Ma Photo

juin 2014

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            

--------------------------

RECHERCHE

  • Google

----

Blog powered by Typepad

« Votes utiles | Accueil | Trois dangers »

15 mars 2007

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c632c53ef00d834547b2969e2

Voici les sites qui parlent de Triangulaire ouverte :

Commentaires

Eric Gillot

L'UMP et le PS "ne savent plus où ils habitent", déclare François Bayrou dans un entretien publié jeudi dans Libération.

Jean-Marie Le Pen, lui, a qualifié jeudi de "bulle" la poussée de François Bayrou dans les sondages et s'est montré confiant dans sa capacité à mobiliser les électeurs.

Enfin Jacques Chirac, le plus mauvais pronostiqueur possible en matière d'élection, en tous cas quand il y participe, affirme qu'ils seront quatre aux alentours de 20% à la veille du premier tour.
Passionnant non ?

Erick

Partant du principe que, au-delà d' un programme plus ou moins détaillé, on attend surtout des candidats à la présidentielle qu' ils établissent un projet assorti de méthodes et de moyens, les choses devraient se décanter.
Si on veut schématiser mais sans trop d' exagération, le choix va être entre un projet de gauche (programme PS plus "assaisonnement SR") et un projet de droite (on ne peut pas dire aujourd'hui au vu de ce qu' ils disent, qu' il y ait beaucoup plus que des nuances entre FB et NS).
Ce qui va contribuer à départager FB et NS, à mon humble avis, va être la conviction des électeurs sur ce que j' appelle "méthodes et moyens", notamment "le rassemblement centriste" d' une part ou l' appui sur une claire majorité de droite d' autre part.

flamant rose

En parlant de Nicolas Sarkosy vous dites « mais les variations d’un candidat capable de citer, dans un même discours, Jaurès et Rivarol ne lèveront pas les inquiétudes d’une partie de son électorat potentiel.»

Mitterrand parlait aussi de Jaurès mais ses amitiés sont allées vers Bousquet, De Grosssouvre, Papon, et elles sont bien réelles ce qui n’a pas empêché les français de l’élire par 2 fois. Ségolène Royal et sa troupe d’éléphants socialistes n’ont pas eu peur du passé de leur mentor, d’ailleurs ils s’en référent encore. Mais Sarkozy lui bien sûr il fait peur. Avec un socialiste on ne peut pas parler plus de quelques minutes que déjà des mots et des noms sont cités : Hitler, Vichy, Fasciste . Je commence même à rencontrer des Bayrou (istes) qui s’y mettent également. Plus on approchera de l’élection et plus cela va voler aux ras des pâquerettes.

mateo

Cette campagne comme les précédentes ignore superbement les programmes et les projets, la comparaison de ceux-ci et le chiffrage des copies. Il faut en faire son deuil. Ce qui est le premier sujet de débat, à quelques semaines d'élections majeures, chez nos nombreux voisins et amis, est ici à peu près le dernier truc dont on s'occupe. Il faut probablement en déduire que tout le monde s'en fout.

"Sarkozy fait peur" est un des résultats de l'entreprise de diabolisation à laquelle la gauche s'est employée depuis plus d'un an. Mais il me semble qu'au delà de la peur qu'inspire NS, les citoyens électeurs français ont peur avant tout du remède. Ils savent parfaitement que nous avons traîné pour réformer notre pays, pour faire avancer certains dossiers, pour refonder ce qui devait l'être.
Les promesses, que dis-je, les surpromesses de type keynésiennes du PS n'attrappent plus autant de gogos qu'en 1981. Les français ont vu The PS au pouvoir, et ils n'ont pas été favorablement impressionné. Les impasses assez dramatiques du PS sur des sujets importants ont refroidi plus d'un sympathisant qui sembleraient plus allant en matière de remaniement, de refonte, de réformes. Bayrou présente cette offre complémentaire, de nature finalement sociale démocrate laissée en jachère par un PS confit dans le formol.

Il y a donc l'impression que Bayrou peut faire aussi bien que les socialistes dans la manière, mais mieux qu'eux puisque souhaitant mettre en oeuvre des réformes plus larges. Et puis, il y a ce sentiment que FB fera des réformes "gentilles", en écoutant tout le monde, en discutant, en essayant de trouver des consensus. Bien sûr que les électeurs sont pleinement conscients que cette orientation à la réforme "bonhomme" sont le gage du plus grand immobilisme, de réformettes-mesurettes assimilables à des tempêtes dans un verre d'eau. Mais les électeurs veulent gagner du temps, encore 5 ans de sophrologie avant d'attaquer la chimio. Ils ont peur de la politique de rupture annoncées par Sarkozy, que ça pète de partout, que leur pays soit paralysé pendant 12 mois par des défilés, manifs permanents.

Instaurer le service minimum dans les transports, réformer le code du travail pour faire un contrat unique à droits progressifs, ou réformer la constitution en syndicats, et les modalités des élections professionnelles : chacun sait bien que si NS est élu, il risque grandement de faire ce qu'il a dit, et que le bazar complet est donc devant nous.

Avec Bayrou, ça discutera, ça échangera, ça touchera à rien voire à pas grand chose, mais au moins pas d'autres grèves que temps forts habituels, pas de manifs quotidiennes, un bon ronronnement, certes pas génial, mais tellement apaisant.

Oh pis les réformes, les gars, les suivants auront qu'à s'en occuper, après tout.

Passionnant et enthousiasmant.

5 ans de sommeil en plus !

vienne

Assez d’accord avec vous mateo je rajouterai cette analyse complémentaire lue sur http://patriot.blogspirit.com/
Extrait :
« Jusqu’à peu, ils nous ont vendu le produit Royal, celui-ci n’ayant pu cacher suffisamment longtemps avant les élections sa vraie nature bien commode pour la préservation de ce statu quo, d’inconsistance et d’incompétence, et bien ils nous vendent leur produit de substitution, le centriste mou François Bayrou. Bayrou n’est assurément pas de gauche, mais à défaut d’un candidat vendable de ce côté, les rédactions à la solde du pouvoir syndical nous vendent à la va vite le moins dangereux pour la préservation du système bananier.»

Depuis longtemps je suis convaincue que nous assistons en fait en ce moment à une lutte de deux camps : ceux qui veulent en finir avec le pouvoir de ces corporatismes qui se cramponnent à leurs privilèges, et ceux, une minorité, mais avec un pouvoir de nuisance considérable, qui défendent leur multiples avantages acquis.
Bayrou rassure, avec lui les mammouths n’ont rien à craindre …

Ajamais

Ne rêvez pas ! Sarkozy reste le favori, Royal l’outsider, et Bayrou retombera, comme un soufflet.

2007sanssarko

Et bien on dirait Leon Zitrone commentant le tiercé !

Robert Marchenoir

"Sarkozy conserve un sérieux avantage, mais les variations d’un candidat capable de citer, dans un même discours, Jaurès et Rivarol ne lèveront pas les inquiétudes d’une partie de son électorat potentiel."

J'adhère entièrement à l'analyse d'Eric Dupin, mais cette phrase-là relève, hélas, de la pensée automatique qui gouverne la société française.

"Jaurès", ici, veut signifier socialiste, de gauche; "Rivarol" veut signifier d'extrême-droite, facho, pétainiste, lepéniste...

Manque de bol: quand Sarkozy a cité Jean Jaurès, c'était dans une phrase qui faisait l'éloge des patrons, que l'on ferait bien de relire et qui est tout à fait d'actualité.

Et Rivarol, c'était un noble qui a vécu à l'époque de la Révolution française, et qui s'est opposé, comme c'est bien normal, à ce mouvement politique qui l'aurait volontiers raccourci par le haut.

Il n'a pas vendu de beurre aux Allemands pendant l'Occupation, il n'a pas voté en faveur de Vichy comme de nombreux députés socialistes, il n'a pas gazé de Juifs, il n'a pas consulté des images pédophiles sur Internet, il n'a pas "méprisé" les syndicats enseignants... pour la bonne raison que quand il aurait pu le faire, il était depuis fort longtemps déjà réduit à l'état d'ossements.

Robert Marchenoir

"Encore 5 ans de sophrologie avant d'attaquer la chimio."

Aahaha! LOL MDR. C'est tout à fait ça, Matéo.

Si Sarkozy fait peur, c'est, bien évidemment, pas tant pour l'aspect maintien de l'ordre, que pour l'aspect gros ménage de printemps en vue dans les privilèges syndicaux, allocatifs et corporatistes en tous genre.

Et, effectivement, leurs titulaires ont fort bien compris que Sarkzo ne rigolait pas (en tous cas par comparison avec tous les autres), et qu'il fera effectivement ce qu'il a dit.

Rendez-vous compte: il a dit, en privé -- mais devant des journalistes -- qu'il n'avait pas l'intention de s'éterniser en politique. Il prévoit de se recycler rapidement à la tête d'une entreprise privée. Quelle horreur!

C'est cela qui le rend véritablement dangereux: cet homme n'a rien à perdre. Il n'a pas besoin de faire des pipes aux cinquante mille réseaux qui gouvernent la société française, pour s'assurer cinquante ans de carrière tranquille jusqu'à la veille de sa mort, comme papa Chirac ou papa Mitterrand.

La mafia syndicale et fonctionnariste n'a aucun pouvoir d'intimidation sur lui: quel tapis pourrait-elle donc bien tirer sous ses pieds?

Tous ces petits marquis n'ont jamais vu ça. Quelqu'un qui ne joue pas le jeu. Qui ne renvoie pas les ascenseurs. Qui ne passe pas la main dans le dos. Qui n'a pas peur d'être étiqueté d'infamie toute sa vie durant, comme Allègre, comme Juppé et tant d'autres. Vous voulez défiler dans la rue? Faire grève? Faites, faites.

This is a free country.

On demandera leur avis aux Français. Et on verra bien.

hanse

merci flamant rose et marchenoir pour vos commentaires toujours précis et caustiques...le politiquement correct est si étouffant!Mitterrand adorait Chardonne qui est un grand écrivain ,comme Céline...et l'on peut avoir dans son Panthéon personnel Céline et Jaurès,que je sache!

mateo

"On demandera leur avis aux Français. Et on verra bien."

Ben, c'est déjà un peu en cours, ne trouvez-vous pas ?

Les français ont les jetons. Ils ne sentent pas très bien la grosse baston à laquelle donnera forcément lieu toute réforme significative. Alors Bayrou apparaît comme un bon petit père du peuple. Il dit qu'il va réformer mais avec tout le monde. Volontariste dans le verbe, "vous allez voir ce que vous allez voir" et probablement chiffe molle dans l'exécution. Tiens, c'est marrant, ça me rappelle pas mal de figures politiques françaises. Toute personne normalement constituée sait donc qu'il ne se passera rien. Mais toute personne normalement constituée semble avoir envie qu'il en soit ainsi.

Quand Sarkozy a annoncé qu'il allait dès l'été 2007 faire pondre une loi instituant le service minimum, Serge THIBAUD a aussitôt, fut-ce 6 mois avant l'échéance, et cette échéance fut-elle dépendante que NS soit élu, répliqué que ça ne passerait pas comme ça. Je ne sais plus, mais je crois même qu'il a appelé à manifester "contre" (bien sûr, toujours et encore) toute idée de service minimum dans la rue.

Si d'aventure, Bayrou se risquait, rapidement lui aussi, à remettre en cause les fameux régimes spéciaux (et spécieux), je pense qu'il ne soupçonne pas le tsunami syndical qui lui tomberait sur la poire. Et comme le garçon veut que tout le monde soit d'accord, il aurait tôt fait de désarmer son premier ministre et de repousser cette réforme à ...2012. Si l'on considére que les réformes qui sont devant nous, sont de même nature que la réforme des régimes spéciaux, ou l'instauration du service minimum, Bayrou ne devrait pas réformer grand chose.
Je ne dis pas qu'il ne tentera pas de discuter autour d'une table avec les sémillants Thibaut ou Didier le Reste, le patron de la Fédé du rail CGT. Mais dès que les garçons lui auront dit "Vous touchez à ça, et nous on vous bloque le pays jusqu'à plus soif", je crois que notre "bon père" pliera les gaules fissa.

Au revoir, les remèdes et le traitement de cheval. Et nos compatriotes continueront à gueuler tant et plus que décidemment les politiques "ne font rien" et "sont tous pourris". On peut raisonnablement tabler sur un poids de 40 à 50 % des votes extremistes en 2012. Avec, car c'est toute la crétinerie de la peur qui n'évite pas le danger : des réformes restant à faire.

Mais ne nous y trompons pas, NS n'est peut être pas tellement plus en capacité de ne pas reculer devant des grèves de type 1995, où pas mal de PME ont dégusté. La pression de l'opinion peut l'amener lui aussi à reculer. Au petit jeu des "identifications", les citoyens s'identifient quand même plus aux durs de la CGT qui, comme on dit, "quelque part" défendent leur steak, qu'à une équipe de politiques UMP, où les têtes ne devraient pas tellement changer. Que la situation appelle à faire voler en éclat des privilèges et les fameux "avantages acquis", non seulement du point de vue de l'assainissement financier des comptes sociaux, mais aussi en regard du principe républicain d'égalité (comme les durées de cotises équivalentes entre privé et public, depuis 2003, ayant donné lieu aux mouvements sociaux du printemps 2003, là où les syndicats de l'EN se sont particulièrement distingués), n'empêchera pas nos concitoyens d'être du côté des prébendiers, dans une sorte de syndrome de Stockholm franco-français.

Maintenant en proba pure, NS présente de meilleures chances d'aller plus loin que le bon père Bayrou.

Ségo n'est pas morte, même si je crois que le PS a du plomb dans l'aile.

AlainD

Il n'y a hélas pas que les mafias syndicale fonctionnariste et politique à abattre (j'avais oublié ces rentes à vie pour trois semaines de boulot), il y a aussi la mafia patronale qui pousse de plus en plus d'employés au suicide, la mafia des vinassiers, la mafia des paysans qui peuvent manifester sans être punis, la mafia de l'Ordre des médecins qui n'assume jamais les erreurs médicales, la mafia des marins qui vide les mers, la mafia des automobilistes qui ne veut pas qu'on réprime la vitesse excessive, la mafia des groupes pétroliers qui pollue nos côtes et empèche le développement des énergies alternatives, la mafia des transporteurs routiers qui pollue, provoque des problèmes sur les routes quand elle ne veut pas prendre les autoroutes.

gimik

Matéo :"Maintenant en proba pure, NS présente de meilleures chances d'aller plus loin que le bon père Bayrou"
Sarkozy élu, probablement après un second tour Ségo-Sarko : Le clivage artificiel droite gauche perdure. Chacun des deux appareils est heureux d'avoir survécu. Le PS heureux d'être allé plus loin qu'en 2002, d'avoir échappé à la cata, et de se voir offrir une opportunité de resserrer ses rangs dans l' opposition, aura 5 ans pour se refaire une santé pour espérer gagner la fois suivante. Mais pour y parvenir, le faible score de la gauche en générale au 1er tour obligera celle ci à une opposition rude et systématique. Résultat : 5 ans seulement pour se refaire, 5 ans de conflits sociaux en perspectives dès septembre 2007.

Gogolène

@Gimik
D'accord avec vous sur le dernier post.
Est-ce à dire que vous préférez donc continuer à faire le canard comme depuis 30 ans et subir la puissance de la rue minoritaire ?
Quand je vois que encore hier les profs ont boycotté le bac blanc pour un pet de travers...continuant ainsi à apprendre aux jeunes que la vie c'est l'immobilisme perpétuel...

On sait bien que si NS gagne ça va rognogner...
NS annonce bien avant ce qu'il faut faire...
S'il est élu cela veut dire qu'une majorité de français veulent ces changements, quitte à fâcher la rue...
Pour cela, il ne devra pas attendre, et, passer dès l'été la loi sur le service minimum serait un signe fort de la volonté du gouvernement...
Plus ce sera tard, moins ce sera facile !

Trésor de bienfaits

Et la mafia des profs qui torturent les enfants dont les parents sont de droite, faut pas l'oublier celle-là, c'est la pire vu qu'ils ont des voitures, qu'ils ne sortent jamais sans leur litron, mangent les poissons qu'ils pêchent à la ligne pendant leurs longues vacances, et se font livrer des meubles camif par des transporteurs qui polluent.

gimik

@ Gogolène
"Est-ce à dire que vous préférez donc continuer à faire le canard comme depuis 30 ans et subir la puissance de la rue minoritaire ?"
Non justement. Voyez ce que donne le système de partis prédominant depuis 30 ans. Et il faudrait le conserver ? Laborit dans "La nouvelle grille" décrivait les syndicats comme des structures à ouverture horizontale (ex la profession des medecins) et à fermeture verticale et les partis politiques comme des structures inverses (adherents de toute provenance sociale et forte hiérarchie). Il préconisait que chacun s'adapte à la dimension de l'autre, mais selon lui, le frein principal à l'ouverture viendrait non des syndicats mais des partis politiques car "il existe une profession de la chose politique qui n'est pas fondée sur la créativité mais sur la dominance la plus biologiquement primitive(...)
Si le dialogue social ne fonctionne pas, cela est du au moins autant aux politiques jaloux de leur pouvoir. Car "proposer une structure verticale où les hierarchies de valeur ont disparu n'implique pas que l'on conserve ces hiérarchies de valeur au sein même de l'organisation du parti."
L'ouverture que propose Bayrou à des personnes d'autres partis, ou de la société civile à certainement plus de chances d'aboutir en matière de dialogue social et de réformes qu'un seul parti au pouvoir.

Pierre-Henri

@ Gimik

J'ai écrit ailleurs ici qu'une remise en question de la classe politique était une condition sine qua non pour faire quoi que ce soit dans ce pays.

Toutefois, je ne suis pas d'accord avec votre explication sur l'échec des négociations sociales. Les négociations échouent pour une raison beaucoup plus simple : parce que les syndicats de la fonction publique (1) exigent un fric qui n'existe que dans leurs têtes. Le meilleur gouvernement du monde ne peut donner ce qu'il n'a pas.

Comme on veut mordicus ce qui n'existe pas, on en est réduit aux compromis boîteux, aux empilements inefficaces, aux luttes incessantes, aux arrangements qui ne satisferont jamais personne et, surtout, à emmagasiner une dette colossale.

Ni Bayrou, ni Sarkozy, ni Royal ne feront surgir les milliards de leur chapeau. Et, avec l'Europe, ils n'ont même plus la possibilité de faire tourner ces planches à billet qui ont sauvé tant de leurs prédécesseurs.

Le seul "dialogue social" possible, c'est de faire comprendre aux syndicats qu'il faut fermer les robinets si on ne veut pas finir comme la France du XVIIIème siècle. Comme ne suis pas sûr que les fonctionnaires aimeraient être payés en assignats ou en tickets de rationnement, ils ont intérêt à piger rapidement.

---------------------------
(1) c'est différent dans le privé, mais ce sont bien ceux de la fonction publique qui posent problème.

Michel B.

Je lis régulièrement vos débats depuis quelques semaines, avec beaucoup d'intérêt, je les trouve de grande qualité, et suis un peu intimidé. Un thème récurrent est la nécessité de casser la "mafia syndicale et fonctionnariste", sorte de ver se nourrissant du fruit collectif au point de le pourrir. Je suis très surpris de constater que les énarques sont épargnés par vos critiques. Ne sont-ils pas ceux qui, au quotidien, sont en première ligne au contact des mafieux que vous dénoncez ? Pour dealer, il faut être deux, non ? Du coup, je me pose la question de savoir quel est le candidat susceptible d'intégrer le moins d'énarques dans ses cabinets ministériels et dans son gouvernement.

Mr

ITW d'une feignasse de sociologue étudiant les suicides sur le lieu de travail. Là, c'est à EDF.

En moins de deux ans, quatre salariés de la centrale nucléaire de Chinon se sont suicidés. Est-ce que cela vous étonne ?

Malheureusement pas. Certes, un suicide est toujours un acte personnel. Mais dans ce genre d'affaire, il faut aussi poser la question de la responsabilité de l'employeur : comment le travail a-t-il pu contribuer à cet acte ? Lors de mon étude, les médecins du travail des centrales nucléaires EDF m'ont confirmé que les conditions se dégradaient depuis quinze ou vingt ans. D'un côté, les salariés d'EDF sous statut qui ont le plus souvent des postes d'encadrement, chargés de la conduite ou de la maintenance. De l'autre, les sous-traitants, parmi lesquels beaucoup de CDD ou d'intérimaires, travaillent sous irradiation au coeur des centrales. Le salarié qui s'est suicidé en 2004 travaillait à la maintenance. Il avait à gérer toutes les contradictions de l'industrie nucléaire : mener à bien des contraintes impossibles ­ notamment le respect des normes de sécurité ­ dans des délais toujours plus courts. EDF fait de plus en plus souvent appel à des sous-traitants : les marchés ont été décrochés par des entreprises qui ont écrasé les coûts, notamment en déléguant des tâches à d'autres prestataires. Il n'est pas rare aujourd'hui de voir 5 ou 6 niveaux de sous-traitance dans les centrales. En bout de chaîne, les opérateurs subissent une pression très forte et leur sécurité n'est pas toujours assurée. Les agents EDF sont les mieux placés pour le savoir, mais ils n'ont plus prise sur ce travail opérationnel délégué aux sous-traitants. Et ils sont eux-mêmes pris en tenaille : ils ont des objectifs à tenir. Chacun s'emploie donc à donner la version officielle qu'attend EDF : tout va bien. Pourtant, dans nos entretiens, cette inquiétude pour les ouvriers précaires, mais aussi pour la sécurité des installations, revenait sans cesse. Les agents craignaient terriblement la dispersion des savoir-faire dans le domaine de la sûreté nucléaire, au fil de cette sous-traitance en cascade. Face à ce sentiment d'impuissance, le suicide peut apparaître comme un acte ultime de résistance. Refuser de se laisser atteindre dans sa dignité au travail.
Moins visibles, sans doute moins comptabilisés, les suicides existent aussi chez les sous-traitants des centrales...
Une vague de suicides est apparue dès 1995 parmi les sous-traitants d'EDF. Rien qu'en 1995, la coordination des syndicats CGT de la centrale de Chinon avait repéré sept cas. Un médecin du travail m'avait dit : «Vous verrez, ça touchera bientôt les salariés sous statut.» Pour les sous-traitants, le sentiment d'impuissance est doublé d'une instabilité professionnelle. En 1992, j'avais rencontré Patrick, un intérimaire. A l'époque il allait bien, mais la pression due à sa situation d'intérimaire le taraudait. En effet, pour respecter les limites individuelles d'exposition aux radiations ionisantes, EDF fait se succéder, sur les postes exposés, des travailleurs recrutés par le biais de la sous-traitance et de l'intérim. C'est la «gestion de l'emploi par la dose». Les travailleurs doivent porter des dosimètres qui enregistrent la dose de rayonnement à laquelle ils sont soumis et transmettent l'information par informatique à EDF. Quand le travailleur atteint la dose maximale autorisée, l'accès à la centrale lui est fermé. Pour un CDD ou un intérimaire, la mission est finie d'office. Il ne travaillera que plusieurs mois plus tard quand il aura remis à zéro son «crédit d'irradiation». EDF reporte ainsi la responsabilité de la gestion des risques de radiation sur les salariés eux-mêmes, ce qui les fragilise. Deux ans plus tard, je suis revenu sur le site où Patrick travaillait. J'ai appris qu'il s'était suicidé, à 32 ans. Son décès n'a pas été reconnu maladie professionnelle. Il avait atteint une nouvelle fois sa «dose» et, donc, a perdu son contrat. Il s'est tiré une balle dans la tête le jour où son agence d'intérim lui a refusé une avance financière.

Pourquoi, depuis les trois suicides au Technocentre Renault, parle-t-on plus des suicides et de leur lien avec le travail ?

C'est plus qu'un effet de mode : au contraire, il y a depuis quelques années une inversion de tendance dans l'âge des suicides. Alors qu'ils touchaient très majoritairement les plus âgés, aujourd'hui, de plus en plus d'hommes de 30 à 45 ans se suicident. Comme la plupart des cas récents chez Renault, Peugeot, EDF... Je pense que cette tendance peut être reliée aux transformations de l'organisation du travail ­ qui n'est évidemment pas spécifique à ces trois entreprises : flexibilité et obligation de résultat. Qu'ils soient précaires ou sous statut, ouvriers ou cadres, les travailleurs n'ont plus la possibilité de négocier les moyens qu'on met à leur disposition pour atteindre leurs objectifs. Et si les pouvoirs publics et les entreprises attendent qu'on leur apporte la preuve statistique que le suicide est lié aux conditions de travail, nous n'aurons plus qu'à compter les morts.

(Mais comme c'étaient des feignasses de syndiqués, la perte n'est pas bien grave. Les boites d'intérim regorgent de gens mieux armés pour accepter la loi du progrès moderne.)

Michel B.

L'usine Aulnay de PSA est en grêve depuis 15 jours. Motif : un sous-traitant "intégré" a consenti une augmentation de salaire à ses salariés que les les ouvriers de PSA de l'usine revendiquent dorénavant. A priori, on ne peut soupçonner une démarche de la "mafia syndicaliste et fonctionnariste". Mais ça fait grêve.

flamant rose

Permettez moi de faire part de mon expérience qui n’est pas forcément le reflet de la réalité mais simplement de ce que j’ai vu et vécu après 35 ans de service dans une grande entreprise de la fonction publique et où la CGT est majoritaire.

Pour faire carrière dans le syndicalisme et comme dans une entreprise le salarié doit démontrer ses capacités et pour ce faire remplir un certain nombre de critères. Dans l’année le syndicaliste doit déposer un nombre minimum de revendications, demander et obtenir un certain nombre d’audiences. Pour ce qui est des revendications on retiendra le nombre de celles qui ont été retenues, dans le cas contraire cela doit correspondre à des préavis de grève qui sont suivis ou non d’une grève effective si les revendications n’aboutissent pas. Le syndicaliste qui veut obtenir son quota de grève présente alors des revendications impossibles à satisfaire. Mr dans son post parle d’obligation de résultats dans les entreprises, dans le syndicaliste c’est la même chose. Le délégué ou le permanent doit présenter un bilan à sa hiérarchie. Le système est calqué sur ce que Mr dénonce dans les entreprises.

Beaucoup de syndicalistes confondent compromis et compromission. De nombreuses fois j’ai vu des représentants du personnel refuser un accord au prétexte qu’ils ne voulaient pas se compromettre avec la hiérarchie et c’est le discours qui était tenu en assemblée face aux syndiqués. Ce comportement faisait que parfois nous étions obligés d’adresser un courrier au personnel pour porter à sa connaissance le compromis qui avait été proposé et refusé par leurs représentants.

Il arrive aussi et plus fréquemment qu’on ne le croit qu’une mesure n’entraîne aucune remarque. Ce n’est que quelques semaines plus tard et après avoir reçu des instructions que soudain on découvre que la mesure prise n’est pas bonne et que par conséquent il faut y revenir. Le syndicaliste est alors parfaitement conscient que cette mesure étant entérinée et appliquée on n’y reviendra pas ce qui entraînera un arrêt de travail.

Le syndicaliste se mêle de ce qui relève de la politique de l’entreprise. L’exemple le plus courant concerne l’embauche et la mise en place du personnel qui ne concerne que le chef d’entreprise ou le directeur d’établissement dans la fonction publique. Depuis des décennies on a laissé faire. De même qu’on a laissé évoluer le langage des syndicalistes. Ils voulaient que, puis ils demandaient que, maintenant ils exigent que… et si on continue à laisser faire ils décideront que…

Le syndicaliste n’est pas plus honnête que le politique qu’il dénonce. J’ai connu des présidents de CE partir avec leurs épouses dans les DOM-TOM ou ailleurs au prétexte d’aller repérer un futur lieu de vacances que le CE pourrait créer pour les salariés de l’entreprise. Cela doit être bien un séjour de vacances dans des îles paradisiaques tous frais payés par l’entreprise.

Je ne vous parle pas des situations de marchandage au moment de la période des notations des salariés, des dialogues de sourds lorsque le syndicaliste parle augmentation en pourcentage et la hiérarchie en GVT (glissement, vieillesse, technicité), d’un salarié noté devant un autre et l’agent notateur qui doit se justifier face au délégué du personnel. Quel cirque.

Et que dire de cette hiérarchie qui a décidé une fois pour toute qu’il fallait privilégier la paix sociale et qui est prête à tout pour ça, que dire de ces directeurs qui font dans leur froc quand les représentants du personnel sont face à eux, qui se laissent insulter, de ces collaborateurs qui n’ont pas le courage de faire remonter les problèmes avant qu’ils n’éclatent et qui ne savent dire qu’une chose lors des réunions « la soupe est bonne mon général ». j’ai vécu de telles situations, je les ai dénoncées verbalement puis n’étant pas entendu je les ai faites remonter plus haut et par écrit. Croyez vous que j’ai reçu des remerciements , non j’ai été placardisé les 3 dernières années de ma carrière et sans promotion. Bien sûr je connaissait les règles du jeu et je me doutais de ce qui arriverait. Mais enfin !

Cette situation n’est pas saine. Il faut remettre les choses à plat selon l’expression préférée de Bernard Thibault, mais c’est pas demain la veille. Les syndicats tiennent la boutique et ils ne la lâcheront pas facilement. Après une réunion les dirigeant essuient leur front plein de sueur tellement ils ont eu la trouille et lorsqu’ils rentrent à la maison ils changent leurs pantalons trempés parce qu’ils se sont pissés dessus, puis une fois changé ils pourront faire preuve d’autorité auprès de leur femme et de leur enfants, c’est plus facile.

Trop d’intérêts sont en jeu,malheureusement et contrairement à ce qu’ils peuvent penser ces intérêts ne sont pas ceux des salariés. Vous n’imaginez pas les centaines de millions que gèrent les CE, avec les centres de vacances, les restaurants d’entreprise, etc………

Et vous voulez que le prochain président de la république s’attaque à cette forteresse syndicale. Allez les gars soyons sérieux et préparez vous à faire le dos rond. Quand Thibault aura parlé le président s’essuiera le front et changera de pantalon.

bégé

Dans votre analyse, Eric Dupin vous oubliez de citer les sondages concernant la certitude des personnes interrogées de voter pour l'un ou l'autre candidat. Orla plus forte proportion de changer d'avis concerne précisément les "électeurs" de Bayrou. Ce qui laisse toute supputation sur les résultats du premier tour très alétoire.

Mr

Flamant, votre témoignage est intéressant, mais uniquement négatif.
Pour les centaines de millions gérés par les CE, voulez-vous dire que la majorité de cet argent va dans la poche des permanents ?
Voulez-vous dire que vous n'avez rencontré que des syndicats négatifs ?

Parce qu'alors, la solution serait d'interdire les syndicats. Ou alors, de n'autoriser que les syndicats patronaux. Comme dans les régimes fascistes. (Pour ne prendre que l'exemple de l'Italie, le fascisme, s'il ne s'était pas mêlé de faire des guerres ruineuses et surtout de les perdre, ça aurait marché.)

JLS

Les syndicats ont surement un effet négatif en France dans certains secteurs (enseignement, SNCF).
Mais je pense pas qu'ils soient le facteur de blocage le plus important.
La France est le pays moins syndicalisé du monde occidental, particulièrement dans le secteur privé.
3% de syndiqués dans le secteur privé, le plus faible pourcentage du monde occidental.
J'ai travaillé dans plus de 10 entreprises je n'ai jamais vu un syndicat, ni donc jamais un syndiqué.
Le problème en France c'est plutôt le poids excessif des hauts fonctionnaires dans les grands partis politiques.
Ces gens ne comprennet rien à rien, leur niveau intectuel théorique est en fait assez bas (Voir Royal, Chirac), quant à leurs connaissances pratiques de la vie elle est quasiment nulle.

Mr

Bon exemple de la collusion mafia politique-mafia syndicale : le droit de grève dans le service public. Les salariés pourraient plus efficacement pénaliser leur patrons sans nuire aux usagers en faisant comme aux péages d'autoroute : permettre la gratuité du transport.

Mais les députés, qui pour la plupart ne prennent pas les transports en commun, ne veulent pas de ça. CQFD

gimik

@ Pierre-Henri et Flamant Rose
oui bien sur, un syndicat est une structure et comme toute structure, il développe des stratégies dans le but d'assurer sa pérenité, sa survie :
- justification de son existence - principalement à travers le conflit et la culture du conflit. Les politiques -qui plus est si c'est un parti unique qui gouverne- y trouvant aussi leur compte, car ils conservent voire renforcent ainsi leur pouvoir. Chacun restant dans sa forteresse et sa dimension.
- recherche de croissance : structuration, système de gratification interne, stratégie de recrutement. Ne pas oublier que les mauvaises conditions de travail sont l'élément fondateur de l'organisation syndicale.
Pierre Henri : "J'ai écrit ailleurs ici qu'une remise en question de la classe politique était une condition sine qua non pour faire quoi que ce soit dans ce pays"
Où l'on voit l'avantage d'une communication complémentaire. Mon précedent com et ceux de PH et FR sont complémentaires. J'omettais de parler de la part de responsabilité syndicale dans l'echec du dialogue social. PH et FR en parlent. La discussion avance plus que que si nous avions choisi une communication d'adversité, de conflit (comme il m'arrive quelquefois bêtement de le faire ici, pas vrai Erick ;)).
Le choix donc d'une communication de type complémentaire est plus souvent fructueuse qu'une communication de type adversaire. Sauf a vouloir coute que coute asseoir son pouvoir.
Mais il faut qu'au moins un des deux protagoniste le décide.
Les deux, c'est mieux !
Mais cette nouvelle relation choisie par un seul peut aider à transformer l'autre. (en fait je crois même qu'elle ne peut qu'aboutir à transformer l'autre)
D'ou l'intérêt de la gouvernance d'ouverture à la Bayrou. Un des protagoniste ayant changé, un nouveau type de communication peut s'établir, le deuxième protagoniste pourra évoluer à travers ce nouveau type de relation. Ce qui sera, on l'a vu, très difficile à réaliser par un parti unique et une stratégie de passage en force : on en reviendrait à une relation de type conflictuelle, renforcée par la volonté de la gauche de "se refaire", et où chaque structure (politique et syndicale) s'y retrouverait, puisque telle est sa culture. Je ne dis pas que Bayrou y parviendrait, je dis qu'a mes yeux, il a plus de chances.

flamant rose

@Mr

Ca y est , on y est déjà. Permettez moi de me citer dans mon post du 15 mars à 12h10.
« Avec un socialiste on ne peut pas parler plus de quelques minutes que déjà des mots et des noms sont cités : Hitler, Vichy, Fasciste . Je commence même à rencontrer des Bayrou (istes) qui s’y mettent également » Je ne dis pas que vous êtes socialistes ou favorable à Bayrou car nous ne nous connaissons pas . Mais je constate à nouveau que 2 posts après le mien le mot « Fasciste » est déjà sorti de sa boite.

Vous voulez d’autres exemples. je vous en donne un seul pour ne pas monopoliser le blog. Vous n’avez probablement jamais connu la situation dans laquelle des syndicalistes entre dans votre bureau et vous interdisent d’en sortir tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites. Coup de téléphone à la maison pour dire « ne te fais pas de souci, je ne entre pas ce midi car la réunion se prolonge ». La situation perdure et au mieux au bout de quelques heures, au pire le lendemain voir le surlendemain la situation se décante. On reçoit un coup de téléphone de sa hiérarchie qui se félicite que la situation se soit débloquée mais s’empresse de vous interdire de porter plainte au nom de l’entreprise et vous déconseille vivement de le faire en votre nom propre. Et pourquoi ? à votre avis ? pas seulement au nom de la paix sociale mais parce qu’à l’entrée du tribunal il y aurait des centaines de militants qui crieraient au fascisme car eux ils ont le droit et ça c’est pas bon pour l’entreprise. On en a l’exemple type avec José Bové. Mais là il est interdire de dire que ce sont des méthodes de fascistes. On préfère parler de droit syndical.

Et quand les syndicalistes responsables passeront devant le conseil de discipline ils auront 3 jours de mise à pied donc 3 jours sans solde que l’on s’empressera de leur rendre sous forme de primes déguisées. Les jours de mise à pied officiels sont donc transformés en congés payés. Ca c’est la réalité. De même que la réalité c’est qu’on a jamais entendu Thibault dénoncer ce genre de prise d’otage même si dans ces actions la CGT est maintenant dépassée sur sa gauche par Sud.

Mais finalement et croyez moi si j’en veux aux syndicalistes, j’en veux beaucoup plus à tous ces hauts cadres supérieurs et hors classe qui sont plus préoccupés par leur carrière que par la santé de leurs collaborateurs et le bon fonctionnement de la fonction publique. Au nom de la paix sociale on ne doit pas tout accepter. Cette attitude de démission nous finirons par la payer chère, voir très chère et c’est pas moi qui la paierai car aujourd’hui je suis à la retraite depuis peu ,sans regret et avec les moyens de la vivre pleinement.

Trésor de bienfaits

A tous ceux qui dénigrent les syndicats je n'ai qu'une question toute simple à poser : faut-il selon vous les supprimer?

Une autre fois, quand j'aurai fini de corriger mes copies, je demanderai à Pierre-Henri s'il faut baisser les salaires des infirmières et des profs.

Erick

TDB,

Voulez-vous nous donner là un exemple de cette "communication complémentaire" dont Gimik se félicite ?

Erick

Gimik,

"Où l'on voit l'avantage d'une communication complémentaire ... La discussion avance plus que que si nous avions choisi une communication d'adversité, de conflit (comme il m'arrive quelquefois bêtement de le faire ici, pas vrai Erick ;))."

Certes, je veux bien admettre si cela peut vous faire plaisir qu' il m' arrive de perdre mon sang froid. Mais quand on prend pour sujet l' idée de ministère de l' immigration et de l' identité française et que quasi-instantanément cette idée se voit taxée de fascisme et la discussion dévie sur la situation des inuits au Canada, je ne vois pas ou est la-dite complémentarité.
Avec un tel à-propos dans le "dialogue", autant disserter sur l' influence de la masturbation des crocodiles sur les crues du Nil.

Robert Marchenoir

TDB, à question simple, réponse simple.

Faut-il supprimer les syndicats? Non.

Il faut des syndicats.

Des syndicats responsables, défendant réellement les véritables intérêts des salariés, constituant un vrai contre-pouvoir au pouvoir patronal, et non des syndicats prétendant exercer une fonction politique subversive pour laquelle personne ne les a élus. (Et qu'ils n'exercent d'ailleurs pas, se contentant de consolider et d'étendre toujours plus leurs privilèges personnels, et non de faire la révolution.)

Comme en Scandinavie.

Faut-il supprimer les syndicats français actuels? Oui.

Faut-il réduire leur pouvoir à néant? Oui.

Comment passer de la situation actuelle à celle que je préconise? Je n'en sais rien. Je n'ai pas une connaissance suffisante des rouages syndicaux. Je n'ai pas de stratégie à vous proposer clés en mains.

Faut-il changer les règles du jeu légales, comme le proposent plusieurs candidats? (Suppression du monopole de la représentativité, etc.)

Faut-il encourager un renouvellement des générations militantes au sein des syndicats existants, miser sur de nouveaux dirigeants?

Faut-il susciter la création de nouveaux syndicats fonctionnant sur des principes différents?

Faut-il provoquer délibérément un conflit dur, susciter un électrochoc, une décrédibilisation durable, en tenant jusqu'à la capitulation complète, humiliante, en rase campagne, des mammouths syndicaux actuels, à la Thatcher?

Je pense, personnellement, qu'on ne fera pas l'économie de la dernière solution, et qu'en tout état de cause il faut s'y préparer.

Mais je suis ouvert à toutes les suggestions. Je pense que toute l'imagination politique du monde sera bienvenue dans ce but, fondamental pour la France.

Erick

Robert,

Deux solutions ont été avancées, une par Royal (affiliation obligatoire) et une par Sarkozy (liberté de présentation aux élections). Bayrou ? J' ignore.
Avec la première, on pourrait assister à l' élimination des "anciens" par des "modernes". Avec la seconde, de vrais syndicats à l' allemande ou à la nordique pourraient émerger.
Premier écueil dans les deux cas : faire passer les lois adéquates sans encombres. Mais difficile pour les syndicats actuels d' aller contre avec des arguments convaincants.

Trésor de bienfaits

Robert, vous évoquez "des syndicats responsables, défendant réellement les véritables intérêts des salariés, constituant un vrai contre-pouvoir au pouvoir patronal"

C'est bien gentil mais qui décidera, dans votre monde parfait, des critères de la responsabilité syndicale ? Et selon qui le "véritable intérêt des salariés" ou le "vrai contre-pouvoir" ?

La vérité a parfois bon dos.

Robert Marchenoir

"C'est bien gentil mais qui décidera, dans votre monde parfait, des critères de la responsabilité syndicale ? Et selon qui le "véritable intérêt des salariés" ou le "vrai contre-pouvoir" ?"

Selon les salariés, TDB.

Voyez, c'est un truc très simple, ça s'appelle la démocratie. La majorité. One man, one vote. C'est très très vieux, alors on l'a un peu oublié.

Regardez les taux de syndicalisation, et vous verrez qu'on en est loin. Comparez les taux de syndicalisation et le pouvoir de nuisance des syndicats, et vous verrez ce qu'est la négation de la démocratie.

P.S.: je n'ai pas de "monde parfait", à vous proposer, moi. En revanche, les rêveurs socialistes et les utopistes alter-mondialistes et anti-libéraux, si.

Et au nom de ce monde parfait qui n'arrivera jamais (et dont ils seraient bien en peine de nous décrire les mécanismes, d'ailleurs), ils tiennent à nous maintenir ad vitam aeternam dans l'injustice et la misère actuelles.

Histoire de mieux faire résonner leurs diatribes "anti-capitalistes". Et de perpétuer leurs salaires de rebel'z payés par l'Etat, en toute sécurité de l'emploi. Bien joué. Mais le truc est éventé, maintenant.

gimik

@ Erick
Parce qu'une communication "complémentaire" n'empeche nullement bien au contraire de lever tout malentendu pour être instaurée.
Concernant, les "natives" du Canada, ça a bien -à mon avis et libre à vous de penser autrement- un rapport avec l'idée que pouvaient se faire à une certaine époque (récente) les dirigeants du Canada de leur identité nationale. Et apparemment ils ont corrigé le tir depuis.
Que penser de la réaction de Azouz Begag et l'embarras de Simone Veil sur le sujet?
L'Identité Nationale, pourquoi ne pas se demander si elle ne concernerait pas aussi les employeurs qui font tant de discrimination illégale à l'embauche vis a vis des Français dont la généalogie ne leur convient pas, concourant efficacement à la formation de ghettos communautaires -que la collectivité paierait très chère plus tard (Français ou étrangers payant leurs impots). Un Secrétariat d'Etat à l'Immigration et à l'identité nationale (ou "à l'integration" comme aurait préféré Simone Veil) ne serait-il donc pas plus efficace pour la cohésion et l'identité nationales attaché au ministère de l’Emploi, du Travail et de l’Insertion professionnelle des jeunes, un peu comme en Espagne.
Relisez le petit texte de Eric-Emmanuel Schmitt et croyez bien que je me sens le premier concerné par ce qu'il écrit. On pourrait remplacer le personnage qu'il cite par un autre car malheureusement il y a le choix. Le texte n'en perdrait pas beaucoup sa force pour autant.

Trésor de bienfaits

Donc, Robert, si j'ai bien compris, entre deux copies, vous détruisez les syndicats tels qu'ils sont aujourd'hui, puis vous attendez que les salariés en recréent d'autres.
Mais il se pourrait que ce ne soit pas du tout cuit dans un monde où l'intérêt collectif est presque perdu et où chaque individu, plus ou moins malmené par l'existence, marcherait volontiers sur le corps de ses semblables si cela lui paraissait être le seul moyen de se sauver, de préserver son poste, son avancement, sa routine, que sais-je encore. De là morcellement aggravé du monde du travail autorisant les pires vilénies des grands prédateurs financiers.

Jusqu'au jour où surgiraient, en réaction à un surcroît d'arrogance patronale, des "coordinations" sans foi ni lois peu au fait du dialogue social et sans la moindre culture du compromis. Pas sûr que ce serait mieux de votre point de vue.

Mais, bien sûr, il y aurait encore la solution de tirer dans le tas...

gimik

"Mais, bien sûr, il y aurait encore la solution de tirer dans le tas..."

C'est sur quel sujet vos copies, TDB ?
Elles sont si mauvaises que ça ? :o)

Pierre-Henri

@ Trésor de bienfaits

Je crains de m'être mal fait comprendre. Ce que je disais sur les salaires des fonctionnaires n'était pas une menace ni une imprécation, mais une simple constatation. Quand on dépense 20% de plus que ce qu'on gagne, tôt ou tard on finit à la rue. Qu'on s'appelle Jean Dupond, Bill Gates, Rockefeller ou l'Etat Français ne change rien. Etre riche au départ permet juste de retarder l'échéance, c'est tout. C'est cela que les syndicats de la fonction publique devraient comprendre.

Maintenant, non, je ne suis pas du tout anti-profs. Vous faites un métier nécessaire et extraordinairement difficile. Je le sais pour l'avoir exercé moi-même, dans une autre vie. Les professeurs sont nécessaires et doivent être défendus.

MAIS :

Etes-vous sûrs que tous les fonctionnaires des rectorats soient totalement indispensables ?
Et ceux de la rue de Grenelle (DESCO, groupes des programmes et tout le toutim) ?
Et ceux des IUFM ?
Et ceux de l'ESEN ?
Et ceux de l'INRP ?
Et ceux du CNDP ?
Et ceux des CRDP ?
Et ceux des CDDP ?
Et ceux des INNOVALO ?
Et ceux des MAFPEN ?
Et ceux du CIEP ?
Et ceux des GRETA ?
Et ceux des CIES ?
Et ceux des IREM ?

Je m'arrête là, mais si vous avez un minimum d'honnêteté, vous reconnaîtrez que la liste pourrait continuer un certain temps avant d'explorer tous les méandres bureaucratiques de l'éducation nationale.

Les blocages sont là. Pas ceux du fonctionnaire du base, mais ceux de tous les niveaux intermédiaires de la fonction publique. Ce sont eux qui freinent des quatre fers à la moindre réforme et qui sont prêts à n'importe quoi pour ne pas lâcher leurs privilèges.

Et là, puisque vous êtes enseignant, vous m'expliquerez peut être ce que j'appellerai le Grand Mystère de la fonction publique. Pourquoi diable, au premier coup de sifflet des syndicats, vous mobilisez-vous pour défendre les intérêts de ces nantis ALORS MEME QUE VOUS EN ETES LES PREMIERES VICTIMES ?

Le contribuable français dépense beaucoup d'argent pour l'éducation. Il a raison. A l'arrivée, le prof dans sa classe récolte des miettes. Pourquoi ? Tout simplement parce que, dans l'intervalle, une masse de parasites s'en est mis plein les poches.

Savez vous qu'un IUFM dispose d'un budget d'environ 16 000 € par étudiant et par an ? Autrement dit, une somme absolument pharaonique au regard des standards universitaires dans ce pays. Dans un système rationnel, les professeurs devraient faire le siège des IUFM (et des autres établissements cités plus haut), pour qu'on leur rende leur fric et qu'on gère les choses de façon plus responsable.

Ils font exactement le contraire : ils acceptent de jouer les petits soldats, sachant pertinemment que les fonds débloqués bénéficieront majoritairement aux planqués, aux courtisans, aux mandarins des syndicats ... mais pas à eux.

Je ne sais pas pourquoi, l'expression "bonnes poires" me vient à l'esprit.

Trésor de bienfaits

Je ne crois pas avoir jamais manifesté pour les IUFM ni entendu le moindre coup de sifflet m'y inciter. Mais peut-être m'a-t-on un jour droguée et j'y serais allée sans le savoir. Ou alors j'en avais trop marre des copies et je suis allée dans la rue dans l'espoir de me faire tirer dessus...

Trésor de bienfaits

Hollande, le pauvre homme, en voit de toutes les couleurs :

"Il n'y aura aucun socialiste" chez François Bayrou car, avec Nicolas Sarkozy, c'est "bonnet gris et bonnet blanc", juge-t-il.

"Il y a une nuance, mais ils sont sous le même bonnet. Ce n'est pas le nôtre. On est pas dans les pastels, on est là pour changer de couleur", poursuit M. Hollande".

Oui, mais laquelle? Le rouge du PS, le bleu royal ou le violet de la ségosphère?

Il se rassure comme il peut :
"On n'est pas là pour faire du bricolage, on n'est pas là pour faire de la confusion, on n'est pas là pour faire de la combinaison", dit-il en affirmant vouloir "que cette élection permette le changement". Or "c'est Ségolène Royal le seul changement".
( citations de l'AFP en avant-première de l'émission de FOG dimanche)

Pierre-Henri

Quand je comparais le luxe des IUFM avec la misères des collèges et lycées, j'avais envie de monter à leur assaut le couteau entre les dents.

Bizarrement, j'étais le seul à penser comme ça. Pour les autres, l'ennemi, c'était l'Etat, le méchant Etat qui ne donne jamais assez de sous. Jamais les hauts fonctionnaires qui dilapident l'argent dans des projets foireux, des parades destinées à augmenter le prestige de leur clientèle ou pour s'assurer une carrière bien peinarde à l'abri des ennuis.

Je ne comprends pas du tout cette fidélité des petits fonctionnaires envers les gros. C'est comme si les ouvriers d'usine faisaient grève pour que leurs patrons touchent davantage de stock-options.

question à M. Dupin

la baisse de Nicolas Sarkozy est-elle antérieure ou consécutive à l'annonce de ce fumeux ministère de l'immigration et de l'identité nationale ?

Michel

Depuis l'annonce du fumeux ministère de l'immigration et de l'identité nationale Sarko semblerait remonter.

Michel

Le week-end dernier, la compagne du jeune collègue qui travaille avec moi s'est faite tabassé dans le RER C. Pour rien. Elle est employée SNCF et allait rejoindre sa gare en RER. Elle portait le blouson SNCF. Agression gratuite par un grand black. Sans doute parce qu elle était SNCF et qu'il avait du se faire emmerder par des contrôleurs. Pas de blessure apparente ni de dents cassee, mais elle a été sérieusement amochée. Son visage est complètement tuméfie. Elle est traumatisée et a maintenant la trouille d aller bosser. Sa petite fille qui a 2 ans et qui reconnaît a peine sa maman est traumatisée aussi. L agresseur a été filme par les cameras de surveillances, mais les flics ont trop de boulot et c'est a peine s'ils ont pris la plainte.

Ce matin dans le RER c'est un autre black pas très grand qui s 'est fait pincé sans ticket. Pas d argent pour payer l'amende forfaitaire, pas de pièce d'identité ni rien. Bref, la totale. Le foutage de gueule complet. Les 5 contrôleurs du trains (parce qu'ils contrôlent à 5, et encore pas pendant les heures de pointe) ont du attendre 20 minutes que le train arrive gentiment en Gare du Nord pour confier le gars aux flics qu'ils avaient appelés. Le mec qui s est fait pincé n'avait pas l'air très inquiet, il devait avoir l'habitude.

Ceci explique peut être cela.

Robert Marchenoir

Je suis d'accord avec vous, TDB, ce n'est pas du tout cuit, et effectivement l'interêt collectif se perd de plus en plus. Je le déplore comme vous.

Les coordinations sans foi ni loi que vous craignez existent déjà. Si elles se manifestent de plus en plus dans les conflits sociaux du privé, c'est bien que les salariés qui les suscitent ne se sentent pas représentés par les syndicats existants, non? Quand des grévistes menacent de faire sauter des produits chimiques ou d'empoisonner des rivières, ce qui est déjà arrivé, on est bien déjà dans le "ni foi ni loi", n'est-ce pas? Comment se fait-il que ces gens-là ne se contentent pas d'appeler au secours la section CGT la plus proche?

Quant aux "pires vilenies des grands prédateurs financiers", c'est beau comme l'antique, mais tant qu'on en restera à ce manichéisme jaloux et déploratif, les pauvres resteront pauvres et les chômeurs resteront chômeurs dans ce pays.

D'ailleurs, j'aimerais bien savoir à quoi ça ressemble, un "grand prédateur financier". Ca a des ailes? Des griffes? Des poils sur le dos? Ca se nourrit de quoi? Ca boufffe combien de "travailleurs pauvres" au petit-déj'?

L'autre jour, à France-Culture, une discussion très intéressante entre sociologues et économistes, qui portait en gros sur la souffrance au travail, a mis en cause une chose qui ne surprendra pas ceux qui connaissent un peu le monde du privé: la mauvaise qualité des méthodes managériales françaises.

Et devinez quoi? Les mêmes, qui ont expliqué de façon très précise en quoi ces méthodes étaient critiquables et provoquaient des effets négatifs sur la vie des salariés, ont indiqué que ces défauts n'existaient pas, ou beaucoup moins... où ça?... Aux Etats-Unis, bien sûr.

Vous savez, le paradis des "grands prédateurs financiers", là où ils naissent, prospèrent, s'abritent et se reproduisent, avant de s'abattre sur les pauvres Français...

Et ça non plus, ça n'étonnera pas ceux qui connaissent un peu le monde de l'entreprise au-delà de la France...

Regardez les classements des entreprises qui attirent le plus les candidats, celles où il fait bon travailler; vous y trouverez, dans les premières places, de nombreuses boîtes genre Microsoft, vedettes du capitalisme ultra-libéral mondialisé, sous la coupe des grands prédateurs financiers...

Alors, voyez-vous, plus tôt on sortira des clichés de gauche, et mieux ça vaudra pour ce pays.

Par exemple, les clichés qui consistent à dire que si on ne partage pas la pensée unique du PS, de la CGT et de José Bové, on est partisan de "tirer dans le tas".

Ah! tiens, d'ailleurs: je vais ajouter un "désir d'avenir" aux 1250 promesses de Maman Ségolène (qui se sont réduite à 7, l'autre jour, à la télé, j'ai pas bien compris pourquoi): qu'avant d'être autorisé à se présenter devant une classe, un apprenti professeur soit contraint à travailler six mois dans une entreprise privée.

Histoire d'avoir du monde qui l'entoure, et de l'avenir auquel il est censé préparer ses élèves, une vision un peu moins caricaturale et biaisée que celle que leur transmettent bon nombre de professeurs, jamais sortis de l'école depuis la maternelle.

Robert Marchenoir

"J'accélère. J'accélère l'explication, je noue le pacte, je l'explique, je monte en puissance sur une cohérence et je vais au contact du plus grand nombre possible de citoyens", a expliqué Ségolène Royal à Charleville-Mézières.

Ségolène Royal noue le pacte et monte en puissance sur une cohérence.

On est sauvés.

La langue française, en revanche, je suis pas sûr.

Le premier qui comprend ce que veut dire monter en puissance sur une cohérence fait signe aux autres.

Libéralisateur

On n'est manifestement pas sur un blog du FN ici .

Le Pen n'existe plus. Que 43 % des sondés disent ne pas encore savoir pour qui voter ne met la puce à l'oreille de personne ?

Quand 55% des votants avec 70% de participation votent en mai 2005 pour avant tout désavouer vos trois et uniques compétiteurs, cela ne vous interpelle-t-il pas ?

Tout ce qui est dit ici et ce qui vient de se passer depuis 5 ans ne va-t-il pas conduire au seul vote de protestation possible et évident.

Eric DUPIN serait-il un adepte de la méthode du bon Dr Coué ?

AlainD

« Je monte en puissance sur une cohérence » est du style elliptique, qui ne me choque pas, car plus léger. Il faut comprendre qu’elle a (heu... aurait) plus de pouvoir « à partir d’une » (et non « sur une», qui remplace avantageusement cette locution) cohérence, autre raccourci d’un ensemble d’idées qui seraient cohérentes entre elles (donc, sans marier Jaurès et Rivarol).

Je suis plus gêné par l’ordre de « je noue le pacte, je l'explique ». Moi, quand j’achète un produit, avant de signer le chèque, je veux d’abord qu’on me dise à quoi il sert, je ne noue un pacte avec le vendeur qu’après. En ce qui la concerne, je n’achète rien.

Et par son emploi compulsif de « je ». On se demande bien de quel ministre-candidat elle a héritationné un tel égocentrisme maladif.

Trésor de bienfaits

"Monter en puissance sur une cohérence" : on n'est pas loin du jargon managérial.
A propos, Robert, oserez-vous me dire que "management" est un mot français?

Et puis si vous vous mettez à croire tout ce que disent les sociologues où allons-nous?

J'aurais bien des arguments à vous opposer, tant là-dessus que sur la méconnaissance supposée du monde de l'entreprise par les profs mais comme je les tiens de ma vie privée je les garderai pour moi, même si ça m'énerve un tantinet de me clouer le bec.
Pas grave cependant puisque de toute façon je ne considère pas qu'il soit sage de généraliser quoi que ce soit à partir de quelques exemples personnels.
Reste, Robert, que vous ne faites jamais dans la nuance et que votre connaissance du réel n'est pas plus démontrée que la mienne.

Robert Marchenoir

L'un des choses les plus frappantes dans le discours de Ségolène Royal, Trésor de Bienfaits, est en effet la façon dont elle s'inspire -- inconsciemment, très certainement -- du discours du management, du marketing et de la publicité.

Alors qu'elle affirme vouloir "punir les capitalistes", que François Hollande "n'aime pas les riches", et que toute sa démarche politique est frappée au coin de l'archaïsme marxiste, de la haine du marché, de l'entreprise et de l'argent.

Ce paradoxe ne fait que refléter la contradiction interne (comme disaient les marxistes) du socialisme français, qui se trouve bien souvent, objectivement (comme disaient les marxistes) du côté des classes aisées, tout en prétendant défendre les pauvres.

De façon générale, je crois très peu ce que disent les sociologues gauchistes (pléonasme) français. Que certains d'entre eux entraperçoivent que les Etats-Unis pourraient être plus favorables aux "dominés" que la France n'en est que plus frappant.

Par ailleurs, pourriez-vous considérer que quand je parle des professeurs, je parle, effectivement, des professeurs, c'est à dire des lignes dominantes qui caractérisent cette communauté professionnelle en France, et non des multiples cas particuliers, exceptions et écarts par rapport à la norme qu'elle renferme? Et, en particulier, pas forcément de vous?

De même, d'ailleurs, que lorsque je parle des postiers, des médecins, des plombiers-zingueurs ou des joueurs de trompette en si bémol.

Cela faciliterait beaucoup le débat.

A défaut, je serais dans l'impossibilité d'émettre la moindre opinion critique avant de m'être assuré qu'aucun joueur de trompette en si bémol n'est en train de lire ce blog à cet instant précis. Ce qui paraît impossible, vu l'audience mondiale que lui confère Internet.

Enfin, vous avez parfaitement raison quand vous relevez l'absence de nuances qui caractérise mon expression. C'est parfaitement délibéré. Il y a trois raisons à cela.

La première est que je suis persuadé que toute pensée digne de ce nom prétendant analyser une réalité complexe doit être simple. Toute la difficulté consiste à passer du compliqué au simple. Comme chacun sait, c'est la simplicité qui est difficile, pas la complexité.

L'un des meilleurs rédacteurs en chef de l'un des meilleurs journaux du monde avait coutume de dire: le journalisme, c'est très simple. Simplifiez, puis exagérez. Et il s'agit de l'un des journaux les moins racoleurs et les plus intellectuels de la planète (The Economist). Cette devise me paraît très juste.

La seconde raison est que les intellectuels et les politiques français utilisent sans cesse la prétendue complexité des situations comme excuse à l'inaction.

Combien de fois ne vous dit-on pas: oh là là ! mon pauvre ami, mais on ne peut pas dire ça, c'est beaucoup plus compliqué que ça, vous ne vous rendez pas compte... Sous-entendu: vous m'emmerdez à vouloir tout changer. Laissez-nous roupiller tranquilles dans notre usine à gaz qui nous arrange bien, finalement.

Tiens, si vous y tenez, on va nommer une commission. Ou lancer un grand débat national, si vous préférez. Parce que c'est très très compliqué. Puis on fera rien, comme d'habitude. Sinon on serait obligé de déplacer le cendrier sur le bureau de Machin, ou d'enlever la poussière sur l'armoire de Truc, et ça c'est pas possible.

La troisième raison est que les intellectuels (faut le dire vite) français de gauche (pléonasme) ne reculent devant aucune simplification, aucune superficialité, aucune approximation, aucune caricature, quand il s'agit de propulser leurs thèses.

Y a les dominants et les dominés (pis nous on est des dominés -- ben tiens!), la Gauche c'est le Bien, la droite c'est le Mal, l'entreprise c'est caca, Sarko facho, heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, etc.

Et puis, quand on fait mine de désapprouver de telles caricatures, qui n'ont bien souvent cours nulle part dans le monde en dehors de l'Hexagonie occidentale, les mêmes se récrient: oh là là! mais vous simplifiez à outrance, cher ami! votre discours manque singulièrement de nuances!

C'est un plaisir sans fin que de battre ses adversaires avec leurs propres armes. C'est aussi la seule chance de mettre en évidence l'imposture qu'ils tentent de perpétuer.

Car défendre la complexité, c'est aussi maintenir le rideau de fumée qui permet de cacher les privilèges secrets de la République.

Un seul exemple. Nous parlions des syndicats. Situation très compliquée, n'est-ce pas? Ben non. L'essence de la situation syndicale française peut se résumer en huit mots.

Les syndicats constituent en France un pouvoir totalitaire.

Pourquoi? Parce qu'il disposent, de par la loi, d'un énorme pouvoir sur la société française, sans avoir à rendre des comptes à quiconque. Ni à celui qui les finance (l'Etat), qui ignore jusqu'à leur comptabilité, ni à ceux qu'ils prétendent représenter (les salariés), qui sont une infime minorité à avoir leur carte.

Je pourrais vous le démontrer avec vingt pages de faits et de chiffres. Je ne le ferai pas, pour ne pas allonger ce commentaire déjà volumineux. Vous les trouverez ici:

http://www.ifrap.org/

On comprend pourquoi certains ont intérêt à faire taire une telle simplicité, en agitant l'épouvantail "raisonnable", "scientifique" et "intellectuel" de la complexité des choses.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Suivez-moi sur Twitter

La Victoire empoisonnée

  • Mon dernier livre, publié le 10 mai 2012 aux éditions du Seuil, est consacré à la campagne présidentielle de 2012. Il s'agit d'une enquête en profondeur mêlant de nombreux témoignages de Français de toutes conditions mais aussi de politiques de tous niveaux, des militants aux candidats en passant par les responsables et les élus. Cette sorte de récit analytique cherche à rendre compte des véritables lignes de forces de cette campagne, à expliquer la victoire désormais plus que prévisible de François Hollande, et enfin à proposer une réflexion sur l'avenir qu'elle nous réserve. Un blog lui est dédié. Vous y trouverez la quatrième de couverture du livre, la table des matières, l'introduction, quelques photos, une revue de presse et, bien sûr, les réactions des lecteurs.

Publicité