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25 juin 2007

Fièvre Royal

    L'inconstance et l'incohérence sont des éléments constitutifs du charisme très particulier de Ségolène Royal. Il y a quelques semaines encore, elle prétendait s'emparer au plus vite du PS. L'ancienne candidate s'était laissée convaincre par ses proches, aux premiers rangs desquels le toujours ponctuel et poétique Julien Dray, que son inguérissable ambition présidentielle passait par la conquête d'un parti qu'elle a toujours méprisé. Il a cependant suffi que la manoeuvre annoncée provoque quelques réactions hostiles, jusque parmi ses soutiens d'hier, pour que Royal change brutalement de route. Finalement, elle préfère la compagnie des "gens paisibles" qu'elle croise en Poitou-Charentes à la fréquentation des apparatchikis abscons et querelleurs de la rue de Solférino...
    L'héroïne de la "démocratie participative" continue à vouloir parler à la Terre entière sauf à ses camarades. Elle persiste à jouer de l'opinion et des médias contre son parti. Le PS n'est pas "un objectif en soi", vient-elle d'expliquer. Comprenez qu'elle n'envisageait de ne l'utiliser que comme marchepied de sa quête élyséenne. Mais comment conduire des gens que vous détestez ? Pour Royal, l'enfer, c'est les autres socialistes.
    Il est cependant douteux que l'ex-candidate aura les moyens de s'imposer à gauche sans la maîtrise du PS. La relative bonne tenue des socialistes aux élections législatives prouve que les dix-sept millions de voix dont elle se gargarise ne sont en rien un succès personnel pour elle. Innombrables sont les électeurs qui ont voté Royal malgré Ségolène, simplement pour s'opposer à Nicolas Sarkozy.
    Si Royal est trop faible pour incarner l'avenir du PS, elle ne devrait toutefois pas disparaître trop vite du paysage politique. Ségolène, c'est comme la fièvre. Elle révèle la maladie socialiste sans pouvoir, à elle seule, la guérir. Tant que le PS n'aura pas défini un nouveau projet, la tentation démagogique du kitsch marketing subsistera. Or la refondation promise risque de se faire attendre. François Hollande n'a pas le profil d'un accoucheur d'innovations idéologiques. Dominique Strauss-Kahn regrette que les socialistes "ne disent pas aux Français ce qu'ils veulent entendre". Laurent Fabius excelle dans une propagande politique dénuée d'imaginaire. Quant aux jeunes lions, ils sont tout aussi divers et désunis que les éléphants du parti.

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Voici les sites qui parlent de Fièvre Royal:

Commentaires

C'est vrai SR a fait une faute politique. A sa décharge cependant... les jeux (vote à maine levée) étaient pipés.
enfin... je crois cependant que les citoyens retiendront quelques instantanés... j'ai fait un montage très rapide du ressenti : http://marc.vasseur.over-blog.com/

SR ferait peut-être bien de fonder son propre parti.

Ségolène Royal fait illusion car elle est un excellent révélateur du décallage qu'il existe entre le PS (son corpus idéologique, son programme, ses pratiques, son fonctionnement inter...)et le peuple de gauche. De là à penser qu'elle puisse à elle-seule, en tournant le dos au parti pour mieux s'en affranchir, fédérer la gauche pour asseoir ses ambitions présidentielles... j'ai quelques doutes. Seule contre tous, SR risque de se trouver un jour bien seule...
http://oeilelectrique.blog.lemonde.fr

Quelques posts "choisis" (expression utilisée pour insister sur la qualité du substantif. Utilisée ici, tant il n' y a que ... l' embarras du choix).


http://horizons.typepad.fr/accueil/2007/06/sgolne-royal-en.html

http://www.koztoujours.fr/?p=382

http://poliblog.canalblog.com/

Mes 17 millions de voix appartiennent à Moi; Pas à eux...
N'y touchez pas malheureux ! c'est à Moi... que à Moi, rien qu'à Moi; Et Mes militants aussi...

Elle flotte au-dessus de tous comme en lévitation.
Pour rester en stationnaire, elle a besoin de faire du vent en permanence en sortant deux communiqués et/ou interviews par jour.
Elle sort ânerie après ânerie mais ça fait rien il faut que le rotor tourne... sinon tout le baztring tombe.

Gare à la panne de carburant à venir inéluctablement; Et c'est ce qu'attendent impatiemment les (basses) gens du PS.

A l'automne ou durant les rigueurs de l'hiver, ça va être dur dur pour elle.
Le retour sur terre sera soit un crash soit un ticket pour la case psychiatrie avec double séance hebdomadaire.
Ca ferait là un très bon sujet de thèse de doctorat pour un étudiant malin mutin.

Restera juste l'espoir d'un retour de l'oiseau royal sur le perchoir en Poitou.

Au fait c'est programmé quand les élections régionales ?
Histoire de situer dans le temps la fin de trajectoire ...

Dominique Strauss-Kahn regrette que les socialistes "ne disent pas aux Français ce qu'ils veulent entendre".

Eric, d'où vient cette belle citation ... dont je note au passage qu'elle constitue la définition même de la démagogie ?

"La relative bonne tenue des socialistes aux élections législatives prouve que les 17 millions de voix dont elle se gargarise ne sont en rien un succès personnel pour elle".
Entièrement d'accord avec vous! Après le 21 avril 2002, un âne avec une pancarte PS aurait réussi à accéder au 2° tour. Au lieu de ça, tous les observateurs ont présenté les 25% de Mme Royal au 1° tour comme un grand succès. Si j'étais de gauche, je soupçonnerais le PS de contrôler tous les médias de ce pays (sauf notre cher Dupin, Dieu merci!)

>"Dominique Strauss-Kahn regrette que les socialistes "ne disent pas aux Français ce qu'ils veulent entendre". "

Ah ouais! Celle-là elle est bonne! DSK prendrait-il des cours de com' du côté de l'Elysée ?

On se souvient de la campagne émotive menée par Ségolène Royal, et de la ferveur vraie soulevée par ses meetings. Souvenons-nous de celui de Toulon en particulier, on criait « tous ensemble, tous ensemble », on battait des mains, on acclamait les moments importants, on y croyait si fort. Pour elle, fallait « mobiliser en profondeur l'intelligence du peuple français », « parler vrai, avoir une parole libre, écouter les Français pour imaginer avec eux d’autres possibles. » C’est important « la vérité des mots et des concepts » : « lorsqu'ils ne correspondent à rien, ou lorsqu'ils ne recouvrent pas la vérité, alors ils ne tiennent pas la distance. »
La « candidate de la vérité de la parole » ne se sentait pas menacée par l’usure du concept : grâce à l’écoute, sa parole était vraie : « Parce que cette parole, c’est la vôtre ». J’étais emporté : grâce à la communion participative, la voix des Français et l’écoute de Ségolène s’unissaient comme parole vraie, parole qui « tient la distance ».
Mais voilà, on m’apprend que deux concepts n’ont pas « tenu la distance ».
Mais alors vous mentiez madame ?
Mais non voyons, c’est juste que les concepts ne recouvraient pas la vérité.

Le principal problème de SR c'est qu'elle n'a rien de socialiste... Je suis moi même membre du parti socialiste mais pour combien de temps?? Certe je suis jeune, mais j'ai une certaine idée du socialisme qui, n'en déplaise à la majorité de nos adhérents, ne se retrouve ni chez DSK ni chez SR.

Je pense que le vrai probleme du PS c'est avant tout leur idéologie... Depuis bien longtemps le PS n'est plus réellement de gauche il glisse rapidement et surement vers le centre gauche. Une chance pour DSK et SR seulement, je pense qu'il y a ici une grave erreur tactique, je pense que si le PS veut gagné les prochaine éléction, c'est avec un VRAI programme de gauche et non pas en allant chercher vers le centre, je pense que en se rapprochant du centre on brouillerai encore plus les cartes et les élécteurs ne verra plus de différence entre Modem et PS...

Pour conclure je dirai qu'il ne serai pas étonnant de voir une personne incohérente acceder au poste de Premier secrétaire d'un parti socialiste totallement incohérent...

Pour conclure je dirai que peux importe la personne qui l'incarnera mais la vrai refondation du PS ce fera A Gauche toute! sinon tout autre refondation ne sera en réalité que de l'immobilisme politique!

Eric Dupin,

Je pense que vous avez fait là un papier qui synthétise bien l'opinion de la majorité des "Socialisants" ainsi que leurs désespoir!
Elle rejoint d'ailleurs celle de Malek Boutih dans son interview donnée au Monde.

Il n'y à rien à jeter (en ce qui me concerne) dans votre analyse.

Le drame du Socialisme français... c'est le P.S. et ses élites!
Comment la générosité solidaire des gens qui votent "plutôt à gauche" peut-elle lutter contre l'appareil et ses mesquineries égoïstes ?
That is the question ?

Stefan,


"... je pense que si le PS veut gagné les prochaine éléction, c'est avec un VRAI programme de gauche et non pas en allant chercher vers le centre,..."

Outre les lecteurs de ce blog qui aimeraient savoir ce qu' est aujourd' hui "un VRAI programme de gauche", les dirigeants du PS seraient sans doute heureux d' avoir de vos lumières.

Pour reprendre les liens donnés par Erick, on peut effectivement se poser la question d'une pathologie de Ségolène Royal. Un truc à voir avec la mégalomanie, s'appuyant elle-même sur un égocentrisme puissant. 17 millions de voix, c'était bien le dernier truc à lui donner, elle en est toute boursoufflée d'orgueil, et se croit en phase avec le peuple de France, bataillant contre les empêcheurs d'être Premier Secrétaire en rond. Même pas sûr qu'une râclée en 2012, calmerait ses ardeurs, elle se penserait encore et toujours L'ELUE, celle que le peuple de gauche attend.

Pathologique et pathétique, mais ça a l'air de marcher quand même. Yala pour 2012 !

"Pour conclure je dirai que peux importe la personne qui l'incarnera mais la vrai refondation du PS ce fera A Gauche toute! sinon tout autre refondation ne sera en réalité que de l'immobilisme politique!"

Et ben si un jeune militant du PS pense comme ça, on peut tabler sur un long purgatoire pour la gauche, et une longévité record de la droite sarkozienne.

Il aura donc échappé à Stefan que son PS est en Europe, un cas assez unique d'orthodoxie socialiste, qu'il a, à pays comparable moins de militants, que ses partis frères, et que ceux-ci gouvernent ou ont gouverné pas mal d'années, et que le système capitaliste, ou l'économie de marché n'y font plus débat depuis parfois 30 ou 40 ans.

A gauche toute ? Pas mal comme concept pour réduire encore et toujours l'audience d'un parti déjà sérieusement en perte de vitesse, retoqué par trois fois à l'élection présidentielle. Je conseillerai donc à Stefan, puisqu'il milite au PS, de prôner la scission, et dans l'optique qui est la sienne de faire comme en Allemagne, où Socialistes "révolutionnaires", Communistes, et verts à pois rouge, ont monté un parti, Die Linke. Nul doute qu'avec ce concept novateur du "à gauche toute", il devrait trouver audience avec les officines marxistes, particulièrement nombreuses en France, permettant de déployer une merveilleuse plateforme programmatique encourageante comme : l'économie administrée, le développement et l'augmentation des fonctionnaires et des services publics, le rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement, l'augmentation des prélèvements obligatoires, et pourquoi pas un projet d'abolition de la propriété privée.

Cela permettrait, cher Stefan, de voir ce que donnerait de son côté les socialistes de droite (qui ne pensent pas comme vous) mariés avec le centre, ou Modem en termes d'efficacité électorale, notamment mesurable par la capacité d'un camp ou d'un autre de réunir au delà de son propre camp justement.

Je relance de 10, pour voir !

Matéo,
C'est Mélanchon qui est allé il y a dix jours en Allemagne représenter le PS auprès de Die Linke...

En effet, Sarkozy a au moins 10 ans devant lui tranquille !

Cher Mateo,

Je souhaiterai avoir une information quand vous parlez de socialiste il doit s'agir de ceux qui représentent la droite du parti... Votre raisonnement est tres beau et tout a fait pertinent. Seulement permettez moi d'etre en desaccord avec lui sur certains points. En effet comme vous le dite je pense qu'hélas une cission au sein du parti est inévitable cependant la cission ne devrait pas venir de la gauche du parti car pour moi ce sont ces tendences qui représente le véritable terme socialiste. Il me semble que de stygmatiser la gauche du PS comme des socialiste révolutionnaire est un peu caricatural...
Je vous pose une question ... le SMIC a 1500€ etais ce une absurdité ? quand on sait qu'il représente en 5 ans un augmentation inférieur aux deux mandats de chirac (respectivement 24% et 22% sous chirac et la ca ferait a peu pres 14%) quand on sait que le prix de la vie ne fait qu'augmenter...
Alors permettez moi de trouver que lorsque SR dit que le SMIC a 1500 c'était une promesse éléctorale incensé juste pour faire plaisir à la gauche du parti permettez moi de me demander ce qui reste de socialiste chez SR. Quand a DSK je dois lui rendre une chose il est resté clair sur ses positions seulement pour moi ce sont plus celle d'un parti social democrate comme on a il est vrai dans les autres pays européens...

Je finirai en posant une question les francais ont voté NON a la constitution européenne le FN est le PREMIER PARTI OUVRIER de france... Les gens vive mal, il ont peur pour leur travail...
C'est pour moi le devoir de la gauche de repondre à leurs préoccupations... Il n'est pas normal qu'un RMIste vote sarkozy, qu'un ouvrier vote le pen ou sarkozy. Ces gens la ne se sente plus défendu a gauche alors il vote pour une gueule, un charisme mais pas pour un programme... Simplement parceque pour un francais qui n'est un spécialiste de politique qui ne se documente pas tous les jours dans la presse, le choix de société n'est pas clair.

Comme l'a écrit le père d'une tres bonne ami a moi dans un livre la politique en france connais un virage a droite et à mon avis c'est bien plus grave que vous ne le laissez sous entendre cher Mateo. Si 53% des francais pense que la droite de sarkozy va les aider c'est très grave et je pense que c'est du a la politique mise en place par le PS depuis 1995...

Cher Mateo,

Je souhaiterai avoir une information quand vous parlez de socialiste il doit s'agir de ceux qui représentent la droite du parti... Votre raisonnement est tres beau et tout a fait pertinent. Seulement permettez moi d'etre en desaccord avec lui sur certains points. En effet comme vous le dite je pense qu'hélas une cission au sein du parti est inévitable cependant la cission ne devrait pas venir de la gauche du parti car pour moi ce sont ces tendences qui représente le véritable terme socialiste. Il me semble que de stygmatiser la gauche du PS comme des socialiste révolutionnaire est un peu caricatural...
Je vous pose une question ... le SMIC a 1500€ etais ce une absurdité ? quand on sait qu'il représente en 5 ans un augmentation inférieur aux deux mandats de chirac (respectivement 24% et 22% sous chirac et la ca ferait a peu pres 14%) quand on sait que le prix de la vie ne fait qu'augmenter...
Alors permettez moi de trouver que lorsque SR dit que le SMIC a 1500 c'était une promesse éléctorale incensé juste pour faire plaisir à la gauche du parti permettez moi de me demander ce qui reste de socialiste chez SR. Quand a DSK je dois lui rendre une chose il est resté clair sur ses positions seulement pour moi ce sont plus celle d'un parti social democrate comme on a il est vrai dans les autres pays européens...

Je finirai en posant une question les francais ont voté NON a la constitution européenne le FN est le PREMIER PARTI OUVRIER de france... Les gens vive mal, il ont peur pour leur travail...
C'est pour moi le devoir de la gauche de repondre à leurs préoccupations... Il n'est pas normal qu'un RMIste vote sarkozy, qu'un ouvrier vote le pen ou sarkozy. Ces gens la ne se sente plus défendu a gauche alors il vote pour une gueule, un charisme mais pas pour un programme... Simplement parceque pour un francais qui n'est un spécialiste de politique qui ne se documente pas tous les jours dans la presse, le choix de société n'est pas clair.

Comme l'a écrit le père d'une tres bonne ami a moi dans un livre la politique en france connais un virage a droite et à mon avis c'est bien plus grave que vous ne le laissez sous entendre cher Mateo. Si 53% des francais pense que la droite de sarkozy va les aider c'est très grave et je pense que c'est du a la politique mise en place par le PS depuis 1995...

Stefan, Erick,

Ne pensez vous pas que vouloir aller "a gauche" pour un parti, est purement du langage convenu et journalistique ?

A gauche en quelle matière ?

A gauche sur le plan de la solidarité entre ceux qui gagnent le plus à (quelques fois couler) des Multi.... et les Smicards ?
A gauche en faisant en sorte que les aides sociales soient vraiment réservées aux plus pauvres et ne fassent plus sur une échelle aussi large, donc élitiste ?
A gauche en supprimant l'impôt qui touche même les retraités à 300 euros par mois ?
A gauche en supprimant les impôts sur le SMIC ?
A gauche en supprimant les « vides juridiques » qui permettent à la plus part des plus riches de ne jamais payer le moindre impôt ?

Si c'est ça être à gauche alors d'accord, mais rien de cela n'est demandé par aucun membre du bureau directeur du PS.

Par contre si aller à gauche c'est continuer:
La démagogie de l'assistanat, des stages cache misère et la promotion des aides sociales à l'immigration alors que la France est déjà le pays de la plus grande proportion d'inactifs du monde industrialisé.
Si aller à gauche c'est continuer la démagogie de désir d'avenir et des jurys populaires qui visiblement n'ont pas apporté la moindre idée à Ségolène.
Si aller à gauche c'est continuer les vieilles théories économiques des trente glorieuses, style Mitterrand 1981.
Si aller à gauche c'est tomber dans le pièges de la France "cerveau du Monde", pendant que les esclaves pauvres du communisme Chinois bosseront pour nous (ils sont tellement bêtes, les Chinois, et nous tellement plus intelligents).
Si aller à gauche consiste à continuer comme Julien Dray, la lutte des classes et le mépris du monde du travail.

Alors si c'est çà aller vers cette gauche là, les gens de droite peuvent dormir sur leurs deux oreilles... elle ne risque pas de jamais menacer Nicolaï.
Elle vient d'ailleurs de lui offrir la présidence !

Cher Stefan,

Je constate avec bonheur que la scission ne vous effraie pas, c’est déjà un pied dans la bonne voie, de mon point de vue. Vous pensez que l’initiative d’une séparation reviendrait légitimement à ceux qui au PS se seraient éloignés du sens du mot « socialiste » : pourquoi pas !? Qu’elle vienne de telle aile ou de telle autre n’est pas tant que ça le problème, mais il faut que la scission intervienne. Regardez, dans votre propre cas, ce serait une aubaine. Vous ne seriez plus obligé de vous trimbaler celles et ceux qui ont galvaudé selon vous l’idéologie socialiste, et les socialistes modérés seraient ainsi affranchis des surenchères marxisantes et des procès pour manque d’orthodoxie dans le Socialisme. Du tout bénéf !

Sur la proposition du SMIC à 1500 €, je me contenterai de vous répondre que je pense que c’est là typiquement une mesure qui va in fine contre les fameux intérêts de la classe ouvrière. Toute médaille a son revers, et je crois que cette mesure aurait eu globalement un solde négatif entre ces aspects positifs et des effets induits négatifs.

Sur la question de savoir qui de la droite ou de la gauche est la mieux placée pour « aider » ouvriers, Rmistes et chômeurs, Michel Winock y répondait partiellement dans une interview au journal Les Echos : «Il faut prendre la mesure du grand espoir déçu de l'ère Mitterrand. Les socialistes promettaient de changer la vie. Le soufflé est retombé en dix-huit mois. Le PS ne s'en est jamais remis. D'où la nécessité de recréer un espoir dans le progrès avec des outils modernes. En 2007, beaucoup d'électeurs ont suivi Nicolas Sarkozy car ils ont eu le sentiment qu'il était porteur d'espoir[…] S'ils veulent (les socialistes) toucher l'électorat populaire, ils doivent devenir crédibles sur la sécurité. Car c'est la question qui, avec le chômage, désespère le plus les couches populaires directement touchées. Le PS l'a négligée et a laissé ainsi le champ libre à Nicolas Sarkozy. » Le point, cher Stefan, c’est « outils modernes ». La dictature du prolétariat, l’économie administrée ou étatisée ne sont définitivement pas à ranger dans cette catégorie.

Comme le dit encore Michel Winock : « La gauche peut bien vouloir être morale, s'affirmer comme le camp qui veut réduire les inégalités, les gens ne sont pas dupes. Pour qu'ils y croient, les solutions doivent être crédibles, c'est-à-dire efficaces. » les discours et propos anti patronaux de certains leaders socialistes, peu éloignés de ceux de la LCR accessoirement, les propositions programmatiques mirobolantes ou les mises en équation simplistes ne sont déjà pas crédibles auprès de tous les électeurs de gauche. Bon an, mal an, les gens de tous bords, électeurs lambda ont fini par comprendre en regardant autour d’eux (merci l’Europe de ce point de vue) que des pays, parfois dirigés à droite, parfois à gauche, ont amélioré la situation économique et sociale de leurs concitoyens, le tout sans nuire gravement au dynamisme économique et donc au rôle du secteur marchand. Ce ne sont ni des paradis, ni des modèles, mais des pays qui ont inversé la spirale du chômage, de la dégradation des comptes sociaux, ou des déficits structurels menaçant à terme leurs dispositifs de solidarité. C’est pourquoi, même si une gauche radicale a du potentiel pour progresser, dans la mesure où socialistes radicaux, communistes et verts à pois rouge s’uniraient dans un grand mouvement anti-libéral, anti-capitaliste, cette progression touchera vite ses limites, et restera cantonner dans des scores moyens, rendant inaccessibles l’exercice du pouvoir. Ca n’intéresse d’ailleurs clairement pas et depuis belle lurette l’extrême gauche, ce serait une novation si des socialistes, fussent-ils radicaux, épousaient cette « stratégie ». Le travail de refondation est normalement là pour trancher ce genre de question.

Gilbert,

Dans les critères de l' aller à gauche que vous refusez, il y a bon nombre de constatations que la droite honnie ne rejeterait pas et peut-être même aussi parmi les mesures que vous appelez de vos voeux. Avez-vous décidé de suivre mes encouragements de samedi dernier ?

C' est vrai qu' un RMIste ou un ouvrier qui vote à droite, c' est proprement scandaleux ! :-o)))

Gilbert,

Dans les critères de l' aller à gauche que vous refusez, il y a bon nombre de constatations que la droite honnie ne rejeterait pas et peut-être même aussi parmi les mesures que vous appelez de vos voeux. Avez-vous décidé de suivre mes encouragements de samedi dernier ?

C' est vrai qu' un RMIste ou un ouvrier qui vote à droite, c' est proprement scandaleux ! :-o)))

ah vous ne l'aimez pas ségolène alors vive sarko poil o dos

S'il est souhaitable de redéfinir ce que peut-être la gauche dans le monde moderne il est idiot de prendre comme point de départ un reniement radical de l'histoire du socialisme.
Ce serait faire fi de l'âme de gauche qui hante encore de grands pans du corps électoral français, en souvenir des progrès sociaux acquis de haute lutte. Quand bien même elle aurait apparemment perdu de sa dynamique cette gauche française de protestation n'est pas morte. Ceux qui voudraient la faire taire au nom du réalisme perdraient avec elle l'espoir et la vitalité seuls à même de nourrir d'un sang neuf la gauche de gouvernement qu'ils appellent de leurs voeux.
Rien de tel à espérer de la vaseline compassionnelle et du pathos christique avec lequel Ségo endort ses fidèles. Pendant qu'ils s'aiment les uns les autres pour la plus grande gloire de la patronne et au grand dam des éléphants désignés par elle comme le mal incarné la droite fait son boulot et l'emporte. Ce qui d'ailleurs n'est pas forcément pour leur déplaire : ne l'ont-ils pas choisie parce qu'elle rompait avec le parti et s'alignait sur la pensée unique droitière prônée par les faiseurs d'opinion?

L'affaire est un peu plus compliquée avec les DSK, Rocard, et autres semblables, qui ont quant à eux un semblant de ligne politique (ce qui est mieux que rien). Mais les débauchages entrepris par Sarko illustrent bien leur difficulté à proposer une alternative.

Message ci-dessus rédigé avec peine (clavier capricieux, fausse manip) d'où je n'ai pas pris connaissance des messages précédents. On m'excusera si je répète les uns ou les autres ou si je suis en porte à faux. Bon maintenant je vais lire les messages en question.

Erick,
Et oui... pour les plus primaires la rose des vents se limite à deux directions:
La droite et la gauche.
Ils ont définitivement oublié qu'on doit aller "de l'avant" et qu'une bonne économie est tout simplement BONNE.
L'économie est une technique, pas une doctrine !
D'ailleurs, l'autre fois en allant faire mon marché, je suis tombé dessus (sur Mme Économie), je lui ai demandé
"Vous êtes de droite ou de gauche?"...
Elle m'a répondu furibarde: "Ais-je l'air aussi débile que ça ?"

@ Stefan
""Il n'est pas normal qu'un RMIste vote sarkozy, qu'un ouvrier vote le pen ou sarkozy""

Euh, il y a donc des monopoles catégoriels d'électeurs qui sont réservés à la Gauche ?

Vous pouvez expliquer ça Stefan ?
Ou alors, ce sera peut-être plus facile, dites nous depuis quelle planète vous vous connectez ?
Parce que vu d'ici la terre, c'est bizarre comme définition de la Démocratie et de la Liberté du citoyen...

Empêcher Ségolène Royal de devenir leader du PS, la marche à suivre pour ses adversaires à l'intérieur du parti est tellement simple qu'aucun d'eux n'y a pensé:

1) Reconnaître qu'un certain angélisme de Gauche sur la question de l'immigration a fait basculer à Droite les classes populaires. Au nom de la tolérance, doit-on accepter une immigration massive que la société française n'est à l'évidence pas capable de "digérer"? La partie la plus "aisée" de l'électorat de Gauche peut-elle continuer à prôner les régularisations, le mélange et contourner pour ses enfants les lycées à forte population immigrée "parce que le niveau est mauvais"?

2) Accepter l'idée que réduire le temps de travail diminuerait le chômage durablement a été démentie par la réalité.

3) Accepter que les 35 Heures ont été inégalitaires: du temps libre pour les cadres, des cadences accélérées et du pouvoir d'achat stagnant pour des classes populaires ayant du coup encore moins envie de voter à Gauche.

4) Accepter de dire à sa base électorale (le secteur public) qu'au vu du niveau de la dette publique les réductions d'effectifs sont un mal nécessaire.

5) Intégrer à sa vision politique les régles du jeu de la mondialisation: beaucoup d'emplois détruits et beaucoup d'emplois créés entraînant l'obsolescence du CDI et une indispensable libéralisation du marché du travail, inadaptation du vieil Etat Providence de plus en plus coûteux, nécessité de compétitivité des entreprises sur le coût du travail du fait de la concurrence des pays émergents...

6) Prendre en compte dans sa vision politique le désamour des Français vis à vis d'l'impôt comme la montée dans la société française de la logique individuelle.

7) Accepter de ne pas diaboliser un dirigeant de Gauche (Tony Blair) qui a donné à son pays le Plein Emploi et ne pas traiter les Gauches Scandinaves et Allemandes de vendues au Capitalisme. Ca suppose donc de jeter par dessus bord les restes d'un Gauchisme invalidé par la Chute du Mur et de ne plus chercher à plaire à une LCR qui comme Le Pen ne veut pas gouverner.

Avec tout cela, Royal serait définitivement mise au placard et le PS n'aurait plus à dire une chose au pouvoir, une autre dans l'opposition. Certains crieraient au reniement mais c'est ça ou la mort à petit feu...

Deux choses dans votre post, TDB :

1 - "en souvenir des progrès sociaux acquis de haute lutte". Je ne crois pas à cela, tout indique que par nature rien n'est acquis. Je sais que les "acquis sociaux" sont un des éléments constitutifs du fond de commerce socialiste et communiste, mais ces acquis n'ont rien d'immuable. Au même titre, qu'il est des périodes où l'on peut ajouter, il en est d'autres où l'on DOIT retirer. Quand nos voisins allemands ont réformé sous Schröder leur système d'indemnisation du chomâge, ce ne fut pas pour "ajouter" de substantiels sécurité supplémentaires, mais pour globalement "retirer" (diminuer, réduire) les prestations. On peut toujours dire que c'est parce que Schröder était un faux socialiste ou un fiefé salaud, on peut aussi dire que c'est parce que confronté à une situation financière catastrophique de cette caisse, la seule voie pour que celui-ci continua d'exister était celle des "économies". L'idée reste celle de la respiration, à charge quand les choses vont mieux d'être réellement redistributif et généreux en termes d'avantages, et de faire machine arrière quand les choses se tendent et mettent en péril l'ensemble de l'équipage.

2 - "Quand bien même elle aurait apparemment perdu de sa dynamique cette gauche française de protestation n'est pas morte". Et bien c'est dommage. Parce que protester ou gueuler ne constituent pas à proprement parler un projet politique, et c'est franchement à la portée du premier venu. Gueuler c'est sûrement un bon réflexe, mais proposer des solutions crédibles et efficaces, c'est mieux. D'autres gauches en Europe ont fait la preuve qu'elles pouvaient s'affranchir de ces postures purement formelles, en proposant des voies originales, mais dures et souvent impopulaires, pour préserver l'essentiel, à savoir une forme d'état providence. Ces gauches là, que l'on conspuera ici, sont passées de l'état providence à la société du travail-providence. Ce n'est pas une panacée mais c'est une sacrée marche de franchie, car ces gauches ont mis fin au cycle infernal qui consiste, au prétexte de la protection et de la régulation sociale, à mettre à poil la vache à lait des entreprises privées. On attend avec impatience, cette révolution copernicienne chez nombre de nos socialistes. Pour nos 15 députés communistes (et le député de matéo est communiste, pas de bol), c'est mort !

"Le toujours ponctuel et poétique Julien Dray..."

On sent la formule vacharde, pleinement compréhensible toutefois par les seuls initiés. Ou je me trompe?

"Ségolène, c'est comme la fièvre. Elle révèle la maladie socialiste sans pouvoir, à elle seule, la guérir."

Très bien vu.

Voilà, Eric Dupin, que que vous quittez les eaux érudites mais tranquilles de l'analyse sondagière, pour gagner la haute mer du pamphlétaire aux traits qui frappent juste!

En fait, la seule solution pour la gauche, c'est de ne plus être de gauche. Etre une gauche de droite vu qu'il n'y a que ça qui marche.

"Si 53% des francais pense que la droite de sarkozy va les aider c'est très grave"

Grave pourquoi, Stefan?

Et grave pour qui?

Ne doutez pas, en effet, que les 53% de gens qui ont voté pour Sarko pensent qu'il va les aider, eux et tous les Français. Je sais bien que la gauche pense qu'on ne peut voter à droite qu'en étant un salaud ou un imbécile, et qu'elle menace: vous l'avez voulu? Vous allez voir maintenant!

Ben oui, on voit:

1. Redémarrage de la dynamique européenne en deux coups les gros.

2. Introduction d'une dose de sélection à l'université, suppression des conseils d'administration pléthoriques où les étudiants font la loi, autonomie donnée aux universités qui sont prêtes à assumer leurs responsabilités en termes de budget, de ressources humaines et de gestion de l'immobilier. Volonté apparemment ferme de ne pas se laisser balader par les gueulards de l'UNEF.

Tout cela va dans le bon sens, oui.

Et ça va vite, en plus.

" PS Attention Danger! "
s'ils continuent à se bouffer la tête, ils vont tous finir, au Casse-Pipe...

"En fait, la seule solution pour la gauche, c'est de ne plus être de gauche. Etre une gauche de droite vu qu'il n'y a que ça qui marche."

On peut voir ça comme ça, à considérer que la gauche doive systématiquement privilégier la protestation au détriment du réalisme. C'est moins "sexy", mais c'est peut-être une des conditions essentielles à l'alternance politique profitable et bénéfique à tous.

"c'est peut-être une des conditions essentielles à l'alternance politique"

Mais je ne pensais pas à une alternance politique : tout ce que fait la gauche est mauvais, tout ce que fait la droite est bon.

Ou alors, donnez-moi un exemple de ce que la gauche aurait fait de bon ?

Perso je ne peux pas imaginer que le PS ne sorte pas de son ornière. J'attends le schisme qui libèrent les 2 courants qui se tirent dans les pattes actuellement. Le courant de l'aile gauche et celui de l'aile droite du PS. L'aile droite pouvant se différencier du Modem et offir une alternative à ceux qui ne croyent pas en Bayrou.

5 ans c'est court ! J'ai peur que ce soit trop court pour que cette scission devienne réalité mais qui sait ?

Quoi qu'il en soit il y aura du boulot pour rattraper les dommages colaltéraux et éponger les milliards de dettes laissés par la gestion sarkozienne. Le PS doit se préparer au retour de balancier.

Si la gauche doit être une droite alors il manquera une main dans le débat démocratique. Comment parler alors d'alternance? Il ne s'agirait plus que d'une lutte de clans. la TVA, le bouclier fiscal, les salaires etc. vous les voulez de droite ou de droite? On peut comprendre ce point de vue de la part de ceux qui réduisent la société au prétendu réalisme économique de la droite. Ceux-là, on l'a compris, sont près à pinailler sur le montant des bas salaires, Chine oblige, mais ils ne sont pas à un euro près en ce qui concerne le train de vie des plus riches - qui hurlent à la spoliation dès qu'il s'agit de contribuer à l'intérêt général.
La responsabilité de la gauche devrait être de proposer, dans le contexte de la mondialisation, un autre projet de société. Je vous accorde que ce n'est pas simple et que ce n'est pas le plus sûr chemin par lequel faire carrière au plus vite. C'est pourquoi d'ailleurs je pense que la rénovation du PS sera cosmétique ou ne sera pas. Ce serait d'autant moins étonnant qu'à mon avis les changement de société naissent de lames de fond qu'il est difficile d'imposer verticalement. Enfin cela ne leur fera pas de mal, au dirigeants de gauche, de penser un peu et d'oser s'affronter sur ces questions.
Ce qui me console dans mon pessimisme c'est qu'un de ces quatre la droite devra à son tour faire face à ses démons.

A moins que la pos-modernité ne nous conduise d'ici peu à la disparition du politique en même temps qu'à l'effacement de l'Histoire, si ce n'est déjà fait. Mais ça désolée je suis trop vieille pour le penser. Il faudrait me reprogrammer, je ne vous dis pas le boulot.

TDB, est-ce donc à dire que les partis sociaux démocrates allemands, suédois, canadiens ou finlandais ne seraient plus des partis de gauche ? Que leurs expériences du pouvoir sont des repoussoirs absolus ?

Prêts à pinailler sur les bas salaires ? Qui ça ? Les gens de droite, ou ceux de gauche qui ont sacrifié au réalisme, et qui ne sont donc plus à vos yeux des « socialistes » ? Et pardon mais pour quel motif ? Pour faire marner, pour faire c…, ? par malignité ou par misanthropie ?

Pas à un euro près en revanche en ce qui concerne le train de vie des plus riches. Vous parlez de ces mesures « géniales » parce que parées de la force du symbole, spécialité de notre gauche à nous de chez nous, qui se retournent au final contre la collectivité ?. Peut-être pensez-vous que le citoyen de droite aime le riche et hait le pauvre, et qu’autant il est prêt à protéger avec son corps et son âme les plus riches, il l’est à faire rendre gorge aux plus faibles ? Ben tiens !

Pour "l’autre projet de société", je pense encore une fois que d’autres gauches ont montré le chemin. La mondialisation, c’est le tapis de jeu, la toile de fond, le réel. Le rubik’s Cube, c’est le système économique et l’organisation sociale dans sa version française. Au chronomètre, certains ont fini leur mutation, qu’on n’a pas commencé de s’y mettre. Si la gauche était courageuse et honnête, elle se serait mis au boulot depuis un bout de temps, et aurait probablement obtenu des résultats. Qui est mieux placée qu’elle, depuis 25 ans, pour réformer le secteur public, dans ses méthodes de travail et d’organisation humaine, avec là ses propres électeurs ? N’auraient ils pas pu réussir nos gouvernants de gauche à donner corps au projet rocardien du « pas plus d’état, mais mieux d’état », pas plus d’effectifs, pas plus de moyens, mais une gestion de ces ressources humaines plus qualitatives, et des moyens rationalisés ou optimisés ?

Où en serions-nous ? Ben si ça trouve, on en serait à de biens meilleurs fondamentaux économiques plus favorables à la croissance, avec une sphère publique rénovée, plus efficace, et moins coûteuses.

Mais en France, ni droite, ni gauche n’osent entamer la cure, ou tout du moins le dire, alors gouvernements après gouvernements, ils ajoutent des couches, ils dépensent tant et plus dans de nouvelles options, de nouveaux programmes, sensés avoir des effets retours bénéfiques, si ce n’est accéder comme par magie à un cycle vertueux.

Pour faire court, cette orientation de l’ensemble de la classe politique dans la gestion de l’Etat est fondamentalement plus "à gauche" en France que chez nos partenaires européens. Ils ont ou ont eu des socialistes réformateurs, nous avons la LCR, LO et le PT. Chacun sa ….

Sauf accident, l'acteur principal de l'élection de 2012 sera N. Sarkozy. Ce sera un "stop ou encore". Soit il s'use prématurément, lasse l'opinion, fait la réforme (les réformes) de trop, et il sera expédié au cimetière des gouvernants, comme en 1986, 1993, 1997 et 2002. Soit il sait naviguer, garder le cap en évitant les récifs, réduire la voilure dans le gros temps et sortir le spi au portant, quand la mer s'est calmée, et il a un boulevard pour une réélection triomphale. Dans le premier cas, c'est le syndrome Michel Noir à Lyon (trop de tout finit par étouffer), dans le deuxième, c'est le modèle Antoine Rufenacht au Havre qui bénéficie d'un concours de circonstances favorable pour emporter la mairie en 1995 et la conserve haut la main en 2001, dans une ville majoritairement de gauche.

Dans les deux cas, le candidat socialiste, sauf à être exceptionnellement bon ou mauvais, n'aura que peu d'impact sur le choix final.

En revanche, sans Sarkozy, 2017 reste très ouvert : les "despotes", même éclairés, ont souvent du mal à se trouver un successeur, quand il ne font pas volontairement le vide autour d'eux (cf Mitterrand).

Mais franchement, S Royal en 2017, pitié ... ! Elle aura plus de 60 ans, et le charme de la jeune quadra dynamique avec lequel elle s'est lookée n'opèrera plus. Et elle n'aura pas non plus le charisme des soixantenaires qui ont beaucoup vécu et en imposent, comme savait le faire Simone Veil. On verra alors le fond, et là ce n'est pas franchement mirobolant.

Ceci étant, attention : les médias et notamment les médias audiovisuels penchant à gauche, je pense particulièrement à Radio France, continuent à soutenir assez ouvertement S Royal. Ils voient en elle une personne soucieuse de leur opinion (ce qu'ils appellent l'"opinion publique") et trouvent avec elle une forte résonance. Il y a là un danger que les dirigeants actuels du PS auraient tort de négliger.

"Et elle n'aura pas non plus le charisme des soixantenaires qui ont beaucoup vécu et en imposent, comme savait le faire Simone Veil. On verra alors le fond, et là ce n'est pas franchement mirobolant." (un-centriste)

Le charisme des sexagénaires, c'est tout moi (je viens d'atteindre 60 et la retraite, alleluia)...mais on ne me voit pas encore le fond!

Quant à son succès dans la presse il tient surtout à ce qu'elle est de bon rapport: un mélodrame ambulant comme ça ne se rencontre pas à tous les coins de rue.

Un-centriste: fine analyse.

Joe,

"s'ils continuent à se bouffer la tête, ils vont tous finir, au Casse-Pipe..."

Dans certaines tribus primitives, on mangeait la cervelle de ses ennemis pour en prendre la force et gagner de l' intelligence.
Dans le cas du PS, ils pourraient finir non pas au casse-pipe mais comme ballons au stand de tir.

Comment mon Parti dont je fais la même analyse que mon camarade Malek Boutih, va t'il sortir de trente années de répétitons des même lieux communs idéologiques et pire, économiques:

Des florilèges de mensonges ontologiques d’Elie Cohen... aux délires d’incompétence d’Olivier Olga Boulba !

Quand un chef d’entreprise assiste à un débat entre «profs d'économie», il est immédiatement saisi par une évidence: «Ces gens là ont éludés le facteur humain». Pour ces professeurs d’économie virtuelle qui n’ont jamais travaillés dans l’économie de terrain; les PME, les multinationales, sont des entités dont ils ont écarté tout les facteur induits par la psychologie humaine... La suite au: http://blog-ccc.typepad.fr/

C'est vrai, cela fait un certain temps que j'ai envie de me faire OBO, en fait depuis qu'OBO, qui se prétend sérieux en mettant en avant son pêdigree d'économiste, a osé écrire

"Le poids de la dette...
Dans son édition datée du mardi 18 avril 2006, Les Echos titraient en gros et en gras : "Nouveau piège pour Matignon : le coût croissant de la dette".Sauf que...
....
* cet accroissement du coût de la dette s'explique par la montée des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne, pilotée par Jean-Claude Trichet."
http://obouba.over-blog.com/article-2494246.html

@Michel,
OOB ne sait pas que l'Agriculture ne fait pas partie de la TVA à 19,6% devant éventuellement passer à 24,6%.... Mais il n'est pas le seul !!!

Eric Dupin,

Je vois dans un futur proche l'éclatement de la Gauche en trois composantes.

Ségolène Royal, ne pouvant fédérer un parti socialiste et ses caciques qu'elle méprise est déjà sortie du rang : elle ne pourra poursuivre qu'en créant un nouveau parti proche du Centre avec quelques "jeunes lions" comme Montebourg.
Ce sera alors une véritable aventure avec le soutien attendu d'une opinion qui.... ne lui sera pas toujours forcément acquise.

Le Parti Socialiste, quant à lui, pourrait bien éclater en deux :

- une composante "historique" animée par des réformistes modérés comme Strauss-Kahn s'ouvrant à un socialisme libéral, mais se recommandant quand même du "Parti Socialiste de la Rose" et de sa solide structure ...

- une composante "orthodoxe" résolument à gauche, animée par des personnalités comme Mélenchon, composante qui pourrait trouver des alliés précieux du côté d'un PC en recomposition, voire même du côté de l'extrême gauche.

Bref : une triade hétéroclite, minée par ses rivalités de personnes, par l'incapacité de se trouver un leader incontesté et d'opérer une véritable restructuration de fond suscitant l'adhésion de la majorité de ses militants.

Une Gauche qui ne pourrait retrouver le chemin du pouvoir qu'en exploitant, minablement, les erreurs éventuelles de la Droite au pouvoir, sans rien apporter de nouveau elle-même : la Droite pouvant dormir tranquille tant elle a de beaux jours devant elle !...

Matéo,

"Pas plus d' Etat mais mieux d' Etat" dites-vous en citant Rocard.
Que penser de du toujours ouvert et dynamique Aschieri qui, avant même que l' on ait fini de parler de réforme de l' Université et commencé pour l' Enseignement National, bégaie ses revendications : des sous !
Peut-être dans un demi siècle, aptés le PS, le syndicalisme français aura-t-il fait sa "rénovation" ?

Eric Dupin,
je viens de relire votre article et de le re-retrouver parfait; c'est probablement ce que pensent de nombreux miltants et jeunes cadres du parti....
Oui mais alors, à part se dire (comme flamby) qu'il est urgent d'attendre ... qu'est-ce qu'on fait ?

Ne faut-il pas une confrontation des chefs au PS, le plus rapidement possible? Il y aura probablement du sang et des larmes...mais peut-être la victoire, car cela permettrait de dégager une ligne claire, avec des aménagements, certes, pour refléter les diversités qui existeront alors, mais au moins une ligne directrice et cohérente qui présiderait au nécessaire travail de fond sur des programmes et des idées nouveaux.
Vouloir travailler sans direction claire risque l'inefficacité.
Pour terminer, je rêve d'un article d'Eric dupin sur Jacques Delors intitulé "la fièvre Delors" ;-)

@ La Triade: je suis assez d'accord avec vous sur votre constat. Mais la droite française était encore "la plus bête du monde" il y a dix ans à peine. Il y a donc de l'espoir pour la gauche.

Comment le PS peut-il sortir de la quadrature du cercle : se vouloir et se dire le parti des "classes populaires" avec un électorat de bobos qui s'embourgeoise ?

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