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26 novembre 2007

Drôle de bilan

    La bataille des régimes spéciaux n'est pas terminée. La délicate phase de négociations peut encore générer tensions et même conflits. Bernard Thibault, peut-être agacé que ses adversaires historiques n'en finissent pas de louer sa sagesse, vient de rappeler que la grève, seulement "suspendue", pourrait reprendre en cas de blocage.

    Tout indique cependant que l'essentiel du bras de fer s'est joué en ce mois de novembre. Or le bilan de l'affrontement n'est pas facile à tirer. D'un certain point de vue, tout le monde a perdu - et pas seulement les "usagers" pleurés par les grands médias. Les syndicats ont dû accepter de facto l'alignement de la durée de cotisation des "régimes spéciaux" sur le régime général. Le gouvernement d'une majorité qui promettait en campagne un "service minimum" n'a pas empêché une quasi-paralysie des principaux noeuds de transports pendant une dizaine de jours. Dans les deux camps, on a pu déceler un certain flottement stratégique. Aux sensibilités particulières de Didier Le Reste et Bernard Thibault ont fait écho les intonations différentes de François Fillon et Nicolas Sarkozy. La discrétion atypique du président de la République pendant l'épreuve témoigne aussi d'une certaine hésitation dans les hautes sphères de l'Etat.

    Mais on peut aussi juger que chacun ne s'en est finalement pas mal tiré du tout. Le mouvement syndical n'est pas sorti défait d'une bataille qu'il savait ne pas pouvoir remporter. Il a confirmé sa capacité de mobilisation dans le secteur public. Et il conserve ses forces pour les futures échéances. En face, le pouvoir a finement négocié une démarche dite de fermeté souple. Il a gagné la bataille symbolique des "quarante annuités" tout en incitant les entreprises publiques à lâcher un peu de lest en compensation pour les personnels. Ces concessions auront un coût. Mais celui-ci s'annonce très inférieur aux économies dégagées par la réforme.

    Tout ceci étant dit, reconnaissons qu'il est tout de même possible de désigner un vainqueur aux points: Nicolas Sarkozy. Apparemment bien conseillé, il a su résister à la tentation de prendre à partie l'opinion contre les grévistes. Pour démontrer qu'il n'était pas plus Margaret Thatcher que Jacques Chirac.

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Voici les sites qui parlent de Drôle de bilan:

Commentaires

vainqueur à crédit, il est millionnaire en subprimes politiques

sarkozy fait passer son propre "prestige" bien avant la vraie résolution des problèmes et la minimisation des risques:
* le pb des retraites n'est pas réglé
* on a risqué une crise qui aurait hypothéqué son règlement

tout ça pour que monsieur puisse continuer à se toucher devant les caméras

"Ces concessions auront un coût. Mais celui-ci s'annonce très inférieur aux économies dégagées par la réforme."

Vous avez des billes la-dessus ? Personnellement je n'en mettrait pas ma main a couper. En tout cas on peut penser que comme pas mal de reforme, nous n'aurons pas d'evaluation de ses effets, ce qui est bien pratique.

"En face, le pouvoir a finement négocié une démarche dite de fermeté souple."
Flexi-fermete adaptative alors. Les marins-pecheurs, les internes peuvent en temoigner.

Cela etant, et pour apporter un peu de matiere, je reste effare que personne ne se pose la question (voire ne la pose a Laurence Parisot, disons les choses clairement) de l'enorme contradiction entre l'augmentation de la duree du travail au long de la vie (c'est de ca qu'il s'agit, au final) et du taux d'emplois des "seniors" comme on dit au JT. Hors si les entreprises publiques devront suivre l'allongement de la duree du travail, quid des entreprises privees, si tentees par la pre-retraite, voire le foutage a la porte ou l'externalisation ??? L'absence de ce debat est symptomatique, a mon avis, de la faiblesse des syndicats au sein de PME, et de notre aveuglement a penser que sans conflit pas de problemes. La dessus je (ne) fais (pas du tout, evidemment) confiance au binome Gouvernement/Syndicat pour se coltiner le hiatus.

"Les syndicats ont dû accepter de facto l'alignement de la durée de cotisation des "régimes spéciaux" sur le régime général."

Un point m'inquiète : la loi Fillon de 2003 révoyait un passage pour les fonctionnaires et le privé à 41 de cotisations en 2009 voire à 42 ans en 2012, en sera-t-il de même pour les régimes spéciaux ?

Autre chose, un petit bémol à la conclusion, Sarko avait déja évoqué les usagers "pris en otage"
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=462018
Certes, il a toujours éviter la confrontation frontale, mais cette petite formule a du faire plaisir à certains et pas à d'autres comme à JC.Mailly de FO...

Cela dit, celui qui mettra fin à la culture du conflit en France n'est pas encore né...

"il a su résister à la tentation de prendre à partie l'opinion contre les grévistes. Pour démontrer qu'il n'était pas plus Margaret Thatcher que Jacques Chirac."

Bel exemple d'amnésie. Je réfute ce constat. Il ne s'est pas privé de prendre à partie l'opinion contre les grévistes, bien au contraire, rappelez-vous il y a quelques semaines, à Brest par exemple !

Quand allez-vous (les journalistes, l'opinion) prendre conscience des méthodes manipulatrices du double langage de Sarkozy? Sa technique est toujours la même : en premier lieu il agresse, il dénigre, il donne des têtes de turcs à la vindicte populaire et flatte la partie poujadiste du pays, puis dans un second temps il joue les sages, il flatte et cajole à la fin, pour montrer qu'il est finalement humain, attachant et ouvert et met ainsi les progressistes dans sa poche, anesthésiés par cette sensation d'apaisement, voire même amnésiques...
Encore un bel exemple !

Drôle de bilan en effet et je suis d'accord sur le fait qu'il n'y ait réellement ni vainqueurs ni vaincus.

Néanmoins, dans cette première étape et malgré les protestations d'unité, il y a bien eu deux lignes qui se sont toisées à la CGT. L'axe Thibaut-Le Duigou en sort renforcé pour affronter les multiples échéances sociales de 2008. Il y aurait une certaine logique, pour la suite, de voir un certain rapprochement CGT-CFDT, au-delà du seul dossier où les deux centrales convergent (représentativité). Or on en est loin tant les rancoeurs sont encore vives de chaque côté.
N'est-ce pas pourtant une nécessité ?

Sur le service minimum, vous oubliez qu'il ne sera en vigueur qu'en janvier prochain. La "quasi-paralysie des principaux noeuds de transports pendant une dizaine de jours" est donc logique. Par rapport aux ""usagers" pleurés par les grands médias", vous insinuez donc que leur colère n'était pas légitime ?

La démonstration est, encore une fois, faite. Une minorité de travailleurs peut paralyser l’économie du pays.
Les cheminots, les électriciens, les gaziers détiennent ce pouvoir, et , l’impunité dont ils jouissent leur permet d’influencer (et comment !) la vie quotidienne des autres ..........( http://www.louis.over-blog.org/ )

Il me semble qu'il faut distinguer l'issue apparente du conflit (Sarkozy gagnant) et ce qui va continuer à travailler la société en profondeur en conséquence des erreurs symboliques du Fouquet's et du paquet fiscal.

Il est inutile de chipoter.Dans ce combat d'idées, de valeurs et d'intérêts Sarko a gagné sans chercher à humilier ses adversaires. Bien au contraire,il s'est efforcé de les ménager en leur offrant une porte de sortie honorable. Ce qu'a compris et accepté B.Thibault, parfaitement conscient de la réalité du rapport de force.Le sarkozisme se révèle donc comme une parfaite machine à faire exploser les lignes politico-syndicales, et surtout symboliques... On a pas fini dans mesurer les effets... C'est pour ces raisons que j'ai voté pour lui: créer les conditions politiques et sociales pour qu'émerge enfin une gauche authentiquement libérale. Et ce qui se passe du côté de JM Bockel et de gauche moderne, entre autres,me paraît aller dans le bon sens...

des erreurs symboliques du Fouquet's et du paquet fiscal, disais-je, et pas que celles-là...

Tiens encore un (santo) qui aimerait la gauche si elle était de droite.

Je souscrit parfaitement à cette très fine analyse, sauf sur un point : "et pas seulement les "usagers" pleurés par les grands médias". Ne prenez pas le problème à l'envers, ce sont les grands médias qui ont rendu compte de la détresse, de l'épuisement et de la nervosité desdits usagers, ils ne les ont en aucune manière suscités. Vous rejoignez l'insupportable dessin du pourtant très talentueux Pétillon à la Une du Canard de mercredi dernier. Pour tous les banlieusards qui pendant 9 jours ont vraiment galéré, c'est extrêmement pénible de voir la réalité de leurs souffrances remise en cause par des gens que l'on soupçonne de mettre 5 minutes en vélo hollandais pour rejoindre leur lieu de travail...

"Tiens encore un (santo) qui aimerait la gauche si elle était de droite."
c'est vrai, ça, c'est marrant le nombre de gens qui se disent proches de la gauche et qui veulent que la gauche se rallie au plus fort du moment, comme s'ils avaient peur d'aller eux mêmes s'encarter à l'UMP. Bockel, Besson, Rocard, Kouchner et consorts, assumez, respectez l'échiquier démocratique, changez de bord sans chercher à saboter votre ancien camp !

Quant aux propos de Louis, certes on peut constater qu'une minorité de travailleurs a encore les moyens de défendre ses intérêts dans la grande compétition de chacun contre tous (et réciproquement), et comme c'est corporatiste, dans le grand règlement de la mondialisation, c'est mal.

Mais ce qui est encore plus frappant, c'est de constater à quel point la majorité s'est résignée à abandonner le pouvoir et à se laisser dicter leur destinée par leurs patrons, actionnaires, dirigeants... sans sourciller, voire même à mordre leurs congénères quant ces corporatistes insoumis menacent le cours normal des choses...

Eric Dupin,

Cette fois-ci, je ne suis qu'a moitié d'accord avec vous.
Par contre il y a un merveilleux (de lucidité) article de 4 journalistes (dont Domenach) dans un MARIANNE meilleur que d'habitude.
Cet article très informatif et non d'opinion, décrit très bien chronologiquement comment Sarko à roulé Thibault dans la farine…. En faisant tout pour ne pas le ridiculiser aux yeux de sa base.
Lisez le, c’est très instructif !

"Les cheminots, les électriciens, les gaziers détiennent ce pouvoir, et , l’impunité dont ils jouissent leur permet d’influencer (et comment !) la vie quotidienne des autres."


LSA, il va falloir aussi, dans le souci de l'équité qui je parie est le vôtre, vilipender cette minorité de privilégiés du MEDEF qui a demandé aux députés et au gouvernement la destruction du Code du Travail, destruction qui va autrement plus influencer (et comment !) notre vie quotidienne que quelques jours de grève : là, ce sera toute la (non)vie du salarié qui sera atteinte.

Vous critiquez à juste titre ces absences de transport. Mais savez-vous que la France est montrée du doigt par la Cour Européenne de Justice car elle refuse la grève des guichets, qui permettrait que les transports soient assurés mais "gratuitement" ?

(Au fait, on ne vous a pas lu sur les conséquences concrètes de l'allongement du temps de travail. Un oubli ?)

Jean-Marc Solal, vous avez galéré pendant 9 jours, et personne ne songera ici (en tout cas, pas moi) à en rire.

Mais documentez-vous sur la destruction du Code du Travail (Rebonds dans Libé de Filoche inspecteur du Travail, site d'Etienne Chouard) vous verrez que ce qu'on vous prépare, c'est la galère pour le reste de votre vie active.

A l'époque du "chacun pour soi, que crèvent les autres, ils me feront de la place", je ne devrais pas vous le dire car je suis retraité. Mais je crois encore à un truc tout bête qui a nom "solidarité".

Et je n'ai pas de vélib ;-)

Amendes honorables:
1/ J'aurais dû plutôt écrire que Sarkoky "a su résister à la tentation de TROP prendre à partie l'opinion contre les grévistes".

2/ Ma petite phrase sur les usagers "pleurés" par les médias était sans doute maladroite, pouvant laisser penser que je sous-estimais les difficultés par eux subies. Cette flèche visait simplement leur propension excessive à parler aux usagers plutôt qu'aux salariés ou aux citoyens.

Par contre, je sais bien que la loi sur la "continuité du service public" n'est pas encore en application. Mais je sais aussi que cela n'aurait pas changé grand chose...

Il ne s'agissait pas d'une "réforme" il n'y a donc ni vainqueur ni vaincu. Autre que symbolique cette longue négociation n'avait pas de but hormis celui d'offrir à sarkozy une médaille pour un combat virtuel sur le champ d'une bataille qui n'a pas eu lieu.

Sarkozy a surtout démontré qu'il n'a aucune marge de manoeuvre : rien dans les mains, rien dans les poches, tout dans les C.... .

Démontrer dès le premier round qu'on a rien dans le sac présage de durs lendemains pour les quatre années à suivre.

A propos des usagers pleurés par les médias, j'ai été sidéré par un article dans Le Monde d'aujourd'hui, au sujet de JP Pernaud et de la grève. Décidemment, je devrais regarder la télé plus souvent, et le journal de tf1 en particulier, parceque ça envoit du lourd :

"lors des premiers arrêts de travail dans les transports, Jean-Pierre Pernault annonce en troisième titre de son journal : "A partir de mercredi, une grève illimitée", hausse les épaules et poursuit : "Et, une nouvelle fois, ce sera aux usagers de se débrouiller pour aller travailler." Quelques minutes plus tard, lançant un reportage rappelant les grandes grèves de 1995, il explique : "Les grévistes d'aujourd'hui protestent contre la réforme des régimes spéciaux qui était dans le programme de Nicolas Sarkozy et c'est pour cela qu'il a été élu." Le lendemain, après avoir annoncé que "plusieurs sondages confirment l'hostilité des usagers à cette grève et revendiquent la liberté de voyager", Jean-Pierre Pernault redit : "La mobilisation se heurte à la volonté de créer un système plus équitable de financement des retraites. C'était dans le programme de Nicolas Sarkozy et il a été élu en partie pour ça." Le 14 novembre, le journaliste s'étonne : "La grève doit s'arrêter, tout de même, car des négociations s'ouvrent." Le 15 : "Les usagers commencent à en avoir ras le bol." Le 16 : "Les usagers en ont ras le bol"...

Et je vous fais grâce de la suite car la liste s'allonge encore dans l'article intégral : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-982140@51-963902,0.html

@JM Solal
Vous dites "ce sont les grands médias qui ont rendu compte de la détresse, de l'épuisement et de la nervosité desdits usagers, ils ne les ont en aucune manière suscités".
On peut voir la question autrement. Est-ce que tous les usagers étaient en situation de détresse, épuisés et nerveux, ou est-ce que VOUS pensez que c'était le cas parceque vous n'avez vu que çà à la télé?
Si 100% des usagers étaient hors d'eux à cause des grèves (ce que je ne crois pas), il serait urgent d'organiser des stages de stoïcisme, pour le plus grand bien de tous.
A en juger par les quelques reportages que j'ai pu voir, il me semble que FR2 n'avais pas le même parti-pris que TF1. On voyait des gens furieux certes, mais d'autres avaient encore suffisament d'esprit pour sourire devant la caméra et faire contre mauvaise
fortune bon coeur. Certains, comble de masochisme, allaient jusqu'à se dire "compréhensifs"! Je suppose que ceux là, TF1 les a coupé au montage.

Sur la télé, encore...
On voit continuer, sur le pouvoir d'achat, un bel exemple de ce que Bourdieux appelait l'"information circulatoire". Pas un jour sans un reportage nous montrant telle famille qui va faire ses courses dans un hard-discount parceque les fins de mois sont difficiles.
Les reportages, les sondages, et les déclarations de personnalités politiques sur le sujet, se suivent et se précèdent à un rythme tel qu'on ne sait plus très bien qui a commencé, et sans qu'aucune donnée concrète ne vienne troubler l'unanimisme.
Quand aura t'on des reportages (plutôt que des témoignages) expliquant que dans le commerce, comme chaque année, le chiffre des ventes est en hausse par rapport à celui de l'année dernière? Qui donc a bien pu acheter tout çà?

Sur le bilan des grèves... il faudra attendre la fin des négociations. D'après ce que je comprends, le projet initial est en train d'être dé-tricoté petit à petit, tout en préservant les symbôles qui permettent à Sarko-Fillon de plastronner. Tout çà pour çà.
J'attends de voir quelles seront les économies réalisées, et de les comparer au coût d'une semaine de grève.

En boxe on peut gagner soit aux points, soit par abandon, soit par KO. Il me semble que Nicolas Sarkozy soit sorti vainqueur de la partie de bras de fer engagée sur les régimes spéciaux, mais pas par KO. Je suis certain qu’il ne souhaitait pas gagner de cette façon et surtout il ne le fallait pas. Pourquoi ?

Gagner par KO aurait signifié une victoire de la droite dure. Politiquement c’était suicidaire car il aurait alors écarté les ouvriers et agents du service public qui ont voté pour lui et la droite dure ne fait pas une majorité.

Gagner par KO aurait été contraire à l’esprit d’ouverture dont le président de la république fait preuve depuis le début de son mandat.

Il a donc à mon sens gagné grâce à la négociation. Ses détracteurs ne voulant pas entendre parler d’un président « négociateur » insistent sur le fait qu’il aurait fallu anticiper les mesures, ce faisant ils mettent en avant leur ignorance de ce qu’est une négociation. Ils mettent également en avant le coût des mesures compensatoires faisant l’impasse, soit de nouveau par ignorance soit volontairement parce que cela les gêne, sur 2 éléments : Le premier est que pour l’instant rien ne démontre que ce coût sera supérieur aux économies réalisées par la réforme (on peut même être en droit de penser le contraire) et le second c’est que Nicolas Sarkozy n’a pas parlé argent mais « équité » entre les régimes. C’était le but essentiel de cette réforme. Il va être atteint et c’est pourquoi il a gagné. Les 3 points majeurs de la réforme ne sont pas remis en cause.

Nicolas Sarkozy ne voulait probablement pas une épreuve de force, mais céder sur les régimes spéciaux aurait alors hypothéqué les réformes futures que sont en autres le régime général des retraites et le contrat de travail unique. D’un autre côté les syndicats ne pouvaient pas s’épuiser sur ce sujet, ils se devaient de garder des forces pour les mêmes futures réformes. Je reste persuadé que pour la majorité présidentielle 9 jours de conflit c’était le minimum attendu. De ce côté là aussi Nicolas Sarkozy s’en tire plutôt bien me semble-t-il.

En ce qui concerne le service minimum, voici ce que dit la loi

Tout d’abord il faut savoir que la loi porte sur le dialogue social et la continuité du service public. Le terme de « service minimum » n’apparaît pas.

La loi est applicable à partir du 1er janvier 2008. D’ici là les partenaires sociaux devront se mettre d’accord sur une procédure de « prévention des conflits ».

Les autorités organisatrices (ex : les conseils régionaux) devront définir les dessertes considérées comme étant prioritaires. Ces dessertes devront à la fois couvrir les besoins prioritaires de la population et prendre en compte les situations particulières des personnes dites à mobilité réduite

L’entreprise (SNCF, autocars, RATP….) devra alors élaborer un plan de transport et déterminer le nombre de salariés ou d’agents qui seront nécessaires pour que ce plan de transport fonctionne.

Les salariés devront se déclarer 48 heures à l’avance et dire si oui ou non ils participeront au conflit social. Un gréviste non déclaré sera passible de sanctions. Les déclarations ainsi faites seront couvertes par le secret professionnel.

A partir du 8éme jour de grève révolu, l’organisation d’un vote secret pourra être décidée soit à l’initiative des organisations syndicales, soit à celle de l’entreprise. Le résultat du vote ne sera pas « contraignant ».

Le dépôt d’un préavis de grève devra être précédé par une négociation entre les partenaires.

Il y aura obligation légale d’information auprès des usagers

L’autorité organisatrice (voir ci dessus) pourra mettre le transporteur en demeure de rembourser les titres de transport.

Effectivement il ne s’agit pas vraiment d’un service minimum. En effet le mot « réquisition » n’apparaît pas. La loi prévoit et je le dis ci dessus que les autorités organisatrices devront définir les dessertes considérées comme étant prioritaires, il s’agit donc de prévoir une hiérarchie et de gérer les priorités. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas parler de service minimum, mais de dessertes prioritaires. Si ces autorités refusent de prendre leurs responsabilités , alors ce sera les préfets qui le feront. Que ce soit l’une ou l’autre de ces autorités la compagnie de transport devra s’exécuter.

Il faut noter qu’il s’agit d’une loi cadre, qui sera mis en œuvre par les autorités organisatrices. Etant donné que dans le texte les expressions de réquisition ou d’assignation ne sont pas écrites il ne s’agit en aucun cas d’une remise en cause du droit de grève. On peut également noter que le vote à bulletin secret au bout de 8 jours évitera les pressions que les salariés subissent lors de votes à mains levées.


dans le genre parti-pris TF1, que je visite en sociologue-toursite de temps en temps (histoire de comprendre d'où viennent les 53 %), il y a eu pendant une journée de grève, un commentaire disons à peu près neutre et factuel, au 20 h, et soudain, tac ça arrive : on montre des gens retardés dans leur travail à cause des grèves, et devinez quel exemple ? un accompagnateur de personnes âgées et un infirmier; le tableau est saisissant : pauvre vieux angoissés, patients à jeun livides, professionnels stressés... Même pas besoin de commentaires avec ça. le 20 h est un peu plus fin que le 13h (leurs études doivent leur donner des catégories socio-pro supérieures)
et n'oublions pas que bertrand a expliqué que les régimes de retraite doivent être alignés sinon on ne pourra pas créer la 5è branche de la sécu pour nos vieux qu'on aime (et qui votent si "bien").
regardez la fox news si vous pouvez de temps en temps : le futur arrive à grands pas.

Oups!
JPhilou = Gatien.
Saurez vous retrouver le nom de mon sport favori? ;-)

Humm sarko est surtout un esbroufeur ! :

http://hugues.blogs.com/commvat/
"The greatest story ever told"

Comptons sur TV-Sarko (TF1) pour nous le montrer en super-héro tatchérien ayant cassé les reins de nos cheminots-privilégiés.

E.D , à mon avis vous sous -estimez le cout réel des compensations obtenues par les syndicats .... Pendant que Sarko se pavanera, eux, rigoleront bien.

A se demander qui tient qui par les c......

Ou peut on trouver les chiffres du cout et des
économies réalisées par la réformes des régimes spéciaux intégrant bien sûr les concessions obtenues depuis la grève ?

Sur le coût des "concessions", encore hypothétiques d'ailleurs, voir cet article du Figaro. Selon ces calculs, elles se monteraient à 110 millions d'euros par an, à comparer avec le milliard par an qu'est censé faire économiser la réforme des régimes spéciaux (selon l'Elysée cité dans un autre article du même jour, à vérifier).

@Al

Deux réflexions sur l’allongement du temps de travail :
-travailler plus pour gagner plus (slogan présidentiel)
-travailler plus pour produire plus, à salaire constant. La Chine va trembler !
Cela concerne peu la fonction publique (le quart des salariés) qui, depuis longtemps marche « au pas de l’arsenal », c’est à dire lentement.
Quant aux travailleurs du « secteur » privé leurs soucis immédiats sont la conservation de leurs jobs et si possible de leurs salaires. Et pour cela ils sont prèts à accepter souvent l’inacceptable y compris les modifications du Code du Travail.
Le MEDEF le sait et les syndicats aussi. Le hic ? Le pouvoir de celui qui possède et qui distribue à celui qui exécute et qui ne peut pas faire autrement. On pourrait en discuter sans fin. Certains le font ; c’est leur métier.
La solution serait dans un radical changement de régime. Hésitation entre le ciel et l’abîme. Qui va oser ?

E.D :

>"à comparer avec le milliard par an qu'est censé faire économiser la réforme des régimes spéciaux (selon l'Elysée cité dans un autre article du même jour, à vérifier"

Oui, çà c'est à vérifier !

Par ailleurs le cout total des CET n'est pas connu.
Le vrai bilan ne se fera que dans 10-12ans.

En attendant il faudra s'attendre à une augmentation des titres de transports. J'ai du mal à croire également que l'Etat ne mettra pas la main à la poche. On ne le saura peut-être jamais comme pour les rançons versées contre libération d'otages.

Hé bien vérifiez donc, Bernard ! Ca nous changera.

Flamand Rose d'accord avec "Marianne" sur les rapports Sarko/Thibault !
Bravo !

Selon Henri Sterdinyack del'OFCE "Au mieux, la réforme permettrait donc un gain de 200 millions la première année, 1 milliard en 5ans et de 2 milliards à terme. Aussi, l'enjeu financier est-il faible"
http://www.ofce.sciences-po.fr/pointdevue/points-24.htm

Faible surtout comparé aux 15 milliards / an que coutera la loi TEPA otée cet été.

Précision : le décret sur le service minimum n'est applicable qu'à partir du premier janvier 2008 !

En fait, les perdants c'est tout simplement les salariés, dont les droits vont encore régresser...

http://actupolitique.blog.20minutes.fr/archive/2007/11/25/premier-bilan-de-la-greve-des-transports.html

@tefy
souhaitons que ses parents ne soient pas morts

C'est bizarre, ils ont dit: "Ah ces braves français courageux qui ont galéré matin et soir pour se rendre à leur travail etc...",

je n'ai pas entendu qu'ils aient dit: "Ah ces courageux français qui galèrent avec leur maladie chronique et qui vont avoir la double peine avec les franchises médicales",

j'ai du rater des épisodes...

Et vla ti pas que c'est au tour des pauvres vieux ou vieux pauvres de passer à la casserole :
http://olivierbonnet.canalblog.com/

Les services municipaux commencent à accrocher les décorations en travers des rues. Des monceaux de foie gras dégoulinent des rayons de mon supermarché.
Comme beaucoup de mes "clients", je commence à préparer ma lettre à qui de droit.
Chère Maman Noël,
J'espère que tu vas bien et que la Grande Muraille t'a plu.
D'abord, je voulais te dire que j'aime beaucoup te voir à la télévision et dans Gala avec tes belles robes qui brillent.
Il est vraiment gentil Michel Drucker ?
J'ai même un copain qui m'a dit que tu vas chanter avec Tokio Hotel à la Star'Ac.
T'as trop de la chance.
Cette année, je te promets que j'ai été très sage.
J'ai rien dit quand tu as annoncé que tu supprimais le tribunal à côté du mien. C'est pas grave, leur substitut ressemble à Bill, le chanteur de Tokio Hotel, ça ne me dérange pas de le prendre sur mes genoux (de toute façons, il ne va pas y avoir le choix).
Et j'ai répondu gentiment quand le substitut d'ici est venu me demander en urgence combien j'avais mis de mineurs en prison cette année. Il avait peur de te faire de la peine s'il ne répondait pas assez vite.
J'ai même pas râlé (enfin pas tout haut) à la troisième procédure de présentation immédiate de la semaine.
Bon, pour les peines plancher j'étais pas trop trop d'accord, mais c'est voté, alors j'ai pas le choix.
Je me console en écoutant ma super compile de Faudel et Mireille Mathieu.
J'en enverrai une copie à la maison d 'arrêt, ça évitera qu'ils se disputent trop, à 8 par cellule.
Heureusement, tu nous a offert le beau portique de sécurité qui fait plein de bruit chaque fois que les gens essayent de venir nous voir avec un couteau. Quand on l'a installé, c'est bête, mais je me suis sentie un peu aimée.
Pas longtemps parce qu'après quelqu'un a dit que j'avais une gueule de petit pois, mais quand même ça change, ça fait plaisir.
Aussi, j'aurais bien voulu te voir de près quand tu es venue au tribunal pour la carte judiciaire, mais les policiers n'ont pas voulu.
Alors comme j'ai été très sage cette année (je sais, je me répète, mais des fois j'y crois pas moi même), je voulais t'envoyer la liste de tous les cadeaux que tu pourrais déposer sur mon épitoge :
- une nouvelle greffière, modèle Dora l'exploratrice, parce que celle de ma collègue elle a la peinture chinoise qui s'écaille de partout, rapport au stress de ne jamais voir baisser les piles sur son bureau
- 2 ou 3 "Ken protection judiciaire de la jeunesse", pour qu'ils puissent voir les mineurs plus d'une fois par mois.
- La super armoire de Barbie parce que les miennes elles sont déjà pleines de dossiers et on sait pas où mettre les nouveaux
- une deuxième photocopieuse Nintendo, parce que la nôtre on peut jamais y accéder vu que les avocats font la queue pour faire eux même leurs copies.
- une recharge de substitut, parce que le mien il n'aura bientôt plus de batterie à force de rédiger des rapports demandés par le parquet général. De toutes façons, il demande à passer au siège.
- Une voiture Majorette king size pour les audiences foraines (un chauffeur, ça pourrait être pratique aussi)
- un Trivial Pursuit spécial "juge des victimes", parce que j'ai beau retourner mes manuels de droit dans tous les sens, j'y comprends toujours rien.
- Un bon pour une année entière sans réforme pénale. Ca ferait baisser ma tension de pouvoir ouvrir mon Dalloz en toute confiance sans me demander si le texte est toujours en vigueur. Je sais, c'est beaucoup demander, mais bon en même temps c'est Noël.
Si tu pouvais aussi voir avec la dame aux cheveux blancs qui aime bien faire du vélo pour transférer de l'Etat au Conseil Général le Monopoly promis à la suite de la réforme de la protection de l'enfance, ça serait super cool aussi. Ca serait vachement bien que pour une fois on ait les moyens d'appliquer une nouvelle loi.
Je sais que j'ai déjà eu mon cadeau de Noël en « rachetant » 4 jours de congés que je n'avais pas pu prendre cette année (à 125 euros brut la journée, j'étais contente, ça fait presque 12 euros 50 de l'heure).
C'est bien, comme ça je n'ai plus que 9 jours non pris à mettre sur mon compte épargne temps.
Ceux de cet été où j'ai rédigé des jugements le matin avant d'aller à la plage dans mon super Passeport pour l'année judiciaire, je t'en fais cadeau parce que tu ressembles trop à Miss France.
Je sais aussi que tu nous a promis Cassiopée, le nouveau logiciel super-génial qui fait même le café.
Mais quand même, ce serait vachement sympa si tu pouvais faire un petit geste en plus. Une photo dédicacée de Christian Clavier, j'aimerais bien aussi.
Prends soin de toi, je trouve que tu as mauvaise mine en ce moment.
Je te recontacte pour la petite souris.
Dadouche
http://www.maitre-eolas.fr/2007/11/27/796-liste-de-noel


Toujours dans le même fil de la discussion, mais à propos d'un autre évènement tout aussi symptomatique des bouleversements en cours, cette petite chronique.

"Une dépêche AFP nous informe en effet, aujourd'hui, que Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM, l'union des industries et des métiers de la métallurgie, est placé en garde à vue,ce mardi 27 novembre à 14 heures, par la brigade financière. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Enfin, pour ceux qui veulent ignorer la gangrène social-corporatiste qui rongent depuis des lustres notre société.Dans quelques temps, on verra apparaître en effet le vrai visage du syndicalisme patronal et syndical. Un monde opaque aux circuits de financements aussi clairs que ceux, gérés paritairement, de la formation professionnelle, entre autres...Un monde sans syndiqués, ou presque.Un monde, enfin, dominé par le secteur public et celui d'entreprises ex-publiques, du côté des salariés, et de l'UIMM et de deux ou trois autres fédérations du secteur privé, de l'autre. Avec, pour couronner le tout, un Etat finançant directement ou indirectement ( mise à disposition de personnels...) l'ensemble. Ce système, entretenu depuis Vichy par une droite conservatrice et une gauche jacobine ( Robespierriste plutôt ), qui ne le constate, est à bout de souffle et pose, à l'évidence, des questions ethiques et politiques qu'il n'est plus permis d'éluder. Les masques vont bientôt tomber, et la crédibilité de notre fameux modèle sociétal, du moins ce qui en reste, encore un peu plus dévaluée.Le remède! Certainement pas, comme le préconise la doxa intellectuelle et journalistique, le repli sur les identités corporatistes ( avocats, buralistes, cheminots,gaziers...) et communautaires présentés comme " le peuple en lutte", la négation même de l'idéal républicain. Mais plutôt une bonne injonction de " libéralisme " faite de transparence, d'autonomie, de responsabilité et de régulation publique et juridique sans défauts. Cinq ans ne suffiront pas...

PS: A lire, sans tarder, cet article: www.nouveleconomiste.fr/1405/1405-cassius.html , lu après la rédaction de cette chronique..."

anti_bug_fck

Très instructif mais inquiétant aussi :

http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article=1352&titre=Le-5e-rapport-du-COR-prepare-l

Savoir lequel a gagné de Sarkozy ou de Thibault, m'est complètement indifférent.
Il m'importe de savoir, au sortir des négociations, si :
1. Notre régime de répartition sera un peu plus équitable.
2. Notre système de redistribution sera un peu moins injuste.

Pas vous ?

Erick, vous aviez envoyé Bernard au travail, avec une certaine élégance, et même une élégance certaine :

« Hé bien vérifiez donc, Bernard ! Ca nous changera.
Rédigé par: Erick | le 27 novembre 2007 à 16h40 »
(« ça nous changera » : la classe, la grande classe)
lui demandant, en quelque sorte, de faire ce que vous ne faisiez pas :

« DD, Qu' attendez-vous que je réponde à une question aussi candide ? :-o)
Rédigé par: Erick | le 09 novembre 2007 à 16h25 »
(réponse tout aussi classieuse sur la note Pessimisme français)

Comme je suis têtu et voyant qu’effectivement la situation de ces gens était le cadet de vos soucis, j’ai pris contact avec l’Inspection du Travail. Pour apprendre qu’il y aurait deux statuts
- Travailleur temporaire (12 mois maxi) : aucune possibilité de regroupement.
- Travailleur salarié (6 ans maxi) : droit de déposer une demande de regroupement seulement après 18 mois de travail.
(Le dossier prenant plusieurs autres mois pour aboutir, bien sûr).

Concrètement : on résume :
- Dans un cas, une famille privé de contacts concrets pendant 12 mois
- Dans l’autre, une famille privé de contacts concrets pendant bien plus de dix-huit mois.
Contacts affectifs, sexuels, éducatifs, tout ce dont un humain a besoin.

Mettez-vous, si ça vous est possible, dans la peau de ces hommes, de leurs femmes et surtout de leurs enfants.

Mes ces gens, sont-ils des humains, ou une simple variable d’ajustement de l’économie, des pions destinés à faire un travail dont on ne veut plus car trop dur et mal payé, à faire baisser les prétentions salariales de qui ose vouloir autre chose que des clopinettes à la fin du mois ?

Un an, deux ans, dans la vie d’un enfant, c’est très long. Un de ses voisins, ouvrier boucher, est parti 8 mois en Allemagne. Son fils de 11 ans, qui jusque là allait bien, a décroché pour des années de galère : études ratées, petite délinquance. Je crois qu’il va mieux, mais j’ai perdu le contact. Il ne me reste qu’une phot de lui dans mon cerisier.

Ce cas n’est pas isolé. De plus en plus de jeunes dérapent parce qu’ils n’ont plus au dessus d’eux un cadre paternel, rassurant et structurant. Voyez les conséquences dans les émeutes de banlieue. Mais il est vrai que ces émeutes sont un tel pain béni pour celui qui s’en aide pour se faire élire (2005, la Gare de Nord) ou pour continuer à diviser les Français, donc à régner sur eux, que la fabricationde ces émeutiers fait partie du plan...

(Je tiens à votre disposition la totalité du document de l’Inspection du Travail)

Correction : "un de mes voisins... était parti..."

DD,

Pensez-vous que faire des procés d' intentions à longueurs de temps en assénant des "vérités vraies" sans démonstration, c' est plus classieux ?
Quant au qualificatif "candide" je n' avais pas conscience qu' il fut injurieux ou même vulgaire. Je l' ai employé avec un brin d' ironie car je vous imaginais avoir déjà en tête les remarques que vous venez d’ émettre, moi-même étant ignorant du détail des règlementations régissant le regroupement familial.
Surtout, je vous imaginais également poser deux problèmes.
Le premier est celui de la contradiction entre le souhait semble-t-il actuel de limiter si ce n’ est de réguler le regroupement familial d’ une part et la continuation de celui-ci en conséquence d’ une immigration organisée d’ autre part.
Le deuxième problème est de savoir comment régler la situation des enfants. Quid des enfants en cours de scolarité au terme du séjour des parents ? Comment gérer l’ application du droit du sol aux enfants nés sur notre territoire ?
Plus généralement, comment va-t-on faire face à un accroissement prévisibles des demande de naturalisation ?
Il risque d’ être bien difficile de « rendre » à leurs pays d’ origine ces travailleurs spécialisés !

Voilà. Sans doute vous imaginais-je aussi mal que vous, vous parlez de mes soucis dont je n’ ai pas parlé un instant.

Merci de vos précisions légales. On peut éventuellement anticiper que ces dispositions s’ appliquant aujourd’ hui seront adaptées en vue de faciliter l’ immigration professionnelle.

Non, c'était une vraie question, et je n'avais pas apprécié que vous la trouviez candide, cela sur le ton hautain avec les autres posteurs qui est souvent le vôtre ici.

J'ajoute, et je parie de vous surprendre, que je ne suis pas contre l'immigration contrôlée. Sauf s'il s'agit de piller la ressource humaine des pays d'émigration (ça s'est déjà vu, je crois), ou d'utiliser l'immigration pour "calmer" les légitimes demandes du salariat français (ça s'est déjà vu, je crois).
Et si cette immigration est réalisée de façon humaine. Donc : je fais venir un immigré de façon légale = je fais venir aussi sa famille. La vie d'un enfant (et vous le savez si vous en avez) ça n'attend pas. Ceci répond à votre premier problème.

Réponse au deuxième (car je réponds, moi ;-) : ils finissent leur année scolaire, et poursuivent leurs études dans leur pays d'origine. Ils en auront la force. Les familles (et donc les enfants) qui prennent le risque de venir dans un pays aussi peu accueillant que le nôtre (comparé à la Grande Bretagne ou à l'Espagne) ont des réserves d'énergie qui leur permettent de savoir faire face mieux que nombre de nos compatriotes ramollos-mollos. Souvenons-vous du petit Russo-Tchétchène, arrivé à 16 de moyenne au bout de seulement deux en France-terre-d'accueil, patrie-des-Droits-de-l'Homme et autres prétentions outrecuidantes.

On est à peu prés d' accord.
Il n' en reste pas moins que, s' il n' y pas un véritable contrat avec à la fois ces immigrés et leur pays d' origine, il faudra sans doute s' attendre à un flot de demandes de naturalisation. Personnellement, ça ne me gêne pas mais du point de vue social et du marché de l' emploi, il faudra du doigté.
Reste aussi en suspens la question des enfants nés en France; difficile de leur refuser la nationalité ainsi que tous les droits qui s' y rattachent sauf à réformer le droit du sol.

Nous parlions au départ du projet de loi Hortefeux. Prévoyant un séjour en France limité, le retour dans le pays d' origine, s' il fonctionne, sera plus un enrichissement pour ce dernier qu' un pillage en sa défaveur.
Il s' agit de surcroît d'immigrés qualifiés dans des métiers dont nous manquons particulièrement. Donc, a priori peu de chances de voir cette main d' oeuvre utilisée comme levier à la baisse des salaires.

Une dernière question à propos de notre point de désaccord essentiel :
Est-ce le :-) aprés le mot "candide" qui lui donne un ton hautain ?

Accord avec l'ensemble de votre réponse. C'est dit sans ironie ni réserve. Pour moi qui suis père et garnd-père, qui ai par métier trop vu les dégâts individuels et collectifs d'une éducation à trous, la question des enfants est sacrée.

"Est-ce le :-) aprés le mot "candide" qui lui donne un ton hautain ?"

Le tout, et le ton que vous employez souvent avec les autres, comme déjà dit. Personnellement, je m'efforce de ne jamais "attaquer" un posteur sur sa façon de poster*

Mais je peux lui répondre. Tendre la deuxième joue, je sais pas faire !

* Et on me trouvera peut-être la preuve que je mens ou que j'ai perdu la mémoire ;-)

@Erick

Vous dites :
"Nous parlions au départ du projet de loi Hortefeux. Prévoyant un séjour en France limité, le retour dans le pays d' origine, s' il fonctionne, sera plus un enrichissement pour ce dernier qu' un pillage en sa défaveur."

Connaissez-vous une étude sur le sujet qui arriverait à cette conclusion (votre dernière phrase)? Sans être convaincu du contraire, j'ai quand même un doute. Ce que j'ai lu sur le sujet tend en général vers des conclusions mitigées, ou inverse à la votre (sur l'impact des migrations sur l'économie, plusieurs articles intéressants chez éconoclaste, dont : http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006/01/10/356-effets-economiques-de-l-immigration-premiere-partie-le-brain-drain

Plus généralement, les arguments du type "c'est mieux pour le pays d'origine" ou "c'est mieux pour
les immigrés eux-même" me semblent souvent de très mauvaise foi (pas chez vous bien sûr, mais chez Hortefeux oui); le premier politique invoquant l'intérêt des pays d'origine pour refuser l'immigration étant?... Jean-Marie Le Pen...

Par ailleurs, l'idée, qui semble avoir votre faveur, d'un "véritable contrat avec à la fois ces immigrés et leur pays d' origine" évoque pour moi des kilomètres de paperasse, des milliers de fonctionnaires... bref, un de ces sytèmes complexes et bureaucratiques dans nos politiques ont le secret (je préfère un système simple : oui, vous avez le droit de vous installer, on vous donne un visa et on vous fiche la paix / non, désolé, au revoir). Le tout pour qu'à la fin les gens signent dans la case prévue à cet effet. J'imagine d'ici l'impact... Au mieux nul, au pire (et c'est encore emprunté chez éconoclaste):

"
Dans Le monde daté du 2 octobre :

"l'immigration économique qualifiée, que Nicolas Sarkozy et le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, disent vouloir favoriser, risque elle aussi d'être entravée. Le projet de loi vient, aux yeux des cadres étrangers, alourdir encore un peu plus le parcours du combattant que devient une installation en France. La précédente loi de juillet2006 avait déjà rendue obligatoire la signature d'un contrat d'accueil et d'intégration (CAI) pour tout nouvel arrivant, même pour les salariés en mission temporaire."

Un exemple :

"Toutes ces contraintes 'ternissent fortement l'attractivité de la France', se désole Antoine Lesuffleur, chercheur en nanotechnologies. Avec son épouse ukrainienne, rencontrée dans un laboratoire suisse, il a fini par s'exiler aux Etats-Unis, las du 'parcours du combattant' qu'ils ont vécu pour qu'elle puisse obtenir une carte de séjour, puis une carte de résident, avant de décrocher la nationalité. Sans que, jamais, sa femme, pourtant non moins diplômée que lui, ne trouve du travail."
"

En fait, en examinant les propositions d'Hortefeux, on s'aperçoit que les objectifs affichés sont contradictoires entre eux, et que les moyens mis en oeuvre ne correspondent pas aux objectifs affichés (comment pourrait-ce être autrement puisqu'ils sont contradictoires?). La seule explication à celà est que cette loi répond à une démarche démagogique.
L'expulsion après 6 ans de travail en France (dont en gros 2 ans sans famille, et 4 avec, au prix de centaines d'heures perdues en préfecture) reste pour moi particulièrement inepte.

J'ajoute que l'histoire de cet Antoine Lesuffleur est en tous points semblable à celle d'un collègue proche, chercheur lui aussi, francais, et marié à une américaine qui a dû se plier à des entretiens où des examinateurs pointilleux la questionnait sur son implication dans des associations de quartiers, sa participation à la vie de la collectivité, etc. En l'occurence, elle était membre de l'association des américains de la ville, à part çà rien. Figurez vous qu'on lui a quand même accorder royalement le droit de rester en France avec son mari. D'où de sérieux doutes sur l'intérêt de toutes ces question...

Mon collègue vient de s'exiler en Allemagne.

A partir de combien de fautes d'orthographes par post on est disqualifié?

On dirait que certaines personnes découvrent qu'effectivement les contrôles administratifs, c'est gênant. Et oui, c'est gênant. Mais hélas, c'est nécessaire lorsque des gens fraudent. Moi aussi, j'aimerais bien ne pas avoir à être contrôlé dans le TGV, parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée de ne pas payer mon billet. J'aimerais bien ne pas être filmé quand je fais mes courses, parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée de faucher dans les rayons. Il serait plaisant de ne pas avoir à prendre une demi-journée pour rencontrer un certain nombre de fonctionnaires, parfois pas très subtils ou compréhensifs, afin de fournir ou d'obtenir des paperasses stupides pour justifier (comme si j'étais un menteur!) de mon âge, mon emploi, ma situation de famille, mon domicile, mes revenus, mes impôts, ou simplement que j'ai bien déjà fait telle ou telle autre démarche dans une autre administration pas plus utile que la précédente et bien entendu, de préférence uniquement ouverte durant mes heures de travail. Mais tant qu'il y aura de la fraude, ce sera ainsi et ce n'est pas prêt de changer. Et je ne vois pas au nom de quoi les étrangers souhaitant venir en France devraient être dispensés des joies locales.

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