Les Français ont massivement voté dimanche en pensant à la fois au 21 avril 2002 et au 6 mai 2007. La qualification de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy pour le second tour sanctionne la volonté des Français de renouer avec l’affrontement droite-gauche. La bipolarisation des votes contraste avec la montée en puissance de François Bayrou au cours de la campagne. Encore traumatisés par le 21 avril, les électeurs de gauche ont, pour le plus grand nombre, cédé à l’impératif du « vote utile ». Leurs réserves à l’égard de la candidate socialiste sont souvent passées après la volonté de garantir la présence de leur camp au tour décisif.
Sarkozy a largement gagné son pari d’arriver en tête du premier tour. Avec 30% des suffrages exprimés, le candidat de l’UMP obtient un score qu’aucun candidat de la droite républicaine n’avait enregistré depuis 1974. Sa stratégie de reconquête de l’électorat lepéniste a visiblement porté ses fruits. Sarkozy a réussi à provoquer un net déclin du FN alors même que le contexte aurait pu être favorable à l’extrême droite. Il distance Royal d’environ quatre points et dispose surtout d’une configuration de second tour qui lui est clairement favorable. Le total des voix de gauche – Verts compris – ne dépasse pas les 37-38%, soit le plus bas niveau atteint par ce camp depuis 1969. Au soir du premier tour, Sarkozy apparaît comme le grand favori du scrutin du 6 mai.
Avec 25-26% des suffrages, Ségolène Royal fait dix points de mieux que Lionel Jospin en 2002. On pourrait presque dire que c’est parce que l’ancien premier ministre avait réalisé sa contre-performance que la candidate du PS a su faire un bon score. Celui-ci a néanmoins été assuré au prix d’un assèchement des autres formations de gauche. Les six candidatures situées à sa gauche ne totalisent que 10 à 11% des suffrages exprimés. Le vote utile a permis la qualification de Royal pour le tour décisif mais il a aussi entraîné mécaniquement une réduction de ses réserves électorales pour le 6 mai.
En dépit d’une percée spectaculaire, François Bayrou n’a pas réussi à faire éclater la bipolarisation droite-gauche. Si le candidat de l’UDF consolide l’audience de sa formation politique, il semble n’avoir pas conservé le jour du vote certains électeurs de gauche tentés par sa candidature. Ses quelques 18-19% des suffrages exprimés représentent toutefois un honorable matelas électoral.
Pour son dernier grand combat électoral, Jean-Marie Le Pen n’a pas réussi à rééditer son exploit de 2002. Il est vrai que le souvenir même de cet épisode en empêchait le renouvellement. Il n’empêche que le coup est rude pour le vieux chef de l’extrême droite. Avec 11% des voix, il se situe nettement en-deçà de ses scores de 1988 (14,4%), 1995 (15%) et, bien sûr, 2002 (16,9%). Par rapport au scrutin présidentiel d’il y a cinq ans, l’extrême droite voit son pourcentage des suffrages exprimés pratiquement divisé par deux : 11% au lieu de 19%. La mobilisation populaire de ce 22 avril n’a pas profité à un FN qui avait su, lors des décennies précédentes, capter l’essentiel du vote protestataire.
Le taux de participation à ce premier tour des présidentielles sera peut-être le plus élevé de toute l’histoire de la Vème République : 85-86% selon les estimations. On retrouve les niveaux de votants de la toute première élection présidentielle, en 1965 (84,75%), et de celle de 1974 (84,23%). Les Français ont visiblement voulu participer personnellement à un scrutin présenté comme le plus important depuis l’alternance de 1981.
Après une longue phase de montée de l’abstention, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, les Français semblent avoir renoué avec la ferveur civique. Cette campagne aura ramené vers les urnes toute une population – chez les jeunes ou dans les milieux populaires – qui s’en étaient écartés dans la dernière période. Les candidats des deux principaux partis, pour la première fois présents dans une compétition présidentielle et incarnant chacun à sa manière une rénovation de la vie politique, ont su tirer partie de ce spectaculaire regain d’intérêt des électeurs. Et cette France très mobilisée se révèle ancrée à droite.
Article rédigé pour les premières éditions du Figaro du 23 avril 2007.
Le Pen part à la retraite, pas ses idées.
Nicolas Sarkozy va bien s'en occuper.
France de droite, oui. Fermée, égoïste. Tout ça entre autres parce que la gauche n'a pas su y faire pour que ça change vraiment.
Ce ne sont jamais vos ennemis qui gagnent, c'est toujours vous qui perdez.
Rédigé par: Mr | 22 avril 2007 à 20h11
Je prépare mon post pour pouvoir le mettre en ligne dés 20h. Les sondages sortis des urnes donnent à 18 h30
30 % à Nicolas Sarkosy c’est bien plus que la somme de Chirac, Madelin et Boutin qui faisaient à eux 3 un total de 25% en 2002. Donc très bon score de Sarkozy. Eric Dupin a employé l’expression « succés éclatant » dans son billet six questions. On en est pas très loin.
Royal à 25,5% c’est aussi un peu plus que la somme des voix de Jospin, Chevénement et Taubira qui faisaient 24%.
Bayrou à 18% c’est le vote utile qui a joué à plein et qui le contraint à cette troisième place .
Le Pen à 11,5 %. Sa baisse est due à la très forte mobilisation des français.
A première vue on peut tirer quelques conclusions en attendant des chiffres plus précis. Nicolas Sarkosy à pris des voix à JM Le PEN et une majorité de nouveaux électeurs s’est portée porter sur son nom. Et surtout le TSS n’a pas eu le résultat escompté. Et oui Monsieur Khan et consorts les français ne croient pas que Sarkozy soit fou, colérique, Narcissique, Rancunier, Caractériel, Egocentrique, Incontrôlable, Dérapant pour reprendre vos révélations marketing dans Marianne. Que ceux qui ont versé dans le militantisme anti sarkosy revoient leur copie.
Le deuxième tour n’est pas joué, les français ont envoyé un message, aux politiques de le décrypter.. Royal va retrouver une partie de son électorat parti chez Bayrou et les voix de l’extrême gauche mais Sarkozy va récupérer une bonne partie de cet électorat Bayrou. Les députés, les maires, et autres élus UDF grâce aux voix de l’UMP feront le travail nécessaire. Il y va de leurs réélections futures. J’ai bon espoir pour le second tour. Et puis la gauche dans son ensemble semble ne pas dépasser 38%.
Un pari. Je pense que ce soir Hollande va nous refaire le coup de trouver normal que toutes les voix de gauche se portent sur Royal au second tour, mais sera scandalisé que les électeurs Villiers et Le Pen se reportent ne serait ce que en partie sur Sarkosy.
Rédigé par: flamant rose | 22 avril 2007 à 20h11
En l'occurence, comme en témoigne le déclin de Le Pen, le vote "utile" a été au moins aussi bien compris à droite qu'à gauche. Il faut dire que Sarkozy a fait franchement applaudir par ses troupes survoltées des slogans directement emprunté au Front National : « La France, aimez-la ou quittez là! ». Il n'a donc plus rien d'un Gaulliste, (on se souvient que de Gaulle n'avait que mépris pour Le Pen et ses idées) puisqu'il est l'homme de droite qui opère la jonction électorale et théorique parfaite, à laquelle une bonne partie de la droite se préparait depuis "les fameuses valeurs partagées par le FN et la droite" chères au "parrain" de Sarkozy, Charles Pasqua. Sarkozy peut se revendiquer de De Gaulle, Jaurès, Blum, Jeanne d'Arc... ou du Pape (comme si le christianisme pouvait accepter les théories de prédestinations génétiques défendues par Sarkozy!)! Sa campagne l'aura révélé pour ceux qui avaient encore quelque illusion : un pur démagogue, assoiffé de pouvoir, adaptant son discours à chacun de ses auditoires. Le voilà donc promis, pour le deuxième tour, à un grand écart entre Le Pen et l'homme qui, il y a une semaine encore, parlait de gouverner avec un ministre de gauche, à savoir Bayrou. Mais apparemment, si j'en crois le commentaire de "flamant rose", le "parti des honnêtes gens", qui attend de son candidat qu'il le protège de "la racaille", n'est pas très regardant sur ses méthodes. Oui, nous serons "fiers d'être français", quand l'agité qui après son passage à la place Bauveau, a laissé le pays dans des tensions civiles encore inconnue en France, sera renvoyé à ses magouilles avec les tenants du soi-disant partie gaulliste qui piétine sans vergogne toutes les valeurs humanistes qui faisaient que de Gaulle pouvait parler, sans avoir l'air ridicule, de son amour de la France.
Rédigé par: Balise | 22 avril 2007 à 21h59
En 2002, Jospin + Chevènement + Taubira = 23,83%.
Cette fois, Royal est à 25%, alors que Chevènement et Taubira font partie de son équipe rapprochée.
La progression n'est pas si mirobolante, 2 points maxi, et non pas 10 comme il a été dit partout. Alors que les votes Vert, PC et Laguiller sont asséchés.
Si Royal gagne, c'est qu"elle fera un miracle ces deux semaines à venir.
Rédigé par: Basta | 22 avril 2007 à 22h24
Il me semble que la France est à droite par défaut de gauche : le refus du PS de porter un discours social-démocrate plus en phase avec le monde moderne et ses évolutions, que les Français connaissent, ouvre un espace à la droite, pourtant incapable de promouvoir le libéralisme pragmatique (car à mes yeux, NS n'est pas un libéral) qui a tant fait pour le Canada, l'Australie, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande, la GB, la Suède, les USA.
Si la droite gagne par défaut, il s'ensuit logiquement qu'une gauche rénovée reprendrait le dessus. Je crois que c'est ce qu'ont voulu dire MM. Kouchner et Rocard, plus anciennement JM Bockel, mais qui les a écouté (sans même parler de les entendre) au PS ?
Rédigé par: fboizard | 22 avril 2007 à 22h49
Si ce que vous entendez par « une gauche rénovée », c'est une gauche qui fait une politique de droite avec des hommes politiques qui ont fait toute leur carrière à droite, je vois mal de quelle manière cela pourrait aider la gauche à se rénover.
Parce qu'en l'occurence, c'est de cela qu'il s'agissait concernant l'appel de messieurs Kouchner et Rocard.
La gauche peut être moderne sans avoir pour autant à se renier, et c'est ce dont a témoigné Lionel Jospin quand il a assumé la charge de premier ministre. C'est aussi, je l'espère et j'y crois, ce vers quoi s'achemine madame Royal. Une gauche qui ne renie pas ses valeurs, ne sombre pas dans la démagogie, sans pour autant se laisser scléroser par des slogans ou des idoles momifiées. C'est cette gauche-là qui peut rassembler, relever le pays, et faire barrage à la démagogie sans vergogne de Sarkozy. C'est elle qui peut, sans rougir, revendiquer l'héritage humaniste de la France. Et puisque le thème de "l'identité française" a été un des thèmes du débat politique de cette campagne, disons sans ambage que l'identité française ne saurait se construire en organisant à des fins éléctorales la confrontation entre "le parti des honnêtes gens" et "la racaille" ou encore "la France qui se lève tôt" et "la France des assistés".
Evidemment, Sarkozy, expert en cynisme, va maintenant nous faire le coup de la France fraternelle, mais qui y croira de bonne foi, même parmi ceux qui, par ambition ou pour protéger leur champ de carottes des hordes d'étrangers hostiles qui nous nourrissent leurs cauchemards fantasmatiques, s'apprêtent à voter pour lui ?
Rédigé par: Balise | 22 avril 2007 à 23h27
Deux remarques : La muflerie de Mme Royal, celle qui prône "le respect": un retard
de 9O minutes sur l'heure qu'elle avait fixée.Les propos de Hollande, Lang et comapagnie, lançant la campagne anti-Sarko, sectaires, aux accents staliniens.
Rédigé par: Demos | 23 avril 2007 à 01h36
Je viens de passer un bon moment sur les forums des journaux de gauche, et comme dit juste au dessus, le coup de Madame " je suis une femme libre ", et je vais vous faire attendre 90 minutes, n'a pas été DU TOUT apprécié !
De plus, la prestation de son ( non ? ) discours, d'une voix blanche et paralytique, n'a provoqué aucune érection, BIEN AU CONTRAIRE !!!
L'ANTI VIAGRA est né, il s'appelle Ségolène ROYALE, et il est en vente libre pour les 15 prochains jours .....
Rédigé par: Mido | 23 avril 2007 à 02h28
Pour Balise qui se permet des comparaisons sans savoir : pas sûr que le Général n'eut pas été plus brutal, pour reprendre votre terminologie ridicule :
De Gaule a dit
- "Sur le plan ethnique, il convient de limiter l'afflux des Méditerranéens et des Orientaux, qui ont depuis un demi-siècle profondément modifié les compositions de la population française. Sans aller jusqu'à utiliser, comme aux Etats-Unis, le système rigide des quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Suisses, Hollandais, Danois, Anglais, Allemands, etc.)
"Charles de Gaulle le 12 Juin 1945, directive au Garde des Sceaux. (Cité par Plein Droit, n°29-30 Novembre 1995).
- "Si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole. Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-deux-Églises, mais Colombey-les-deux-Mosquées !" (1959).
- "Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne." "Sinon, la France ne serait plus la France." (1959).
- "J'attire votre attention sur un problème qui pourrait devenir sérieux. Il y a eu 40 000 immigrants d'Algérie en Avril. C'est presque égal au nombre de bébé nés en France pendant le même mois. J'aimerais qu'il naisse plus de bébés en France et qu'il vienne moins d'immigrés. Vraiment, point trop n'en faut ! Il devient urgent d'y mettre bon ordre !" (1962).
Rédigé par: Pierre | 23 avril 2007 à 06h11
Attention, l'addition des voix de gauche est faible, mais l'addition des voix de droite, à bien y regarder, n'atteind pas 50%. Le FN, l'UDF et de Villiers n'ayant pas intérêt que Sarkozy passe.
Rédigé par: Jean Michel | 23 avril 2007 à 06h29
Pour Pierre, qui connaît si bien son "De Gaulle" qu'il lui coupe une aile au passage : On écrit De Gaulle, monsieur, pas "De Gaule". Même sur les sites d'extrème-droite où vous avez récolté ses "extraits choisis", dont vous ne donnez pas les sources, on devrait savoir ça.
Pour le reste, on peut trouver en effet toutes sortes de citations de De Gaulle, plus curieuses les unes que les autres :
« Si les policiers n'étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers »
« La vie n'est pas le travail : travailler sans cesse rend fou »
« L'ambition individuelle est une passion enfantine »
qui sont à comparer avec les points de vue et le caractère de votre candidat, pour continuer à blaguer selon votre mode humoristique.
Mais brisons-là. On préfèrera, citation pour citation, cette dernière qui, d'après nous, exprime mieux l'essence du gaullisme dans ce qu'il a de meilleur : « En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'homme. C'est l'homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer. »
Ce doit être ce De Gaulle-là qui fait que Jean-Marcel Jeanneney, qui fut son Ministre, écrit à Ségolène Royale :
« J'ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l'article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d'un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir. Madame la candidate, je vous souhaite de tout coeur bonne chance et vous assure de la grande considération que j'ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère. »
Rédigé par: Balise | 23 avril 2007 à 08h23
CBalise, il est dommage que mettre une bonne dose de libéralisme soit considéré en France comme un reniement. Vous devriez moins penser en théorie et plus regarder en pratique ce qui s'est fait.
Blair et Clinton ont gagné leurs élections, le PS français les perd, ça appelle à un peu plus de modestie et à un peu moins de rigidité dogmatique, non ? C'est vous qui voyez ...
Rédigé par: fboizard | 23 avril 2007 à 08h31
Fboizard, à force de n'avoir en tête que de gagner les élections, on en finit par perdre son âme, pour paraphraser Alain Juppé quand il essayait d'éviter sous Chirac le tournant que les pseudos-héritiers du Gaullisme sont en train de réaliser sous Sarkozy : le ralliement avec l'extrème-droite.
Avec Jospin, la gauche a montré déjà qu'elle pouvait ne pas être dogmatique sans renier pour autant ses valeurs fondementales.
C'est une gauche de conviction, pleinement européenne, qui a appelé à voter OUI à la constitution européenne, qui a même, quand elle l'a jugé nécessaire, privatisé un certain nombre d'entreprises, ce qui lui a (stupidement) valu d'être assimilée, pour un certain nombre d'électeurs de gauche, à la droite. Faudrait-il pourtant que les français soient aveugles pour ne pas avoir, a posteriori, et après 5 ans de Chirac/Villepin/Sarkozy, remarqué la différence.
Rédigé par: Balise | 23 avril 2007 à 08h58
Nihous n'a pas achevé les Verts. ouf ! ;)
Rédigé par: gimik | 23 avril 2007 à 09h10
Sarkozy, homme de la droite républicaine ? Ce n'est plus acceptable. Il a largement passé toutes les lignes rouges pour proposer une politique d'extrême-droite, inspirée par le programme du FN. Avec lui à sa tête, la République, sociale et laïque, serait morte, mais nous l'empêcherons de faire ce qu'il veut, et ce qu'une part de ses partisans ne veulent même pas. Pour une fois, le choix est réel, profond, radical, entre cet homme, et cette femme, entre deux personnalités radicalement différentes, entre deux programmes véritablement différents. Celles et ceux qui prendront la responsabilité de voter pour Sarkozy devront rendre des comptes de ce vote, s'il est élu, parce qu'il provoquera des crises majeures dans ce pays.
Rédigé par: grellety | 23 avril 2007 à 09h49
Je crois que le résultat du premier tour est clair.
Les français attendent qu'on leur parle sans tabou.
Et de ce coté là la gauche n'a eu de cesse que de les multiplier les tabous.
Tabou sur l'immigration.
Tabou sur la famille.
Tabou sur Blair.
Tabou sur la sociale démocratie.
Tabou sur la richesse.
Tabou sur le travail.
Tabou sur la compétition.
Tabou sur la patrie et la nation.
Tabou, tabou, tabou...
Pourquoi ? Pour empêcher le débat nécessaire, indispensable, pour orienter le débat, faire en sorte qu'il se mène sur un terrain favorable, sur son terrain. La droite c'était laissé enfermer dans ces tabous, elle ne pouvait don plus rien dire, sauf à parler comme la gauche. C'était la réussite de Mitterand. Droite = facho.
Après le choc de 2002 Sarkozy a eu le courage d'affronter des journalistes majoritairement à gauche. Il a eu le courage d'affronter la machine à diaboliser armée de ses tabous, jusque là si efficace.
Le débat va enfin pouvoir avoir lieu et la gauche s'affaiblira elle même, si elle veut poursuivre la même stratégie sectaire et partisane pour éviter le débat.
Rédigé par: noop | 23 avril 2007 à 10h07
La France a peur disait Roger Gicquel il y a une trentaine d’année. Certains ressortent ce slogan à des fins politiques, et bien non la France n’a peur et l’a démontré hier en donnant 31,11% de voix à NS. Même pour ses plus fervents partisans c’était inespéré.
Le TSS est reparti, Fabius nous a promis de graves conflits sociaux, d’autres des crises sérieuses. En fait ceux qui tiennent ses propos disent tout haut ce qu’ils souhaitent, à savoir obtenir dans la rue ce qu’ils n’ont pu obtenir dans les urnes : classique de la part de la gauche sur d’elle même et de son bon droit. Un élu UMP me disait hier soir qu’il pensait que si le 6 mai au soir Sarkozy gagnait et que si cela devait entraîner des mouvements graves ce serait du pain béni pour les législatives à suivre. La gauche devrait stopper le TSS et parler programme et projet, en cela elle pourrait paraître plus crédible.
J’avais décidé de rester en retrait de cette élection mais c’est le TSS qui m’a fait retourner sur le terrain apporter mon aide à mes anciens compagnons du RPR. Jamais nous n’avons parlé de Royal et des autres, nous avons simplement défendu le projet de Sarkozy de façon simple.
Nous avons repris à notre compte la célèbre réplique de VGE à Mitterrand « la gauche n’a pas le monopole du cœur ». Non, Sarkozy ne veut pas supprimer les aides sociales, il veut que ceux qui travaillent gagnent plus que ceux qui vivent uniquement d’aides, Il n’est pas l’homme du Médef, du Cac 40 expressions ridicules, il n’est pas anti immigrés, il veut que ceux qui viennent chez nous puissent vivre décemment donc avoir un travail et un logement et nous ne sommes pas en mesure de le leur fournir, le libéralisme ce n’est pas se débarrasser de ceux qui ont des difficultés à suivre etc…Il est probable qu’à travers le pays nous avons été convainquant tout simplement en expliquant également que le pragmatisme de sakozy c’était de regarder ce qui se fait et qui réussit en dehors de nos frontières et d’en prendre note.
Nous avons fait revenir des électeurs de Le Pen dans le giron de la démocratie. Bien sur cela n’arrange pas la gauche qui risque de voir nombres de triangulaires ne plus avoir lieu. Sarkozy a su en bon stratège parler des thèmes de prédilection de Le Pen. En faisant baisser le score du FN il a refait à droite ce que Mitterrand avait fait à gauche avec le PC.
Maintenant il nous faut transformer l’essai, on sait que ce n’est pas gagné. Une partie des français a décidé d’entrer dans le 21 éme siècle,. Pour cela il nous faut reprendre notre bâton de pèlerin, travailler pour convaincre, combattre le TSS, et amener une autre partie de nos concitoyens à nous suivre. Encore 15 jours d’effort mais si nous y arrivons on ne sentira pas la fatigue.
Rédigé par: flamant rose | 23 avril 2007 à 10h50
le plus grand nombre d'élus UDF sont des notables notoires ( ce qui n'est pas une insulte); je ne les vois pas rejoindre la gauche surtout depuis qu'hier à peine les résultats connus, communistes , verts grenats, trotskystes, sont venus à la gamelle comme dab avec des trémolos dans la voix. Les électeurs du FN ne me paraissent en rien moins fréquentables que ceux de cette extrême gauche qui ne rève que de transformer notre pays en champ de ruines pour mieux ....reconstruire comme en angola en corée du nord ou à Cuba.
Juster un mot sur les attitudes déconcertantes de Mme Royal : si l'exactitude est toujours la politesse des rois ( donc des présidents) ségo ne sera ni présidente ne reine. La lecture de son discours hier soir était pour le moins pitoyable; on aurait dit qu'elle récitait le texte d'un autre en se demandant ce qu'elle fichait là. Quel gâchis!!!
Rédigé par: guillerm.jp | 23 avril 2007 à 10h56
http://www.syti.net/SarkozyDanger.html
Sur ce lien on peut avoir un aperçu de ce qui nous attend si Sarozy passe .... Ca fait peur !
Rédigé par: Tilly | 23 avril 2007 à 10h58
Jean-Marcel Jeanneney !!
Balise, je n'ai jamais dit qu'il n'y avait que des lumières à droite.
Excusez-moi pour le "l" oublié à de Gaulle : l'émotion face à votre sectarisme et de votre dogmatisme de bonne heure ce matin.
Je devrais y être habitué pourtant aprés une année de campagne indigne de la France de 2007.
Cordialement.
Rédigé par: Pierre | 23 avril 2007 à 11h03
J’ai perdu mon pari, mais je suis heureux. J’étais persuadé que Le Pen réitérerait son « exploit » et irait même au-delà, j’ai perdu. Mais ce matin, pas de gueule de bois. On peut se tourner vers nos voisins européens sans la grosse honte du 22 avril 2002. Nous voilà revenus à une configuration digne d’une grande démocratie européenne, avec une gauche (archaïque) et une droite (toujours pas libérale). N’en déplaise à Balise, qu’on laissera s’ébattre dans le pathos tout « franco-français » du TSS comme seul argument politique, la préférence nationale, la sortie de l’Union Européenne, et le retour au franc, comme la suppression de l’IRPP, s’éloignent pour un temps que l’on espère le plus long possible du paysage programmatique. Et n’en déplaise toujours au même Balise, ces points programmatiques « à la con » ne figurent pas au menu de l’UMP, et n’y ont d’ailleurs jamais figuré.
Il revient maintenant aux électeurs de François Bayrou de départager les deux candidats restant. Nul doute que la comparaison terme à terme des projets devrait compter, mais c’est effectivement la répétition hypnotique du TSS qui devrait constituer l’essentiel de la stratégie à gauche. Avec l’élimination de Bayrou disparaissent malheureusement de vraies velléités « d’économie » et de réduction de la dette. C'est-à-dire de bon points de départ.
Les deux projets politiques qui nous restent sont « mauvais » (c’est là mon opinion perso) parce que dispendieux, à l’efficacité douteuse, et peu orientés par les réformes d’adaptation, mais au moins la campagne du deuxième tour ne devrait pas être polluée par le poids exorbitant des votes extrémistes. Balise s’emploiera à nous expliquer qu’un candidat ment, quand l’autre est honnête, qu’un candidat représente la vie, la lumière, et l’apaisement, là où l’autre représente la mort, la nuit, et le conflit, mais les moins partisans essaieront de faire la part entre le projet d’un PS élaboré par des socialistes divisés sur des fondamentaux aussi basiques que la reconnaissance de l’économie de marché, et le projet de l’UMP, plus sûrement élaboré par des gaullistes « colbertistes » que par des libéraux capables de faire leurs, ne seraient-ce que les réformes d’adaptation sociales démocrates menées ailleurs en Europe.
Il faudra quand même dire à Balise, malgré son épouvante, qu'il est dans l’ordre logique des choses que les deux candidats restants cherchent, l’un comme l’autre à se recentrer. Ségolène a évidemment précisé qu’elle voulait s’adresser aux électeurs du « reste de la gauche », de l’extrême-gauche, mais aussi « au-delà ». Il est tout aussi logique que le FN ramené à 10.5 %, De Villiers dans les choux, le candidat de l’UMP, cherche maintenant à aller chercher les voix centristes. A part les intentions bien entendu mauvaises de NS, au funeste projet de plonger la France dans « Nacht und Nebel », de ses dissimulations, et de ses velléités de passer à la trique les démocrates de gauche, ces mouvements de recentrage sont un peu un point de passage obligé depuis que les élections présidentielles existent.
Rédigé par: matéo | 23 avril 2007 à 11h25
Les Français avaient le choix hier entre deux solutions.
1° Voter pour Nicolas Sarkozy ou n'importe quel autre candidat incapable de battre Sarkozy au second tour.
2° Voter pour François Bayrou pour ceux qui ne voulaient pas de cinq année de gouvernement UMP de plus.
Plus de quatre Français sur cinq ont donc pébiscité dix années de gouvernance UMP dont cinq à venir.
What else ?
Rédigé par: Eric Gillot | 23 avril 2007 à 11h33
A LIRE ABSOLUMENT AVANT LE SECOND TOUR !!
Deux auteurs, dont un conseiller de DSK, ont mis en ligne gratuitement un roman policier d'anticipation qui se déroule dans une France où Nicolas Sarkozy serait Président depuis deux ans...L'ensemble est réussi et drôle. Parfaite lecture pour le métro ou le RER le matin...Le web bouge et innove dans cette campagne !
Voici le lien vers leur blog:
http://www.deuxansapres.com
Bonne lecture !
Rédigé par: mickey | 23 avril 2007 à 12h07
Et l'Europe ? Fabius (PS) et l'UDF: ont-ils la même conception de l'Europe ?
Rédigé par: dauphin | 23 avril 2007 à 13h35
Et si, au lieu de décrypter les choses en fonction du sempiternel ballet "droite-gauche", on se demandait si ce n'est pas la réalité qui a changé (et sans doute beacoup plus que ne l'indiquent les timides prises de conscience de Sarko-Sego)? Il nest pas besoin d'avoir voté Bayrou pour penser cette évidence, ...que le "tout petit monde parisien" semble avoir bien du mal à assimiler... dans son conservatisme viscéral. !
Rédigé par: guzet | 23 avril 2007 à 13h44
@Greletty
« Celles et ceux qui prendront la responsabilité de voter pour Sarkozy devront rendre des comptes de ce vote, s'il est élu, parce qu'il provoquera des crises majeures dans ce pays ».
Déjà l’hypothèse de « crises majeures » est fort contestable. Mettons qu’effectivement NS applique tout ou partie de son programme, (il se sait en France que de droite ou de gauche, cette éventualité n’est pas gagnée) et qu’il s’attache par exemple à mettre fin à la règle de la priorité dans les élections professionnelles des grandes centrales syndicales, ou encore qu’il tente de mettre fin aux « régimes spéciaux », nous serions donc effectivement potentiellement devant une crise majeure, marquée par des grèves (on y est un peu habitué) et des manifestations de rue (qui quoi qu’on en pense n’ont pas de valeur supérieure au verdict des urnes), vous supputez alors que NS, compte tenu de sa sombre personnalité, brutale et haineuse donc, ne lâcherait rien. Ben, il me semble justement, et c’est là le vrai doute au sujet du bonhomme, qu’il lâcherait comme tous ces prédécesseurs de droite et de gauche. La tromperie est d’ailleurs là à mes yeux, la « rupture » sera bien vite remballée, au profit d’une « continuité », que ni Jospin, ni Juppé, ni Fillon ne démentiraient. Ces supporteurs croient effectivement à l’intransigeance qui animerait leur poulain, mais je crois qu’ils déchanteront bien vite.
Que croyez-vous, vous qui êtes visiblement de gauche, qu’ont provoqué les sociaux démocrates en Europe, lorsqu’ils ont entamé des réformes de leurs systèmes de protection sociale, globalement en diminuant les droits, en basculant partiellement vers le privé des pans entiers de leurs services publics, en réduisant les effectifs de leur fonction publique, en soumettant leur rémunération à l'atteinte d'objectifs quantitatifs ? Lorsque Schröder a fait les lois Hartz de réforme de l’indemnisation du chômage, réduisant plus que significativement la durée et le montant des indemnisations, comment croyez-vous que les allemands ont réagi ? Et croyez-vous que ces réformateurs de gauche ont cédé aux pressions de la rue ?
Croyez-vous sincèrement qu’il faille être de droite d’une part pour faire de telles réformes, et d’autre part que de telles réformes (quand elles sont orientées vers l’efficacité, vers un « rendement » au sens propre du terme) se fassent dans la joie, le bonheur et l’allégresse de la France juste ? Peut-être croyez-vous benoîtement encore qu'on peut négocier avec la CGT, avec SUD ou FO. Ben voyons. Tout le monde s'y est cassé les dents, des ministres de deux camps (bien sûr des sales cons) se sont faits virés. Pas plus, pas moins.
Oui, si vous voulez voir sauver nos systèmes de solidarité, s’assouplir le marché du travail français parmi les plus « fermés » d’Europe, il y aura nécessairement des "crises majeures". D’abord parce que ces réformes sont par nature impopulaires, elles n’ajoutent pas, elles retirent dans un premier temps, et ensuite parce que le propre de notre pays est que les salariés, enfin leur expression démocratique n’est pas correctement représentée. Nous fermons la marche de l’OCDE en taux de syndicalisation, soit un beau déni de démocratie.
Mais rassurez-vous, dans les deux programmes, on ne vous parle quasiment pas de la réforme de l'état, ou des systèmes de solidarité (sécurité sociale, assurance maladie, assurance chômage etc..). Tout au plus, celle de l'état est évoquée, mais ni NS, ni SR, ne vous disent quand et comment. Dans les deux cas, c'est parce que ce n'est pas "vendeur", qu'il y a plus de gifles à ramasser que de voix. Alors, à imaginer que l'un ou l'autre les ferait "quand même", il y a un pas que perso je ne franchirai pas.
Si vous être contre NS, c'est plutôt de ce côté qu'il faut aller chercher : du côté de la fausse rupture, du côté du "colbertisme" plus que du libéralisme, et non dans cette mauvaise mayonnaise à la "Nacht und Nebel", avec Sarkozy en Hitler de 1933, et François Fillon en Goebbels, et pourquoi Borloo en Himmler pendant qu'on y est !
Et pis, ça réhaussera un peu le niveau. Avec un FN à 10.5 %, les électeurs ont fait leur part de chemin, reste aux supporteurs de deux camps à "hisser leur niveau de jeu" comme on dit dans la presse sportive. Soutenir l'un ou l'autre, n'empêche pas de porter un regard citoyen critique sur sa propre chapelle. Et là, ça devient vraiment flippant.
Rédigé par: matéo | 23 avril 2007 à 13h58
Reste à déterminer si Sarkozy a ramené une partie des électeurs de Le Pen dans le giron de la démocratie, ou s'il a plutôt réhabilité les idées du Front National en les faisant pénétrer sans vergogne dans notre démocratie.
Une France qui, pour un contrôle de billet, se retrouve au bord de l'émeute : on fait mieux comme témoignage de la bonne santé de sa démocratie. C'est le résultat de quelques années de Mr Sarkozy au Ministère de l'Intérieur. Pour quelqu'un qui prône la "culture du Résultat", on ne voit guère que le retrait des affaires, et sans parachute doré svp (puisqu'il semble qu'il soit désormais - ou est-ce le temps d'une élection ? - décidé à en priver ses amis patrons quand leurs résultats s'avèrent trop médiocres).
La campagne de Sarkozy a été d'une rare démagogie, et on se souviendra qu'il a merveilleusement permis à la France de l'UMP de montrer son vrai visage, en faisant applaudir à tout rompre des slogans lepénistes. Parce que, ne vous en déplaise, et malgré l'incohérence de ses incessants aller-retour duscursifs, c'est bien ce qu'il a fait.
La Gardère est "son frère". Enfin, pas le vrai, le vrai est un des hauts dignitaires du Medef. Quand il est mécontent d'un journaliste, il passe un coup de fil au principal actionnaire du journal pour vitupérer, mais à part ça, il n'est pas l'ami des patrons, ni leur candidat, et il s'apprête à respecter la séparation des pouvoirs dans ce pays, ainsi bien sûr, que la Liberté de la Presse, dès qu'il aura fait virer la direction de FR3, après avoir mis la pression sur Paris-Match pour faire virer Génestar.
Bref, on ne fera pas l'injure aux électeurs de Sarkozy de suggérer qu'ils sont assez stupides pour ne pas se rendre compte que leur champion est prêt à tout pour accéder au pouvoir, et qu'ayant le pouvoir, il fera de son mieux pour avoir le plus de pouvoir possible, dans une fringale maladive et insatiable, en faisant taire si faire se peut, par tous moyens appropriés, ses contradicteurs.
Non, les électeurs de Sarkozy sont des gens raisonnables. Il leur importe peu que leur champion se fasse l'apôtre d'une morale dont il se fiche et qu'il ne respecte pas, pourvu qu'il fasse ce pour quoi ils l'élisent : protéger leurs petites affaires, dans un monde qui semble de plus en plus, des banlieues au tiers-monde, décidé à leur demander des compte.
Rédigé par: Balise | 23 avril 2007 à 14h02
@Balise
vous parlez un langage connu des français, celui de la gauche, qui croit qu'en qualifiant Sarkozy de "Le Pen" elle le disqualifie. Vous vous refuser à aborder les thêmes que les français ont en tête. Libre à vous de rester la surface des choses pour mieux en faire des tabous. Mais cela ne sera pour le moment d'aucune efficacité. Dire au français que de l'immigration d'aujourd'hui dépendra en partie l'identité du pays demain, n'est pas "ignoble", c'est responsable.
Rédigé par: noop | 23 avril 2007 à 14h28
Stop aux espérances.
L’enthousiasme s’est éteint
Ce premier tour ne marque pas du tout un renouveau. A u contraire. Les deux personnalités élues appartiennent au système. Elles ont été élevées et formées dans la droite ligne des idées et des méthodes de ceux qui nous gouvernent depuis bien (trop ? ) longtemps. Les deux candidats ont occupé des fonctions ministérielles, chacun dans leur camp. L’un et l’autre ont noué « des attachements » au sens propre du terme, et, ces liens sauront bien se rappeler à eux le moment opportun. Je ne parle pas, ici, de leurs seuls partis. Je pense plutôt aux relations plus ou moins affichées avec des mondes plus ou moins occultes que tout politicien se doit d’entretenir pour perdurer. La politique est un job. L’important est de le garder. Et les électeurs dans tout cela ? Ils vont rêver le temps des campagnes électorales et ensuite ils contribueront. C’est cela la démocratie et, plus exactement, notre démocratie, dans un monde mouvant dont nous ne sommes plus, depuis longtemps, le nombril.
Je le redis ici : rien ne changera.
Il y aura toujours une droite et une gauche modérées, avec un centre flottant, et cela, parce que les électeurs le souhaitent. Et les élus, tous les élus, le savent bien. Ils font ce qu’il faut pour entretenir cet état de fait, tout en bataillant ferme pour rester en place. Les éclats de voix à l’Assemblée Nationale, et, plus rarement au Sénat, ne sont que des effets pour donner l’illusion. Il y a entente tacite et on fait bien attention à ne pas détruire le système. Seuls, les extrêmes, à droite et à gauche, pourraient faire changer les choses. Nous les rejetons parce que, inconsciemment peut-être, un changement de régime avec plus de droite ou plus de gauche nous fait peur, et que, nous le savons bien, nos espérances relèvent de l’utopie.
Alors, auquel des deux candidats ira ma voix pour ce second tour ?
Il reste treize jours pour y réfléchir mais sans illusion !
Rédigé par: Louis de Saint-Aoüt | 23 avril 2007 à 14h53
Je suis assez surpris par les commentaires politiques aujourd'hui.
Faisant de Bayrou l'arbitre du deuxième tour. Ou ceux prétendant qu'il a fait bouger les lignes et cassé le bipartisme.
Pourtant tout laisse à penser que le président de l'UDF a rassemblé son propre camp -moins de 10% des électeurs-, plus des électeurs de droite et de gauche qui se défiaient de leur candidat naturel respectif.
1. Son score me parait donc conjoncturel, et bien moins lié à sa personnalité ou à son positionnement que l'on pourrait croire.
2. 18 % est bien insuffisant pour s'imposer vraiment aux législatives. D'autant que beaucoup d'électeurs de gauche qui ont refusé de voter Ségo voteront à nouveau pour les candidats PS.
Au législative je pense que nous assisteront à une spectaculaire décrue du vote UDF.
3. Son influence sur ses électeurs me parait bien faible. Au second tour ses électeurs reprendront leur autonomie. Les électeurs Bayrou soit voteront Sego/sarko en fonction de leur tempérament -et malgré leurs préventions-, soit s'abstiendront.
Rédigé par: JB_romain | 23 avril 2007 à 14h59
est-ce que "vote utile" est une insulte ? à en croire les extrêmes balayés par un vent de folle démocratie, oui. Qu'en pensez-vous , doit-on proposer lors de la prochaine élection présidentielle un vote à un seul tour : un vote utile ?
merci
Rédigé par: Anatoline | 23 avril 2007 à 15h10
Aujourd'hui 23 avril 2007, je suis mêlé de plusieurs sentiments.
-Je suis fier de mon pays car, en votant en masse, il fait honneur au mot Démocratie... parmi les pays qui votent le plus au monde.
Ce pays - mon pays - confirme ainsi à la face du monde entier la valeur majeure des "Droits de l'Homme" qu'il avait su en son temps enfanter .
- Je suis heureux de mon pays car il a puissamment réfléchi, en nation mature, sur ses extrêmes stérilisantes, qui sont rapetissées.
- Je suis rassuré sur la volonté d'un peuple de savoir défendre la Démocratie en préservant la présence au 2ème tour d'une alternative claire de choix de société, de choix démocrates;
Car c'est seule la présence d'un choix qui permet la continuation du Dialogue; Ce Dialogue qui est le principe élémentaire de la Démocratie.
- Je suis joliment ravi que les français aient eu la lucidité d'éviter une troisième voie sans issue réelle.
- Je suis content parce qu'on va ainsi avoir droit à un vrai débat d'idées et de personnalités.
- Je suis conforté dans l'idée que le progrès c'est mieux quand c'est POUR quelqu'un/quelque chose plutôt que CONTRE ou ANTI. Parce que Pour c'est une cohésion quand Contre c'est une division.
- Je suis comblé de l'intelligence de mes concitoyens, qui, à l'évidence savent ne pas se faire manipuler par certains médias et certaines pensées uni-vo-ques.
- Je suis rasséréné quand je constate que le peuple a finalement mieux compris le 21 avril 2002 que certains partis politiques eux-mêmes.
Car, ainsi, nous prouvons que ce sont bien les peuples qui fabriquent leurs castes politiques et non l'inverse.
- Je suis sidéré que certaines bouches politiques - encore en course - continuent à prôner le vote Contre l'autre plutôt que Pour leur programme.
- Je suis abasourdi par certaines postures - qui végètent sur quelques tout petits pourcents - et qui malgré tout promettent l'invasion violente de la rue.
- Je suis optimiste quant à la prise de conscience qui est qu'il faut désormais accepter de voir les choses en face, quoi que serinent les "politiquement corrects".
Que cela soit pour l'Europe, la mondialisation, l'intégration, le travail, le respect, la laïcité, etc...
Le premier, indispensable et éternel défi d'une Démocratie est de s'auto-préserver et de se perpétuer elle-même;
Hier, la France a montré ces qualités, ainsi que son intelligence, sa réactivité, sa solidarité, sa liberté, son indépendance, sa maturité;
Hier, la France a - encore - montré un bel exemple - une belle image - au monde;
Bravo les Français, et un gros merci.
Puisse la France, demain, réunir encore toutes ces caractéristiques pour entreprendre un redressement socio-économique, certes difficile mais nécessaire, pour conduire le progrès social dont elle a besoin.
Car c'est bien là toute la différence inconciliable entre les deux programmes qui sont à notre menu du 6 mai prochain :
- Ségolène Royal pense qu'il faut d'abord résoudre les problèmes sociaux avant de pouvoir envisager le début du développement économique;
- Nicolas Sarkozy pense que le développement économique est la clé incontournable pour obtenir et accroitre le confort social;
A chacun de savoir s'il est possible de poser la moquette et les papiers-peints avant d'avoir fini de construire la maison !!
Je pense que les français ont compris beaucoup de choses ces dernières semaines... Peut-être celle-ci aussi.
La réponse est pourtant logique et implacable...
C'est ce que l'on appelle le pragmatisme.
C'est l'une des raisons premières avec aussi la vision de la Nation - et il y en a bien d'autres - qui m'appelle à voter pour Nicolas Sarkozy au 2ème tour comme je l'ai fait au 1er.
Merci à vous;
Rédigé par: Gogolène | 23 avril 2007 à 16h47
"les Français ayant donné leur voix à François Bayrou au premier tour de la présidentielle devraient voter à 54 % pour Nicolas Sarkozy au second tour et à 46 % pour Ségolène Royal"
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-900774,0.html
ED : "Le total des voix de gauche – Verts compris – ne dépasse pas les 37-38%, soit le plus bas niveau atteint par ce camp depuis 1969."
En l'état actuel, il me semble que la seule chance de Royal de l'emporter est de tenter de maintenir au maximum l'intégrité de cet électorat du centre en jouant ouvertement la carte d'un accord avec le parti centriste.
Mitterrand aurait-il gagné en 81 sans le "programme commun" avec le PC ?
Le PS l'a déja fait. Il peut le refaire.
Bayrou prone le dépassement des clivages, une grande partie de son électorat n'en serait pas surpris. Les Français y sont favorables à plus de 60%.
L'UMP s'est lancé dès aujourd'hui dans une chasse active aux voix centristes. Et même de gauche avec Besson.
Au jeu de la séparation en trois (Sarko, Ségo, ni-ni) des voix centristes, le PS perdra.
Mais le PS veut-il vraiment l'emporter ?
Après tout, il a temporairement sauvé l'essentiel : lui-même
Rédigé par: gimik | 23 avril 2007 à 17h27
segolène elle est belle , nicolas il est moche , et ceux qui pensent que la gauche est morte ne sont que des hommes à l'oeillet qui se prendront un poing à la rose , enfin jacques faisant disait , si je savais de quoi l'univers est le centre ,peut etre saurais je de quoi mon nombril est le centre , peut etre me sentirai je moins inferieur , sarko medite ca , ou tu seras le centre de la contestation de tous les pouilleux de gauchistes dans mon genre , faciste !
Rédigé par: max | 23 avril 2007 à 17h48
(Eric, changez de prénom, s’il vous plaît ;-)
Eric Besson va rejoindre la longue longue liste des hommes politiques (un nom au hasard : Jack Lang, Blésois le Fidèle comme on dit chez les Compagnons) pour qui le retournement de veste est comme une seconde nature.
Avoir quitté Mme Royal après telle ou telle avanie, ça peut se comprendre. Mme Royal n’est pas ma tasse de thé et je vais voter pour elle pour ne pas voir « le Gourdin triompher de la Gourde » (hélas pas de moi).
Mais avoir rejoint celui que, il y a moins de deux mois, il mettait plus bas que terre dans un livre, non. Et le faire en continuant de se dire homme de gauche, au seul motif de vouloir encore se regarder dans une glace tout en baffrant son ragoût de ministère sauce grand libéral, non.
Mais ne l’avoir rejoint qu’après s’être assuré de la confortable avance de son nouveau maître, non, et je cherche un sac de papier pour pouvoir vomir. Il l'aurait fait avant, passe encore ; mais là, ce "je vole au secours du succès", ça fait moche de moche.
Il a quitté la madame parce que elle n’a pas été gentille (« qui connaît Monsieur Besson ? ») avec lui ?
Qu’est-ce que ça sera quand son nouveau maître piquera sur lui une de ses colères !
Rédigé par: Mr | 23 avril 2007 à 18h08
@Balise
Sur le front national, on ne peut que vous conseiller, à défaut de vous en remettre à l’immonde Sarkozy, d’aller sur le site UMP, pour constater que la préférence nationale, l’abolition de l’euro, le rétablissement du franc et la suppression de l’impôt sur le revenu ne sont pas au programme.Mais si il vous faut absolument marteler le message d’un Sarkozy réhabilitant les idées du Front National, on vous laissera ânonner à loisir. Puissiez-vous changer de partoche dans les jours qui viennent.
Sur les émeutes de la Gare du Nord, grand bien vous fasse de faire un lien de cause à effet entre la présence de NS au Ministère de l’Intérieur et l’interpellation d’un fraudeur dégénérant en émeute. C’est sûr qu’avant 2002, les interpellations de fraudeur se passaient pénardement. Jeanjean enjambait le tourniquet, il se faisait poirer, la police était ou pas sollicitée, et lorsqu’elle l’était, ça se terminait autour d’un bout de saucisson au commissariat. Depuis 2002, la France a basculé vers la nuit, les flics gonflés à l’hélium ont le culot de faire leur boulot, et le bon peuple, tout le bon peuple prend la défense du fraudeur. Avec Royal, ce sera retour vers le monde des bisounours. J'oubliais qu'à votre bord, l'insécurité était en 2002 une invention médiatique, parce que dans les faits voyous, barbares, et délinquants, fraternisaient avec les pandorres du quartier.
NS est démagogue, mais pas Royal. Il est assoiffé de pouvoir, pas ses adversaires, qui concourent eux pour le "fun", la beauté du geste, et le souci de l'intérêt général.
Le contrat première chance n’est pas un CPE. Les emplois-tremplins ne sont pas du tout équivalents aux emplois jeunes, débouchant à terme sur queuedale, macache, walou. l’augmentation du SMIC à 1 200 € (brut ou net ? oh on s’en fout, on verra) ou doubler la prime de rentrée scolaire ne participent pas du tout de la démagogie. C'est le simple souci de répondre à l'urgence sociale.
Pourquoi ? Ben c’est simple Royal est gentille, vraie et bonne, NS est méchant, faux, et mauvais. L’une s’engage, l’autre ment.
July, Colombani, Dupin, JF Kahn, et les autres n’ont qu’à bien se tenir, parce que demain NS c’est : « allo, coco, tu me vires fissa Colombani, il a dit un truc sur moi pas sympa ». Sans compter que les éditorialistes appeleront le matin l’Elysée pour connaître les consignes du jour et éditorialiser de façon conforme aux attentes du pouvoir. La culture sera tuée, les artistes enfermés, la création baillonnée. Balise sera pisté, enfin son IP, et devrait rapidement disparaître dans les caves de la « Piscine » pour une durée indéterminée.
Tous des petits fascistes, liberticides les Fillon, les Veil, les Borloo. On connaît la chanson, tant qu’on est en démocratie, ils font bonne figure, mais dés que l’infâme sera élu, attendez de voir ce que vous allez voir citoyens, et tremblez. Le ver sera dans le fruit, la nuit totalitaire poindra. Mais les électeurs de NS sont de gros ballots, niaiseux, et inconscients. Ecoutez le perspicace Balise, il vous l’aura dit, et ne venez pas chialer quand vous sécherez dans les geoles du petit monsieur. Parce qu’il sera trop tard.
Vous reprendrez bien une « amphète »?!
Rédigé par: matéo | 23 avril 2007 à 19h47
Matéo, vous me faites assez rire, mais ne prenez pas trop la mouche. Comme le dit le dialogue"off" entre Jospin et Chirac à l'issue du débat de 2002, tous ces excès, ce sont les militants, c'est-à-dire au fond pas la partie la plus réfléchie et la plus pondérée de l'électorat.
Rédigé par: fboizard | 23 avril 2007 à 21h01
L'autre fait majeur avec la participation : trois candidats ont recueilli 75% des suffrages exprimés : l'hyper-personnalisation de cette campagne a produit ses effets, le produit 'Présidentielle 2007' a bien fonctionné auprès du consommateur, les deux produits les plus marketés sont donc logiquement au second tour. Soulignons la grosse performance de Sarkozy. Aujourd'hui, après les reports spontanément exprimés, les deux candidats sont grosso modo sur la même ligne, et confrontés à un situation analogue : les électeurs de Bayrou, mais on sent bien qu'ils ne savent pas encore vraiment comment leur parler. Et les extrêmes. L'électorat LCR sera probablement discipliné et Besancenot dur à la négociation, il va falloir aller chercher ses voix. De l'autre côté, je doute d'un franc report des voix FN sur Sarkozy. A 10%, on est probablement au niveau du noyau stable de longue date du FN, impossible qu'il n'y ait pas de rancoeur envers Sarkozy. Il n'est pas impossible que le 6 Mai conjugue forte participation et haut niveau de votes blancs. En attendant, si j'étais Ségolène, je demanderais à François d'annoncer maintenant sa démission post-électorale et la convocation d'un Congrès rénovateur !
Rédigé par: Michel B. | 24 avril 2007 à 00h12
@Matteo : je n'ai pas besoin d'aller sur le site de l'UMP pour avoir entendu Sarkozy, dans un de ses discours, faire applaudir par ses troupes survoltées le vieux et ranci slogan de Le Pen "La France, aimez-la ou quittez-la", pas plus que pour me souvenir de ces fameuses envolées sur les hordes de barbares qui confondent leur baignoire avec un abbatoir, pas plus que sur ses vitupérations, stigmatisant "le parti complice avec la racaille, avec les bourreaux" contre celui des honnêtes gens, celui qui est "du côté des victimes", le sien.
Bref, de la pure démagogie. Vous vous étonnez que Sarkozy, tout en convoquant toutes les ressources populistes de Le Pen quand il s'agit de séparer la France en le camp des méchants contre celui des gentils, ne souscrive pas à sa politique économique ou anti-européenne ? Il ne faut pas. Pour Sarkozy, les électeurs de Le Pen, comme tous les autres français d'ailleurs, ne sont qu'une matière première de peu de prix, dont le seul intérêt est de lui permettre de construire son propre escabeau pour se saisir du pouvoir.
Sarkozy emprunte à Le Pen, à de Gaulle, à Jaurès, en comptant sur la bêtise de la sus-citée "matière première", les français, à qui on demande simplement de ne pas être trop regardant sur le détail, et la cohérence, du discours.
Les Lepénistes, comme les autres français, sont instrumentalisées pour sa conquête du pouvoir. Bref, ceux qui, parmi les électeurs lepénistes, par souffrance sociale, espèrent en Sarkozy pour les réconforter et les protéger de la mondialisation apprendront à leur dépend que le soutien qu'il obtient de la part de ses amis du Medef est plus prosaïque, et qu'il s'agit surtout de protéger leur portefeuille, et qu'on le sait, l'argent, surtout dans le milieu des affaires, n'a pas de préférence en matière de nationalité.
Parmi ceux qui votent pour lui, il y a les dupes, et ceux que cela arrange, son clan.
Les naïfs ... et les profiteurs. Parce qu'il faut être vraiment naïf pour écouter sans rigoler le discours de Sarkozy quand il parle à des fils de mineurs dans une région sinistrée comme s'il remontait lui-même à peine de la mine, ou alors assez cynique (et profiteur) pour faire semblant d'y croire et lui savoir grè de tromper les plus déshérités.
Pour le reste, la manière dont vous carricaturez ce que je dis ne peux pas faire oublier les faits : à savoir que Sarkozy s'est fait prendre plus d'une fois la main dans le sac en train de faire pression sur des journalistes pas assez soumis à son goût. Evidemment, Sarkozy, faible avec le fort et fort avec le faible, adapte la vigueur de ses pressions à la puissance éventuelle de ceux qui souhaitent s'opposer à lui, et pour se concilier son clan, manie aussi bien la pression, que la flatterie, que les petites gâteries.
Il faut bien dire d'ailleurs, comme en témoigne l'air pincée de Simone Veil quand elle est amenée à devoir défendre du bout des lèvres son nouveau poulain, qu'on sent comme une gêne parmi les nouveaux convertis de son clan, mais politique et beaux discours n'excluent pas pragmatisme. L'homme semble efficace dans sa conquête du pouvoir, et de Chirac à Tapie en passant par Borloo (qui aiment Sarkozy à peu près autant qu'un bossu aime sa bosse), chacun qui n'est pas trop regardant sur les méthodes, peut trouver de mauvaises raisons de vendre son âme, avec l'espoir (qui sera déçu) d'arriver à l'arracher aux griffes de votre champion à la première occasion. On ne leur en voudra pas d'avoir le teint un peu jaune et des difficultés à regarder leur interlocuteur en face, en lui répondant argument contre argument, quand il s'agit de le défendre.
Bref, votre champion n'a pas d'amis, il n'a que des complices. Vous ne vous en étiez pas rendu compte ?
Rédigé par: Balise | 24 avril 2007 à 01h51
http://fr.news.yahoo.com/24042007/290/l-electorat-bayrou-se-reporte-davantage-sur-royal-selon-ipsos.html
ce sondage differe de celui que j'ai mentionné plus haut dans ses pourcentages.
Ce qui n'empeche que Ségolène aura besoin de bien plus de 38% de l'electorat de Bayrou pour l'emporter, bien que cela semble bouger en sa faveur.
Rédigé par: gimik | 24 avril 2007 à 08h02
«Je n'ai pas besoin d'aller sur le site de l'UMP »
Ben si, quand même, parce que le programme UMP, là ou sur débats 2007, ne fait pas sien le programme et la phraséologie du FN. Et ça, ce sont des faits. Vous vous attachez aux discours entendus qui appartiennent en politique au marketing de base pour attraper des voix, j'y vois une fausse naïveté. La drague du PS depuis de longs mois du dernier parti communiste stalinien d’Europe, ou des officines trotskystes semblent déjà vous poser moins de problème. DSK qui pose en photo avec Arlette, Fabius en nouveau parangon d’orthodoxie anti capitaliste, Hollande décrétant que le riche gagne plus de 4000 € par mois sont à ranger dans une argumentation politique, saine, pragmatique et clairvoyante. C'est sûr !
Le discours des officines est pourtant aussi haineux et vindicatif que celui du FN, l’intérêt pour la démocratie aussi mince. Besancenot refusant, le soir du premier tour, le suffrage universel en appelant « dès à présent » à descendre dans la rue, n’ a pas retenu votre attention de démocrate.
Le trait commun des extrêmes est pourtant un discours « d’exclusion » : le patron, l’employeur, le Medef ou les riches, équivalent à l’immigré, à l’étranger, aux arabes et aux noirs, ceux qu’il convient d’exclure de la communauté nationale ou de montrer du doigt. Mais votre morale est une « morale de situation », la drague de l’extrême gauche et des communistes staliniens est probablement légitime pour faire le plein des voix à gauche, sans état d'âme. Vous avez l’indignation sélective.
« Bref, de la pure démagogie. Vous vous étonnez que Sarkozy, tout en convoquant toutes les ressources populistes de Le Pen quand il s'agit de séparer la France en le camp des méchants contre celui des gentils, ne souscrive pas à sa politique économique ou anti-européenne ? Il ne faut pas. »
Ah oui ? Les discours anti patronaux, la caricature des employeurs, suceurs de moelle des masses laborieuses, la désignation des « plus de 4000 € » par mois, sont les fondamentaux de toute pensée marxiste, et n’auraient absolument pas vocation démagogique pour s’attirer les faveurs d’une gauche radicale et des marxistes révolutionnaires.
Vous faites de biens mauvais procès et vous devriez méditer la parabole de la paille et de la poutre. Vous pourriez aussi vous satisfaire qu’à gauche ces discours démagogiques à destination de l’extrême gauche, et qu’à droite les discours démagogiques à destination de l’extrême droite nationaliste, aient pu dans un cas comme dans l’autre provoqué des votes « utiles », dont les bénéfices sont communs à la droite républicaine et à la gauche démocratique, ce qui est quand même plus sain. Mais vous, c'est plutôt le verre à moitié vide que vous regardez.
« Pour Sarkozy, les électeurs de Le Pen, comme tous les autres français d'ailleurs, ne sont qu'une matière première de peu de prix, dont le seul intérêt est de lui permettre de construire son propre escabeau pour se saisir du pouvoir. »
Ah bon, et pas à gauche ? Pas au PS ? Le petit monsieur a besoin d’un escabeau, mais SR et les socialistes bon teints n’auront besoin que d’un marche pied, à part ça …
« Les Lepénistes, comme les autres français, sont instrumentalisées pour sa conquête du pouvoir ».
Oui ! comme les extrémistes de gauche pour le PS. Et maintenant ce sont les bayrouistes, pour tout vous dire, qui vont l’être, et par les deux camps de surcroît. Quel scoop !
"Parmi ceux qui votent pour lui, il y a les dupes, et ceux que cela arrange, son clan."
Sur 11 millions, c’est combien les dupes, et « ceux que cela arrange » ? Peut-on parler de « clan » quand 11 millions d’électeurs choisissent Sarkozy dès le premier tour ?
« Les naïfs ... et les profiteurs. Parce qu'il faut être vraiment naïf pour écouter sans rigoler le discours de Sarkozy quand il parle à des fils de mineurs dans une région sinistrée comme s'il remontait lui-même à peine de la mine, ou alors assez cynique (et profiteur) pour faire semblant d'y croire et lui savoir grè de tromper les plus déshérités. »
Ah, c’est vrai ça ! J’oubliais, VOUS avez le monopole du cœur. Les passages au pouvoir de la gauche socialiste ont, il est vrai, été marqué par une amélioration sensible de la condition ouvrière et une réduction des inégalités. Là pas de quoi se poiler par contre, plutôt de quoi pleurer :s'avancer sous les couleurs de la gauche, de la défense des plus faibles, tenir des discours de changement (depuis 1981), de « lutte sociale », prétendre réduire les inégalités, pour mieux empapaouter ouvriers et employés, c’est déjà moins marrant. C'est même assez honteux, et de la démagogie pur sucre, pur fruit.
« Pour le reste, la manière dont vous carricaturez ce que je dis ne peux pas faire oublier les faits : à savoir que Sarkozy s'est fait prendre plus d'une fois la main dans le sac en train de faire pression sur des journalistes pas assez soumis à son goût. »
Mais arrêtez donc votre cirque. Vous ne la monterez pas votre mayonnaise. Prenez le machin dans tous les sens, interrogez les journalistes, notre hôte, toute la profession, et vous ne trouverez pas de journalistes, bridés, baillonnés, ou censurés pour leurs écrits. La caricature consiste à grossir le trait, à exagérer, ça ne fait pas pour autant une réalité tangible.
« Il faut bien dire d'ailleurs, comme en témoigne l'air pincée de Simone Veil quand elle est amenée à devoir défendre du bout des lèvres son nouveau poulain » « en passant par Borloo (qui aiment Sarkozy à peu près autant qu'un bossu aime sa bosse) »
On sait cela vous arrangerait, mais je crois savoir qu’ils n’ont pas une kalasnikoff sur la nuque, et qu’à priori ce seraient des hommes et des femmes libres.
« Bref, votre champion n'a pas d'amis, il n'a que des complices. Vous ne vous en étiez pas rendu compte ? »
NS n’est pas mon « champion ». Pour parler plus sérieusement, j’ai beaucoup de critiques à formuler sur le bonhomme, sur son parti, sur son programme surtout. Mais le débat pour le moment n’en est toujours pas là. Depuis de longs mois, des gens comme vous n’en finissent pas avec ces appels à la peur, encore une exception franco-française de plus comparativement aux autres démocraties européennes, comme si c’était là leur seul argument de campagne. Si je vote pour NS, comme souvent pour moi et pour nombre de nos concitoyens, ce sera plus par défaut que par choix. C’est sûrement critiquable, mais que voulez-vous, j’ai le tort de penser que si les deux programmes sont mauvais, parce qu’inadaptés aux enjeux, celui de NS (enfin de l’UMP) est le « moins pire ». Je ne demande qu’à avoir le PS devenir un parti équivalent à ses partis frères en Europe, à régler une fois pour toute la reconnaissance de l’économie de marché, le capitalisme, et à me proposer un projet fondé sur le dynamisme économique et la régulation sociale, en plaçant le curseur au milieu. Tant que ce parti sera animé de vieux réflexes anti-capitalistes, proposera de lutter contre la mondialisation au lieu de s’y adapter, je ne voterai pas pour lui, alors que j’ai voté dix ans pour lui. Et même si le parti socialiste n’y peut rien, je me plais à sanctionner son électorat qui a voté à 60 % contre le TCE, nous faisant rater ainsi l’union politique de l’Europe,nous laissant au seul grand marché, en faisant de plus une lecture à contre sens du projet, et en votant « à rebours » des autres gauches en Europe.
Bien à vous.
Rédigé par: matéo | 24 avril 2007 à 10h19
@matéo : Votre argumentation ne tient pas, puisque Ségolène Royale n'a pas manié la démagogie pour prendre des voix à l'extrème gauche (le seul argument du vote utile, compte tenu du souvenir du 22 avril 2002, a suffit)tandis que Sarkozy n'a eu de cesse que de faire du pied, de l'oeil, et du menton en direction de l'électorat de Le Pen. La cartographie du vote Sarkozy que vient de mettre en ligne Mr Dupin montre bien d'ailleurs que c'est largement de ce côté là qu'il a assuré son score du premeir tour. Bref, vous faites un procès à un parti socialiste qui n'est pas le parti socialiste actuel, tandis que celui pour qui vous allez voter par dépit, celui à qui Villepin? Borloo, Simone Veil et Juppé se sont senti obligés, les lèvres pincés, de prêter allégeance, et bien le représentant aujourd'hui du courant de la droite la plus cynique et démagogique que nous ayons connu depuis des années et qui fait honte à la politique française.
Rédigé par: Balise | 24 avril 2007 à 16h13