Mystère du néocentrisme
« Une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part » : la célèbre définition de Dieu, appliquée au monde par le philosophe Nicolas de Cues (1401-1464), aide à pénétrer le profond mystère du centre politique. Incarné dernièrement par François Bayrou, celui-ci occupe une place stratégique aussi incontournable qu’insaisissable. Dans un espace électoral soumis à la double loi de la bipolarisation droite-gauche et de la quête d’une position médiane, le centre est à la fois partout et nulle part.
Bayrou est une sorte de miraculé. Le candidat de l’UDF a gagné son pari très risqué de 2002. A force d’audace et de persévérance, il a assuré la survie du courant centriste que l’ogre chiraquien a bien failli avaler dans la foulée de sa deuxième victoire présidentielle. L’UMP a rallié la majorité des élus centristes, mais pas leurs électeurs. L’UDF a confirmé son audience en recueillant 11,95% des suffrages lors des européennes de 2004. Les enquêtes Ipsos montrent une impressionnante stabilité des sympathies partisanes dont bénéficie l’UDF : autour de 8% de l’électorat à la fin 2006 contre environ 7% fin 2001, avant la création de l’UMP. A l’orée de 2007, Bayrou était crédité de 7 à 9% des intentions de vote, soit un peu plus que son score de 2002 (6,84%).
Mais si rien ne semble avoir changé, tout est différent. La nouvelle UDF du fougueux béarnais n’a plus grand chose à voir avec la confédération libéralo-centriste fondée, en 1978, par Valéry Giscard d’Estaing. Elle ne ressuscite pas non plus vraiment le courant démocrate-chrétien représenté par le MRP sous la IVème République et par le Centre démocrate puis le CDS sous la Vème. Si la filiation historique et sociologique demeure, la tonalité idéologique est inédite.
S’écartant des paisibles rivages d’un centrisme du juste milieu, Bayrou s’aventure dans le tumulte d’un « extrême centre » aux relents protestataires affirmés. Traditionnellement, les centristes sont empreints d’une modération qui confine parfois à la mollesse. Leur nouveau chef invente un centrisme dur, surfant sur la vague populiste et d’une implacable sévérité à l’égard de la droite comme de la gauche. Bayrou prétend parler fort « au nom du tiers-état » - le titre de son dernier livre. Il se pose en victime d’une conjuration médiatique orchestrée par de puissants intérêts. Devenu fier contestataire, l’ancien ministre prudent de l’Education nationale veut briser le « système » des alternances huilées entre le PS et l’UMP.
D’où une première contradiction. Bayrou se présente en candidat anti-establishment mais il cherche à réconcilier les modérés de droite et de gauche. Le candidat de l’UDF drague à la circonférence des électorats protestataires tout en se rêvant au centre du « cercle de la raison » cher à Alain Minc. Une alliance entre l’aile droite de la gauche et l’aile gauche de la droite permettrait-elle le changement radical promis ? Rien n’est moins sûr. Hétérogène par nature et contestée de toutes parts, cette « troisième force » serait menacée par la paralysie et l’impuissance. Pourfendeur de la bipolarisation, Bayrou va jusqu’à vanter la formule de la « grande coalition » allemande. Le gouvernement commun des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates se heurte pourtant, outre-Rhin, à de sérieuses difficultés.
La posture protestataire de Bayrou, qui le dispense d’approfondir son programme, se heurte encore à la stratégie de ses principaux concurrents. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy jouent, eux aussi, du répertoire populiste. Et le candidat de l’UDF est parfois contraint d’endosser l’habit du défenseur de l’orthodoxie. C’est le cas lorsqu’il se porte au secours de la Banque centrale européenne, attaquée par les candidats du PS et de l’UMP. Bayrou est également pris en tenaille entre Royal et Sarkozy passés maîtres dans l’art d’emprunter des thèmes à l’adversaire. Quel est l’espace du centre quand le candidat de droite donne de grands coups de badigeon social à son discours tandis que celui de gauche puise dans le vocabulaire conservateur ? Chantre de « l’ordre juste » et d’une décentralisation fille du principe de subsidiarité, Royal s’inspire même plus de la doctrine sociale de l’Eglise qu’un Bayrou qui semble l’ignorer.
La dernière contradiction est stratégique. La logique politique voudrait que l’UDF oppositionnelle de Bayrou passe, un jour, alliance avec un PS « ségolisé ». Les socialistes sont en manque de partenaires et le projet de Royal est sans doute compatible avec le néocentrisme. Mais la logique électorale ne l’entend pas de cette oreille. L’UDF demeure surtout influente dans des régions de droite à tradition catholique. Ses députés, qui n’ont majoritairement pas suivi Bayrou dans sa censure du gouvernement Villepin, ont besoin de l’électorat conservateur pour être réélus au scrutin majoritaire. Le centre n’en a pas fini avec son angoisse existentielle.
Article publié dans Enjeux-Les Echos de février 2007.

D' accord. Un bémol cependant. Le "projet" de SR me paraît encore n' étre qu' un mot.
En plus du discours "gauchisant" qu' elle vient de prononcer et des propos récents de ses proches (il ne faut pas tout attendre du 11 février), sa relative indépendance par rapport au programme PS et la confirmation de ses idées "novatrices" sont loin d' être établies.
Ce qui fait, me semble-t-il, que nombre de ses partisans se trouvent pour l' instant dubitatifs si ce n' est dèçus et pourraient se retourner vers Bayrou encore plus que les derniers sondages semblent le dire. Si ce n' était pas suffisant pour mener ce dernier au 2eme tour, cela pourrait jouer lors des législatives. UDF alors force d' appoint de l' UMP à l' Assemblée Nationale ?
Bayrou pourrait alors rêver de jouer le rôle que peut avoir le Parti Libéral au Royaume Uni ou en Allemegne. Est-ce là son onjectif réel ?
Rédigé par: Erick | le 07 février 2007 à 12h19
Intéressante réflexion, tout de même deux remarques :
1- sur le final : il est faux que l'UDF ait des régions d'influence particulière (vote conservateur / catholique). C'était vrai avant 2002, mais ce vote a bénéficié en 2004 à l'UMP. Aux élections de 2004, l'UDF a fait pratiquement les mêmes scores dans toute la France.
2- le constat précédent suggère que la proposition politique de F. Bayrou répond à une attente qui n'est pas la réplique d'un courant politique ancien et enraciné. Le centre n'est pas, n'est plus la moyenne de la gauche et de la droite. C'est bien pourquoi la droitisation de la gauche et la gauchisation de la droite ne font que renforcer les intentions de vote pour F. Bayrou.
Les thèmes que F. Bayrou met en avant ces derniers temps - un gouvernement de large union fondé sur les compétences, l'urgence de la dette, le Pacte écologique, des médias indépendant au service du pluralisme - ou les mois précédents - garder au service du public les entreprises patrimoniales comme les autoroutes ou EDF - ne font partie du vocabulaire récurrent ni de la droite, ni de la gauche, ni même du centre (des années 80-90).
Rédigé par: FrédéricLN | le 07 février 2007 à 12h52
Post intéressant.
Je suis néanmoins en désaccord sur l'absence de place pour l'UDF. Le terme "centre" est peut-être mal choisi. La stratégie de Bayrou est sans doute encore imprécise, notamment sur la référence allemande.
La référence au centrisme-social italien serait un meilleur choix: le but de Bayrou n'est pas tant une alliance avec le PS et/ou l'UMP (qu'il n'écarte pas non plus), qu'un ralliement au centre des ailes libéralo-européennes et sociales de gauche (des soc-lib comme Pascal Lamy au PRG)aux centristes de droite (comme les radicaux valoisiens). Et une telle coalition ne serait pas celle que décrit Eric Dupin: "hétérogène par nature et contestée de toutes parts, cette « troisième force » serait menacée par la paralysie et l’impuissance."
Elle serait politiquement très homogène au contraire, et PS et UMP sont bien plus hétérogènes aujourd'hui.
Autre désaccord: la posture populiste de Bayrou. Je crois que c'est une posture contestataire, indubitablement, mais pas populiste, contrairement à l'UMP et au PS.
Si les deux autres "grands" candidats draguent sur les terres de l'autre, ce ne sont pas les terres de Bayrou. En effet, Ségo et Sarko tapent ensemble sur l'Europe, ont tous les deux des discours ambigus sur la fiscalité, ont un discours fort sur la sécurité etc...
Bayrou non.
En revanche, ses militants me paraissent ne pas avoir encore changé. je les ai rencontrés ce week end sur un marché, et ils représentent toujours une classe bourgeoise très catholique et économiquement très libérale sans le côté social. Ils "rament" carrément en essayant de défendre le programme de leur candidat.
Moi, étant de gauche, j'arrive plus facilement à défendre ce programme qu'eux. Faut-il changer les militants UDF??
Rédigé par: Nicolas | le 07 février 2007 à 12h58
Le PS à déjà passé des accords avec les PC, les radicaux de gauche, le MDC et les verts. Dans le cas bien improbable d'un accord PS/UDF il faudra garantir des sièges aux centristes aussi. A la fin on pourrait se demander si il y aura des députés PS.
Mais de toute façon j'ai beaucoup de mal à croire en une coalition qui mélangerait Verts et UDF par exemple.
L'UDF pour sa survie devra trouver un terrain d'accord avec l'UMP. Bayrou doit faire le meilleur score possible pour obtenir le meilleur arrangement possible. C'est tout.
Et c'est bien pour ça que Bayrou est un non choix. Arrêtons de faire la fine bouche, allons à l'essentiel et choisissons Royale ou Sarko.
Rédigé par: JB_romain | le 07 février 2007 à 13h17
Lorsque Jean Lecanuet fonda le centre démocrate il savait déjà que ce serait un chemin long et difficile du fait de la bipolarisation de la vie politique. Dés 1973 les alliances se firent avec les gaullistes même si le général n’était plus présent et Lecanuet négocia avec Pierre Mesmer un gaulliste historique. Lorsqu’il devint président de l’UDF il en fit un parti très européen mais modéré dans son libéralisme. Lecanuet disparu c’est le président fondateur qui n’est plus là et, la place étant donc à prendre, des courants se sont immédiatement créés et pour qu’il y ait des courants il faut qu’il y ait des divergences. Ceci expliquant peut être cela l’UDF n’a pas été représentée aux présidentielles de 1988 et 1995. En 1995 il y eut 2 candidats RPR J Chirac et E Balladur, l’UDF a du faire un choix et s’est un peu plus entredéchirée les uns soutenant le premier et les autres le second. Il faut se souvenir qu’à l’origine l’UDF était un conglomérat de petits partis de droite et du centre qui avaient pour point commun leur anti gaullisme.
Mitterrand en fin politique et qui avait tout compris sur la façon de mener une campagne électorale avait, après avoir traité la droite de factieux pour rassembler son camp au premier tour, prôné l’ouverture pour le second ce qui lui a permis par la suite d’obtenir non seulement le soutien de certains centristes mais la participation au gouvernement de membres historiques de l’UDF, cette participation a été symbolisée par la présence de Jean Pierre Soisson. Ces mêmes centristes s’allièrent à la majorité présidentielles de l’époque en 1992 lors des élections cantonales et régionales. Mitterrand a donc démontré qu’une alliance entre le PS et les centristes est possible.
François Bayrou a essayé de fédérer tout ça alors que l’influence de l’UDF avait déjà bien baissé. 213 députés en 1993, 107 en 1997, et 27 en 2002 . Néanmoins il existe encore des députés UDF qui bien que soutenant F Bayrou ont exprimé de sérieuses réserves sur certaines de ses positions (refus de voter la confiance et le budget 206). La raison est connue, c’est que nombres d’élus UDF (locaux et parlementaires) participent aux exécutifs et aux collectivités territoriales et se considèrent donc comme alliés de la droite. A ma connaissance il n’y a pas collectivités locales relativement importantes co-gérées par l’UDF et le PS. (je ne parle évidemment pas des petits villages)
Si les premiers projets de SR pouvaient paraître compatibles avec le néocentrisme, son discours d’hier l’en éloigne singulièrement même si je sais que l’ambiance meeting (où l’on se trouve dans une salle remplie de militants qui veulent en découdre) n’a rien à voir avec une émission de télévision généralement plus conviviale il faut tout de même reconnaître que hier elle a fait fort. Elle nous a donné une leçon sur la façon de diviser les français.
Rédigé par: flamant rose | le 07 février 2007 à 15h55
Bayrou a la même place à droite que Buffet occupe à gauche: celle d'un espace étroit laissé par le grand frère. Entre le premier et le second tour, Bayrou ira négocier son ralliement avec la droite l'UMP (voir le PS)des sièges à l'Assemblée nationale en fonction de son résultat.
Rédigé par: bégé | le 07 février 2007 à 17h18
Allons à l'essentiel : imaginons, l'espace d'une seconde, que l'hypothèse "personnelle" Bayrou fonctionne au point de passer le cap du premier tour puis celui du deuxième...
Invraisemblable, n'est-ce pas ?
Mais imaginons Bayrou Président le 6 mai prochain.
Une fois passée la période euphorique et démagogique de la croyance en l'arrivée d'un homme providentiel :
1) Comment Bayrou pourrait-il empêcher un véritable étripage en règle "gauche contre droite" durant les législatives de juin pour déterminer d'inévitables rapports de forces au sein de son futur gouvernement ?
2) Ce nouveau gouvernement pourrait-il être chose qu'un gouvernement de cohabitation en opposition frontale gauche/droite ?(et non de coalition comme on voudrait le faire croire gentiment : de l'autre côté du Rhin il n'y a déjà pas de miracle et ce n'est pas dans nos gènes tricolores non plus...)
Il s'ensuivrait d'énormes blocages et des conflits insurmontables entre membres politiques des deux bords : une France ingouvernable, le retour aux conflits idéologiques , à l'expression des haines les plus recuites, des gouvernants consacrant plus de temps à de basses manoeuvres politiciennes plutôt qu'à tenter de résoudre la montagne de problèmes qui accablent les Français : scénario insupportable pour le pays...
Et notre petit béarnais serait loin d'avoir l'envergure nécessaire pour dominer cette cacophonie.
Cessons d'extrapoler sur le "phénomène" Bayrou : ce personnage n'a aucune surface politique, il n'a pas d'hommes ni de réseaux à lui , pas de véritable projet pour le pays...
Tant mieux s'il vient provisoirement bousculer quelques schémas trop bien établis.
Tant mieux s'il fait même figure de "troisième homme" : cela pimente un peu une campagne menacée de bipolorisation excessive.
Mais alors : dans nos analyses, allons jusqu'au bout du bout et découvrons que cet épiphénomène ne pourrait conduire la France qu'à une véritable impasse !
En précisant que je suis un électeur ni convaincu par Sarkozy,ni convaincu par Ségolène Royal, ni tenté par les extrêmes...
Ah, si le vote nul pouvait être enfin reconnu !
Rédigé par: Hugo | le 07 février 2007 à 17h39
D'accord avec notre analyse.
J'ajouterai deux choses :
1/ la différence entre l'UDF de Bayrou et l'ancien MRP ou le CDS est double : elle a comme leader une bête politique avec du caractère, qui rêve depuis des décennies d'arriver au sommet et qui fera tout pour y parvenir + une bonne dose de populisme.
2/ Une grande coalition serait la pire des hypothèses : en cas d'échec (prévisible), ce serait offrir un boulevard au FN!
http://legauchisterepenti.oldiblog.com
Rédigé par: le gauchiste repenti | le 07 février 2007 à 20h18
toutes ces analyses reposent sur des structures qui font quoi? maximum un peu plus de 0,3 millions d'adhérents grand maximum. Le PC est troisième (140000) et fera peut-etre moins que 5 % des suffrages. Rien ne peut augurer de ce qui se passerait suite à une élection inattendue. Il y a une pensée politique du peuple vivante en dehors des partis.
Tout leur jeu consiste a faire croire qu'ils dirigent la pensée politique française. Ils proposent, le peuple dispose.
Rédigé par: gimik | le 07 février 2007 à 21h59
Gimik,
Vous faites le procés de la représentativité des partis politiques. Dites-vous la même chose des syndicats et le leur reprochez-vous ?
Rédigé par: Erick | le 08 février 2007 à 07h59
Hugo : belle démonstration par a+b du fait que de Gaulle n'a jamais pu accéder au pouvoir.
Rédigé par: FrédéricLN | le 08 février 2007 à 09h37
FrédéricLN,
Bayrou c'est pas De Gaulle .... Il va se faire manger tout cru Hugo a raison, imaginons un seul instant que De gaulle soit vivant et se présente en 2007, cela aurait une autre gueule que le petit béarnais non ?
Rédigé par: Jean-Marc | le 08 février 2007 à 10h46
Bonjour,
Au vu de votre commentaire, comment analysez-vous le discours prononcé par Bayrou hier soir ? Les accents « républicains sociaux » qui y dominent sont tout de même surprenants, surtout vis-à-vis du positionnement de Royal.
Il semble évident que Bayrou cherche à s’affirmer comme « l’anti-sarkozy », comme celui qui se battra contre le modèle de société proposé par Sarkozy. Alors qu’il multiplie les attaques contre le candidat de l’UMP, il est assez discret sur le PS, soulignant tout au plus certains archaïsmes étatistes, auxquel il oppose une place centrale de l’Etat, certes, mais d’un Etat modernisé qui réinvestit le domaine régalien et de régulation, en se remettant aux corps intermédiaires (il a quand même fait l’éloge de la « démocratie sociale » de Delors !), pour la régulation sociale.
Si Bayrou s’approprie ce que devrait être le discours de la candidate socialiste c’est là peut-être le signe qu’une partie de l’électorat socialiste voit de plus en plus en Bayrou un homme capable de réconcilier justice sociale, loi du marché et rénovation républicaine.
Tout en ravivant la flamme de l'utopie positive de l'Union européenne, après que Mitterrand l’ai imposée aux courants gauchistes du PS (pour leur faire renoncer à l’utopie révolutionnaire), et que ces courants redevenus majoritaires (du moins en terme de pouvoir de blocage) ont méthodiquement exterminé par la "synthèse", après la défaite du réformisme jospinien et la campagne référendaire de 2005.
Il est d’ailleurs cocasse de voir comment l’aile réformiste du PS commence à briser le tabou absolu de « jamais l’UDF », via son porte flingue le plus téméraire, qu’est Cambadélis ( http://cambadelis.over-blog.net/ ). La visite vaut le détour, ne serait-ce que pour admirer les trésors de zigzags rhétoriques qu’emploi Cambadélis pour rendre moins choquant ce premier pas: alors que jusqu’à présent le PS et ses cadres refusaient toute alliance avec Bayrou et l’UDF, certains de ses membres songent, sans y songer, tout en y songeant, et en n’y songeant pas…ou commencent à y songer, au vu sans doute de la modification sociologique de ses sympathisants, à peut-être, un jour, si Bayrou est bien devenu un homme du centre et a bel et bien quitté la droite (toutes ces précautions n’en sont pas moins une ouverture) à gouverner avec lui.
Bref, ne pensez-vous pas que le président de l’UDF peut devenir ainsi pour beaucoup l’occasion de prendre le tournant réformisme qui a été impossible à esquisser de l’intérieur du PS ?
Rédigé par: tristram | le 08 février 2007 à 12h08
J'ai trouvé à la fois honorable et séduisant le discours de Bayrou à Bordeaux. Des attaques efficaces contre Sarkozy, un discours plus personnel et moins rigide que celui de Royal, des propositions innovantes qui mériteraient d'être débattues, une façon intéressante d'être naturel, voire familier, tout en gardant de la hauteur.
Bref ça m'a "parlé", mais peut-être est-ce surtout à cause de sa formation littéraire qui fait que j'ai avec lui une langue en commun. Il y a aussi qu'il me paraît moins "dérangé" que les deux autres, moins populiste aussi (quoi que pense de lui Eric Dupin).
Suis-je en train de faire une déclaration d'amour? Non, car je ne sais trop à quoi cette candidature peut mener. Et puis son fond catho pourrait me donner des allergies, de même que son électorat traditionnel.
Mais enfin avec les moyens réduits dont il dispose, c'est du bon travail.
Peu de bruit médiatique, me semble-t-il, autour de cette prestation. Faut-il s'en étonner?
Rédigé par: Trésor de bienfaits | le 08 février 2007 à 13h44
@Erick
je ne fais pas de procès, mais il me semble que l'incertitude qui plane sur cette élection reste importante. Pour l'instant les intentions de vote reflètent surtout le taux de médiatisation des candidats au cours de l'année précédente. Une fraction importante de l'électorat peut décider de jouer un jeu différent de celui des partis. Beaucoup s'accordent aussi à considérer que la cinquième a vécu. Aussi doit-on comparer avec précaution cette élection de fin de cycle -si c'en est un- avec les précédentes, les candidats présents avec les candidats du passé, les conséquences possibles sur l'échiquier avec les glissements classiques.
Entre parenthèses, je serai curieux de voir des sondages de deuxième tour avec des configurations autres que Ségo-Sarko (même si moins probables pour l'instant)
J'ignore si on peut comparer la représentativité des partis politiques et celle des syndicats. Le dialogue social, c'est différent que pour un peuple d'essayer de choisir sa propre "gouvernitude".
Rédigé par: gimik | le 08 février 2007 à 13h56
@Erick
je ne fais pas de procès, mais il me semble que l'incertitude qui plane sur cette élection reste importante. Pour l'instant les intentions de vote reflètent surtout le taux de médiatisation des candidats au cours de l'année précédente. Une fraction importante de l'électorat peut décider de jouer un jeu différent de celui des partis. Beaucoup s'accordent aussi à considérer que la cinquième a vécu. Aussi doit-on comparer avec précaution cette élection de fin de cycle -si c'en est un- avec les précédentes, les candidats présents avec les candidats du passé, les conséquences possibles sur l'échiquier avec les glissements classiques.
Entre parenthèses, je serai curieux de voir des sondages de deuxième tour avec des configurations autres que Ségo-Sarko (même si moins probables pour l'instant)
J'ignore si on peut comparer la représentativité des partis politiques et celle des syndicats. Le dialogue social, c'est différent que pour un peuple d'essayer de choisir sa propre "gouvernitude".
Rédigé par: gimik | le 08 février 2007 à 13h56
"Bref ça m'a "parlé", mais peut-être est-ce surtout à cause de sa formation littéraire qui fait que j'ai avec lui une langue en commun."
En parlant de "formation litteraire", on attend toujours de cet ex-enseignant des solutions pour lutter contre l'analphabetisme dans le premier cycle universitaire.
Rédigé par: ilgrele | le 08 février 2007 à 20h42
Très fort, le Bérou des montagnes. Rien que d'avoir survécu au rouleau compresseur chiraco-juppéïste... Et il peut renvoyer Le Pen en enfer.
Rédigé par: totoseb | le 09 février 2007 à 21h20
...sondages de deuxième tour avec des configurations autres que Ségo-Sarko"
http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070209.WWW000000591_sondage_bayrou_confirme.html
Rédigé par: gimik | le 09 février 2007 à 21h20
voir et revoir : le jour où le diagnostic fut clairement posé.
http://www.dailymotion.com/visited/search/bayrou%2Bcensure/video/x3tx8_bayrou-partie-1
http://www.dailymotion.com/visited/search/bayrou%2B%2Bcensure/video/x3trn_bayrou-motion-de-censure-partie-2
Rédigé par: gimik | le 10 février 2007 à 11h39
interview vérité de Bayrou par John-Paul Lepers.
ça défreeze !
http://www.latelelibre.fr/?p=39
Rédigé par: gimik | le 10 février 2007 à 13h03
Gardons le sourire !
La vérité est ailleurs:
http://www.dailymotion.com/video/x14ebz_k-bayrou
Rédigé par: tristram | le 10 février 2007 à 15h22
En fait, M. Dupin, vous n'avez pas répondu à ma question...
Rédigé par: tristram | le 10 février 2007 à 15h22
Nicolas Sarkozy est son oreille gauche sur TF1
http://www.dailymotion.com/video/x16bit_loreillette-de-sarkozy
Rédigé par: Christian | le 10 février 2007 à 20h03
VACANCES. Pour un mois - avec l'enchainement des zones de "vacances de neige" - la vie sociale réelle entre en léthargie... Combien de temps la France va-t-elle pouvoir continuer à ce rythme d'inactivité? C'est là une question bien plus importante que toutes les "prestations X,Y,Z.." que les sarko-sego distribuent à pleines mains ces temps-ci... Les Français préfèrent enfoncer la tête dans le sable, "dans la neige...", en se disant "aprés nous le déluge...!" Au fait, comment va se poursuivre la campagne électorale avec la moitié de la France en vacances de neige...
Rédigé par: guzet | le 11 février 2007 à 12h18
Un de plus à se défiler.
http://fr.news.yahoo.com/14022007/202/tapie-pointe-l-inexperience-de-segolene-royal.html
Rédigé par: Erick | le 14 février 2007 à 15h18
qui est "in" qui est "out" (S.Gainsbourg)
http://fr.news.yahoo.com/14022007/202/71-des-francais-favorables-un-gouvernement-gauche-droite.html
Rédigé par: gimik | le 14 février 2007 à 20h08
le mystère s'épaissit
http://fr.news.yahoo.com/18022007/202/sondage-csa-55-des-francais-souhaitent-que-bayrou-soit-au.html
il y a, me semble-t-il, une différence simplissime entre Bayrou 2007 et Chevènement 2002 qui fait que le premier ne devrait pas s'effondrer comme le second, c'est que Bayrou se situe sur l'échiquier exactement là où devrait se gagner l'élection.
Rédigé par: gimik | le 18 février 2007 à 15h52
Bayrou semble avoir bien analysé le pb des elections de 2002. Pour ma part je le trouve rayonnant et non mystérieux, la France a besoin d'idées neuves. l'idée qu'il est au centre ou non, est vraiment pas importante, le français qui vote lui se fous de savoir ce qu'est la droite ou la gauche il veut une personne qui incarne une unité, stabilisant et à la fois pleine d'espoir. Les débats de politiciens sont de plus en plus creux et démagos, on l'a vu et on est tous d'accord la dessus. Bayrou est un peu "old school" mais il fais moins peur que les deux candidats du clivage D-G. J'invite les gens déçus des majorités contradictoires à donner sa voix à ce candidat qui veut assumer ce rôle de vrai rassembleur. Il peut que nous étonner d'ailleurs. Merci Eric Dupin.
Rédigé par: walty | le 04 mars 2007 à 17h35
En Allemagne beaucoup de Francais voterons Bayrou.
Rédigé par: Bayrou.de | le 14 mars 2007 à 23h00