place. Une gauche gravement divisée risque d'en faire les frais à Belfort où Jean-Pierre Chevènement (MRC), élu maire en 1977, ne se représente pas. A Dieppe, c'est le PCF qui pourrait tirer profit, à la tête d'une liste d'union de la gauche, de l'absence d'un maire sortant lourdement battu aux législatives et remplacé par un candidat de droite qui peine à assumer son bilan.

    Le mandat de trop est la troisième raison classique d'une déroute municipale. Même doté de réelles qualités politiques et/ou managériales, un élu finit toujours pas lasser l'électeur. Jean-Marie Rausch (divers droite) tente le diable, à Metz, en postulant à un septième mandat à soixante-dix-huit ans. A Nancy, la présence de la soeur de Rachida Dati sur la liste d'André Rossinot (UMP), candidat à un cinquième mandat, ne le met pas à l'abri de la défaite dans une ville où la gauche s'est renforcée lors des derniers scrutins.   

    Pour lutter contre l'usure du pouvoir, une stratégie prisée de longue date par les élus locaux est celle de l'ouverture. Elle a été mise en oeuvre par Jean-Claude Gaudin (UMP) à Marseille, en fin de deuxième mandat, avec le ralliement de l'ancien dirigeant socialiste Philippe Sanmarco. Mais son adversaire socialiste lui a rendu la monnaie de sa pièce en séduisant un ancien proche de Charles Pasqua. Les Marseillais arbitreront peut-être ce duel en pensant à la gestion municipale concrète...

    Certaines villes, où existe une discordance entre le tempérament local et la couleur du maire, résisteront, enfin, difficilement à une remise en cohérence dans l'hypothèse d'une forte poussée générale de la gauche. On songe ici à Toulouse, gérée par la droite depuis 1971, mais qui a toujours penché à gauche et où l'impact personnel de Dominique Baudis a disparu. De même, Saint-Brieuc, où la gauche totalisa 58,4 % des voix au second tour de la présidentielle, pourrait revenir dans le giron socialiste. La raison locale doit être forte pour conjurer une puissante dynamique nationale.

(1) Pierre Martin, « Les Elections municipales en France depuis 1945 », La Documentation française, 2001.

Article publié dans Les Echos du 15 février 2008.

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Voici les sites qui parlent de Maires à l'épreuve :

Commentaires

On peut se demander si les projets et bilans ne comptent pas aussi.

Bcp de maires et challengers PS comptent sur l'anti-sarkozysme pour être élus ou réelus mais on peut aussi se faire battre à cause d'histoire de rond-points, d'horaires de bus ou de heures de piscines dans les écoles...

Mais les divisions comptent bcp, il est vrai, à ce demander quel sera l'impact des municipales à Neuilly... certes peu de chances que le PS soit élu dès le premier tour mais le tx d'abstention et l'avance de la liste officielle de l'UMP sera à surveiller.

Les divisions du PS à Orly ou Argenteuil (et ailleurs) seront également à observer...

Les considérations de politique nationale ont incontestablement une influence sur le vote de beaucoup d'électeurs aux municipales, surtout dans les grandes villes où le scrutin est davantage politisé.

Le matraquage médiatique actuel sur l'impopularité de Sarkozy, sur le pouvoir d'achat, et sur l'hypothèse d'un vote sanction aux municipales, n'est pas sans rappeler ce qui s'était passé aux régionales de 2004. Il finira par convaincre beaucoup de gens de cette impopularité, des problèmes de pouvoir d'achat, et de la nécessité de sanctionner la droite. Des gens qui adapteront leur vote en conséquence, alors que spontanément, ils n'auraient pas été dans cet état d'esprit.

Une autre donnée à prendre en compte est l'influence croissante des "bobos" dans les grandes villes, et qui votent plutôt à gauche. Ce sont ces gens qui ont, notamment, fait perdre les législatives à Juppé, et qui pourraient faire basculer à gauche de nombreuses villes où le scrutin est habituellement assez serré.

Tout ceci mis bout à bout laisse en effet à penser que de nombreuses villes où le scrutin s'annonce serré basculeront finalement à gauche. Comme aux régionales de 2004. Même si, en fin de compte, il ne s'agira guère que d'un rééquilabrage par rapport aux municipales de 2001, qui s'étaient montrées favorables à la droite.

Bien sûr, la gauche revendiquera la paternité d'un succès qui devra pourtant davantage aux ambiguïtés du gouvernement actuel, au style Sarkozy et aux media. Ce succès aux municipales et aussi aux futures élections intermédiaires qui auront lieu d'ici 2012 ne l'incitera guère à préparer au mieux les échéances de 2012, c'est-à-dire à se remettre en cause, à se forger un programme, à retrouver une crédibilité. Tant mieux pour la droite. Dans la perspective de 2012, cette défaite annoncée au municipales sera un mal pour un bien.

Eric Dupin,
Difficile de tirer des conclusions générales sur des élections par définition
particulières.
Dans la circonscription où je suis inscrit le choix se circonscrit entre un communiste honnête et intelligent et un arriviste dépensier affilié UMP.
Le candidat de mon parti n'a aucune chance, de plus il est nul....

Chaque ville a son cas particulier, je serais plutot enclin à voter "untile" NON ?

Chez moi, commune traditionnellement à droite dès le 1er tour, il y a le choix entre un maire sortant âgé et dissident UMP, le candidat UMP officiel plus jeune, un Modem ancien RPR, et une socialiste arriviste.
Il y a de grandes chances que le candidat UMP gagne, mais au 2nd tour uniquement. Mais qui sait? Il y a parfois des surprises.

Voilà pour le témoignage, mais sur le fond, je n'ai pas un mot à ajouter à l'analyse que retrace ED dans ce post, sur la théorie des cycles municipaux. Je crains que les projets jouent très peu sur une élection. Par contre, les réalisations, oui.

Selon un nouveau sondage, 64% des français estiment que NS n’apportent pas de solutions aux problèmes des français. C’est donc bien la politique de NS qui est rejetée et non pas simplement son style et sa façon très personnelle d’exercer le pouvoir. La bonne côte de popularité de F. Fillon ne prouve nullement le contraire. Comme le remarque très justement E. Dupin, « les électeurs ont parfaitement compris que c'était le chef de l'Etat qui dirigeait [la politique gouvernementale]. Et c'est lui qu'ils sanctionnent très logiquement. Leur indulgence pour Fillon tient sans doute, pour une part, à un effet de contraste avec l'attitude présidentielle. Mais il y a aussi l'idée que ce pauvre "collaborateur" n'est pas pour grand chose dans la déception éprouvée après les grandes espérances soulevées pendant la campagne présidentielle. »
Le choc de confiance que devaient provoquer les cadeaux aux riches n’a pas eu lieu. Reste une mesure dont l’injustice est désormais patente et qui constitue la « faute originelle» du quinquennat de NS, n’en déplaise aux idéologues. Il faut en effet rappeler que la droite a toujours été hostile à l’ISF mais n’a plus jamais osé le supprimer depuis 1986. J. Chirac l’avait en effet alors aboli mais il l’avait ensuite regretté car cette décision lui a en partie coûté l’élection présidentielle de 1988. Depuis la droite a décidé de vider l’ISF de son contenu et l’accuse d’ailleurs, dans le même temps, de façon tout à fait hypocrite, d’être peu rentable. Telle est l’une des fonctions principales du bouclier fiscal. Sans doute cette mesure ne concerne-t-elle pas que les riches mais ce sont nécessairement les plus gros contribuables qui en profitent le plus. Les allègements fiscaux sont en effet d’autant plus importants que les cotisations sont plus élevées. Tout le monde peut aisément le comprendre.

"Le choc de confiance que devaient provoquer les cadeaux aux riches n’a pas eu lieu. Reste une mesure dont l’injustice est désormais patente et qui constitue la « faute originelle» du quinquennat de NS, n’en déplaise aux idéologues".

Chatel.

En écho à Chatel, grand pourfendeur d’idéologue donc, qui aurait grand intérêt à user et abuser du miroir : trouvé sur un autre blog, assez bien foutu, le texte complet sur le lien ci-dessous :

15 milliards pour les riches?
Sur www.koztoujours. par Liberal)


L’affaire est entendue. Lancée par les communistes, poussée par les socialistes, relayée inlassablement par une presse qu’on croyait à la botte du pouvoir, la petite phrase a été suffisamment répétée pour acquérir le statut d’information universellement acceptée. Le « paquet fiscal » voté l’été dernier est un cadeau de 15 milliards d’euros pour les riches.

Sur ces fondations-là, se sont construites de magnifiques cathédrales rhétoriques visant à nous convaincre que Sarkozy est décidément très très méchant, qu’il a « vidé les caisses » pour engraisser ses amis, qu’il est l’ami des milliardaires et l’ennemi des pauvres et que pour toutes ces raisons, il faut voter socialiste aux municipales.

Seulement voila, tout cela était trop beau pour être vrai. C’est pas 15 milliards et c’est pas pour les riches. C’est 8 milliards et c’est pour l’emploi. […]

Pour commencer, ça n’a jamais été 15 milliards mais plutôt 13. […]

Mais surtout, tout cela était avant la décision du Conseil Constitutionnel qui, on s’en rappelle, avait retoqué le caractère rétroactif de l’exonération des intérêts d’emprunts. Au lieu de permettre une réduction d’impôt sur les emprunts déjà contractés, le Conseil a restreint la mesure aux seuls nouveaux emprunts. Résultat, comme cette mesure représentait quasiment la moitié du « paquet fiscal », la censure du Conseil Constitutionnel a réduit l’addition d’environ 5 milliards d’euros.

[…]

Ensuite l’aspect qualitatif. On trouve, sur les sites officiels, de nombreuses estimations différentes de l’impact de la loi TEPA. La plupart oscillent entre 7 et 9 milliards d’euros car la prévision fiscale n’est pas une science exacte. Bien entendu, il faut se restreindre aux estimations datées d’après août 2007, c’est-à-dire après la censure du Conseil Constitutionnel.

Sur le site de l’Agence France Trésor, on trouve dans une présentation faites aux économistes en septembre 2007 la décomposition suivante de l’impact de la loi TEPA sur le budget 2008, en milliards d’euros (page 20 du pdf)

Bouclier fiscal à 50% 0.6
Aménagements de l’ISF 0.5
Droits de succession 1.6
Intérêts d’emprunts 0.2
Heures supplémentaires 3.8
Total 6.7

J’imagine que certains soupçonneront l’AFT d’être influencée par le gouvernement et de publier des chiffres partiels ou partiaux. Si on se tourne vers l’OFCE, une organisation dont même les gens de gauche reconnaissent qu’elle penche à gauche, on retrouve les mêmes chiffres à une exception près : les aménagements de l’ISF sont estimés à 1.3 milliard au lieu de 0.5 (pages 5 et 6 du pdf). Je n’ai pas la moindre idée de la provenance de cet écart ; on vivra donc avec cette incertitude de 800 millions. A moins qu’un lecteur n’éclaire notre lanterne.

Les lignes (1) et (2) constituent l’alibi, la maigre part de vérité sur laquelle l’opposition et la presse ont bâti la fable des 15 milliards de cadeaux pour les riches. Le bouclier fiscal et les aménagements de l’ISF sont effectivement des mesures en faveur des riches car elles permettent de réduire l’ISF qui ne frappe que les patrimoines supérieurs à 700 000 euros. Bien sur, l’ISF est un impôt à peu près unanimement reconnu comme contre-productif et tous les autres pays l’ont abandonné pour cette raison. Mais là n’est pas la question car nous sommes ici dans le domaine de l’idéologie. Si les Français détestent les riches plus qu’ils n’aiment les pauvres, il faut faire avec. Ces dispositions constituent bien un transfert fiscal de 1,1 milliard en faveur des riches. Vincent Bolloré pourra économiser 50 000 euros sur son ISF cette année s’il investit 66 666 euros dans une PME. Je suis sur qu’il a appelé Nicolas Sarkozy pour le remercier dès qu’il a appris cette grande nouvelle.

Je dois concéder que je ne suis pas un grand fan de l’héritage. Oh bien sur, les droits de succession taxent un patrimoine qui a déjà acquitté l’impôt. Mais l’héritage est une des façons légales de s’enrichir les moins légitimes (juste après les jeux de hasard), et mon libéralisme assumé me fait préférer taxer cela que le travail ou le capital. Je ne suis donc pas très favorable à l’augmentation du plafond d’exonération des droits de succession de 50 000 à 150 000 euros. Mais s’agit il là d’une mesure pour les riches ?

50 000 ou 150 000 euros sont des sommes importantes, c’est indéniable. Mais nous parlons de l’ensemble du patrimoine amassé sur toute une vie (ou deux vies dans le cas d’un couple). Sur 40 ans de carrière et 20 ans de retraite, 50 000 euros représentent 70 euros épargnés par mois ; 150 000 euros font 200 euros par mois. Quiconque est propriétaire de son logement entre dans ces ordres de grandeur. Personne ne prétendra que cette mesure est destinée aux prolétaires (qui par définition ne disposent pas de patrimoine), mais on ne peut nier qu’elle cible surtout les classes moyennes. Pensez vous vraiment que Bernard Arnault a dansé la samba en apprenant que le jour de sa mort, ses deux enfants se partageront une économie de 25 000 euros ?

De la même façon, la réduction d’impôts liée aux intérêts d’emprunts immobiliers ne bénéficie qu’aux propriétaires. Mais avec un plafond à 750 euros par an et par personne, on vise là encore les classes moyennes et pas les milliardaires. Sauf à se convaincre, bien sur, que François Pinault a sauté de joie en apprenant qu’il allait économiser 750 euros par an sur le plan de financement de son nouvel hôtel particulier.

Reste l’essentiel, la ligne (v), l’exonération des heures supplémentaires. J’ai déjà eu l’occasion de dire ici ce que j’en pensais. Pour les feignants (ou les gens très occupés), je pense que cette mesure permet d’inverser en grande partie les effets pervers des 35h en réduisant les charges qui pèsent sur le travail. Avec deux effets secondaires de sens opposé : une certaine complexité à mettre en œuvre et une subtile réduction du risque que la croissance fait porter aux entreprises.

En résumé, le paquet fiscal c’est 1 milliard pour les riches (ou 2 si on prend les chiffres de l’OFCE), 2 milliards pour les classes moyennes et 4 milliards pour l’emploi et la croissance. On est très loin des 15 milliards pour les riches."

Pourquoi s'embarrasser de "nuances" surtout quand ce sont les autres les idéologues ?

@ Mattéo
Selon J. Généreux (cf le site du NO), « sur les 14 milliards [du paquet fiscal], seuls 5 milliards sont destinés aux salariés -qui ont déjà un emploi par ailleurs ». Alors que la justice consiste à aider prioritairement ceux qui en ont le plus besoin (ce qui n’est généralement pas le cas des redevables de l’ISF) et à demander prioritairement des sacrifices à ceux qui en ont les moyens, NS a fait exactement le contraire. Cette critique vaut aussi pour la défiscalisation des heures supplémentaires, comme le suggère, fort judicieusement, la dernière partie de la phrase de J. Généreux. Cette mesure ne concerne en effet pas ceux -et plus souvent d’ailleurs celles- qui sont contraints de travailler à temps partiel et qui sont plus à plaindre que ceux qui bénéficient d’un temps plein. J’ajoute -et ce point est à ma connaissance rarement relevé- que cette mesure est en totale contradiction avec la logique de l’impôt sur le revenu qui repose sur la notion de progressivité. Selon cette logique, qui s’accorde parfaitement avec le principe élémentaire de justice énoncé ci-dessus, plus on a des revenus élevés et plus le taux global d’imposition est élevé alors que la défiscalisation des heures supplémentaires produit le résultat exactement inverse.
Je me vois donc contraint de maintenir mon constat précédent : « le choc de confiance » que devaient provoquer -aux yeux de quelques crédules- les cadeaux aux riches n’a pas eu lieu ; reste une mesure dont l’injustice est désormais patente et qui constitue la « faute originelle» de ce quinquennat.

Je trouve le texte de Matéo intéressant parcequ'il donne des données précises, l'auteur fait cependant à partir de ces données des interprétations assez partisanes, en cariturant au passage les arguments du "camp d'en face" pour mieux les réfuter.

"Bien entendu, il faut se restreindre aux estimations datées d’après août 2007, c’est-à-dire après la censure du Conseil Constitutionnel."

Cela dépend de l'objet de la discution, discute t'on de l'objectif initial des mesures lancées par Sarkozy ou de la loi qui en résute, une fois passés les multiples filtres institutionels?

"Personne ne prétendra que cette mesure est destinée aux prolétaires (qui par définition ne disposent pas de patrimoine), mais on ne peut nier qu’elle cible surtout les classes moyennes."

Ah. Et reprocher à un gouvernement de favoriser les classes moyennes à hautes au détriment des prolétaires n'est pas légitime?

"En résumé, le paquet fiscal c’est 1 milliard pour les riches (ou 2 si on prend les chiffres de l’OFCE), 2 milliards pour les classes moyennes et 4 milliards pour l’emploi et la croissance."

En résumé, 3 milliards (4 d'après l'OFCE) vont d'office à ceux qui n'ont pas de gros problèmes pour finir le mois, et 4 milliards vont à "l'emploi et la croissance", terme bien vague qui permet de botter en touche et évite d'examiner la destination finale.
En conclusion, rien là dedans ne contredit vraiment les reproches qui sont faits à la loi TEPA, si ce n'est sur le montant (8 milliards au lieu de 15).

Chatel

Je vous livre une contribution d'un joyeux inconnu, attrappée par hasard sur un blog, mais quand même citant deux sources distinctes et complémentaires, et vous m'opposez comme voix de la vérité le papier de Jacques Généreux, membre du Parti Socialiste, économiste du courant NPS (pas le plus fun), au sein de l'Obs, pas franchement réputé pour son impartialité. Article qui commence par : « sur les 14 milliards ... . Ok, faisons comme ça.
Sur le fond, je suis d'accord pour voir dans ce « paquet » une faute, dans le sens où nous en sommes donc à -8 milliards, pour un résultat de « 0 ». Quand on est excédentaire, on peut se permettre ce genre de « mise », pas qu'on est dans le rouge carmin. Pas de choc, en tous cas, même pas une brise marine. Maintenant, si le « paquet » s'avère positif en fin de course (mandat), de façon très significative, incontestable, je reconnaîtrai bien volontiers m'être fourvoyé. Je pense malheureusement que les effets éventuels ne se traduiront par rien de notable en matière d'investissement productif et de niveau de consommation des ménages (indicateurs qui devient structurellement fort de ce côté-ci du Rhin).

Pour répondre à Gatien, je retiens perso ce que va coûter réellement le « paquet » à la collectivité. Ca aurait pu être 15 (aïe !), c'est 8. Pour la réalité de cette idée géniale, surtout typique de la mauvaise digestion du libéralisme par les hommes d'Etat français, c'est ce que coûte « à 800 millions d'euros près » (allez au point où nous en sommes) le « paquet ».
Pour le reste, c'est toujour légitime de reprocher quelque chose à quelqu'un, mais tout « plan » de relance se voulant efficace a intérêt à toucher ou concerner plusieurs strates de la population, pas à se concentrer sur une seule, fut-elle celle qui ne posséde rien. Ca doit vous « écorcher les oreilles » de lire cela mais c'est pourtant à peu près aussi efficace de mettre un pansement....


@ Mattéo
Je constate que, pour une fois, nous sommes à peu près d’accord. Le « paquet fiscal » -expression particulièrement mal choisie car le mot « paquet » s’associe naturellement dans l’inconscient à celui de « cadeau »- est une triple faute. Cette mesure est inefficace (la croissance n’est pas au rendez-vous), injuste (elle a profité essentiellement aux plus riches) et irresponsable (elle aggrave encore la situation de la dette).

La défiscalisation des heures sups est une aubaine pour mon neveu, qui a monté une petite boite dans le batiment (et qui, à 30 ans, commence enfin à s'en sortir). Avec cette mesure, il sait qu'il pourra plus facilement terminer ses chantiers. Et c'est financièrement tout bon pour lui, et tout bon pour les copains qui bossent avec lui. "Gagnant Gagnant" comme dirait Ségolène. Et mon neuveu n'est pas un gros richard assujéti à l'ISF (du moins pas encore). Les heures sups, c'est une politique de l'offre, bonne pour les patrons et par ce biais pour l'emploi.

Au passage, notez l'honnêteté intellectuelle de France Inter sur le sujet. France Inter commence par interviewer un patron qui déclare ne pas être intéressé par les heures sups. Et le journaliste de conclure: " Et pourtant, cette mesure [sous entendu qui n'intéresse personne] coûtera 5 milliards".

Hello mateo

Qui est à l'origine de ce montant de 13-15 milliards ? Eh bien Christine Lagarde herself! Une gauchiste ?

La gauche a relayé ? Logique non ? C'était à Lagarde de mieux lire ces fiches !

Le choc de confiance n'a de tte façon pas eu lieu. Et Johnny est resté en Suisse.ça vous étonne ?.

La somme imputable au bouclier, personne ne la connaît vraiment, ou bien ?
Il faut savoir que, comble de la dérision, les vrais riches ont suffisamment de comptes opaques et de société écrans, pour que bien sûr il ne payent pas du tout d'impôts.
Il n'a a pas un expert-comptable en France qui ne sache cela.
Surtout, c'est le principe qui est nul.
Si en plus les bénéficiaires n'ont bénéficié de rien, alors c'est le pompon, étonnant non ?

A lire des analystes, la croissance 2007 de 1,9% est l' addition de l' augmentation de la consommation des ménages (+2.2%) et des résultats du commerce extérieur (-0.3%).
Pas trop mal pour un pouvoir d' achat réputé être en berne.
Il est en outre un peu tôt pour apprécier la nullité ou pas des effets du paquet fiscal qui n' est pas si vieux; personne n' est capable de dire combien de salariés ont effectué des heures sup' défiscalisées et pour quel total. Il n' est également pas possible de déterminer quels effets aura la "liquidation" des RTT. Ces deux éléments iront-ils à l' encontre d' une baisse de la consommation crainte pour 2008 ?
Deux faits qui peuvent paraître positifs : une création d' emploi assez sensible malgré un taux de croissance modéré et une augmentation des investissements des entreprises (peut-être grâce à la déduction de l' ISF, qui sait ?)

Cela étant, on est bien loin des municipales, objet du présent article qui me laisse assez froid.
Je fais partie de ceux qui vivent dans une toute petite commune (le "centre" représente une petite centaine d' âmes) où se présente une seule liste qui a pour tout projet de subir l' intercommunalité et de bouffer son lot de subventions par tout moyen (une subvention non consommée est perdue; quel gâchis n' est-ce pas ?)

@Erick

Je ne suis pas économiste mais j'essaie de comprendre un peu les chiffres qui défilent, et là, j'avoue que vous me laissez perplexe :

"A lire des analystes, la croissance 2007 de 1,9% est l' addition de l' augmentation de la consommation des ménages (+2.2%) et des résultats du commerce extérieur (-0.3%)."

Pourriez vous indiquez une source défendant ce calcul hallucinant? Parceque de mon côté, je lis que le commerce extérieur contribue à la croissance (0.2% de PIB proviendraient de la consommation des ménages et 0.2% viendraient du commerce extérieur d'après l'INSEE, cité ici : http://tf1.lci.fr/infos/economie/conjoncture/0,,3711670,00-croissance-modeste-france-2008-.html


"une augmentation des investissements des entreprises (peut-être grâce à la déduction de l' ISF, qui sait ?)"

Un patron investit s'il pense que ce sera rentable il me semble. Vous pourriez expliquer la relation entre la rentabilité d'un investissement pour une entreprise et l'impôt sur la fortune? Parceque là je sèche.

Reçu : le tract de l'UMP pour Grenoble. La liste s'appelle "Grenoble c'est vous", aucun sigle UMP, j'ai dû tourner le papier dans tous les sens avant de découvrir cette inscription minuscule :
"Liste de rassemblement et d'ouverture soutenue par l'UMP, le Nouveau Centre, le parti radical, le forum des républicains sociaux, la Gauche Moderne, avec des personnalités issues du Modem et de la société civile"

Notez que le Modem soutient en fait la liste PS (Destot), mais que le débauchage (je suppose) de quelques un est ici astucieusement mis en valeur.

L'UMP s'essaie au camouflage?

Gatien,

Je ne suis pas plus économiste que vous. J' avais trouvé que "mes" chiffres donnaient une information simple et intéressante. Je suis surpris que vous ne soyez pas aussi halluciné par ceux que vous cités, l' article dont vous donnez le lien étant clair comme du jus de chique tout au moins pour moi. Merci de vos explications.

Quant aux investissement et l' ISF, vous aurez noté, en lisant attentivement comme d' habitude, que je ne parlais pas de rentabilité. Je faisais simplement l' hypothèse d' un lien entre la hausse des investissements et la possibilité de déduire le montant de ces investissements de l' ISF. Il ne vous aura pas échappé que cela fait partie du "paquet fiscal". Si ce devait être le cas, avant de reparler de cadeau fait aux riches, pouvez-vous admettre que ça n' est pas si mauvais pour le fonctionnement de l' économie ? A moins que vous ne changiez de sujet.

Erivk,
Mais c'est quoi ce délire sur l'ISF ?
La pluspart des gens qui le subissent, sont coincés a cause de décisions qu'ils n'ont pas prise à temps (comme de se mettre en SCI). Les vrais riches, (eux et les experts comptables) savent bien comment faire pour ne pas payer d'impôts.
ISF, impôt con et injuste ?
Bin ouais! tout le monde le sait (à partir de 5 neurônes, puisque même Hollande et Royal ont su y échapper).

Donc, c'est une évidence il faut ENTIEREMENT revoir l'ISF et surtout les combines pour y échapper !

Erick,

"J' avais trouvé que "mes" chiffres donnaient une information simple et intéressante. [...] l' article dont vous donnez le lien étant clair comme du jus de chique tout au moins pour moi. Merci de vos explications."

Sans entrer dans le détail (ce dont je suis incapable) : le PIB n'est pas défini comme la simple somme de la consommation des ménages et du commerce extérieur. Ici, c'est par pur hasard que 2.2 - 0.3 = 1.9, enfin il me semble, mais si vous avez une source expliquant le contraire je suis preneur. Si vous voulez plus d'explications, il va falloir demander à un autre que moi. Notez qu'une forte croissance du PIB peut très bien s'accompagner d'un fort déficit du commerce extérieur. Voir à ce propos par exemple : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/310621.FR.php

"Je faisais simplement l' hypothèse d' un lien entre la hausse des investissements et la possibilité de déduire le montant de ces investissements de l' ISF. Il ne vous aura pas échappé que cela fait partie du "paquet fiscal".

Quelque chose a dû m'échapper, car je ne comprends toujours pas le lien entre l'ISF, qui s'applique
aux particuliers, et l'investissement des entreprises, qui est décidé par les patrons et les actionnaires. Je ne demande qu'à comprendre un lien éventuel.

Moi, je suis de ceux qui pensent que la loi de paquet fiscal est une mauvaise décision...
La façon dont l'équipe de Nicolas Sarkozy l'a défendu m'a semblé bien souvent malhonnête : en particulier, son recours classique au sentimentalisme, quand il va dire "et vous trouvez ça normal qu'après avoir travaillé toute sa vie, on ne puisse transmettre à ses enfants ses biens"
On a vu aussi que le fameux "travailler plus pour gagner plus" n'était pas si simple que cela...
Concernant la déduction des intérêts d'emprunts, ça m'a semblé aussi être plus un coup de pouce au marché de l'immobilier qu'une réelle aide aux gens à faire les bons choix : dans un monde de mobilité, le patrimoine est utile seulement pour les riches...

Mais, je suis bien conscient aussi du fait que la rhétorique de l'opposition "paquet fiscal=cadeau aux riches" est très bien passé, malgré là aussi certains simplismes...

De toute façon, le paquet fiscal, c'est comme son nom l'indique, pas seulement une mesure... Alors, toute tentative de le résumer à une expression est selon moi assez vaine...

Merci, mateo, pour le chiffrage...

Je passerais sur la mesure d'exonération de charges sur les heures supplémentaires, je pense que d'autres lois sont venues et que le gouvernement cherche toujours la bonne traduction en pratique du "travailler plus pour gagner plus", qui est plutôt "pour gagner plus, il faut travailler plus"

Sur, l'ISF, il ne faut pas se leurrer, effectivement, on ne peut stopper l'évasion fiscale (la ralentir, je ne sais pas), quand tant de pays ont une telle avance dans le palmarés des paradis fiscaux... On ne peut lutter...
Johnny et Laetitia Halliday ne sont pas revenus ? c'est bien ce qu'il me semblait...

Ce qui est triste, c'est qu'il y ait tant de niches, qui permettent aux riches qui ont plus d'intelligence que de solidarité ou de patriotisme, d'échapper à l'ISF...

Et, j'aurais sans doute préféré, quitte à faire efficace (et si on fait le bilan réduire l'ISF des plus riches), le système de suppression des niches et de transformation de l'ISF en flat tax à taux plus faible mais assiette plus grande, présente dans les propositions de François Bayrou...

Mateo, vous dites que vous n'êtes pas trop favorables à la réduction des droits sur l'héritage, et je suis d'accord avec vous... Et, là franchement, y avait vraiment 1.6 milliards à économiser... La question n'est pas tant de savoir si ça profite à la classe moyenne supérieure, ou à la classe riche... Mais, ce qui est sûr, c'est que ça favorise l'immobilisation du patrimoine, et ça n'aide sans doute pas au dynamisme de l'économie...

Et, c'est cela en fait le problème du paquet fiscal, c'est que je ne crois pas que dans au moins la moitié de son coût, il soit efficace pour relancer l'économie... Choc de confiance par choc fiscal, c'est du tralala...
Et surtout, le fait de nous le présenter comme la mesure à faire de toute urgence (dès avant l'été 2007) me reste en travers de la gorge : ça fait plus mesure clientèliste que décision mûrement réfléchie et évaluée...

Voir dans le PIB la somme de la consommation des ménages et du commerce extérieur me semble assez simpliste. Je ne suis pas forcément spécialiste, mais il faut aussi tenir compte des exportations, des investissements des entreprises, ou encore des gains de productivité.

Ceci dit, l'idée selon laquelle l'économie française ne souffre pas d'un manque de consommation mais plutôt d'un manque de compétitivité des entreprises (compétitivité prix ou compétitivité qualité) est assez communément admise par beaucoup de spécialistes.

C'est notamment le cas de Jean Peyrelevade, qui constate en effet que la consommation des ménages français a augmenté plus vite que la production des entreprises françaises ces dernières années. Si les ménages français consomment davantage mais que les entreprises françaises ne produisent pas assez ou ne répondent pas à cette demande, cela veut dire que ce sont les importations qui augmentent. D'où le déficit commercial actuel. En conséquence, la relance de l'économie passera, non par une stimulation de la consommation, mais par des mesures ciblées sur les entreprises.

S'agissant du paquet fiscal, on peut éventuellement discuter de sa pertinence économique. Je fais moi-même partie de ceux qui pensent qu'il aurait peut-être été préférable de réduire d'abord les déficits. En revanche, il est faux de dire que cette mesure concerne "les riches".

Pour revenir aux municipales, copié sur un blog bien mal-pensant :

"Un cadre féerique, le musée des arts forains dans le quartier de Bercy-Village, des " Happy few " triés sur le volet, des numéros de cirque, des cocktails pour amorcer la bonne humeur, du foie gras et du caviar...Bref, la soirée de présentation du comité de soutien à Bertrand Delanoë faisait partie de ces soirées « people » où il fallait être vu !


Quand Régine et le chanteur Marc Lavoine posent pour la photo, on se croirait presque à une soirée VIP habituellement courue par le Tout-Paris.
Dans un coin le dessinateur Cabu, qui vote habituellement écolo, affirme que, cette fois, il votera pour la liste du Maire sortant ( la " soupe "…pardon le caviar, est si bon ! )


Au gré des tables on croise des Grands Patrons ( tiens, tiens, je croyais que ceux-là étaient tous Sarkozystes ) : Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France ( qui sans doute, comme Holllande, n'aime pas les riches ), Max Guazzini, patron du Stade Français ou encore Alain Caysac, le Président du PSG.


Mais il y a aussi des " intellos " comme l'écrivain Philippe Delerme " conquis par Delanoë depuis qu'il habite Paris " , ainsi que le réalisateur Samuel Benchérit.


Plus de 200 « People » ont signé le comité de soutien à Delanoë ( Bizarre, j'avais cru comprendre que seul le Président Sarkozy cotoyait ce monde là ) parmi lesquels Luc Besson, Line Renaud, Elie Barnavi, Mazarine Pingeot.... ( On attend avec impatience le commentaire de Ségolène Royale qui ne manquera sans doute pas l'occasion de dénoncer cette soirée « paillettes », comme elle l'a fait lorsque Nicolas Sarkozy est allé prendre un « en-cas » au " Fouquet 's , le soir de son élection, ou celui des Associations de défense des sans-abris tels ESF ou le DAL entre autres qui ne manquent jamais une occasion de dénigrer le Président ou un Membre de son Gouvernement ).

Il est vrai qu’il serait indécent de perturber nos défenseurs des pauvres et des sans-abris, tandis que ces derniers tentent d'oublier leur stress entre champagne et petits fours...


Commentaire :

Il me vient comme une idée de plagier cet auteur que j’admirais dans ma jeunesse, à savoir Boris Vian, en détournant quelque peu les paroles exactes de son texte que je reformulerais ainsi :

« Il est terrible ce petit bruit que fait la cuillère d’argent sur la boîte de caviar…dans la tête de l’homme qui a faim. » "

@ Johanono
On peut difficilement nier que le bouclier fiscal protège essentiellement les plus riches. Le principal argument utilisé pour justifier cette mesure (il permet de lutter contre l'exil fiscal) le prouve. Qui peut se permettre de quitter la France pour des raisons fiscales? Ce sont évidemment les gros contribuables et non les RMistes (ni même les quelques agriculteurs de l'île de Ré dont on nous a tant parlé). Cette mesure n'est pas simplement inopportune compte tenu de la situation de la dette et inefficace en ce qui concerne la relance de la croissance; elle est aussi injuste. En période de difficultés, des sacrifices s'imposent; on nous le dit suffisamment, non sans raison d'ailleurs. Or, la justice veut que les sacrifices soient prioritairement consentis par ceux qui ont le plus.

Ceux qui essaient de s'accrocher aux branches évoquent la mesure sur les heures sup pour expliquer que la loi TEPA n'est pas un cadeau fait aux plus riches.

Les dernières évaluations sur les heures sup montrent que globalement ceux qui faisaient des heures sup avant le paquet fiscal continuent d'en faire, mais que ceux qui n'en faisaient pas avant n'en font pas plus maintenant. Il n'y pas d'augmentation visible du nombre d'heures sup total en France (et c'est heureux puisque celà signifierai que les entreprises font faire des heures sup au lieu d'embaucher - pourvu que ça dure!).

Conclusion : Avant, ceux qui faisaient des heures sup gagnaient plus que les autres (normal). Maintenant, non seulement ils gagnent plus que les autres mais en plus ils ne paient pas d'impôts sur le supplément.

Comment convaincre Monsieur X, qui n'a pas la possibilité de faire de heures sup, qu'il doit payer ses impôts sur le revenu plein-pot, tandis que son voisin qui fait des heures sup bénéficie d'une exonération?

Je propose aux bonnes âmes d'aller expliquer à Monsieur X que la loi TEPA n'est favorise pas les plus riches...

@ Gatien
"Maintenant, non seulement ils gagnent plus que les autres mais en plus ils ne paient pas d'impôts sur le supplément". Tout à fait d'accord. Ceux qui gagnent plus payent même (proportionnellement à leurs revenus) moins d'impôts que ceux qui gagnent moins (faute de pouvoir faire des heures supplémentaires). C'est exactement le contraire de la logique de l'impôt sur le revenu, dont il faut toujours rappeler qu'il est l'impôt le plus juste.

D'ou l'intérêt de limiter la durée des mandats politiques. Cela éviterait l'usure, le clientélisme, la compromission et permettrait le renouvellement et le rajeunissement des édiles

Mateo, vous avez écrit à propos des droits de succession, " mais s’agit il là d’une mesure pour les riches ?...mais on ne peut nier qu’elle cible surtout les classes moyennes ".
Il faut se livrer à un petit calcul pour évaluer le beau cadeau fait aux classes moyennes! D'abord, je considère par exemple une succession comprenant un bien immobilier évalué à 200.000€ et qu'on est là dans la classe dite moyenne.
Le calcul des droits de succession pour 2 enfants héritiers donne (en négligeant les 1ères fractions taxables):
Ancien calcul: abattement global 50.000€, puis abattement pour chaque enfant 50.000€. La part taxable de chaque héritier est donc de 25.000€, la fraction taxée à 15% est de 10 000€, taxe: 1500€.
Nouveau calcul: abattement de 150.000€ pour chaque enfant héritier, leur part taxable est de 0€, soit 1500€ de moins chacun (au total 3000€ de moins).
Faites donc le calcul avec un héritage de 450.000€, c'est 30.000€ en moins dans les caisses de l'état… Que l'héritier danse ou non la samba importe peu, la règle, c'est que ce qui ne rentre pas d'un côté rentre de l'autre. Personnellement, je n'aime pas payer pour ce que les autres ne paient pas.
Mais claironner qu'il n'y a plus de droits de succession sur 95% des successions, c'est peut-être une nième incitation imprudente pour accéder à la propriété à un moment qui n'est plus favorable à l'acquéreur, mais dont l'Etat, le département, la commune tirent toujours profit en se servant sur les frais de notaire.

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