Malaises ADN
Je l'avoue, sur cette affaire de tests ADN, je ressens plusieurs malaises plutôt qu'une seule indignation.
Malaise d'abord face à la polémique sciemment lancée par une certaine droite obsédée par la volonté de contenir son extrême. Le désormais fameux "amendement Mariani" doit beaucoup à la volonté de consolider la récupération d'une grande part de l'électorat FN par l'UMP. C'est surtout un signal qui renvoie, tout aussi symboliquement, à une tradition la plus réactionnaire de la droite: celle qui a toujours sacralisé l'inné par rapport à l'acquis (lire le point de vue du généticien Axel Kahn). Le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur a bien montré que l'on explique pas autrement l'entêtement des partisans de ces tests dont la portée ne serait que fort limitée.
Malaise ensuite devant les bouffées d'indignation d'une certaine gauche qui fait comme si une mesure en vigueur dans d'autres pays européens, et pouvant faciliter le regroupement familial de certains immigrés, était le plus grand scandale de l'époque. Le journaliste Philippe Cohen n'a pas tort de se moquer de cette gauche qui préfère toujours prendre la pose morale plutôt que de se battre sur le terrain social.
Malaise enfin en regard de la nature de ce débat. Le président du CRIF, Richard Prasquier, a expliqué pourquoi il ne signait pas les pétitions en soulignant les amalgames entretenus par les opposants à cette mesure. Une fois de plus, le goût de la polémique partisane, de la symbolique abstraite et des arrière-pensées tactiques ont fait des ravages.

Le terme même de gène est devenu un handicap de compréhension, à fortiori celui d'ADN. Le concept est valorisé à outrance dans les discours politiques (et médiatiques, mais c'est un peu pareil, non?), et précisement pour masquer le vide conceptuel d'intervenants, qui, n'osant pas s'opposer à une politique de contrôle de flux migratoire qui à la faveur de l'opinion, singent l'antithèse en se parant des beaux habits du moraliste.
Sauf que la morale en question est surannée, l'hypothèse raciste qui suppose qu'il existe des races humaines et que ces races sont inégales est fausse. Il n'est pas besoin de combattre ce qui est déconstruit par la science, nos atermoiements du présent ne rachèteront jamais les crimes du passé.
Les groupes humains ne correspondent pas aux critères visibles et à l'imago que chaque personne transporte avec sa culture. Notre voisin qui nous ressemble tellement peut avoir une moindre proximité génétique qu'un habitant du bout du monde, si différent. Comme le dit André PICHOT (chercheur au CNRS et historien des sciences) : "Il est devenu totalement absurde de parler de gène propre, soit à une maladie, soit à une caractéristique physique ou mentale".
De Maupertuis à Darwin en passant par Mendel , nous avons eu à chaque étape la volonté d'expliciter le vivant et sa perpétuation par des théories liées aux connaissance scientifiques de leur temps. L’ère de la postgénomique (ex. épigénétique) nous permet de conceptualiser le vivant de manière plus globale sans le réduire à la pangénèse.
La bataille n'est plus entre une droite qui croirait avant tout à la composante naturelle, et une gauche qui penserait que la personne est le produit de son environnement. C'est réducteur et historiquement inexact, Lyssenko était de gauche, l'élitisme républicain met en avant les qualités intrinsèques de la personne au-delà de ses origines (Fadela, Rachida, Rama, si vous nous lisez...). Il est intéressant de noter que seul homme de gauche qui ose mettre en avant cet élitisme est JP Chevèment vient de faire traiter de maurassien par BHL, qui ne rate jamais une occasion des dire des conneries.
Alors le test de filiation prévu par l'amendement Mariani c'est quoi ? l'écriture d'un document produit par un laboratoire agrée qui prouve que "a" est fils ou fille de "b", que "b" doit être la mère et en aucun cas le père, document gratuit dont l'obtention doit être autorisée par un juge.
Mariani est content, il a réussi à graver "ADN" dans un texte de loi, lui vient d'un département agricole qui ne brille ni par sa modernité ni par son ouverture d'esprit.
La gauche et ses satellites sont heureux : ils ont une fois de plus sauvé la France du fascisme.
Rédigé par: all | le 15 octobre 2007 à 13h48
D'accord et petite remarque supplémentaire. Hier, la mode médiatique était à la recherche de la filiation biologique. Dans les téléfilms, au JT, à propos de l'accouchement sous X, etc , il devenait capital, vital, de savoir quels étaient les géniteurs biologiques. Et voilà que le vent médiatique, sous l'effet de l'actualité politique, se retourne et nous ramène à la vérité d'avant hier : dans la filiation, le culturel, la relation éducative et affective est plus important que les gênes ... Et si on sortait de ces passions artificielles et de ces guerres de religion fabriquées de toutes pièces par les officines politiques ou médiatiques...?
Rédigé par: Guzet | le 15 octobre 2007 à 13h51
Tout à fait. Cette histoire d'ADN c'est un peu comme si on avait donné un os à ronger à l'opposition qui comme le dit All n'ose pas par " s'opposer à une politique de contrôle de flux migratoire qui à la faveur de l'opinion". Faute de débattre sur le fond, on s'accroche à un détail...
Rédigé par: polluxe | le 15 octobre 2007 à 14h46
Axel Kahn écrit:
"Notre pays, après d'importants débats au sein de la société, ..., a considéré qu'il ne fallait pas que le lien de filiation se réduise à sa dimension biologique ... "
J'ignorais que des personnes extérieures à une famille pouvaient décréter que le père d'un enfant n'est pas forcément son père biologique, pour quelle raison d'ailleurs? Il me semble moi, que la mère et les enfants ont leur mot à dire dans cette histoire et s'il faut parler de malaise, ne survient-il pas précisément lorsque, parce qu'un père est absent, il faut faire semblant pour la société, qu'un autre est le père, et gommer l'histoire de la mère? Il faudrait se donner la peine, pour être exact de dire qu'un autre peut tenir lieu de père.
Mais ce texte d'A. K. introduit surtout la question du doute de la paternité, et là, c'est carrément la question de la fidélité conjugale de la mère dont le test ADN pourrait attester ou non à défaut de ceinture de chasteté, qui est en filigrane du débat, de quoi en effet éprouver un grand malaise...
Ce n'etait pourtant pas l'argument avancé pour le regroupement familial puisque ces tests seraient proposés pour remplacer la production d'actes d'état-civil 'trop longs' à obtenir ou non fiables mais en proposant de restreindre le test à la mère, ils ne font qu'en rajouter une couche: ils introduisent le doute possible sur la paternité.
La science n'a pas fini de nous apporter des malheurs ...
Rédigé par: Annnick | le 15 octobre 2007 à 14h49
Comme d'habitude, tout le monde discute sur des idéologies et non sur des faits !
Quels sont donc les termes exacts de cette loi déjà fortement amandée ?
Rédigé par: Ozenfant | le 15 octobre 2007 à 15h16
Amendée, Gilbert ! Elle déjà est suffisamment amère pour certains ...
Je veux bien admettre comme chez les parents adoptifs ou chez les "couples recomposés", le lien familial puisse être autre que génétique.
Mais pouvons-nous accepter sans contrôle de voir arriver qui que ce soit de l' étranger, suivi - pas naïf - d' une tripotée d' enfants sans aucune justification ?
J' ai du respect pour le Professeur Kahn mais qu' il laisse à son frère la philosophie de bazar ou l' angélisme.
Rédigé par: Erick | le 15 octobre 2007 à 15h48
Monsieur DUPIN, s'il vous plait, pourriez-vous nous indiquer quels sont les pays européens qui ont souhaité faire appel aux tests ADN et en quoi leur application diffère de la nôtre.
Remerciements sincères anticipés
Kaouais
Rédigé par: Kaouais | le 15 octobre 2007 à 16h01
Plutôt que de discuter de l'ammendement ADN, lire:
http://www.maitre-eolas.fr/2007/09/20/730-la-nausee
http://www.maitre-eolas.fr/2007/09/21/731-prix-busiris-a-monsieur-eric-ciotti
http://www.maitre-eolas.fr/2007/10/05/742-merci-messieurs-les-senateurs
Rédigé par: Michel | le 15 octobre 2007 à 16h11
Il faudrait faire passer une loi relative à l'opposition, pour faire reculer la place des débats stériles dans notre joyeuse société : ce serait ainsi un progrès que seules les critiques accompagnées de propositions parallèles aboutissant au même résultat puissent être reçues et débattues.
Parce que là, les socialistes toujours contre, sans que pour autant la lueur d'un neurone ne semble éclairer leur cerveau politique, et par extension leur force de proposition... cela commence à être vraiment lassant. Leur "cabinet fantôme" porte bien son nom.
Enfin, en sollicitant le MoDem, les assos, et en râclant les fonds de tiroir, ils arrivent à rassembler 6000 personnes au Zénith, c'est déjà bien... Combien Sarkozy en avait rassemblé le 14 janvier? Je ne me souviens plus...
Sinon, pour Kaouais :
http://www.20minutes.fr/article/185667/France-Les-tests-ADN-a-travers-l-Europe.php
Rédigé par: damocles | le 15 octobre 2007 à 16h47
"pouvons-nous accepter sans contrôle de voir arriver qui que ce soit de l' étranger"
En bon ultra-libéral que je suis, bien sûr que oui !
Libre circulation des capitaux qu'on peut expédier là où ils ne seront pas imposés, libre circulation des entreprises qu'on peut délocaliser là où la main d'oeuvre est moins chère, libre circulation des personnes qui peuvent aller là où la vie est meilleure.
C'est d'un logique imparable.
Rédigé par: Hihi | le 15 octobre 2007 à 16h58
pour lire l'amendement c'est là : http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/0057/005700036.asp
et le projet de loi là : http://ameli.senat.fr/publication_pl/2006-2007/461.html
Rédigé par: polluxe | le 15 octobre 2007 à 17h01
"Il faudrait faire passer une loi relative à l'opposition (...) seules les critiques accompagnées de propositions parallèles aboutissant au même résultat puissent être reçues et débattues."
Autrement dit, que l'opposition aboutisse aux mêmes idées que la majorité.
Là, je crois que je vais éclater de rire.
Rédigé par: Est-ce trop, Zi (pas d'âne) | le 15 octobre 2007 à 17h03
"Autrement dit, que l'opposition aboutisse aux mêmes idées que la majorité."
Vous voyez, même ça vous êtes incapable de le comprendre : pour les propositions inédites ce n'est donc pas gagné.
Il n'est pas question d'aboutir aux mêmes idées. Seulement le problème de l'immigration ne se pose pas qu'à la majorité, ses dysfonctionnements non plus. Il faut donc prendre des mesures. Quelles sont les propositions du PS en la matière, à part critiquer la droite, et régulariser à tour de bras pour ne plus se poser de questions - trop compliquées ?
Le "même résultat" dont je parle, c'est la résolution des problèmes. C'est navrant de devoir l'expliquer.
Rédigé par: damocles | le 15 octobre 2007 à 17h25
Mariani n'est pas à proprement parler un député dont l'UMP peut être fier. Le garçon n'est pas réputé pour être malin. Comme on dit en psychologie, c'est un "primaire". J'ajouterais un "primaire" qui n'est pas à une connerie près pour se faire remarquer, et qu'on parle de lui.
Le "deuxième malaise" d'Eric Dupin me paraît chasser le premier. Cette disposition est effectivement à l'oeuvre ailleurs en Europe. Rappelons qu'elle est effectivement prévue pour être gratuite, et sur la base du volontariat. Mais la gauche tient là le truc qu'elle préfère, c'est-à-dire un beau combat humaniste contre des décisions ("qui-rappelle-les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire"). Ce genre d'épisode susceptible de draîner le ban et l'arrière ban de la haute conscience morale du pays, dans un combat abusivement présenté comme la lutte pour la démocratie ou la liberté. On a les mobilisations que l'on peut, mais une comme ça, c'est de l'or en barre pour sa valeur emblématique.
Pendant que le monde politique et médiatique rejoue le feuilleton des "bons contre les méchants", on fait mine d'oublier que cette mesure vise clairement les immigrés africains. Il se sait en effet que le regroupement familial est souvent l'occasion pour un immigré africain travaillant en France, de faire venir femme et enfants, étant entendu qu'en Afrique, les enfants de la soeur, de la tante, ou de la cousine sont considérés comme les siens propres. C'est là une "occasion" bien compréhensible de sortir de l'ornière de pays corrompus, et sans avenir, ses enfants et ceux de ses proches. Sur l'air de "plus on peut en sortir, mieux on se porte".
Les services de l'immigration française ont parfaitement repéré ce dévoiement de la loi, et le petit Mariani a vu là une occasion de "briller". Si un immigré, qui n'est pas le père biologique, mais assume la fonction de père (au sens de patriarche) au point de faire venir sa progéniture et deux ou trois enfants de la "famille", il renoncera au test ADN ou se contentera de faire venir son épouse et ses seuls enfants.
Comme le reste, ça va mieux en le disant. Mais il n'est pas sûr que Mariani aurait eu le courage de dire la finalité de cette disposition dont la vocation est clairement de dissuader l'immigré africain d'exfiltrer "ses" enfants au sens africain du terme.
Rédigé par: matéo | le 15 octobre 2007 à 17h54
J'ajouterais que la question est quand même délicate. On est tenté de rejeter cette disposition intrusive, relevant d'une sorte de chantage (Cet enfant peut rester, mais pas celui-là il n'est pas de vous). D'un autre côté, je rejoindrai Damoclès, sur le fait que les dysfonctionnements de l'immigration sont une problématique qui se pose à l'ensemble de la collectivité nationale, et qu'il appartient, derrière, quand ces regroupements familiaux sont opérés, aux maires des communes d'accueil de ces populations (qui ne sont ni Neuilly sur Seine, ni Vincennes) de trouver les logements adaptés à tout ce monde et de scolariser les enfants. Où commence le devoir d'hospitalité, d'accueil et plus généralement l'humanisme, et où s'arrête t-il quand la non régulation des flux ou la régularisation massive mettent en péril des équilibres sociaux déjà précaires dans certains départements ou certaines communes ?
Rédigé par: matéo | le 15 octobre 2007 à 18h03
Damoclès,
et si le problème à régler était moins celui de l'immigration, que celui de la xénophobie grandissante - en France et en Europe - et de quoi faire vis-à-vis d’un électorat d’extrême-droite dont on doit se sentir un peu l’otage ?
Rédigé par: D.H. | le 15 octobre 2007 à 18h15
"Le "même résultat" dont je parle, c'est la résolution des problèmes. C'est navrant de devoir l'expliquer."
Mais cher Damoclès, vous n'auriez pas dû l'expliquer si vous aviez parlé de "résolution des problèmes" auparavant !
Sérieusement, mon ironie s'applique au fait que la seule gauche réaliste aux yeux sakozystes est celle qui a les mêmes idées que la droite ;-)
Rédigé par: StroZi | le 15 octobre 2007 à 18h33
Stro Zi,
Je ne peux parler qu'en mon propre nom, sur ce point : je suis attentif à tous les points de vue, y compris de gauche, d'autant que je reçois plus souvent les idées comme venant d'un individu que d'un parti. C'est d'ailleurs pourquoi je me définis - pompeusement - comme sarkozyste, et non comme umpiste. Par exemple, l'article sur Didier Migaud (PS) dans le Monde d'aujourd'hui est passionnant, et ses arguments font vraiment réfléchir, je trouve.
Mais reconnaissez que sur certaines questions sociétales, comme l'immigration, le PS a depuis des années essayé de nous faire croire que le problème était "dans nos têtes". Surtout lorsque, à leur différence, elles n'étaient pas plongées dans le sable.
Et là je réponds à Matéo et D.H. sur l'immigration : tout dépend de ce que l'on considère comme une priorité. Soit la France est juste une zone géographique neutre, qui peut être parcourue librement, en fonction des besoins migratoires internationaux. Soit, et c'est ce que je crois au plus profond de moi, elle reste une REPUBLIQUE, c'est à dire une addition de différences autour de valeurs communes, conditions sine qua none à son accroissement. Or l'immigration telle qu'elle a été gérée ces 30 dernières années a conduit à un échec flagrant du point de vue de l'intégration - non pas forcément sociale ou professionnelle - mais républicaine.
Rédigé par: damocles | le 15 octobre 2007 à 19h36
Dans cette affaire, il y a tout de meme une question qui se pose: a quoi sert le comite consultatif national d'ethique ? Je ne me posais pas cette question jusqu'a ce que je tombe sur l'avis n°100 du CCNE. On y trouve en effet, outre des considerations politiques qui n'ont strictement rien a voir avec les questions scientifiques dont est charge le dit comite, la phrase suivante:
"Elle [l'adoption de cette mesure] conduirait furtivement à généraliser de telles identifications génétiques, qui pourraient se révéler à terme attentatoires aux libertés individuelles."
Je trouve siderant de trouver cette prose dans l'avis de l'institution justement chargee d'eviter les derives! Etait-il bien necessaire de regrouper des douzaines d'experts pour se voir infliger ce genre de banalites ? "Peut-etre que si l'on generalisait... il se pourrait que... subrepticement..." On aurait pu penser que ce comite etait justement la pour discuter les modalites concretes de ce type de disposition: qui preleve et gere les echantillons, quid de la confidentialite des resultats, definition du perimetre d'application, etc. Mais non! S'ils ne sont pas la pour faire ce job, alors je me demande si l'on n'est pas en presence d'une enieme usine a gaz dont l'objet principal est d'organiser une "bonne bouffe" entre potes...
Rédigé par: Gargamel | le 15 octobre 2007 à 20h10
Maurice Couve De Murville ancien premier ministre disait au sujet des socialistes que lorsqu’ils étaient aux affaires du pays ils ne jugeaient pas les problèmes de la même façon que pendant les années où ils se trouvaient dans l’opposition et n’avaient d’autres soucis que de critiquer le gouvernement, tout en proclamant bien haut, pour édifier le monde, les grands principes du « socialisme » concernant les droits de l’homme et le tiers monde.
Revenus dans l’opposition les socialistes ont tout aussi vite oublié que le poids des responsabilités oblige à considérer les vrais problèmes et à agir en fonction des intérêts de la France sur la base des réalités de la vie. Qu’il est loin le temps où Michel Rocard premier ministre de François Mitterrand et probablement dans un éclair de lucidité estimait en 1990 au sujet des sans papiers « que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part ». C’est ce que fait le gouvernement mais là ça ne passe pas. Couve De Murville avait raison. Le peuple de gauche et ses élites faute d’idées nous font à nouveau le coup de l’indignation sélective. Mais ça on connaît et on s’en émeut pas le moins du monde.
Rédigé par: flamant rose | le 15 octobre 2007 à 21h11
La gauche socialiste me semble avoir quand même changé: elle est acculée à sortir du bois uniquement sur des questions affectives comme celle des tests ADN. Elle ne demande pâs le retrait de la loi, mais seulement de cet amendement. Le fascisme vient quand les idées fascistes se banalisent ET lorsque la gauche est soit inexistante, soit non crédible, soit dispersée. Peut être la gauche actuelle est-elle tout cela à la fois.
Rédigé par: Karl Marx | le 15 octobre 2007 à 21h28
"les idées fascistes"...
Vous rendez vous compte de la banalisation de ce terme que vous opérez? Savez vous seulement ce que ces mots signifient? Visiblement, non.
Si le fait de faire une différence entre les personnes qui respectent les lois de la République et les autres est fasciste... alors c'est la notion de loi, de Constitution, qui relève du fascisme. On a donc le choix entre l'anarchie et le fascisme, sans intermédiaire.
Rédigé par: damocles | le 16 octobre 2007 à 07h31
Si l'opposition d'aujourd'hui (la gauche principalement) n'a AUCUN programme qui tienne la route concernant l'immigration, c'est pour une raison très simple :
Ne pas gérer cette question quand elle était au pouvoir , et contrer systématiquement quand elle est dans l'opposition était et est une nécessité pour laisser VOLONTAIREMENT cette question pourrir.
Pourquoi ?
Tout simplement pour permettre au FN de se maintenir en bonne forme, empêchant ainsi d'une part de rapatrier les voix FN dans la république, d'autre part de limiter les scores de la droite républicaine aux élections diverses.
Depuis le 6 mai, ceci dit, pour la gauche c'est gueule de bois ...
La gauche aujourd'hui n'a qu'une seule envie : faire remonter le FN, c'est sa poire de survie...
Un seul moyen donc : laisser encore et encore pourrir le problème de l'immigration, sans apporter de réponses, si possible même en utilisant tous les moyens comme de comparer les tests ADN à je ne sais quel relent venu de nulle part.
Rédigé par: Olivier | le 16 octobre 2007 à 11h57
Même si l'amendement a été profondément modifié par le sénat, il reste néanmoins une tache sombre : aucun membre de l'éxécutif n'avait trouvé à redire sur la première mouture de l'amendement Mariani. Lequel, légèrement modifié en urgence sous la pression, a été adopté par l'aile fascisante de l'Assemblée Nationale.
Il est primordial que ces gens s'en retournent la queue basse, qu'ils reculent au delà de leur position d'avant ce triste épisode.
Rédigé par: JD3000 | le 16 octobre 2007 à 13h05
Le test ADN vient à propos.
Pour le Gouvernement, il entre dans le processus de la maîtrise de l’immigration, promesse de notre Président.
Il permet à l’opposition de ….s’opposer.
Il fournit aux « associations » matière à clamer haut et fort .......................
http://www.louis.over-blog.org/
Rédigé par: Louis de Saint-Aout | le 16 octobre 2007 à 16h42
... il met à jour des fissures et des contradictions dans la "majorité présidentielle".
Rédigé par: JD3000 | le 16 octobre 2007 à 16h50
"pouvons-nous accepter sans contrôle de voir arriver qui que ce soit de l' étranger, suivi - pas naïf - d' une tripotée d' enfants sans aucune justification ?"
(écrit par Erick)
Je déduis de ce passage (mais je le savais déjà...) que pour Erick et pour une partie de la droite, l'arrivée en France d'enfants d'immigrés déjà installés en France est en soi un problème. A vrai dire, ceux là percoivent l'immigration elle-même comme un problème (on va encore me dire que j'enfonce des portes ouvertes ;).
Je suis tout à fait d'accord avec l'exposé des motifs brossé par matéo : il s'agit de réduire le nombre d'africains faisant venir leur famille. Ensuite, peu importe qu'on ergotte sur la filiation biologique, le revenu minimum, ou n'importe quoi d'autre, tous les moyens sont bons pourvu que celà réduise (en apparence) le nombre d'enfants arrivant.
Il me semble qu'un point de divergence se situe là, dans cet objectif, qui s'explique uniquement - de mon point de vue - par une peur irrationelle de l'étranger dans une partie de la population, et par la volonté de Sarkozy de flatter cet électorat.
Donc, est-ce une mauvaise chose en soi que des enfants arrivent en France? Préfère t'on que les immigrés travaillant en France envoient l'essentiel de leur salaire à leur famille restée au pays, au lieu de consommer ici? Et qu'il vivent comme des sous-citoyens privés des droits élémentaires dont bénéficient les français?
On va me répondre que certains cas se soldent par un "échec de l'intégration"...
C'est se tromper de problème. Il y a un problème en France de ghétoïsation de certaines banlieues. Si on arrêtait demain complètement le flux des migrants, on ne résoudrait pas d'un poil ce problème des banlieus criminogènes, on assisterait en revanche à une pénurie de main d'oeuvre et à une baisse de la natalité (Aïe! et qui va payer les retraites?).
Si il y a des problèmes d'intégration et d'accueil des immigrants, travaillons à résoudre ce problème. Commençons par exemple par mettre en oeuvre les éternels "plans banlieue" qu'on nous ressort à chaque fois que ça chauffe, et construisons le commissariat promis par Sarkozy à Clichy... Ou bien évitons de regrouper tous les étrangers dans les même lieux.
Fermer les portes de l'immigration, en revanche, serait suicidaire, et Sarkozy le sait très bien puisqu'il organise une immigration de travail, à peu près pour les mêmes raisons que lors de la première grosse vague d'immigration maghrébine (notamment gros besoins d'embaûches dans le BTP). On prévoit même de régulariser des sans papiers, comme l'a fait remarquer Damocles dans le sujet précédent (http://www.lesechos.fr/info/france/4634918.htm).
Honnêtement, que X, africain de 6 ans, soit le fils biologique de Y, est-ce que ça en fera un meilleur maçon?
Quel est le problème alors? Le problème c'est la schyzophrénie de la droite, que pointe très justement Le Pen, qui consiste à presenter l'immigration comme un mal tout en continuant à laisser entrer des immigrés.
Ce double langage renforce dans une partie de la population francaise l'idée que l'immigration est une mauvaise chose, ou un cadeau fait au tiers-monde, pour lequel on attend des remerciements. Chez les immigrés, ça renforce le sentiment d'être indésirable. A l'arrivée, ça renforce simplement le racisme et les préjugés dans les deux sens, et çà rend plus difficile l'intégration de ceux qui arrivent ou sont déjà là.
Ceci étant dit, je reviens à la citation de départ, qui est un concentré d'irrationel et qui pose un problème fictif dans le plus pur style Sarkozy :
"pouvons-nous accepter sans contrôle..." : pourquoi sans contrôle? A l'heure actuelle, si je suis un malien moyen et que je demande un visa, même touristique, pour la France on me dira non. C'est aussi simple que çà. L'idée d'une immigration débridée "sans-contrôle" est un phantasme.
"...de voir arriver qui que ce soit de l' étranger..." : oui, c'est sûr, "qui que ce soit" est forcément plus dangereux s'il vient de l'étranger.
"..., suivi - pas naïf - d' une tripotée d' enfants" sans aucune justification ?" : Vous voulez dire sans autre justification que de vouloir les voir grandir, apprendre, et faire fortune en France? Ah, non, vous voulez dire sans autre justification que de vouloir gonfler le montant des allocations familiales... ces étrangers ont si peu d'ambitions de nos jours...
Rédigé par: Gatien | le 16 octobre 2007 à 19h35
Ahh la peur ancestrale de l'estranger !!
Boouuuuhhh on en frissonne de peur de voir toute cette multitude d'enfants noirs débarqués dans nos villes, avec l'objectif gravé dans la cervelle de se gaver de notre système généreux, bien évidemment.
Allez ressortons le fonds de commerce Lepéniste !
Rédigé par: bernard | le 16 octobre 2007 à 20h04
Qui a entendu parler de propos de Sarkozy sur un traitement chimique de la pédophilie??
Rédigé par: Karl Marx | le 16 octobre 2007 à 21h35
Karl Marx
J'ai entendu tous les psys parler des traitements inhibiteurs de pulsions sexuelles pour les déliquants de ce type : violeurs récidivistes et pédophiles.
Ces traitements sont effectivement chimiques...
Je n'imagine pas un instant que vous oseriez faire preuve d'une quelconque bassesse intellectuelle, comme celle qui consiste actuellement à amalgamer tests ADN (pratiqués dans 13 pays qui ne sont pas des dictatures fascistes) avec je-ne-sais-quel-relent !
Ce serait ignominieux.
Rédigé par: Bastien | le 17 octobre 2007 à 09h23
Comme quoi l' angélisme pousse aussi à la caricature des propos d' autrui.
Rédigé par: Erick | le 17 octobre 2007 à 14h19
Je ne faisais que poser une question sur une info d'un ami qui venait de me parvenir. mais j'aurais du me douter que forcément, on allait me soupçonner de faire des "amalgames", de quoi, d'aillleurs? Il ne faut pas non plus caricaturer des propos qui n'ont rien de caricaturaux.
Rédigé par: Karl Marx | le 18 octobre 2007 à 20h08