Besson retourné
On peut changer d'avis. Trop de gens se croient "de gauche" alors qu'ils sont "de droite" et qu'ils n'osent pas s'avouer tels. Encore faut-il s'expliquer avec un minimum de crédibilité sur son évolution. Le cas d'Eric Besson est assez pathétique. L'ancien secrétaire national du PS aux questions économiques a effectivement été aux prises avec un programme économique invraisemblable, qu'il n'a pas pu digérer, et après avec un mépris de la candidate socialiste non moins invraisemblable.
Il a démissionné de ses fonctions en pleine campagne. On comprend. Il a affirmé ensuite s'être éloigné à la fois du PS et de la vie politique. Pourquoi pas. Là où tout devient plus trouble, c'est lorsque le même Besson rallie un Nicolas Sarkozy qu'il connait personnellement de longue date mais qu'il vouait aux gémonies dans un texte relativement fameux où il traitait le candidat de l'UMP de "néo-conservateur américain à passeport français". Imitant de manière assez grotesque l'autocritique en vigueur naguère dans les dictatures communistes, Besson - en service commandé dans le meeting de Sarkozy à Dijon de ce soir - a battu sa coulpe. Pour des raisons laissées obscures par le principal intéressé, il aurait participé, peut-être à l'insu de son plein gré, à une "entreprise délibérément conçue de diabolisation du favori de l'élection présidentielle".
Le culotté Besson a même osé encourager son nouveau champion avec le slogan "forza Nicolas" qui nous rappelle les exploits d'une droite italienne assurément au-dessus de tout soupçon. Heureusement que le même personnage a déclaré qu'il n'avait pas parlé de la composition du futur gouvernement avec le candidat de l'UMP lors de sa rencontre avec lui samedi dernier. On peut croire sur parole un tel homme...
Comme tout le monde (enfin, presque), il m'arrive de changer d'avis. Heureusement d'ailleurs.
Mais aussi vite ? Dire tout et son contraire en deux mois ? (Et que Besson ne vienne pas nous la jouer puceau membre de secte envoûté par la gouroute.)
Déclarer sa flamme non avant ce qui eût été crâne mais JUSTE APRES (2 heures, je crois) ? (Je crois que c'est ce point, vraiment de vraiment, qui me les gonfle comme des montgolfières.)
NS le démagogue (ben oui Matéo, même s'il n'est pas le seul) a vraiment tout racolé dans ses soutiens : du branchouille en rollers, du has-been drogué, du pro-pédophilie raciste, de l'alcoolo suisse, de l'escroc beurré avant d'entrer sur scène, et maintenant du judas de la Drôme. Traître un jour, traître toujours : qu'il se méfie, le boss. Bah, en matière de trahison, lui non plus n'est pas un poulet du jour...
Rédigé par: Mr | 23 avril 2007 at 22h38
" On peut changer d'avis. Trop de gens se croient "de gauche" alors qu'ils sont "de droite" et qu'ils n'osent pas s'avouer tels. " ( Dixit notre hôte )
Petite histoire amusante :
Anne Hidalgo refoulée d'un bureau de vote
22/04/2007 - © Le Point.fr
Dimanche 22 avril. Il est 16 h15 lorsqu’Anne Hidalgo suivie de son assistant et d’une équipe de La Chaîne parlementaire font irruption dans un petit bureau de vote du 15e arrondissement de Paris. La première adjointe au maire de Paris est tout sourire et embrasse devant la caméra les responsables du bureau, lorsque tout à coup un homme s’insurge contre cette présence médiatisée. L’homme est bien habillé, ses cheveux grisonnent et son accent rappelle ses origines africaines. Il explique qu’il ne fait pas de politique mais que les consignes sont strictes : une autorisation de tournage doit être demandée au président du bureau de vote, car il s’agit de préserver la sérénité du suffrage. Anne Hidalgo lui rétorque qu’elle est la première adjointe au maire de Paris et qu’elle a l’autorisation du président de ce bureau, mais l’homme ne se laisse manifestement pas impressionner. Face à tant de détermination, Anne Hidalgo préfère ne pas s’attarder. "Qui c’est ?", demande-t-elle dédaigneusement avant de partir, à propos de cet homme qui a osé lui tenir tête devant tant de monde. Tout simplement... le président du bureau de vote.
Anne Hidalgo adepte de la gauche bien pensante et toujours prompte à faire la morale aux autres, ne pouvait pas penser qu'un Noir puisse être le président d'un bureau de vote à Paris !
Après c'est Sarko qu'on accuse de délit de "sale gueule"...
Cynisme vous avez dit cynisme ???
Rédigé par: Mido | 23 avril 2007 at 22h44
D'accord avec votre post, jusqu'a ce que j'arrive à ça :
"Anne Hidalgo (...) ne pouvait pas penser qu'un Noir puisse être le président d'un bureau de vote à Paris !"
Comment savez-vous ce que pense Mme Hidalgo ?
Rédigé par: DD | 23 avril 2007 at 23h07
J'ai été sur le cul en apprenant la nouvelle. On se croirait vraiment à la cour de récré. "Puisque c'est comme ça, j'appelle à voter Sarko, na !".
En attendant, ce n'est pas de la bonne pub pour Ségolène Royal qui n'a pas trop besoin de ça !
Rédigé par: Fred Muñoz | 23 avril 2007 at 23h34
"NS le démagogue (ben oui Matéo, même s'il n'est pas le seul) a vraiment tout racolé dans ses soutiens : du branchouille en rollers, du has-been drogué, du pro-pédophilie raciste, de l'alcoolo suisse, de l'escroc beurré avant d'entrer sur scène, et maintenant du judas de la Drôme. Traître un jour, traître toujours : qu'il se méfie, le boss. Bah, en matière de trahison, lui non plus n'est pas un poulet du jour... "
Tout cela c'est de toi. relisez le avec attention, mais en imaginant que c'est Jean-Marie qui le dit.
Alors?
Ben non, ça marche pas, Jean Marie n'aurait jamais dit cela, il aurait été beaucoup plus soft - ou il aurait, au moins, edulcoré son discours.
Rédigé par: Bouquin | 24 avril 2007 at 00h49
Très surprise par cette présentation des faits. Il me semble qu’E. Besson dans son livre ainsi que dans certaines déclarations récentes a bien spécifié qu’il ferait tout son possible pour que SR ne soit pas élue et qu’il soutiendrait (F.B. ou N.S.) celui qui aura le plus de chances de la battre.
Dans son livre il explique aussi qu’il ne s’agit en aucun cas d’un différend ou d’une ambition personnelle mais qu’il a acquis la certitude que la candidature de SR présente un danger pour le pays.
Puis-je vous rappeler aussi qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé « La Diagonale » abrite d’autres socialistes ralliés à N. Sarkozy.
Rédigé par: vienne | 24 avril 2007 at 01h04
Les éminentes qualités morales de Besson, attaquant avec vigueur Sarkozy il y a quelques semaines, pour le rallier avec la même passion aujourd'hui, confirment ce que je disais dans mon dernier commentaire à votre précédent post : « Sarkozy n'a pas d'amis, il n'a que des complices ». Le parti des honnêtes gens, on vous dit. Faut pas que ça vous gratte, chers adulateurs de Sarkozy, vous n'avez plus que quinze jours à faire semblant de ne pas le savoir.
Rédigé par: Balise | 24 avril 2007 at 02h07
C'est très émouvant! Je suis sans doute un naïf mais j'aime ce genre de scènes!
Alors Besson m'émeut! Je suis heureux que cet économiste de talent et reconnu de tous en économie fasse ce pas vers Sarkozy!
Il dit que Sarkozy a levé les ambiguités sur l'Irak et le communautarisme. De fait, je serai plus que comblé si on avait un gouvernement d'UMP, d'UDF avec Besson à un ministère du Travail et des Affaires économiques en particulier. Il pourrait y piloter la fusion ANPE-Unedic, le processus d'indépendance de l'Insée, le processus d'intégration des immégrés à travers le travail... Il apporterait sa vision humaniste et sociale de gauche! Ce serait vraiment très bien. Alors il ne cacherait pas certains désaccords avec Sarkozy car chacun garde sa personnalité mais ça aurait de la gueule. Il serait vraiment la star chez les parlementaires UMP. Car on le soutiendrait à l'UMP car il resterait dans son périmètre et ferait son boulot.
Non, vraiment, je prie pour que Besson ait une place de choix dans le gouvernement ou aux côtés directement de Sarkozy à l'Elysée!
Car Sarkozy sera 'facilement' élu, n'en déplaise aux gauchistes!
Rédigé par: David972 | 24 avril 2007 at 04h40
Personnellement, j'ai toujours apprécié Eric Besson, notamment depuis la législature Jospin et les travaux qu'il a faits au sein de la commission des finances de l'assemblée nationale. C'est un pragmatique doué et un bon économiste.
Malheureusement, ces politiques techniquement doués sont souvent de piètres politiciens et ne manquent jamais de devenir démago, langue de bois, creux etc... lorsqu'ils s'aventurent sur le terrain de leurs homologues qui n'ont fait leur carrière que sur le jeu politicien et sont souvent de piètres techniciens.
Ceci est bien sûr une généralité subjective et assumée. Si vous trouvez des contre-exemples, n'hésitez pas à me les indiquer. Merci.
Rédigé par: Karl Marx | 24 avril 2007 at 07h03
Je trouve cela assez comique cette émotion des socialistes vis-à-vis de Besson.
Serait-ce pour justifier le qualificatif qu'on leur accroche souvent de "sectaires" qu'ils réagissent si mal au départ de Besson de la secte ?
Car enfin, même si le geste de Besson n'est pas d'une suprême élégance, il s'en est expliqué en long, en large et en travers. Et que je sache, il n'y a guère eu de réponses sur ses reproches (pouvoir personnel, culte médiatique, désorganisation, improvisation, mise à l'écart des experts, etc...)
Dernière question à notre hôte qui habille Besson du costume de Ganelon : est-ce Besson qui a changé ou le PS ?
Rédigé par: fboizard | 24 avril 2007 at 08h38
"Si vous trouvez des contre-exemples, n'hésitez pas à me les indiquer."
Attendez, vous voulez dire qu'il existe chez ces gens des personnes capables d'échanger un cheval borgne contre un aveugle ?
Un sarkoziste qui, lassé des foucades et des insultes de son patron, rejoindrait, je ne sais pas, moi, François Bayrou ?
J'arrive tout juste à me souvenir du saint patron des premiers communiants, j'ai nommé François Fillon, passé de chiraquien à sarkozien pile après ne pas avoir été repris comme ministre.
(Cela en à peu près aussi peu d'heures que Besson-Trahison.)
Rédigé par: Mr | 24 avril 2007 at 08h51
Renseignez-vous un peu Mr : si F.Fillon n'a pas été "repris" comme ministre, c'est parce qu'il avait eu des différends sérieux avec Chirac, voulant continuer et approfondir les réformes qu'il avait entreprises (Retraites, et ensuite Education Nationale).
Or le Pt, courageux mais pas téméraire comme toujours, lui a refusé en estimant qu'aller plus loin risquait de mettre trois pelés de plus dans la rue.
Il n'y a vraiment aucune surprise au soutien de F.Fillon à N.Sarkozy.
Rédigé par: Pierre | 24 avril 2007 at 09h06
Tapie, Besson... « Le parti des honnêtes gens » recueille des adhésion qui sont à l'image de son chef, et qui ne sont pas à une trahison près, dirait-on. Quel joyeux cortège... et qui nous promet une France morale et pleine d'espoir ! Tous, de Chirac à Besson en passant par Juppé, Simone Veil, Borloo, au garde à vous devant leur champion, qu'ils haïssent. Il doit y avoir une ambiance particulière dans les réunions de l'équipe Sarkozy.
Rédigé par: Balise | 24 avril 2007 at 09h07
C'est vrai que dans le "Parti de la Morale", tous sont en adoration devant leur candidate !
Il y a des moments où je regretterais presque de ne pas être analphabète, pour éviter de lire tant de bêtises. Parce qu'à ce point-là, j'ai du mal à croire à de la mauvaise foi.
Rédigé par: Pierre | 24 avril 2007 at 09h37
Après avoir entendu Eric Besson ce matin sur Europe 1, je change le titre de cette note. Il n'est même pas sûr que son comportement soit la manifestation d'un cynisme calculateur. Besson semble plutôt entrainé par une logique de ressentiment...
Rédigé par: Eric Dupin | 24 avril 2007 at 09h41
Tapie, Besson oui ce sont des hommes de gauche. Des hommes de gauche comme tant d'autres qui veulent que l'efficacité économique profite à la protection sociale, une gauche réaliste, humaniste, qui pensent qu'il faut produire avant de redistribuer, qu'il faut faire primer l'efficacité sur les idéologies, qui pensent vraiment à l'intérêt général.
Vous parlez de traitre mais petit rappel, les députés de Blum ont voté les pleins pouvoir à Pétain, accusez les 2 traitres aussi.
Non Besson n'est pas un traître, il est un homme de gauche qui est prêt à faire passer l'intérêt général avant leur parti.
Comme Kouchner ou Rocard quand ils ont appelé à une alliance avec l'UDF. Voyez comme ils ont été traité par les socialistes, voyez comment Besson a été traité par ces amis du PS.
Les véritables traites sont au PS, ceux qui sont prêts à se trahir juste pour reprendre le pouvoir. Un peu à la manière de leur maître incontesté F.Mitterand.
Alors oui, j'espère vraiment que Besson sera ministre du gouvernement de Fillon sous la présidence Sarkozy. Ils s'attaqueraient vraiment aux réformes qui doivent être faites pour remettre le pays en marche.
Rédigé par: Niko | 24 avril 2007 at 09h55
le ressentiment comme moteur dans la vie ?
bof !
un peu perdu cet homme. Ce petit garçon ai-je envie de dire.
bon, en tant qu'économiste, il s'est fait un peu de pognon la-dessus, c'est déja ça.
Rédigé par: gimik | 24 avril 2007 at 09h59
Comment imaginer que la promesse d'un poste, même si Besson s'en défend, ne soitt pas à l'origine du passage de "j'arrête la politique" à "j'y retourne" mais de l'autre côté.
Force est de constater que nous sommes bien en France. Ca bouge toujours à l'approche de la distribution des portefeuilles et des maroquins. Il ne faut quand même¨pas oublier qu'après s'être mis copieusement sur la poire, les politiques déjeunent facilement ensemble, se tutoyant à loisir. La chose n'est pas nouvelle, et n'en déplaise à Balise et à son manichéisme sacerdotal, ce n'est pas l'exclusive de tel ou tel bord. L'histoire le prouve.
Que Besson ait des reproches sérieux à adresser à SR et son "équipe", on peut facilement le comprendre, comme le dit Eric Dupin qu'il souhaite se retirer, encore mieux, mais de revenir en disant qu'il a parlé de tout avec NS sauf de postes, faut peut être pas nous prendre pour des perdreaux de l'année.
Quant à Fillon, réformateur dans l'âme et de culture, effectivement empêché par sa majesté jacquouille la fripouille, il était déjà et reste jusqu'à nouvel ordre membre de l'UMP. Qu'il se soit tourné vers NS plutôt que vers le dauphin, De Villepin, promoteur de la continuité (entendez l'immobilisme) est un peu logique. En tous cas, l'homme met en adéquation ses actes avec sa pensée. Peut-être sera t-il déçu de constater que le NS de la rupture, cède à la place à un NS, bon père du peuple, cédant aux moindres remous de la rue, enjoignant son équipe gouvernementale à ne point trop en faire, histoire de rester populaire et d'en reprendre pour 5 ans.
Bref la continuité. C'est ça le vrai danger de NS président.
Rédigé par: matéo | 24 avril 2007 at 11h04
Ils ne sont plus que deux.
Un seul doit rester, vainqueur, au soir du 6 mai prochain.
Ce court laps de temps, entre les deux tours, devient une période d’intenses magouilles (j’emploie le mot à dessein)et d’intrigues de toutes natures entre les candidats et les partis..
Et puis arrivent les ralliements.
Le plus odieux, en attendant pire, est bien celui de BESSON. Il est vrai que ce personnage avait rallié le camp SARKO avant le premier tour. Quand même ! Que doit-on penser de cette autocritique au sein de sa « nouvelle » famille d’accueil ?
SARKO se discrédite-t-il en acceptant de le recevoir ?
Inutile de cogiter plus. Une seule réponse. La politique, c’est cela !
Pour nous, les électeurs, c’est une nouvelle tranche,courte cette fois, de promesses délirantes
Ecoutez et enregistrez si possible.Conservez vos enregistrements (audio cela suffit !) afin de pouvoir les écouter le moment venu, par exemple dans deux ou trois ans.
Et croyez- moi, la comparaison entre les promesses et l’existant d’alors sera édifiante.
http://www.louis.over-blog.org/
Rédigé par: Louis de Saint-Aoüt | 24 avril 2007 at 11h26
On est tous mal à l'aise à la vue du chemin parcouru par Eric Besson en 3 mois (de la cellule supra rapprochée de Ségolène en février au meeting Sarkozy à Dijon en avril). Juste pour rire, imaginons l'inverse: Devedjian (au hasard) le 14 janvier avec Sarko et le 22 avril derrière Ségolène à Melle à l'écoute de son discours hypnotique....Cela ferait désordre...My point justement. Au delà du statut de traître jamais enviable dans notre pays de tondeurs, l'affaire Besson est quand même révélatrice de la semoule idéologique du PS dont tous les observateurs attendent qu'elle débouche (la semoule...) sur l'explosion en vol du seul PS d'Europe qui parle encore marxiste....Besson, le traître, me fait penser à ce jeune cycliste du tour de France en 1998 (?) qui avait dénoncé le dopage au sein de son équipe pour se voir immédiatement ostraciser par le peloton au complet...Besson, un traître oui oui c'est sûr mais un traître utile à la bonne cause....!
Rédigé par: marco | 24 avril 2007 at 12h18
"Il n'est même pas sûr que son comportement soit la manifestation d'un cynisme calculateur"
S'il s'était déclaré avant, peut-être.
Il s'est déclaré après.
Donc, Eric, concluez...
(Mais pour le ressentiment, je vous crois à 1000%. Le jour où il se fera bouler par son nouvel amour, celui à qui il a lancé un berlusconien "forza", ce sera 2000% ?)
Rédigé par: Mr | 24 avril 2007 at 12h57
"Bref la continuité. C'est ça le vrai danger de NS président."
Pas faux. Son ex-père trahisseur-trahi nous avait fait le même coup.
Rédigé par: Mr | 24 avril 2007 at 13h00
@Mr
"Pas faux. Son ex-père trahisseur-trahi nous avait fait le même coup."
Et oui, et je suis surpris, pour ne pas dire étonné que les adversaires de NS n'aillent pas chercher autre chose que le fascisme supposé du bonhomme, son autoritarisme, et sa sombre personnalité, bref le cocktail du TSS.
Panne de la critique, effet d'halo d'avoir ainsi anonné le trytique du TSS ? Je ne sais. Pour redire ici, que NS est à mes yeux un moindre mal, mais surtout pas un homme providentiel.
Il faut dire que le prisme déformant de l'idéologie ne permet pas de repérer à mes yeux les vraies failles du bonhomme et du programme. Il est vu par ses adversaires comme un libéral, ce qui ferait marrer les libéraux ailleurs en Europe au vu de son programme. Il est potentiellement plus "colbertiste", dirigiste et interventionniste qu'autre chose, mais cela constitue t-il une critique en soi pour celles et ceux qui ont le goût de l'économie administrée ? L'idée de réglementer les parachutes dorés du grand patronat ferait frémir jusqu'à certains sociaux démocrates chez nos voisins, qui verraient là une incroyable immiction de l'état dans les affaires de droit privé, le droit des contrats.
Il promet une rupture, qui risque de se terminer s'il est élu, dans le numéro plus que classique du "président rassembleur" qui ne fait pas le quart de la moitié de ce qu'il a annoncé et promis. Il devrait résister à la rue, en rupture avec le retrait du CPE par Villepin, ou l'arrêt de la réforme des régimes spéciaux de Juppé en 95, et nous risquons là encore d'assister à l'abandon en plein champ de ce genre de réforme, dès lors que 100, 200, 300 000, les mêmes que d'habitude, descendront dans la rue, par souci d'apaisement ou de cohésion nationale.
Le programme, lui même, comme celui du PS est criblé de dépenses nouvelles, peu compatibles avec, par ordre chronologique, la restructuration de la dépense publique, l'arrêt du déficit annuel de l'état, et les baisses d'impôts qui peuvent légitimement découlées de ce type d'assainissement. Pas grand chose de la réforme de l'assurance chômage, ou de l'assurance maladie. L'obsession du pouvoir d'achat, mis à mal par les accords d'aménagements sur la durée du temps de travail par compensation de la baisse de la durée du travail hebdomadaire, est de nature keynésienne. Au lieu de reconstituer la marge brute des entreprise, on est dans cette idée, contenue dans le programme PS de 1981, que la machine économique sera relancée par la consommation, pourtant pas trop mal en point en France, et au risque connu et identifié que ce soit les importations et les entreprises étrangères qui bénéficient de la chose.
Je n'ai pas lu non plus beaucoup de chose chez NS sur la relance du projet d'union politique de l'Europe. Je ne me trompe pas pour autant, car lui autant que SR auront porté le "oui", et donc appelé à donner le départ à une Europe puissance, soit le contraire de l'atlantisme, dénoncé par ses adversaires dès lors que le bonhomme ne faisait que dire son amitié et son admiration pour les états unis, et le peuple américain. En revanche, le sujet européen n'a eu droit à aucun égard, je crois même qu'une ratification par voix parlementaire serait à l'ordre du jour, si d'aventure un traité plus "light" pouvait voir le jour. (Il me semble que c'est également le cas de SR).
Que de mauvais procès en pagaille, en regard des bons procès qui pouvaient lui être faits, et qui me semblaient plus pertinents. Mais après tout, il reste 13 jours, peut-être que ces ennemis vont devenir plus malins pour le déstabiliser, plutôt que de répéter toujours et encore leurs "appels à la peur", dont le moins que l'on puisse dire est que cela n'a pas marché.
Rédigé par: matéo | 24 avril 2007 at 14h00
Le "cas" Besson est intéressant je trouve. Je le crois lorsqu'il explique avoir claqué la porte du PS après s'être rendu compte de l'absence d'idées, de programme, de vision pour la France de son ancien parti et de sa candidate. Car c'est la triste vérité maheureusement !
Le PS n'a pas su se moderniser (il en a pourtant eu le temps) et n'a pas eu le mérite de mettre au point une politique cohérente avec des propositions concrètes. C'est dommage, car le choix pour la présidentielle sera nécessairement tronqué !
Que Besson se retrouve dans le programme de Sarkozy, ça ne m'étonne guère. Les deux hommes ont des idées certes différentes, mais le programme de Sarkozy, contrairement à ce que disent (sans forcément le penser) ses adversaires politiques, est parfaitement cohérent et tient la route. Il représente, je crois, une véritable chance, et un véritable espoir, pour notre pays.
On l'a encore vu hier soir, à Dijon, présenter ses idées fortes, alors même que son adversaire socialiste envoyait des slogans à Valence (ex: je veux réformer la France avec vous ! - comment ? quoi ? dans quel but ? on n'en sait toujours rien !).
Bref, bravo Eric Besson d'avoir osé franchir le pas ! Ce n'était sans doute pas facile, et c'est un véritable risque pour votre carrière politique (mais un risque qui pourrait s'avérer payant).
Rédigé par: Olivier | 24 avril 2007 at 14h50
Et si le cas d'Eric Besson ne relevait pas tout simplement de la pathologie, au sens strictement médical du terme ? Ce qui devrait lui valoir non pas le mépris et le sarcasme, mais - de façon très sincère - plutôt la pitié et la compassion. C'est ainsi que j'ai interprété les propos très dignes et très mesurés de François Hollande à son égard sur CFI dimanche soir.
Et puis, cet homme a été, pendant de longues années, un "jospiniste" de conviction. Il ne peut donc pas être fondamentalement mauvais.
Rédigé par: René Fiévet | 24 avril 2007 at 17h44
"Et si le cas d'Eric Besson ne relevait pas tout simplement de la pathologie, au sens strictement médical du terme ?"
Eh ben bon d'là ! C'est-i pas que l'gas Nico i racol' des mabouls, ast'heure ? Déjà qui n'a dans son comiteu des charlots, des drogueus, des alcoolos et des margoulins, n'en v'là-t-i d'un' affére, n'en v'là-t-i d'un' bande de bat-d'la-goule qui vendraient la peau d'yeu mére si ça pouveu rapporteu !
Maboul, eul Besson* ? Ben, mon René, un gâs qu'attend pile eul résultat du vote pour montrer son nouveau paletot, c'est putôt un malin !
* Par cheu nous, un bessard c'est un gâs qui baisse les yeux car i n'peut point vous r'gardeu en face.
Rédigé par: Père Dodu | 24 avril 2007 at 18h00
Plutôt favorable à Sarkozy, j'ai trouvé Besson pathétique. A sa place j'aurai fait profil bas. Et à la place de l'équipe de Sarkozy je me serais abstenu d'exploiter ainsi ce ralliement..
Rédigé par: noop | 24 avril 2007 at 18h03
Je suis un peu déçu de vous voir accabler si lourdement Eric Besson. Attendons de voir s'il retirera effectivement des avantages quelconques de son soutien à Sarkozy. Pour avoir fait l'effort de lire sa prose et ses "chats" reproduits sur son site, je trouve sa démarche bien expliquée et assez courageuse. La question n'est pas de savoir si Besson est un traître mais si Royal méritait la loyauté...
Rédigé par: Nikita Malliarakis | 24 avril 2007 at 18h21
Nikita : "je trouve sa démarche bien expliquée et assez courageuse".
Courageuse... s'il l'avait eue AVANT le résultat.
Quant à savoir qui mérite la loyauté, autant à droite qu'à gauche, on peut compter ça sur les doigts de la main d'un manchot.
Rédigé par: Mr | 24 avril 2007 at 19h05
@ Mr : attention, il a bien précisé AVANT le premier tour qu'il voterait Sarkozy si ce dernier était opposé à Royal. Quant à savoir qui mérite la loyauté, je ne puis en juger, mais je le crois assez grand pour se faire sa propre opinion sur les gens avec lesquels il a travaillé.
Rédigé par: Nikita Malliarakis | 24 avril 2007 at 22h59
Le spectacle donné par Besson est désolant... L'attitude est piteuse et non courageuse. Elle discrédite encore un peu plus "l'homo politicus" qui n'en a guère besoin, et donne du grain à moudre à tous ceux qui se complaisent dans le discours populiste montant
Rédigé par: Belli | 26 avril 2007 at 00h03
salut,Il n'y a que les CONS qui ne changent pas d'avis, mais le modele de societé qu'on defend( depend de facteurs culturels, socio eco) reste ancré en nous, voila que depuis des années on essaye de differencier la G et la D et un homme de gauche(qui avait une grande place au sein meme de cette confrerie va a D). la politique dans ce cas est immorale, car toute le monde sait que la D et la G incarne deux projets differents pour une societé donnée...il est vrai qu'on doit s'absoudre de ces dogmes,mais quand meme il ya une difference en terme de distribution, de fiscalité, de concevoir les rapports sociaux ...etc... meme si il est vrai il difficile d'etre purement de D et G. Et ce n'est plus les valeurs qui predominent, mais plutot la carriere politique, car il sent bien que N. Sarkosy sera president.Encore un fois la politique est discreditée par quelques arrivistes.
Rédigé par: patrick | 04 mai 2007 at 13h41