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02 mars 2007

Percée au centre

    La percée spectaculaire de François Bayrou bouscule la campagne présidentielle. C’est la seule véritable évolution de la séquence actuelle. Avec 25-26% des intentions de vote au premier tour dans les quatre derniers sondages publiés, Ségolène Royal retrouve le niveau qui était le sien début février, avant son discours-programme de Villepinte et sa prestation télévisée sur TF1. Dans la même période, Nicolas Sarkozy s’est tassé de deux ou trois points au premier tour où il se situe désormais autour de 30%. Mais il a conservé son avance au tour décisif avec 52-53% des suffrages potentiels.
    La progression de Bayrou est impressionnante. De début janvier à fin février, il a grimpé de 6 à 17% chez CSA, de 10 à 18% pour Ipsos et de 12 à 19% d’après l’Ifop. En 2006, le candidat centriste se situait nettement en-dessous de la barre des 10%, souvent autour de 6-7%. Son parcours est d’ores et déjà différent de celui de Jean-Pierre Chevènement en 2002. Le candidat républicain n’a jamais dépassé le pic de 11-14% des intentions de vote selon les instituts. Il a connu son apogée au début de février et s’est replié en-dessous des 10% en mars. De mémoire de sondeur, aucun candidat n’a surgi de la marginalité pour tutoyer la barre des 20% des intentions de vote comme Bayrou a réussi à le faire.
    Le candidat centriste a d’abord grossi sa pelote en séduisant une fraction de l’électorat de gauche. Ses performances dans une région comme le Nord-Pas-de-Calais en témoignent : il se hisse à 18% des intentions de vote (1). On relève aussi l’impact de Bayrou chez les enseignants : avec 27%, il talonne Royal (31%) dans ce milieu traditionnellement favorable aux socialistes (2). Au cours de la dernière période, le champion de l’UDF semble toutefois avoir renforcé ses soutiens à droite. Quelques 11% des sympathisants de l’UMP auraient l’intention de voter pour lui, soit le même pourcentage que ceux du PS (3).
    Les classes moyennes et supérieures sont aux premières loges du vote Bayrou. Chez les cadres supérieurs et les professions intermédiaires, avec respectivement 29% et 28%, le candidat centriste devance légèrement Sarkozy et n’est dépassé que de peu par Royal (3). Mais ces dernières semaines ont aussi permis à Bayrou de se renforcer sérieusement dans les catégories populaires. Parmi les ouvriers et les employés, le candidat de l’UDF égalise désormais pratiquement celui du FN ! Si l’on ajoute qu’il attirerait 25% des salariés du secteur public (4), on saisit l’ampleur du phénomène Bayrou.
    Celui-ci déborde largement l’étroit lit du centre. Seulement 9% des Français se déclarent proches de l’UDF (5). Pas plus de 13% d’entre eux se situent « au centre », selon l’enquête du Cevipof. Mais Bayrou peut aussi viser les quelques 32% des électeurs qui ne se placent « ni à gauche ni à droite ». Comme raison principale de leur choix, les électeurs du candidat centriste citent d’ailleurs le dépassement des « oppositions gauche/droite » (63%) avant son programme ou le rejet des autres candidats (6).
    Ce désir d’échapper à la bipolarisation constitue toutefois un socle assez fragile pour une entreprise électorale. Bayrou convainc moins qu’il incarne un projet original qu’il ne bénéfice des réticences suscitées par Royal et Sarkozy. Les candidats du PS et de l’UMP ont en commun d’avoir été sacrés par l’opinion avant d’être adoubés par leur parti. Au fil de la campagne, l’un et l’autre ont toutefois révélé des faiblesses qui ouvrent un espace au « troisième homme ». La candidate socialiste trouble par son positionnement politique instable. Le candidat de l’UMP laisse lui aussi transparaître des contradictions génératrices d’inquiétude. Bayrou gère habilement ces failles. Ses clins d’œil – comme la promesse de nommer un premier ministre socialiste modéré – sont orientés à gauche. Mais ses propositions, elles, sont ancrées au centre-droit.
    Mais Bayrou n’a pas atteint le stade où les électeurs se rassemblent autour de ce qu’il incarne positivement. Si 73% des sondés le trouvent « courageux », 54% considèrent qu’il n’a pas la « stature d’un président » (7). Sa position dans l’opinion apparaît particulièrement mouvante : 62% de ses électeurs déclarent « pouvoir encore changer d’avis », soit une proportion beaucoup plus importante que pour Royal (47%) ou Sarkozy (41%) (8). L’hétérogénéité de ses soutiens sera durement mise à l’épreuve au cours de la campagne. Bayrou affronte désormais de sévères critiques de la part du PS comme de l’UMP. La crédibilité de son projet de convergence entre droite et gauche modérées risque d’en souffrir.
    Or le candidat centriste a un impérieux besoin de la dynamique ascensionnelle qui l’a porté jusqu’à présent. S’il cesse de progresser dans l’opinion, grand est le danger d’une désagrégation progressive de ses appuis. Devenir le candidat le plus apte à battre Sarkozy lui offrirait sans doute un créneau stratégique. Des sondages assez artificiels ont pu accréditer cette thèse. Mais la bataille se situera d’abord en termes de crédibilité politique. Après tout, il s’agit d’élire un président de la République.

(1) Sondage BVA-La Voix du Nord-Nord-Eclair-Orange, 21 février.
(2) Sondage Ifop-Le Monde de l’Education-La Chaine parlementaire, 6-9 février.
(3) Sondage Ipsos-Dell-SFR-Le Point, 26-28 février.
(4) Sondage CSA-Le Parisien-I-Télévision, 20 février.
(5) Vague 3 du "Baromètre Politique Français (2006-2007) CEVIPOF-Ministère de l'Intérieur", réalisée par l’Ifop en novembre-décembre 2006.
(6) Sondage TNS-Sofres-Le Figaro Magazine-France 5, 7-8 février.
(7) Sondage Ifop-M6, 7-8 février.
(8) Sondage Ifop-Paris Match, 26 février.

Article publié dans Le Figaro du 2 mars 2007.

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Voici les sites qui parlent de Percée au centre:

Commentaires

Comme toujours, une excellente analyse. Qui va bien au-delà des commentaires débilifiants des médias sur les sondages. M. Dupin les analyse avec le recul nécessaire et prend en compte toutes les données.
Sur l'avenir de M. Bayrou, je pense que les tirs croisés de l'UMPS vont le servir. Le fait aussi que l'argument du vote utile (le dernier argument du PS bien tôt dégainé) ne portera pas sur lui vu qu'il est plus apte à battre Sarko.
Les sympathisants UMP ne veulent pas de Royal, les proches du PS sont dans le TSS. Tout le monde in fine pourrait bien prendre un peu de Bayrou.

je suis bien d'accord avec ton commentaire alex !

Les amateurs de rugby dont je fais partie savent que pour reprendre une partie qui semble perdue il faut revenir à ce qu’on appelle les fondamentaux. Les origines de François Bayrou font qu’il ne peut qu’être amateur de ce sport et alors qu’il naviguait autour de 6/7% il s’est souvenu de cette règle de base . 3 fondamentaux caractérise le centre :
La justice sociale
Priorité ou primauté à la personne humaine
Une Europe juste et solidaire.
Qui peut être contre ces valeurs ?

François Bayrou a aussi probablement constaté que les idées centristes ont souvent servi de réservoir à l’UMP et au PS, on le constate encore aujourd’hui. Bien sûr pour les esprits très manichéens il ne peut évidemment rien exister entre le bien et le mal, entre la droite et la gauche, cette forme de pensée est remarquablement interprétée par GW Bush mais en France ce n’est pas notre façon de voir les choses.

François Bayrou séduit les cadres supérieurs ? oui c’est incontestable. On a beaucoup parlé de ce groupe de fonctionnaires supérieurs des finances « Spartacus » mais sait-on, car on en a moins parlé qu’un autre groupe identique mais celui ci issu de l’éducation nationale et en provenance du PS a rallié F Bayrou.

Dans son livre « Au nom du tiers état » F Bayrou analyse correctement la situation du pays. « Nous avons dit-il laissé se construire un système politique dans lequel la nation n’est ni justement ni également représentée. Seule la pensée momentanément majoritaire y est surabondamment dominante et ses tenants prétendent décider de tout ». Mais par ailleurs l’UDF pense que la réponse à ce diagnostic n’est pas de proposer une nouvelle structure d’appareil mais d’apporter le pluralisme et la réforme . N’y a t-il pas contradiction à dénoncer un système politique si c’est pour répondre que l’on ne propose pas de nouvelles structures. Un jour ou l’autre une structure identique finira bien par produire les même effets et cela malgré les réformes entreprises.

Oui M Dupin vous avez raison lorsque vous dites je vous cite « Au fil de la campagne, l’un et l’autre ont toutefois révélé des faiblesses qui ouvrent un espace au « troisième homme ». La candidate socialiste trouble par son positionnement politique instable. Le candidat de l’UMP laisse lui aussi transparaître des contradictions génératrices d’inquiétude. Bayrou gère habilement ces failles » Il y a aussi à mon sens une grosse faille dans la pensée Bayrou qui est cette contradiction de la dénonciation d’un système que l’on ne propose pas de changer dans sa structure c’est à dire à la base. Je suis pour ma part étonné qu’aucun de ses adversaires ne s’y engouffre.

Et puis dans la percée de F Bayrou il y a surtout la patte d’une inconnue nommée Marielle de Sarnez. Entre les 6/7% de janvier et les 17/18 d’aujourd’hui il y a une majorité de points qui lui reviennent. C’est probablement la meilleure directrice de campagne de tous les candidats.

François Bayrou propose un gouvernement d’union nationale. Cette expression montre qu’il considère la situation extrêmement préoccupante. A partir de là restent les questions essentielles, union nationale oui mais pour faire quoi et avec qui puisque par définition il y aurait réunion des courants de pensée ? Une politique libérale, ultra libérale, anti libérale, progressiste, pro européenne, pro ou anti mondialiste ? Et puis est-il certain que les autres partis politiques ou hommes ou femmes de ces partis voudront s’associer à ce gouvernement d’union nationale ? rien n’est moins sûr.

Entendu à l'instant: un journaliste espagnol considère que Bayrou serait de gauche en Espagne et en Italie.
Une politique européenne, une économie libérale mais avec des gardes-fous sur les questions sociales, un peu plus de morale en politique, la culture du compromis politique, des évolutions sur les questions de société, l'entente plutôt que l'affrontement: ces atouts de Bayrou pourraient effectivement être de gauche social-démocrate, non?

A l'origine Bayrou ést partie comme petit candidat.
Les 2 candidats principaux Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal peuvent parfois appelés les Français à voté utile des le 1er tour.

Comme le dit Alex :"(le dernier argument du PS bien tôt dégainé) ne portera pas sur lui vu qu'il est plus apte à battre Sarko"

Dans le cas présent le vote Bayrou est le vote utile fatal car c'est le candidat qui du fait de sa position stratégique qui à le plus de chance d'éliminer au deuxième tour son adversaire.

Bayrou ne me parait pas très clair dans ses propositions, de plus avec qui va t-il gouverner (Cela dit c'est plutôt le problème du 1er ministre qui serai nommer) mais pour un certain nombres de Français il permet, sans voter aux extrèmes, d'éviter Sarkozy (La Peur) ou Royal (Le Néant).

Eric Dupin :
"Sa position dans l’opinion apparaît particulièrement mouvante : 62% de ses électeurs déclarent « pouvoir encore changer d’avis », soit une proportion beaucoup plus importante que pour Royal (47%) ou Sarkozy (41%) (8)"
Il y a un mois, la proportion était respectivement de Royal(44%) Sarkozy (32%) et Bayrou (68%).
La tendance est que seul Bayrou progresse. 9 % des électeurs de Sarkozy qui se disaient surs de leurs choix il y a un mois ne le sont plus.
Le nombre d'électeurs de Royal et Sarko qui hésitent avec Bayrou a quasiment doublé en un mois.
Chez Bayrou les électeurs qui hésitent avec Sarkozy est passé de 10 à 17, mais il faut se rappeler que le basculement vers Bayrou est important ce dernier mois, donc certains ont sans doute gardé une petite "adhérence" avec leur ancien choix. Ceux qui hésitent avec Royal n'a pas varié (-1)

Les sondages 6 et 7 ne sont-ils pas un peu anciens ?

Les sondages 6 et 7 ne sont-ils pas un peu anciens, quand on sait que sa cote de popularité est passée de 38% a 59 % en un mois? (TNS sofres)

Les propositions de Sarkozy et Royal ont deux dénominateurs communs, fruits d'une approche très marketing du citoyen-client : une identification idéologique et une logique catégorielle. L'originalité des propositions de Bayrou est triviale : ni positionnement idéologique, ni logique catégorielle (pour l'instant), juste la réhabilitation du bon sens. Face à nombre de ses propositions, on écoute le lien constat-cause-proposition, et on se dit "c'est pas con", il ne nous vient même pas à l'idée de se demander si c'est de gauche ou de droite. C'est tout de même plus profond qu'un simple discours de façade pour apâter le chaland.

Evidemment, ceci n'enlève rien au caractère aléatoire de sa démarche électorale et de son éventuelle conduite du pouvoir, mais un socle est en train de se cristalliser autour de ce bon sens. Du moins le perçois-je autour de moi.

Merci pour ce billet qui montre qu'il n'y a pas que la droite dans la vie politique française, ce qui est courageux de votre part !

Tout de même deux remarques :

"promesse de nommer un premier ministre socialiste modéré" : où avez-vous lu cela ? François Bayrou a dit qu'il pouvait nommer un premier ministre venant de la gauche comme de la droite. Clin d'oeil certainement, mais certainement pas enfermement dans un parti et même dans une aile d'un parti ...

"Devenir le candidat le plus apte à battre Sarkozy lui offrirait sans doute un créneau stratégique. Des sondages assez artificiels ont pu accréditer cette thèse ..."

C'est la première fois de ma vie de sondeur ou lecteur de sondages, que je vois caractériser "d'artificielle" l'idée de tester plusieurs hypothèses de second tour. C'est ce qui a toujours été fait dans le passé ! ... sauf en 2002, où les sondeurs croyaient à tort le premier tour joué.

@ Flamant Rose " Il y a aussi à mon sens une grosse faille dans la pensée Bayrou qui est cette contradiction de la dénonciation d’un système que l’on ne propose pas de changer dans sa structure c’est à dire à la base."
pour votre info :
http://bayrou.fr/propositions/sixieme-republique.html

Emamanuel Todd :
"(les sondages)C’est une escroquerie ! Ils suggèrent que l’opinion change, alors qu’on assiste en réalité à un phénomène de formation, de cristallisation d’une opinion populaire qui n’existait pas et qui émerge dans le courant de la campagne."

http://www.telerama.fr/livres/M0702261648450.html

E. Todd : "...cristallisation d’une opinion populaire qui n’existait pas..."
n'est-il est pas possible de suivre aussi cette cristallisation à travers les sondages ? ;)

Et si l'on suit Todd, Ségolène n'a rien compris en accusant bêêêtement Bayrou de "brouiller les cartes". Elle ferait mieux d'accuser les électeurs de vouloir redistribuer les cartes pour être plus proche de la réalité.

C'est une utopie française, le bon vieux centre dont la France rêve pour réconcilier tout le monde, mais au moment de voter, chacun redevient sage et se détermine pour son camp droite ou gauche, c'est ainsi dans tous les pays démocratiques.

Le mythe du Centre qui réconcilie tout le monde (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil) ne résistera pas au choc d'un deuxième tour.
D'ailleurs tant mieux parceque la Quatrième République non merci,on a déjà donné.
Le jeune François Bayrou en 1958 avait tout juste l'âge de raison.Il n'a pas connu cette sinistre époque où l'on avait honte d'être Français, mais ceux (nombreux) qui l'on vécu n'oublient pas.

Bayrou n’est pas le nigaud qu’avaient créé les Guignols, qui ont de plus en plus de mal à le rendre niais. Il mène intelligemment sa campagne, et il est conseillé par des gens de qualité, que ce soit ses soutiens affichés (pas de people douteux comme pour Sarkozy) ou sa garde rapprochée (Marielle de Sarnez, Jean Peyrelevade)

C’est vrai que pour beaucoup (dont moi), il est un candidat par défaut :

- Gouverner uniquement à droite ou uniquement à gauche, on en sort, ou plus exactement on n’en sort pas. Et encore, pour ne prendre que le dernier gouvernement, il était plus chiraquien qu’autre chose, un comble pour quelqu’un qui n’avait eu que 19% sur sa seule personne. Ajoutons qu’il est devenu, sur sa fin, plus sarkozyste qu’autre chose : ainsi je trouve ahurissant que ce soit Sarkozy qui puisse décider de la date de sa démission et non celui qui l’a nommé.

- Il est le seul qui ne me fasse pas peur, le seul qui ne semble pas avoir une envie pathologique du pouvoir. Sarkozy me fait peur pour cette envie, pour la quantité de trahisons et de reniements dont il s’est déjà rendu coupable, pour sa vision berlusconnienne des gens qui se mettent en travers de sa route (exemple, les juges), pour l’asservissement des médias à sa botte, pour son goût de l’humiliation publique et celui de pratiques. Royal me fait peur pour son exaltation, son maternage autoritaire, sa capacité à pervertir de bonnes causes. On a oublié qu’elle était de ceux qui ont permis la catastrophe judiciaire d’Outreau.

- Il est de l’intérêt des ennemis de Bayrou et de leurs supporters de crier que gouverner au centre n’est pas crédible, mais on voir bien, à la montée des sondages, que ce discours patine. Moi, je demande à voir. Bayrou me fait penser à un personnage de BD (Lucky Luke, Ruée sur l’Okhlahoma) Dopey, un parfait crétin élu par défaut et qui se révèle, une fois élu, plein de sagesse et d’autorité.

Je finirai sur, si on m’y autorise, un sourire : votez Bayrou, rien que pour voir la tête de Douste-Blazy s’il était élu...

encore une élucubration de Sarko qui risque bien de tomber à l'eau (heureusement).

"DIFFICILE COMPROMIS (sur le traité de constitution européenne)
"La négociation peut être rapide", a affirmé M. Sarkozy. Il n'a pas réitéré, comme il l'avait fait le 21 février, à Strasbourg, que ce traité simplifié "sera soumis, dès l'été 2007, pour ratification au Parlement" français. Mais indique-t-on, c'est le fond de sa pensée. Pour cela, il faudrait un accord, dès juin, ou au début de la présidence portugaise de l'UE, qui débute en juillet. Pour ceux qui suivent la négociation, cette perspective est peu probable. Un compromis ne sera pas facile avec ceux qui ont déjà ratifié le traité et ceux qui, comme les Britanniques, se contenteraient des traités existants. "Le texte de référence d'une conférence intergouvernementale ne sera pas le mini-traité Sarkozy mais la Constitution", a réaffirmé, mercredi, le secrétaire d'Etat espagnol, Alberto Navarro Gonzales, soutenu par le ministre luxembourgeois Nicolas Schmit, devant la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen."

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-877725@51-823374,0.html

encore une fois, ce traité , même simplifié, a été rejeté par 55% des français. c'est une insulte que de vouloir passer en force, et de ne pas vouloir repasser devant le peuple sur le sujet.
C'est une attitude de pleutre
C'est un dénie de démocratie.

Vouloir faire voter le texte au parlement pendant que tout le monde est en vacances.
Oui, une attitude de pleutre !

L'article est précis et rigoureux.
Mais il me semble qu 'il ne fait la lumière sur les véritables changements qui sous-tendent cette campagne, notamment, le changement dans la nature de ce que les Français entendent par "voter".
La théorie du cataclysme (21 avril, Non au référendum, etc) n'explique rien. Celle de la continuité (il faut être sérieux, c'est une élection présidentielle, etc.), non plus. Quand on aura analysé comment le vote des Français évolue dans sa nature profonde en tant que nouveau mécanisme politique, on comprendra un peu mieux ce qui se passe.

Par ailleurs, il serait temps d'intégrer dans les analyses des paramètres plus forts que les pourcentages des sondages. Notamment, la question de l'extrême-droite.
L'hypothèse d'un Le Pen présent au 1er tour avec ses 500 signatures fait craindre les favoris et les analystes et les sondeurs, qui n'osent pas, pour le moment, évaluer les conséquences que cela pourrait avoir (la droite ne totalise pas 70% de l'électorat). L'hypothèse d'un Le Pen absent faute de signatures n'est pas non plus évaluée politiquement.

Les roquets aussi savent mordre
Par Jean-Pierre RIOUX

A la vieille garde du PS que le candidat Bayrou horrifie, rappelons des alliances centristes, barristes, etc., qui ont bien servi le parti.

Au PS et chez ses hérauts, ce n’est qu’un cri : le centre étant à droite, le roquet Bayrou doit rentrer à sa niche. Et les électeurs potentiels du très petit Béarnais ne seront jamais que des inconséquents adeptes du «vote de confort», des hérétiques à exorciser vite fait bien fait, des vieux vérolés par l’éternelle «troisième force», des vacanciers très beaufs sirotant leur p’tit rosé qui «va avec tout» (le cher Jacques Julliard, Libération du 26 février) et même, carrément, des «benêts» qui «se mettent les doigts dans le nez» (l’inusable Jack Lang). Bref, la cinquième colonne. Si habilement gourmandés, les comparses du roquet vont, c’est clair, eux aussi retrouver leur niche, et de préférence celle du «Ça m’suffit» de la rue de Solférino.

Il faudrait toutefois rappeler un peu d’histoire à nos gardes-barrières de la vieille maison, si fringants et récents zélateurs de la Mélusine du Poitou. Et, rassurons-nous, toujours aussi hantés par le «vote utile» ­ c’est-à-dire par défaut ­ qui les comble d’aise depuis si longtemps. En 1988, amorçant déjà leur débandade idéologique, morale et politique, les socialistes ne bronchaient pas tant quand Michel Rocard, l’éternel social-traître il est vrai, prenait le renfort de trois centristes et de quatre barristes dans son gouvernement. En 1965, François Mitterrand ne fut pas trop mécontent d’additionner les voix de Jean Lecanuet aux siennes pour mettre de Gaulle en ballottage. En 1962, des centristes faisaient front contre de Gaulle, mais, en 1958, Guy Mollet, grand stratège et fier gardien du Temple, n’avait pourtant pas craint de devenir ministre dudit Général. En 1954, aucun socialiste n’était entré au gouvernement de Mendès France mais, en 1947 et 1948, Blum et les siens ne dédaignaient pas les secours du centre et des modérés pour combattre la subversion communiste et contenir l’avancée gaulliste. Après la Libération, SFIO et MRP ont longtemps été cul et chemise, avec ou sans de Gaulle pour leur donner de l’épine dorsale. Etc. On pourrait plonger plus loin encore dans l’histoire de nos cinq Républiques et y retrouver, comme c’est étrange, un centre qui sauvegardait toujours, petitement peut-être mais crânement, sa raison d’être dans le concert politique et les majorités démocratiques, penchait à droite à proportion aussi de la condescendance et du mépris que la gauche socialiste lui avait surabondamment signifiés. Et qui, surtout, n’a jamais manqué de détermination quand il fallut reconstruire, réformer, innover et unir.
En fait, pressés par l’urgence, nos bons apôtres font du fla-fla et croient réussir le coup du mépris en nous sermonnant comme des gosses. L’ennui, c’est que trois Françaises et Français sur quatre, disent des sondages (peu commentés, il va de soi), en ont soupé d’entendre leurs certitudes claironnées, de tourner en rond à la longe, de faire du pas cadencé sans savoir où ils vont. Et ils soupçonnent que, le 7 mai prochain, ils risquent d’assister, comme en 1981, en 1983, en 1989, en 1993, en 1995, en 2002, à la victoire de l’un par défaut de l’autre, au même partage monotone des dépouilles et des mensonges, au passage du mistigri qui ne règle rien et aggrave tout. Mieux : à 80 %, ils accepteraient toute solution d’union nationale, toute action solidaire, toute proposition d’intérêt vraiment général. Pour s’éviter une nouvelle gueule de bois. Pour résister aux tentations populistes toujours plus fortes et aux menaces à l’intérieur comme à l’extérieur. Pour défendre et relever, sans désemparer car il y a grande urgence, ce pays en danger. Bref, beaucoup sont prêts à se serrer autour du roquet qui a montré les dents en disant son fait à Chirac et en s’éloignant d’une UMP caporalisée, puis, en 2006, en refusant de faire confiance à son gouvernement.

Les «benêts» sont peut-être racolés par le centrisme «faux nez» et «mystificateur», comme dit une gauche avant-hier «unie», hier «plurielle», aujourd’hui «participative» tendance psychorigide mais toujours revancharde et, naturellement, pas un brin mystificatrice, elle ; une gauche qui n’a rien appris mais beaucoup oublié et n’a plus qu’un but, à défaut d’avenir : gagner à tout prix et à tout hasard, en éliminant l’adversaire. Mais les «benêts» ont une autre idée de la démocratie, celle qui défend une République morale et rassembleuse, celle de Péguy : serons-nous donc toujours «ce peuple inconcerté» ? Ils ne jouent plus à la guéguerre mais n’admettent pas d’être traités de déserteurs ou d’illégaux. Et il faut savoir aussi qu’on a souvent vu dans l’histoire des francs-tireurs faire tourner en bourrique de trop vieilles armées; et même des roquets mordre assez pour arracher le morceau.
Jean-Pierre RIOUX

On a bien le droit de rêver, de rêver que le centrisme se renforce de gens de qualité qui existent aussi bien à droite qu’à gauche. Pourquoi pas Rocard, à qui le staff de Royal n’a réservé que l’arrosage des plantes vertes de l’accueil du QG.

Rocard est (était, si on considère que sa carrière active est finie) un des rares hommes politiques qui donnait plus d'importance aux idées qu'au pouvoir.

Un des rares à s'adresser, chez l'électeur, à son raisonnement et non à ses émotions.

Ceux qui moquaient ça étaient (sont) des gens pour qui les idées servent à accéder au pouvoir, pas à être réalisées. Suivez mon regard.

C’était la seule personne de gauche, si, si, pour qui j’aurais voté sans penser qu’aussitôt une belle paire de cornes me poussait sur la tête.

Lisez dans Libé sa mise en cause féroce, dans l’affaire Airbus, des gouvernements et des dirigeants.

Quand on pense que pour l’abattre, Mitterrand s’est servi d’une planche pourrie comme Tapie*, ce type emblématique du cynisme financier dans lequel s’est déshonorée la Gauche !

* Et qui, toujours aussi habile à savoir où se trouve le beurre pour la tartine, se préparait à rallier Sarkozy. M’est avis que, par les temps qui courent, il prend le temps de bien nouer les lacets de ses Adidas avant de se lancer. Vers Bayrou ? Aïe, que celui-ci ne fasse pas partie des gogos de ce charlatan !

PS Merci à Eric Gillot pour ce texte aussi savoureux que cruel.

A Frédéric LN

Je ne retire pas un iota de ce que j’ai écrit même si je me doutais bien que quelqu’un allait me renvoyer vers la 6éme république, il se trouve que c’est vous. En parlant de la 5éme république Bayrou dit « La concentration des pouvoirs s'y est conjuguée avec leur impuissance et leur illégitimité ». Que cela ne convienne à Bayrou je peux le comprendre mais où y a-t-il illégitimité ?

Le passage d’une loi en force est interdit. En clair Bayrou propose la suppression de l’article 49.3 de la constitution. Restera toujours la compromission par l’achat de certaines voix pour faire passer un projet. C’est peut être mieux, à chacun sa façon de voir. Michel Rocard alors premier ministre a procédé ainsi. C’est également par cette méthode que la fameuse loi sur l’amnistie est passée. Vous qui êtes candidat pour l’UDF essayer de retrouver Gérard Longuet (du côté de St Tropez) trésorier et numéro 2 de votre parti derrière François Léotard et demandez lui le coût qu’a représenté pour nous pauvres contribuables français son vote favorable et celui de ses copains . Au moins le 49.3 à le mérite d’être plus transparent, vous le rappellerez à Bayrou car lui sait.

Sur le principe de responsabilité Bayrou dit « celui qui est élu doit gouverner. Le peuple délègue sa confiance, il a défini un cap en se choisissant un capitaine. C’est au Président de déterminer et de conduire la politique de la nation. C’est au gouvernement de mettre en œuvre cette politique ». En quoi cela change t-il avec l’actuelle constitution ? Où est la nouveauté ?

Bayrou ajoute « En face d’un exécutif responsable, il faut un Parlement représentatif du peuple des citoyens. Un parlement maîtrisant son ordre du jour, et non plus une chambre d’enregistrement de la volonté du gouvernement » Pour avoir un parlement représentatif faut-il instaurer la proportionnelle ? Si oui pas besoin d’une 6éme république, on a connu ça avec l’actuelle. Pour ce qui est de la chambre d’enregistrement c’est une interprétation, car oui c’est nécessaire pour des votes comme le budget, par contre il peut y avoir débat sur des sujets de société. Cela a été le cas sur la suppression de la peine de mort en 1981 et sur d’autres thèmes où les députés ont voté en leur âme et conscience et non pas sur ordre du parti. Et puis si on s’engage dans un parti politique cela me paraît la moindre des choses qu’il y ait un minimum de discipline. Vous le savez, sinon demandez à Santini et à De Robien.

Législateurs « à plein temps », les députés auront un mandat unique. Là Bayrou est dans l’illusion et je ne suis pas du tout certain que les députés votent une telle loi. Beaucoup tiennent avant tout à leur mandat de maire.

Enfin Bayrou dit « le contrôle du pouvoir doit devenir une règle permanente, garantie de transparence et d’équité ». Pour cela il veut que les autorités de contrôle puissent être saisies par les citoyens. Parole, parole…. Pour sanctionner le pouvoir en place croyez vous qu’il y ait besoin de ça. Et puis s’il y a sanction qu’est ce que cela change. Ne croyez vous pas que Chirac a été sanctionné lors des élections régionales et lors du référendum. Et alors le président est élu pour 5 ans point barre.

J’admets qu’on puisse souhaiter une autre république mais Bayrou ne donne aucun argument nouveau qui puisse justifier un tel choix. Maintenant si cela fait plaisir au prochain président de rester dans l’histoire comme étant le père de cette nouvelle république pourquoi pas, mais c’est une question d’égo et les politiques n’en manquent pas.

"En clair Bayrou propose la suppression de l’article 49.3 de la constitution. Restera toujours la compromission par l’achat de certaines voix pour faire passer un projet."

non, reste la démocratie, comme dans tous les autres pays démocratiques.

Si encore l'exception française avait prouvé dans ce domaine son efficacité, soit ! (et pour mettre fin à la guerre d'Algérie, elle l'a prouvé. Oui mais le monde a changé).

Et si encore j'avais été adhérent à l'UDF à la lointaine époque où en faisaient partie les gens dont vous citez, je trouverais peut-être un sens à votre argumentation, heu, partisane.

oups, "que vous citez" ...

Bien que je ne sois pas fondamentalement hostile aux idées que défend le PS, loin de la, la suffisance, la morgue et le coté moralisateur-donneur de lecons de ses dirigeants m'indispose profondément...

Le petit centriste bênet et insignifiant que je suis glissera un bulletin Bayrou avec conviction dans l'urne...

POURQUOI BAYROU PEUT REUSSIR

Bayrou a toutes les chances de l’emporter au premier tour sur Mme Royal , pour la simple raison que ni cette dernière, ni Mr Sarkozy , ne s’attaquent frontalement au programme Bayrou

Certes , nous sommes tous bien d’accord pour combattre et dénoncer la supercherie Royal , pour autant doit on prendre le risque de réussir à éliminer cette dernière dès le premier tour...si cela doit conduire à voir le PS revenir par la petite porte aux côtés d’un éventuel gouvernement Bayrou ?
( Avec le véritable retour des elephants du PS cette fois ) .

Je ne peux en effet m’empêcher de penser au conte du lièvre et de la tortue...celle ci ( la tortue Bayrou donc ) continue son chemin , à son rythme , sans embûches , sans attaques , car tout le monde la laisse tranquille , personnes ne s’interresse à elle .

Cherchez une analyse critique ou comparative entre le programme de Bayrou et celui des autres candidats...vous n’en trouverez pas !

En attendant Bayrou progresse , et s’il élimine (comme j’en suis sûr à 90 %) Mme Royal au premier tour , alors , et c’est le plus grave : le PS soutiendra la candidature de Bayrou au second tour contre celle de Sarkozy . D’ailleurs Bayrou la affirmé lui même : s’il passe , il prendra un premier ministre de gauche ! ( Ce qu’il fera car Bayrou faut-il le rappeler n’a aucune équipe avec lui , apte à gouverner )

Il n’est pas sûr dès lors , que les reports du FN contrebalanceront l’effet du " report " des voix du PS ...

Ainsi même battue , la gauche trouverait le moyen de participer au gouvernement Bayrou ( sans Ségolène certes , mais avec le retour..." pour de bon cette fois " , des éléphants... ! Et re-belote ! ) .

Il n’y a qu’un moyen d’éviter ce scénario catastrophe : combattre le programme Bayrou avec la même virulence que nous nous employons à combattre celui de Mme Royal . ( si celui-ci doit permettre à la gauche de gouverner , même battue ).

C’est ce qu'il faut entreprendre dans les jours prochains . Une analyse comparative critique du programme Bayrou par rapport à celui des autres candidats , sans état d'âme .

Je suis UDF. On a aujourd'hui une chance de tuer le PS, cet archaïsme français.

Le PS n'est plus un parti révolutionnaire mais il ne lache pas pour autant une culture politique marxisante. Certains de ces leaders (jospin,..) n'ont-ils pas été formé à l'extrème gauche? Au PS, l'idéologie prime. Une position est plus souvent prise en conformité avec l'idéologie que de façon pragmatique. Certe l'idéologie n'est plus rouge, mais la "culture" comme l'organisation du parti est la même.

La France ne mérite pas d'être gouverné en alternance par une UMP (sur laquelle j'aurais aussi beaucoup à redire...) et ce PS.
J'espère voir naître en lieu et place de l'actuel PS un parti moderne de centre gauche constitué autour du socle de l'actuel UDF. C'est le "Parti Démocrate" que veut fonder Bayrou.

Moderne, cela veut dire libéral, social, écologiste et humaniste.

Gold31
"Une analyse comparative critique du programme Bayrou par rapport à celui des autres candidats , sans état d'âme"

Excellente idée !
En vrac

Bayrou base raisonnablement son programme économique sur une croissance de 2% soit le taux de 2006. Ségo 2,5% je crois. Comment peut-elle etre sure que ce taux sera atteint?
Sarko, quelqu'un sait?
"5,5 % par an pendant cinq ans" dit Henri Sterdyniak Economiste et professeur à Paris-Dauphine «Le programme de l'UMP est extravagant http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/234870.FR.php )

Bayrou : "Je veux fondre en une seule collectivité les départements et les régions..."
...
"Je ne laisserai pas se creuser le fossé entre les Français et l'Europe. Ils ont voté non, et je n'éluderai pas le débat avec eux. La position de Nicolas Sarkozy, qui veut court-circuiter le vote des Français et faire voter un minitraité par le Parlement, dès le mois de juillet, est d'une part totalement irréaliste et d'autre part dangereuse car elle risque de couper les Français un peu plus de l'idée européenne."

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-878042@45-1,0.html

Renaud Dutreuil, ministre des PME, du commerce et de l’artisanat, le 6 décembre 2006 sur FR2 a propos des critiques de Ségo et Sarko contre la BCE : « Nous ne devons pas larmoyer, pleurer, nous lamenter sur des choses qui nous échappent. Or aujourd’hui, nous ne maîtrisons pas l’évolution de l’euro .(...) Je ne voudrais pas qu’une fois de plus la France se repose sur des illusions qu’à Paris on pourrait décider du sort du monde, qu’on pourrait manœuvrer le niveau de l’euro ».

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/12/dutreil_tacle_v.html

Je me retrouve assez bien dans l'analyse du Ps de Youp12. Oui "l'idéologie" y prime toujours. Cela va même plus loin. L'esprit "partisan" y règne. C'est quoi ? C'est lorsque l'on ne peut admettre qu'une idée valable puisse venir d'ailleurs. Lorsque la droite version Chirac est venu sur les "terres" de gauches, la gauche n'est pas restée sur ses positions, elle s'est gauchisée, pour surtout ne pas être proche de l'horrible adversaire. Comme l'a si bien exprimé Hollande, voter pour Besancenot ne lui poserait aucun problème...
On ne se rend pas compte à quel point notre Ps national est éloigné et à la gauche des autres Ps européens. Lorsque Raffarin, alors premier ministre, disait que lors de ses rencontres avec Blair (gauche anglaise) et Schroeder (gauche allemande) c'est lui qui était à leur gauche, tout en étant perçu comme de droite dans son pays, il résumait assez bien la situation de notre positionnement politque.
Et Bayrou dans tout cela. Il a vu juste. Politiquement parlant. Mais pour l'opérationnel (le plus important) j'ai bien peur qu'il se retrouve très démuni. Car aujourd'hui en France il ne suffit pas d'être élu démocratiquement, d'avoir un majorité à l'assemblée pour faire avancer la société... La gauche dispose dans notre pays de suffisament de vrais contre-pouvoirs. Dans la foncion publique en particulier, dans des corps aussi important que l'éducation et la justice des syndicats très politisés, très partisans, très corporatistes sont en situation de bloquer. Il faudra beaucoup de talent à Bayrou, ou à un autre, pour faire sauter ses verrous.

Merci Noop. Je crois que Bayrou a très bien compris que la construction de ce parti démocrate en lieu et place du PS se joue en partie dans sa capacité d'obtenir le soutien du corps enseignant ou de celui de la magistrature. Et aujourd'hui, il obtient un réel succès dans ces milieux.
Les profs et les juges ne sont pas bêtes: ils savent eux aussi que le PS est archaïque; simplement ils avaient l'impression que seul ce parti pouvait défendre leurs intérets.

Entre 15 et 18% des français votent depuis plusieurs dizaines d'années pour Le Pen. Un des enjeux de l'UMP est de récupérer désormais ces citoyens-là. De leur proposer quelque chose.
Et de laisser ansi une place dans ce schéma là pour ce qu'en France on appelle le centre... mais que partout ailleurs en Europe on appellerai la gauche.

J'appelle les militants UMP qui se sentent proches des idées "démocrates chrétiennes" à revenir à l'UDF, un parti absolement nécessaire aujourd'hui en France.

non ; vous pouvez essayer de me convraincre ,je n"arrive pas a voir Bayrou comme un sauveur . il fera comme tous les autres ,il oubliera vite son discour de campagne et il nous rsesortira les vieilles recettes de nos politiques de tous bords. Il ne faut quand meme pas le prendre pour un homme neuf .Son passage a l'education nationale nous a montré sa détermination a ne rien changer.

Des arguments pour Bayrou:

1) Contre Royal:

Le smic a 1500 E, ca suppose de remonter plus de la moitie des salaires. C'est sovietique et mensonger.
Et puis: non a Fabius, non a Martine Aubry, non a Jospin, non a Lang, et non a Montebourg. Non aux fossiles. Donc non a Segolene.

2) Contre sarkosy

Baisser de 4 points les prelevements obligatoire c'est faire trois fois mieux que Thatcher. Et puis: voter pour un parti qui a mis Douste aux affaires etrangeres ??


3) Pour un parlement representatif

Le PS et l'UMP sont des rescapes de l'ere glaciaire. 20 % de FN en france, combien de deputes ? C'est une honte. La democratie francaise est a l'agonie.


Pour moi le choix est clair: on a enfin la possibilite de botter les fesses du PS et de l'UMP sans avoir a voter blanc, ou extreme. Montrons que la societe francaise a soif de bon sens, et en a marre des clivages theoriques obsoletes.


Il me semble que Bayrou soit sincère et franc. Mais encore une fois il trouverait une France composée de communautés, de corporations, où le sentiment d'appartenance nationale ne prime rien, où l'idée d'intéret commun n'a plus d'échos. Par rapport à cela Bayrou se situe assez naïvement je trouve. Il l'a dit très clairement en parlant de l'éducation nationale, une réforme, même si elle n'a rien de politique ne peut se mener par le haut... Quid du pouvoir des législateurs et du gouvernement ??? Ou est la légitimité pour lui alors ?

PS et UMP ne font que défendre leurs postes et leurs privilèges, leur petit pouvoir. Leur discours ne sert qu'a embobiner les électeurs pour essayer de maintenir un systême archaïque dont ils aimeraient encore profiter un peu. Voyez tous ces anciens qui entourent Ségo et Sarko et qui espèrent juste éviter d'être balayés dans une nouvelle redistribution des cartes. Voyez leur discours démagogique, leur tentative pathétique de souhaiter un Lepen au plus fort pour justifier leur appel au vote utile. Ils sont ridicules dans leurs contorsions.
@ youp12
les enseignants d'accord, mais les magistrats, combien en pourcentage de l'électorat ?. Les avez-vous entendus prendre position pour tel ou tel ?

@ Frédéric LN

Vous dites : « Et si encore j’avais été adhérent à l’UDF à la lointaine époque où en faisaient partie les gens dont vous citez, je trouverais peut être un sens à votre argumentation, heu, partisane ».

Croyez que je vous comprends, vous vivez avec le présent et vous avez raison. Mais vous ne pouvez pas empêcher des gens comme moi qui ont connu l’UDF et F Bayrou ces années là de le prendre en compte, vous ne pouvez pas non plus m’empêcher de me souvenir du passage de F Bayrou à l’EN et la façon dont il a traité l’affaire de pédophilie qui s’est posée à lui en tant que ministre, vous ne pouvez pas m’empêcher de me souvenir de la façon dont il s’est écrasé face à Monique Vuaillat la puissante patronne du SNES et par conséquent de me poser la question sur ce qui pourrait être sa position face à un puissant chef d’état.

Vous êtes peut être neuf en politique mais F Bayrou à un passé et l’UDF aussi et moi je me sens obligé d’en tenir compte. Que ce soit en politique ou dans sa vie privée tout homme ou toute femme se sert de son expérience lorsqu’il y a des décisions à prendre. Permettez moi de me servir de ma mémoire au moment de voter.

@FR
"Que ce soit en politique ou dans sa vie privée tout homme ou toute femme se sert de son expérience lorsqu’il y a des décisions à prendre"
justement. L'expérience mise en mémoire est la base de l'apprentissage et l'apprentissage, l'évolution, mis à part quand on se réfère à l'expérience d'autrui, se fait pour moitié -pour résumer- par "essais-erreurs". On a tendance à reproduire ce qui marche et à corriger ce qui ne marche pas (feed-back positif ou négatif, principes de base de la cybernetique). Ceci dans le but de s'adapter à son environnement, voire y survivre.
Qui peut dire qu'il n'a pas dans son passé pris une décision qu'il ne prendrait pas aujourd'hui ?
FR, vous accordez à "tout homme ou toute femme" une faculté que vous semblez ne pas vouloir accorder à Bayrou. Bayrou ne serait-il pas un homme ? ;)

Il me semble que les analyses par trop politiques sont des erreurs. Les élections ont toujours été remportées en France par un glissement de voix souvent médiocre et toujours parmi les classes moyennes. Si je considère par exemple le Front populaire (les femmes ne votaient pas) ce sont 300.00 voix qui donnent la victoire à la gauche. Or ces trois cent mille voix sont celles de citoyens issus des classes moyennes effrayées par la montée du nazisme et le danger des ligues factieuses. Même chose pour la fin de la IVème république, celle de Giscard d'Estaing et de François Mitterrand, le phénomène Chirac étant plus compliqué.
Aujourd'hui les classes moyennes - j'entends par là une petite et moyenne bourgeoisie - n'espèrent plus améliorer leur sort mais, en plus ( et c'est important dans un pays de tradition latine et étatique donc clientélère) désespèrent de réparer l'ascenseur social. Nous sentons bien que la période des 30 glorieuses est terminée. Mais nous voulons trouver d'autres solutions que les vieilles recettes de la gauche ou du libéralisme. Les premières ont montré toutes leurs limites en termes de crédibilité puisque la gauche au pouvoir a été obligé de se plier aux lois du marché n'étant souvent élue que pour faire "le sale boulot" que la droite n'aurait pu accomplir sans des troubles sociaux. Quant à l'ultra libéralisme, il est étranger à notre mentalité comme le montrent les faibles scores d'un Madelin. Sarkozy affirme puis revient sur sees décisions et en définitive ne fait rien d'autre que de l'après-Chirac c'est-à-dire du pragmatisme sans réelle ligne politique. Quant à Royal elle est l'otage de son troupeau d'éléphants.
À mes yeux, François Bayrou possède plusieurs avantages: le premier est qu'il ose dire que d'une certaine manière il change d'orientation. Personnellement l'UDF m'indifère totalement voire me hérisse le poil.
Je crois que par essence presque la classe moyenne est une classe vertueuse et morale. Elle est moyenne et donc confucéenne. Elle respecte un certaine ordre mais elle porte en elle la mutation et la nécessaire adaptation de la société à un environnement plus large. François Bayrou a bien compris que les parties dynamiques de la gauche comme de la droite appartiennent à ces classes moyennes. C'est là que se situe l'imagination, le dynamisme et une certaine forme de générosité cosmopolite.
je suis persuadé qu'il existe un axe d'équilibre et que celui qui le conquerera gagnera les élections. Or le conquérir requiert d'abord pour Bayrou de passer le cap des 20% dans les sondages. Cela aura nécessairement un effet d'entraînement et engagera donc une dynamique exponentielle. Il arrachera des lambeaux d'électeurs à Sarkozy et à Royal favorisant leur défaite. Celui qui a des chances de gagner possède une bonne longueur d'avance sur celui qui ne possède pas de bons chiffres dans les sondages.
Je remarque simplement que la seule véritable aventure au bon sens du terme de ces élections se situe du côté de Bayrou. Il est l'outsider qui soudain force l'allure dans le dernier tournant et enthousiasme les spectateurs. A-t-il la carrure d'un président de la République? Je n'en sais rien mais je ferais remarquer aux lecteurs du blog qu'il se dit exactement la même chose sur les deux favoris: Ségolène Royal serait pusilanime et Sarkozy trop nerveux, trop orgueilleux. De tels critères sont particulièrement absurde aujourd'hui. Il apparaît qu'un Chirac ne possède évidemment pas les qualités d'un bon président. Il a tout de même été élu à deux reprises.
Un président amorce toujours une nouvelle période et c'est donc un être qui doit se révéler. Je ne sais pas si Bayrou a des chances mais j'estime qu'il est le plus à même de relever les trois grands défis de la France : le climat, l'emploi et les retraites. Il ne sera pas prisonnier d'une idéologie et encore moins d'un parti. C'est déjà énorme. J'attends de lui qu'il sache trancher sans sacrifier les plus modestes.

Tant de discussion et pourtant le choix est simple.Même si pour certains Bayrou n'est pas l'homme idéal(mais il est 1er en sondage de popularité),et son projet est peut-être trop innovatif,le danger avec les deux autres est trop serieux.
*Avec Sarkozy 5 ans de grèves et manifestations dans les rues.
* Avec Royal,la fuite des entreprises et leurs chefs vers l'étranger.

Oui Rafme,mais Bayrou a aussi beaucoup de points positifs par rapport à NS et SR. Le plus important pour moi est le fait qu'il va se battre pour TOUTE la France plutôt que seulement pour ses partisans.

Merci à "Gabriel Culioli"* d'exprimer avec plus de précision ce que je sentais. Mais remettre en route un pays partagé, découragé, tenté/poussé à l'individualisme, soumis consciemmment ou non à des médias simplificateurs ou amplificateurs de vagues émotionnelles, vieillissant et ne comprenant plus sa jeunesse, jeunesse sans pères ni repères... c'est vouloir nettoyer les écuries d'Augias !

* Guillemets car je ne sais pas si ce posteur est l'écrivain, un homonyme, ou un "usurpateur".

@ Culioli Gabriel,

Comme Alain D j’ose espérer que vous êtes le vrai Cullioli et à la lecture de votre post je veux bien le croire car la sagesse qui en ressort ressemble bien au discours que vous avez tenu il y a un peu plus d’une dizaine d’année dans lequel vous avez voulu démontrer que les gouvernements par une incohérence voulue ou non n’ont pas réglé le problème Corse. Dans ce discours vous ajoutiez que la Corse était prête à s’offrir à celui qui lui apporterait un peu d’espérance. A vous lire aujourd’hui vous dites la même chose mais en parlant de la France et pour vous on l’aura compris celui qui peut apporter l’espérance c’est François Bayrou. Peut être avez vous raison, peut être pas.

Mais même un journaliste politique confirmé comme vous peut se tromper car lorsque vous n’écrivez pas sous votre véritable identité mais sous le pseudonyme de Paul L….. pour traiter de l’affaire Colonna et citer dans cette affaire le nom de quelqu’un qui ne pouvait y être mêlé puisque incarcéré à Fresnes avouez que vous vous êtes planté. Alors on peut légitimement penser que sur Bayrou également si votre analyse paraît sage elle peut être inexacte.

55% des personnes interrogées par BVA affirment savoir pour qui elles vont voter et être sûres de ne pas changer d'avis (61% chez les sympathisants de droite et 52% chez ceux de gauche).
Ce sondage m’incite à la modeste réflexion suivante.

Le concept de ce qu’on appelait « le vote utile » issu de la débâcle de 2002 a vécu.
Il était basé sur le barrage nécessaire contre le FN, pour éviter l’éparpillement des voix de droite ou de gauche en votant dès le 1er tour pour un des deux principaux partis .

Avec des intentions de vote pour François Bayrou s’élevant à 19%, les barrière vont continuer à tomber et les électeurs qui, il y a peu, auraient à contrecœur porté leur choix sur Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy n’hésitent plus à se déclarer pour le candidat U.D.F.

Car ne nous y trompons pas ; Toute la droite classique n’est pas rassemblée derrière Nicolas Sarkozy qui soulève de nombreux doutes et de solides antipathies. Idem pour les électeurs du P.S. car ceux qui croyaient en une nouvelle façon de faire de la politique doivent se sentir floués par la composition de la nouvelle équipe de campagne de Madame Royal.

Idem pour « la chambre introuvable » qui devient le grand argument des adversaires de M. Bayrou.
Avec qui gouvernera t’il ?
Citant sur TF1 la phrase de François Mitterrand en 1981 : "Faites aux Français le crédit de penser que s'ils donnent mandat à un président de la République de changer les choses, ils lui donneront aussi la majorité qui va avec", il se pose en rassembleur. C’est ce que veulent les français.
D’autre part, son élection à la présidence de la République marquerait un réel séisme dans la vie politique française et on ne pourrait plus ignorer le choix des français en faisant comme si rien ne s’était passé . Là, se trouverait la nouvelle façon de faire de la politique.
Il est certain que les tenants du « penser en rond » font grise mine. Il est difficile de renoncer à son confort intellectuel.

Pour finir sur une note un peu plus polémique (encore que..). Je vois fleurir en bas de certains billets la petite phrase assassine : Il ne sera jamais mon président ! et je ne vois pas bien ce dont il s’agit...
Si d’aventure (je pèse mes mots) M. Sarkozy était élu, cela veut-il signifier que vous descendriez dans la rue pour contester les résultats du suffrage universel ?
Si vous le détestez à ce point, il faut bien se rendre à l’évidence ; le seul vote anti-Sarkozy (puisque vous votez « contre »), c’est de voter pour François Bayrou !

Oui, ce serait cette fois pour de bon un séisme : Bayrou tente une OPA sur le PS, vieille maison qui a un beau fonds de commerce, mais qui est décidément incapable de sortir des vieilles idéologies, ce qu'il aurait pu faire dès 1983 quand Mitterrand a choisi l'Europe contre le socialisme.

Il jaillit donc du centre, position inconfortable et exigue, pour se lancer en grand et promouvoir un nouveau bipolarisme entre un Parti Démocrate prenant la suite du PS, et l'UMP.

S'il réussit, il se haussera au niveau du De Gaulle de 1958 qu'il prend en exemple !

Ainsi le choix mystérieux de "Ségolène" par les adhérents à 20€ du PS, serait une ruse de l'Histoire pour en arriver enfin à la rénovation de la gauche et de la vie politique française... par Bayrou !

Etourdissant Bayrou ! Qui l'eût cru ?

Je m'excuse de revenir sur ce blog pour des futilités. Oui je suis moi-même. De cela je n'ai d'ailleurs jamais douté. J'ai en effet écrit plusieurs livres sur la Corse dont la Terre des Seigneurs. Quant à l'affirmation de Flamant rose selon laquelle j'aurais écrit sur Yvan Colonna sous un pseudonyme, je n'y comprends strictement rien. J'écris sous mon vrai nom. La preuve. Eclairez ma lanterne car cela m'intrigue. POur reprendre le fil du débat, je ne pense pas que donner une nouvelle impulsion à la France soit nettoyer les écuries d'Augias. C'est tout simplement comprendre que les destins des peuples suivent un cours qui, parfois, change. Et je suis sincèrement convaincu que la France est en train de rompre avec celui emprunté depuis Philippe Auguste c'est-à-dire le construction d'un pouvoir central contre de puissantes féodalités.
Mais c'est aussi à nous citoyens d'œuvrer dans ce sens. Il n'existe pas d'homme providentiel dans une démocratie. Seulement des hommes (ou des femmes) qui possèdent l'ambition, l'énergie pour mener une bataille. Mais sans les vaillants petits soldats que nous sommes ils ne sont rien.
Un dernier point: j'espère très franchement que Bayrou tiendra sa promesse concernant le train de vie de l'état. Pour construire une république morale, il faut adopter une attitude morale au sommet. Comment en effet donner des leçons aux plus humbles lorsqu'on se conduit comme le membre d'une nouvelle classe noble? Et cela a autant de valeur pour la gauche que pour la droite.
Mais surtout, surtout pour répondre aux crétineries sarkoziennes concernant "ceux qui se lèvent tôt" comment ne pas comprendre que dans une société il y a bien sûr ceux qui se lèvent tôt et travaillent beaucoup. Mais il y a aussi le déterminisme social, culturel. Il y a les mauvais coups de la vie. Et une société qui se respecte doit tendre la main aux plus démunis. Ou alors nous construisons une jungle sans compassion. Or la compassion devrait être le maîre mot de la vie sociale. Tenter d'aider celui qui peut l'être. Et savoir déceler sous la pauvreté, parfois sous la bêtise le diamant qui attend dans sa guangue et, qui une fois nettoyé deviendra un formidable investissement pour la société toute entière.
Bon dimanche à tous. Je vais gambader dans mes montagnes.

Si vous êtes le vrai Gabriel-Xavier Cullioli, je vais regretter d’avoir perdu copie de la lettre que je vous avais envoyée au Monde, à laquelle vous n’aviez pas répondu. Elle vous donnait ce point de vue : la seule chose dont on soit sûr dans l’affaire Erignac, c’est qu’un homme a été abattu, et de dos. Pour une Corse où l’honneur se porte haut, ça fait désordre. Sauf si ses tueurs ont pensé que, étant préfet et pas Corse, ce n’était pas un homme, et qu’on pouvait l’abattre comme un chien.

(Si, parce que vous avez oublié Xavier, signé Culioli et non Cullioli. Un mytho ? Ça ne manque pas sur le net. Pas grave, ce qui compte, ici, est moins qui vous êtes que ce que vous dites, qui me va.)

Cette poussée de Bayrou, et poussée qui se confirme malgré les critiques, les mises en garde sur le caractère supposé illusoire de ce choix de vote, confirme le même refus que celui au référendum sur l’Europe (je n’ai pas dit « du non à l’Europe ») : celui d’un choix prédéterminé par les médias et les politiques liés par l’inceste partisan, et pas seulment quand des journalistes transforment la chanson d'Anna Marly, Kessel et Druon (respectons l'ordre des choses) en rengaine pour noces et banquets sarkozystes. Celui de solutions politiques partisanes qui ont fait la preuve de leur inefficacité (pas de réforme en profondeur bâti sur un assentiment populaire) et de leur injustice (pourquoi, si je suis d’un bord politique, l’autre bord devrait-il être exclu ?)

Bayrou me demande un chèque en blanc ? Mais les autres, ça fait des années qu’ils sont au pouvoir ou qu’ils l’ont été, et on a vu que leur chèque était en bois.

Bayrou a été ceci et cela quand il était ministre, quand il votait avec la droite ? Et alors ? Lui donne le sentiment d’avoir changé : regardez les autres...

Voilà. Entre un cheval borgne et un aveugle, on a compris qui je choisis.

Bayrou et l'UDF, la nouvelle gauche?
Pourquoi pas. Il faudrait que toute la gauche social-libérale du PS le rejoigne après le 2ème tour.
Ca laisserait peut etre une place à gauche pour la création d'un véritable parti marxiste et anticapitaliste. Mais je ne vois personne aujourd'hui qui puisse rassembler cette gauche-là. A moins que Besancenot...il est jeune encore.

@ Culioli Gabriel

Vous dites « Quant à l'affirmation de Flamant rose selon laquelle j'aurais écrit sur Yvan Colonna sous un pseudonyme, je n'y comprends strictement rien. J'écris sous mon vrai nom. La preuve. Eclairez ma lanterne car cela m'intrigue » donc j’éclaire votre lanterne.

Je n’affabule pas et j’essaie tout le temps d’être sérieux. J’ai donc entrepris un travail de recherche sur Internet et n’ayant effectivement rien trouvé sous votre nom qui accréditerait ma thèse selon laquelle vous écrivez sous un pseudonyme j’ai persisté dans mes recherches et dans google j’ai tapé Paul Luciani. Voici 2 liens que j’ai fini par trouver et qui semble me donner raison.

http://www.investigateur.info/affaires/france/article_de_Porsia.html

ethttp://www.amnistia.net/news/articles/corsdos/corculio/corculio.htm

A votre décharge il se peut que ce pseudonyme couvre l’ensemble de la rédaction de votre journal comme cela se pratique parfois dans la presse. J’espère que vous avez passé un bon dimanche dans vos magnifiques montagnes et que la Corse retrouvera toute la sérénité qu’elle mérite.

G. Culioli et Alaind, merci pour vos coms
Fin stratège quand même le "benêt" Bayrou. Partir à - de 10% et voir son plan se dérouler comme prévu. Si c'est un échantillon de ce qu'il peut donner comme président, je suis preneur.
Certes, tout n'est pas gagné, mais à ce train là, il est parti pour ringardiser les autres états majors qui n'ont rien vu venir. (Ridicule Lellouche et son : "Relisez Sun Tzu !". Merci du conseil, Ô grand stratège intersidéral ! La vidéo ici. Passez un bon moment ! http://minilien.com/?Qw8LiD3A5c )
G. Culioli a fichtrement raison pour les 20%
Seuil psychologique, et plafond difficile à atteindre pour Lepen. Lequel montre qu'il en est bien conscient quand il prétend les atteindre déja. Si Bayrou atteint les 20% -et c'est plutot en bonne voie- JMLP sait que ce sera très dur pour lui. A partir de là, c'est vrai, tout risque de basculer.
Encore un petit coup de reins et on va avoir droit à une vraie campagne.
Débarrassée du syndrome du 21 avril 2002.
Les grands médias tout penauds devant l'échec cuisant de leur tentative de mainmise sur l'élection.
Y va y avoir du sport dans les états-majors !
Et Pierre Lellouche se replongea avec une certaine inquiétude dans Sun Tzu !

oops !
taper : "Lellouche le stratège" sur "Dailymotion" pour la 'tite video.

Pour Flamant Rose, vous avez entièrement raison. J'avais complètement occulté cette période qui na pas été très glorieuse. Donc mea culpa. Cela étant, je dois vous avoue que je ne me rappelle pas de ce que j'avais pu écrire à l'époque ayant tout de même changé sur pas de point. En fait le grand saut a été pour moi d'habiter de manière permanente dans l'île ce qui m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses. Enfin sans vouloir transformer ce blog en secrétariat particulier, mille pardons à AlainD pour ne pas lui avoir raison. Mais là encore, amnésie involontaire. Ce n'est pas de ma part de la lâcheté et encore moins de l'inconvenance. Mais il se peut aussi que Le Monde ne m'ait pas transmis la lettre car je n'y écrivais que des tribunes libres.
Retour sur Bayrou: j'ai été militant de la Ligue communiste durant vingt années et je n'ai plus l'âge ni le goût de rêver au sauveur suprême. Je crois seulement qu'à certains moments de l'histoire il s'ouvre des fenêtres et qu'il faut savoir en profiter. Je ne connais pas François Bayrou. je me souviens avoir eu avec lui un débat un peu orageux sur France Inter. Il m'avait agacé avec sa façon de ne pas assumer la pantalonade de Tralonca, cette conférence de presse du FLNC préparée depuis la place Beauvau alors que lui-même était ministre de l'éducation nationale. Mais comme je constate à quel point j'ai pu changer, je me vois mal ne pas accorder à autrui ce que je note chez moi.
Encore une fois, je serais peut-être déçu. Mais ne croyez-vous pas tous que l'un des grands maux de notre époque est l'absence de rêve? On nous a tellement rabaché que l'économie était le moteur de l'histoire (marxistes ou libéraux tous égaux) que pour une fois qu'il se passe quelque chose d'"anormal" en ce sens que le phénomène Bayrou sort de la norme, il faut, à mon avis, se saisir de l'occasion pour rêver raisonnablement à un destin autre pour la France. Quand je dis autre, c'est que je ne me résouds pas à ce que notre recherche batte de l'aile, à ce que notre système social parte en biberine, à ce qu'en matière d'écologie nous ne parvenions pas à nous hisser à la première place. Bref, je crois que sans le rêve il n'est pas de grande réalité possible. L'architecte qui imagine une maison commence par la penser puis il prend en compte les contraintes des matériaux, le climat, le désir des propriétaires. Voilà tout ce qu'il faut faire en sachant que le lâchage de Bayrou par les Crocodiles de son parti sont justement sa chance.
Merci Flamant Rose. je me suis régalé ce matin à marcher vers le col Saint-Georges, a bucca San Ghjorghju en langage vernaculaire. Un temps splendide, des odeurs d'immortelles, de myrte, d'asphodèle qui laissent penser qu'avec un peu de sagesse, un peu moins d'espérance dans la croissance et plus de foi en ce grand tout qui domine, l'humanité pourrait être heureuse.
Alors soyez heureux et passez une bonne nuit.

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