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« Equation Sarkozy | Accueil | Premier tournant »

17 janvier 2007

A droite toute

    En librairie à partir d'aujourd'hui, mon livre sur la droitisation des sociétés occidentales (le phénomène se repère aussi en lisant les commentaires sur ce blog - c'est d'ailleurs un des éléments à l'origine de ce travail ;-) Ci-dessous la quatrième de couverture. Vous pouvez aussi lire la table des matières et l'introduction.

    Et si la France de 2007 était à droite comme rarement dans son histoire ? Le sens de l’histoire s’est retourné. La droite ne se bat plus dos au mur face à un progressisme conquérant. Portée par le dogme libéral et la vague de la mondialisation, elle cherche à remodeler la société. Nicolas Sarkozy incarne cette nouvelle droite française, post-nationale et débarrassée de ses anciens complexes. La force du candidat de l’UMP est de se situer au croisement des trois traditions de la droite distinguées par l’historien René Rémond. Sarkozy est « orléaniste » par ses convictions libérales, « bonapartiste » par son autoritarisme et « réactionnaire » dans son approche de la société.
    Ce livre analyse les différentes facettes de cette mutation de la droite française en la comparant aux évolutions internationales. Aux Etats-Unis comme en France, les conservateurs réussissent à séduire une large partie des couches populaires en exploitant le besoin d’autorité stimulé par l’instabilité économique. L’acceptation des inégalités sociales, compensée par un discours hypocrite sur le mérite individuel, traverse l’ensemble du monde occidental. L’idéologie de droite s’appuie encore sur l’hyper-individualisme contemporain. Elle impressionne jusqu’à ses adversaires historiques. La percée de Ségolène Royal s’inscrit dans le mouvement de droitisation des gauches dans les pays riches et vieillissants.

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Voici les sites qui parlent de A droite toute:

Commentaires

Pourquoi ce mouvement vers la droite ?

Parce que la droite, à l’inverse de la gauche, est bonne, juste, intelligente, moderne.

Et surtout, parce qu’elle a le pouvoir.

A défaut d’être bon, juste et moderne, je vais essayer d’être enfin intelligent et quitter ce blogue.

(Comme posteur, et comme lecteur. A tous mes défauts, je ne vais quand même pas ajouter le masochisme ;-)

"L’acceptation des inégalités sociales, compensée par un discours hypocrite sur le mérite individuel, traverse l’ensemble du monde occidental."

Je permet de ne pas être d'accord du tout sur cette phrase. Je suis de droite, je suis donc contre les régimes spéciaux des retraites. Inégalité sociale institutionnalisé. Je suis pour la discrimination positive en fonction du quartier d'origine car ce qui est hypocrite c'est de promettre l'égalité des chances. Et qu'une société se doit de donner une chance de réussir pour celui s'investit. Je suis pour la redistribution par les impôts mais pas au point de travailler 2 mois pour la collectivité et en plus être montré du doigt etc etc ...

"L’idéologie de droite s’appuie encore sur l’hyper-individualisme contemporain."

Ce qui est complètement faux ou en tout cas excessif. On ne peut pas être attaché à la Nation et hyper-individualiste. Le Bobo n'est pas individualiste ? Je ne vois pas en quoi la droite s'appuie plus que la gauche sur l'individualisme.

A lire ce quatrième de couverture je constate encore ce mépris des gens de gauche envers des opinions ("réactionnaire") et des valeurs qui ne sont pas exactement les leurs. Cette tentation du procès permanent et cette prétention à représenter les "forces de progrès".

J'espère qu'il ne représente pas tout le contenu du livre.

Eric, il est clair que vous êtes de gauche, les mots que vous utilisez, trés provocateurs et propres à lancer le débat, le prouvent: "dogme libéral", "réactionnaire", "discours hypocrite sur le mérite individuel", "hyper-individualisme".

Je suis entièrement d'accord avec vous Eric, il y a effectivement un retour de balancier vers la droite, mais la cause principale que j'en perçois est l'échec de l'état providence que décrit Rosanvallon, et l'échec de la gauche et du discours de gauche. Il y a aussi l'échec du PS qui se révèle être un parti consevateur protégeant les avantages acquis des uns sans protéger les faibles, ce qui devrait être son rôle.

Pour 2007, Alain Lambert voit Le Pen en tête au premier tour. A y réfléchir et à regarder autour de moi, je me dis que pronostic est assez probable.

Il y a en effet un divorce de perception de la réalité entre la plupart des gens et les élites (dont les journalistes) qui sont en majorité de gauche, même lorsqu'ils écrivent dans des journeaux dits de droite . Vos êtes d'ailleurs un bon exemple de journaliste de gauche qui publie dans des journaux de droite (Figaro, Les Echos). La présentation des faits dans les médias est donc biaisée, et les gens finissent pas s'en apercevoir.

J'en veux pour preuve (du divorce de perception) votre post sur l'incendie de boite au lettre de L'hay les Roses qui a fait 17 morts. Vous mettiez sur le même plan les paroles de Sarko, et les actes des incendiares. Sans oublier que ce jour là les pompier ont été caillassés. Comment voulez vous que les gens concernés réagissent ?

J'en veux pour preuve la présentation des émeutes des banlieues dans la presse et la perception que nous pouvions en avoir de l'intérieur.

J'en veux pour preuve enfin la manière dont l'anniversaire des émeutes a été traité dans les médias. A croire que les journalistes voulaient absolument ralumer l'incendie.

L'affaire du droit au logement est également emblématique. J'ai autours de moi des gens profondément outrés par cette affaire, et par la façon dont l'état s'est "couché" devant la mousse des médias. Là encore les journalistes n'ont pas fait leur travail. Comme l'a montré F. Rollin le texte du projet de loi n'est pas applicable, et ne veux pas l'être. Comme l'a montré Econoclaste, tous les économistes sont d'accord sur la nécessité de "libéraliser" le logement au lieu de rajouter des lois et des droits. Aucun journaliste n'a évoqué dans cette affaire ces deux problèmes. Aucun journaliste ne s'est posé la question de savoir comment le problème du logement était réglé chez nos voisins. Aucun journaliste n'a remarqué que cet empilement de lois de droits était une exception culturelle française.

Eric, votre vision d'une droitisation du débat me parait juste, mais l'analyse que vous semblez en faire me parait incorrecte, car vous faites partie de l'élite et votre perception de la réalité est biaisée.

L'ami d'un collège de travail, qui habite Paris et qui fait qui fait partie de l'élite, a complètement viré à droite politiquement. Il y a deux an, sa maman a déménagé dans ma belle commune du 93.

Bonjour,

Droitisation de la société depuis 20 ans ? j'ai déjà entendu cette thèse quelque part ... dans la bouche de JM Le Pen ! pour dire que lui n'avait pas bougé mais que c'était les autres se rapprochaient inéluctablement de lui... Pourvu que vous vous trompiez, donc !

D'ailleurs j'ai un peu l'impression (l'espoir ?) que votre livre doit être lu comme un exercice de "catastrophisme éclairé", selon lequel prophétiser la catastrophe la plus inéluctable, la tenir pour vraie et la prendre au sérieux en conséquence, serait le meilleur moyen pour faire qu'elle n'advienne pas.


De toute façon, comme l'ont compris les bonnes vieilles études sur les "valeurs" des Français et leurs débouchés électoraux, la France n'a jamais été à une contradiction près : peut-être cette fois-ci aura-ton une " France de gauche, vote à droite" ?

Plus sérieusement, c'est la dimension comparative internationale de votre thèse qui m'intéresse.

Tout en restant dans le cadre de votre postulat substantialiste - selon lequel "droite" et "gauche" sont définis par des caractéristiques essentielles (pour la droite, valeurs de l'autorité, de l'individualisme, etc.) et non relatives (chaque camp est défini relativement à l'autre, par ce qui l'en distingue, les critères de démarcation pouvant changer dans le temps dans la mesure où ils dépendent de configurations historiques et politiques et non de valeurs a-historiques) - dans votre postulat, donc, quid de la gauchisation d'une partie de l'occident, l'Amérique Latine ?

Pourquoi , selon vous, dans de nombreux pays de ce continent, actuellement plutôt à gauche, les mêmes (?) causes (néolibéralisme, instabilité économique, inégalités sociales) ne produisent pas les mêmes effets (droitisation) ?

*oups, je voulais dire :
peut-être cette fois-ci aura-t-on une " France de droite, vote à gauche" ?

Quelle droitisation de la société française ? Où ça ? cela ne se voit pas dans les dernières élections. On reste en gros dans un schéma classique du 50-50.
Quand à l'extrapolation à l'échelle internationale, sur quoi repose cette remarque ? A moins bien sûr, comme de nombreux français de gauche qu'on considère Blair ou encore Zapatero comme étant de droite. Ou même Prodi ?
Selon moi ce qui va peut-être changer, c'est la gauche de gouvernement, celle qui s'appelle socialiste en France. Mais on est encore loin du compte avant d'arriver à une gauche décomplexée, qui en finisse avec ses flirts avec une extrême gauche de plus en plus souverainiste, antimondialiste, antieuropéenne, antilibérale, etc, pourvu que ce soit anti. En somme ce qui va peut-être changer c'est qu'un jour un parti clairement et ouvertement social-démocrate verra le jour.
Donc la droite ne change pas, surtout en France, elle reste fidèle à une espèce de gaullisme tâchant vaille que vaille de faire se concilier libéralisme économique et protection sociale. Elle ne séduit pas plus selon moi, par contre la gauche agace nombre de ses électeurs parce qu'elle ne parvient pas à se réformer vraiment et à prendre clairement position, à se dire ouvertement européenne. Dire cela, ce que je lis à longueur de lignes sur votre blog, ne veut pas dire qu'il y droitisation, mais ras le bol de cette gauche et de ses sympathisants. Et on peut même être de gauche pour dire cela, si l'on garde l'esprit libre de tout dogme. Je pense être un parfait exemple de ce genre de démarche, et croyez-moi, je suis loin d'être le seul.

On peut même être de gauche et dire " ras le bol de cette gauche et de ses sympathisants".

Effectivement blabla, vous êtes à la bonne adresse:

http://www.amazon.fr/Sortir-Gauche-coma-Eric-Dupin/dp/2080673823

Bingo !!

85 % de journalistes de gauche, paraît-il.

Et voilà notre ED de donner dans l'orthodoxie, si ce n'est dans le conformisme confraternel.

PMB a raison, en inversant la vapeur encore et toujours, comment ne pas être de gauche ?

C'est être pour la justice sociale, du côté des pauvres et des faibles, pour le partage, la générosité. C'est la vie, la fraternité, l'échange, l'ouverture, le mélange, la mixité, la sympathie, la philanthropie, la douceur. C'est beau, c'est gai, complice, amoureux, émerveillé. Le progrès,les fleurs.

Comment voudriez-vous être pour l'injustice sociale, le chacun pour soi et le chacun chez soi, l'individualisme, pour les riches et les puissants, l'avarice et la spéculation. Là, c'est la mort, le deuil, la tristesse, la grisaille, le repli sur soi, l'uniformité, l'antipathie et la misanthropie, la violence. Triste et moche, compulsif, angoissé, masturbatoire, jaloux, envieux, délateur, blasé. La régression, la réaction, la répression, la cuve à mazout.

Bref tout sauf le binaire, le manichéen, le noir/blanc, les bons et les méchants, les forts et les faibles, les dominants et les dominés, les propriétaires et les prolétaires, le jour et la nuit, la santé et la maladie.

Y aurait-il quelqu'un de droite dans l'assistance ??
Même pas l'infâme Robert, il l'a dit lui même, faut voir.

Ouais, ma grosse sale gueule. Et j'assume.

La force du côté obscur.


En forme le Matéo...
May Sarko be with you. He won't be with me...

Pour revenir sur ce que dit Dupin. Ce qui moi me frappe, et me fait peur, ce n'est pas le mouvement vers la droite, qui je le répète selon moi reste à démontrer, c'est le virage vers le nationalisme. En France toute, me semble plus approprié.
Et cela se voit tant à gauche, où le souverainisme se porte de plus en plus à la boutonnière, à la place de la rose, et à droite bien sûr. Les récents excès de fièvre anti-BCE sont là pour le rappeler. Et la Nation, ce n'est pas une exclusivité de droite, surtout en France. Cela se porte aussi bien à gauche, surtout à l'extrême avec les effets immédiats sur la gauche plsu au centre.
A ce propos, le prétendu europhile Sarko qui a défendu du bout des lèvres le TCE, et qui nous a gratifié d'un discours, encore un, constructif et "pro-actif" reste un ministre le plus souvent absent des réunions du Conseil. Faites ce que je dis, surtout pas ce que je fais.

A Matéo :
"Comment voudriez-vous être pour l'injustice sociale"

Le problème n'est pas être pour ou contre, l'injustice sociale qu'est ce ???

Déjà, prenons le mot injustice, qu'est ce qu'il représente ???

Est ce injuste que qqun gagne peu et qu'il a du mal à s'en sortir ?

Vous me direz, oui évidemment et je vous répondrai : Pas si sur !

Quels sont les efforts qu'il a fait plus jeune ?.. je pourrais vous répondre que certains préféraient glander qu'étudier !

Quels sont les efforts qu'il fait maintenant ? .. Je pourrai vous répondre qu'il s'accorche pargfois à des aides X et Y au lieu de rechercher du boulot ou plus de boulot !

etc,etc...

Voyez vous l'égalité n'a jamais existé dans aucun monde : animal, végétal et encore moins humain..

Alors avant de parler d'injustice sociale, faut il bien définir ces termes !

Don Quichotte

Blabla,

"A ce propos, le prétendu europhile Sarko qui a défendu du bout des lèvres le TCE, et qui nous a gratifié d'un discours, encore un, constructif et "pro-actif" reste un ministre le plus souvent absent des réunions du Conseil."

"du bout des lèvres" ? Si c' est votre impression ...
"Discours constructif et pro-actif". Une appréciation juste d' une europhilies réelle.
"Réunions du Conseil". Quelles réunions de quel Conseil ?

Je ne suis pas sûr qu'on puisse dire que la société française a viré à droite. Tout simplement : la nature a horreur du vide et comme le vide idéologique de la gauche (française!) est abyssal, on assiste à un effet d'optique qui SEMBLE faire de la droite le nouvel horizon indépassable de notre temps. Mais ce n'est là qu'illusion, étant donné que la droite française est encore très largement à la remorque de la gauche (malgré quelques espoirs d'inflexion qu'offre, certains jours, Sarkozy). Autant dire qu'elle non plus ne pense guère la plupart du temps (cf l'inénarrable droit opposable au logement). La véritable révolution serait que la droite (ou la gauche!) devienne ENFIN libérale, mettant ainsi fin à cette triste exception française qui fait de notre pays, autrefois à la pointe du progrès dans le monde, un musée où règnent ce que Revel appelait les "perroquets du trotskisme sénile"!

@ Erick

J'ai sans doute été confus dans mes propos et je m'en excuse. Le discours de Sarkosy était plutôt bon, j'en conviens. Ce qu'il faut remarquer aussi est que son action n'est pas en phase avec ses propos. Non, il n'a pas été un ardent défenseur du TCE, et quand il veut défendre vraiment quelque chose, il a ontré qu'il pouvait le faire avec plus de fougue, et selon moi, de hargne.
Le Conseil dont je parlais et qu'il snobe, est le conseil des ministres (de la justice et des affaires intérieures, celui pour lequel il est compétent bien sûr).

Pour en savoir plus :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/09/sarkozy_leurope.html#comments


@ "le gauchiste repenti"
Bien vu.

Est-ce la société ou l'échiquier politique (autrement dit, l'offre politique)français qui a glissé vers la droite?
Je remarque que les seules éruptions de gauche traditionnelle sont venues ces dernières années du monde associatif et non plus des partis ou des syndicats de gauche: CPE, référendum constitutionnel, "coups" sur le droit au logement etc.
Il est facile de vérifier en revanche que tous les partis ont glissé un peu à droite. Prenons la LCR ou le PC: il est fini le temps des révolutions et mêmes des grandes mobilisations. Leurs programmes mêmes sont plus à droite qu'avant. Seule Arlette n'a pas changé. Jean-Marie non plus d'ailleurs.
La 1ère s'élougne ainsi de l'ensemble de la classe politique tandis que le second s'en rapproche.
Je regrettepour ma part qu'il n'y ait pas en France de mouvement de type "liberal-democrats" anglais, libéraux sur tous les sujets, pro-européens et sociaux (mais pas socialistes). Ils permettent d'avoir un point fixe sur l'échiquier, pouvant montrer par exemple que les travaillistes ou les conservateurs dérivent un peu à droite ou à gauche.

Blabla dit « Les récents excès de fièvre anti-BCE sont là pour le rappeler » Remarque intéressante et tellement vraie. En effet les 2 principaux candidats à la magistrature suprême ont eu la même attitude et celle là elle n’est pas positive : s’attaquer à la BCE. Voyons c’est tellement plus facile que de se remettre en cause.

Est-il bon de rappeler le boom économique que connaissent actuellement nos voisins allemands ? Quand on entend nos 2 candidats s’en prendre au prix du baril de pétrole ou à la BCE dont le tort serait de mettre en pratique une politique d’un euro fort on reste interloqué. Les allemands paient leur baril au même prix que nous, leur euro à la même valeur que le nôtre et pourtant les entreprises allemandes exportent à tout va pendant que les nôtres rament.
L’Allemagne n’est pas un pays en voie de développement et le syndicalisme y est puissant .

Cette comparaison entre 2 pays voisins qui vivent dans un contexte européen et mondial identique et dont les résultats sont diamétralement opposés devrait nous pousser à la réflexion et nous permettre de détecter notre grande faiblesse en matière d’économie et surtout de l’admettre et par la suite d’y remédier.

En tant que fidèle lecteur de votre blog, ce livre m'intéresse beaucoup. je vais l'acheter.

Eric Dupin,

Vous dites « La force du candidat de l’UMP est de se situer au croisement des trois traditions de la droite distinguées par l’historien René Rémond. Sarkozy est « orléaniste » par ses convictions libérales, « bonapartiste » par son autoritarisme et « réactionnaire » dans son approche de la société »

Puisque vous faites référence à René Rémond il faut que vous soyez très précis. Il y a effectivement d’après lui 3 traditions de la droite : « orléaniste » et « bonapartiste » pour 2 d’entre elles. Mais pour ce qui est de la troisième René Rémond dit « légitimiste » et non « réactionnaire » comme vous l’écrivez. C’est pas du tout la même chose.

Alors la, va falloir en ecrire un peu plus pour me convaincre:

1) Sarkozy prend pour reference Jaures et Mitterrand (en se prenant les pieds dans le tapis mais c'est pas grave). Et z'avez vu la photo de campagne de Sarko: la campagne, le ciel bleu, le regard pose, ca vous rappelle rien? Meme pas la photo de campagne de Mitterrand? Trop belle, la droitisation de l'UMP.

2) Le PS ne s'est pas allie avec l'UDF. Au contraire, Segolene Royal a pris Montebourg comme porte-parole. Super a droite la campagne du PS.

3) La droite n'est pas portee par le dogme liberal. Le dogme liberal est minoritaire a l'UMP, c'est un fait. Exemple: Sarko fustige l'Euro et la BCE, wahou, ca depote grave l'ultra-liberalisme sarkoziste.

4) En consequence du point precedent, Sarko n'est pas "post-national" (pourquoi pas postmoderne pendant que l'on y est) mais super national: l'Europe, la BCE, l'Euro, le Conseil des Ministres a Bruxelles, c'est le Maaaaal. Bref, du neo-gaullisme sous cellophane protectioniste et interventioniste on ne peut plus traditionel.

5) Super a droite la campagne de l'UDF? Euh, Bayrou joue a la victime et ne parle pas de son programme. Le peu qu'il dit est un condense de platitudes de gauche.

6) Pour les conservateurs, aux Etats-Unis, c'est fini. Le vague des conservateurs est passee (Aznar, Bush). Les Americains veulent voir autre chose car semblent se lasser de Bush.

Et pitie, les references a Remond, ca commence a sentir la naphtaline. Il serait pas temps de passer a autre chose comme grille de lecture?

Bref, pas convaincu, c'est le moins que l'on puisse dire.

Dupin a raison si Ségolène était élue mais aussi si Sarko l'était.
Ceci dit son livre que je n'ai pas lu ne semble pas être un pronostic, mais dégage une tendance sur laquelle je serai moins affirmatif que l'auteur, tant elle semble être inspirée par les commentaires d'observateurs professionnels dont on connaient les failles.

Et si ce à quoi on assistait était justement la fin de cette vieille notion de droite et de gauche, qui est en train de quitter doucement la scène historique après deux siècles de bons et loyaux services, ce qui nous aura fait tout de même pas mal d'usage?

Si ce à quoi on assistait était la fin d'un cycle commencé au lendemain de la Seconde guerre mondiale, qui a porté au pinacle l'intervention constructiviste de l'Etat et des syndicats, le toujours plus de contrôle du gouvernement et des corps constitués, le toujours plus de dépense publique?

Si ce à quoi on assistait était l'épuisement du modèle de planification, d'ingénierie sociale qui a permis de reconstruire l'Europe à la fin de la guerre, de maintenir la paix dans le souvenir de la barbarie nazie, dans la crainte de l'enfer communiste et de l'apocalyspe nucléaire, et dans l'espoir suscité par le prétendu modèle soviétique, auquel nous avons été bien contents d'échapper malgré les blablatages d'innombrables intellectuels à l'effet contraire, mais auquel nous avons emprunté la croyance que l'Etat pouvait faire le bonheur des hommes?

Si ce qui était en train de disparaître était l'idée que l'on pouvait mimer durablement le communisme sans en subir les inconvénients, en confiant des pouvoirs immenses, au nom de la co-gestion sociale, à des syndicats qui dirigent la société en sous-main, à égalité avec le gouvernement, mais sans avoir à subir le contrôle des contre-pouvoirs et de l'élection auquel ce dernier est soumis?

Si ce qui était en train de disparaître était la génération des résistants de la dernière guerre, qui, ayant subi ce qu'ils ont subi, vu ce qu'ils ont vu, et fait ce qu'ils ont fait, avaient à la fois la légitimité nécessaire pour diriger le pays, et la rectitude morale pour ne pas dévoyer à leur profit les pouvoirs immenses que mettait entre leurs mains l'Etat-providence qu'ils ont construit, avec l'assentiment de la population?

Si ce qui était en train de disparaître était l'âge d'or de cet Etat-providence, qui, après avoir rendu les services que l'on sait parce qu'il était légitime, dirigé par des gens dévoués au bien public, en phase ascendante et adapté à son époque, était devenu un monstre obèse, inefficace et corrompu, dirigé par des profiteurs et des mafieux, d'autant moins soucieux des principes du système qu'ils les proclament bruyamment, et désormais inadapté aux besoins de l'époque?

Si, après que le bonheur fut une idée neuve en Europe avec la Révolution, la France était en train de changer d'avis après avoir médité les catastrophes auxquelles le nazisme et le communisme nous ont conduits, tout en prétendant, eux aussi, faire le bonheur des peuples?

Si ce qui était en train d'émerger était une vieille idée française, à nouveau adaptée à son époque, le libéralisme économique et politique?

Si de plus en plus de Français se rendaient compte que la meilleure façon de répondre aux défis du monde contemporain était de redécouvrir cette idée, plus féconde que jamais?

S'il s'avérait que c'est le libéralisme qui est le mieux placé, politiquement, économiquement, moralement et intellectuellement, pour remédier aux défauts de ce qui n'est que l'un des ses avatars les plus récents, et auquel on l'assimile abusivement, le capitalisme financier?

Un lien qui me paraît intéressant.

http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_65/gauche%20droite.htm

« La droite se caractérise par un lien clair de causalité entre l’acte et ses conséquences : entre le travail et le salaire, entre l’effort et la récompense, entre la compétence et le succès, mais aussi entre la faute et la sanction, entre les droits et les devoirs, en bref la responsabilité. Et il ne peut y avoir de responsabilité sans liberté de choix et sans liberté d’action. Et pas de liberté individuelle sans propriété. La droite défend la liberté responsable et constitue donc un pari sur l’autonomie de l’individu.

La gauche se caractérise par les émotions, la colère, la jalousie, l’indignation, la pitié. Ces sentiments sont de puissants moteurs de l’action humaine en vue du changement. La gauche veut un monde meilleur et est à la recherche d’utopies mobilisatrices. Elle est dès lors vulnérable à la manipulation par des élites opportunistes, capables de mener les masses aux pires catastrophes. La gauche exonère sa clientèle de toute responsabilité et prône l’élimination de tous les obstacles à sa politique « volontariste », car pour elle, la fin justifie toujours les moyens. »

Excellent !
Court, clair, tout est dit en peu de mots et rejoint parfaitement ma perception personnelle pourtant sans autres affinités avec les nationalistes et autres opinions du site. Je garderai ce texte parce que parfait pour définir ma « droititude libérale » et la description de la gauche émotionnelle, manipulatrice et finalement horriblement liberticide.

@Robert

Mais qu’est-ce qui donne corps, Ami Robert, à cette idée que nous assisterions à la fin des systèmes, des réflexes, ou des modèles "français" et parallèlement qu’émergeraient le libéralisme et la pertinence de ses fondements ? Où voyez-vous le signe de tels changements ? En quoi la période que nous vivons annonçerait tout cela ?

Vous nous parlez d’abord de la disparition en cours de la notion droite / gauche ? Mon dieu !
En France franco-française, vous n’êtes pas sans savoir que première et deuxième gauche s’affrontent au sein d’un parti et un seul : le PS. C’est aujourd’hui le seul parti socialiste en Europe à héberger une aile « marxiste », dogmatique, qui ne s’accommode toujours pas de l’économie de marché. Ce n’est pas à vous Robert qu’on apprendra quelque chose en disant que cette obédience a pesé, si elle ne pèse encore, 40 % des militants. Ce n’est pas avec vous qu’il faudra des trésors de patience pour expliquer, à défaut de convaincre, que cette aile « dogmatique, révolutionnaire, guesdiste » explique les passerelles encore possibles entre certains socialistes et les derniers communistes de nature soviétique d’Europe, même avec une extrême gauche ouvertement trotskyste, dont le poids en France est sidérant car unique.
Ce n’est pas à vous qu’on dira que c’est dans cette aile là, que la gauche a puisé le soutien et le vote « non » au TCE, où les suiveurs d’Emmanuelli se sont parfaitement trouvés avec les militants de Besancenot. Tout cela pour dire que nous n’avons pas les socialistes qu’une grande démocratie européenne mérite, que les nôtres restent différents des autres, et que du coup le débat droite / gauche semble ici tronqué, boiteux, mal fichu.

Il n’y a pas de débat droite / gauche, au sens où la majeure partie des pays européens le pratique, parce que nos socialistes en sont encore à se déchirer sur l’acceptation ou pas de l’économie de marché, mais aussi parce que notre droite républicaine n’est pas du tout libérale.

Notre centre droit emprunte à la rhétorique socialiste, et notre UMP est plus sûrement gaulliste, jacobine, et dirigiste que partisane d’un « laissez faire » entre offreurs et demandeurs. Sans débatteurs, où est donc le débat ? Nos voisins ont eu des débats, ont eu des affrontements entre sociaux-démocrates et libéraux, mais nous, si nous étions honnêtes, nous devrions reconnaître que ces affrontements n’ont pas encore eu lieu. De la contradiction de points de vue défendables, chacun pour ce qu’il est, nous n’avons, jamais enfin pas encore, vu jaillir la lumière.

Quelle fin du cycle, Robert, de la dépense publique ? Où, quand, comment ? Elle croit depuis 1980, elle a cru de 1997 à 2002, et de 2002 à 2007. Quel épuisement du modèle planificateur, ou d’ingénierie sociale, quelle disparition de cette idée toute française que l’état ne serait plus "pourvoyeur de bonheur". N’entendez-vous plus Robert, les « plus de moyens, plus d’effectifs », partout et en toute occasion, les « toujours plus » même pas suggérés mais qui sont ânonnés en permanence ? Nous voilà prochainement flaqués d'une loi où l'état sera assigné par les mal logés, et où il plaidera sa carence. Cela donnera t-il un logement aux pas logés du tout ? Macache, mais nous nous régalerons de la forme, de la beauté du geste.

Disparition du pouvoir immense des syndicats ? Vous avez du loupé les réformes de Bercy tenté par des Arthuis de droite, des DSK ou des Sautter de gauche, ma parole. Vous ne devez pas prendre les transports en commun franciliens, peut-être n’avez-vous pas encore entendu de la prochaine grande grève de « mécontentement » du 8 février prochain ? Il faudrait vous redire que pour autant que nous soyons prompt à rire des italiens, ils disposent d'un service minimum depuis quelques années, quand Thibault promet une France bloquée à tout gouvernement qui voudrait l'imposer. Tout en sachant fort bien que de toutes façons, comme le droit au logement opposable, l'usager devra prendre le taxi ou rentrer à pied.

Quelle rectitude morale que ce Yalta franco-français de l’après-guerre, du CNR, où gaullistes et communistes se partagent le gâteau, où nait la France Afrique, le syndicat du Livre et le statut de la Fonction Publique, entre mille et une autres exceptions qualifiées de « culturelles » dans l’imaginaire cocardier ?

Quelle disparition de l’âge d’or de l'état providence? L’Etat-providence ? C’est le même ! passé de svelte à obèse ne change rien, c’est bien le même. Les médecins ont beau lui dire qu’une petite cure serait opportune, le réflexe est pris, « docteur, puis-je grossir encore ? », « non, vous allez crever », « mais, docteur, mon corps réclame ». Voilà le truc de fou, l’état peut bien être providentiel, comme chez les suédois ou les danois, mais il doit faire un régime. Mais à droite comme à gauche, on rechigne au régime et aux privations. "Oui, c’est bon le Paris Brest, mais vous devriez vous mettre aux carottes râpées !!" C’est cela que personne n’entend, préférant entendre que le régime vaut pour élimination. Et à n'en pas vouloir. Binaire le Français.

Changer d’avis le Français sur le libéralisme? Ben tiens !

Der des ders dans l’enquête sur la confiance dans l’économie de marché de Globalscan pour L’université du Maryland. Pas plus tard que l'année dernière. Derrière, les franchouilles ! Devant ? Nombre de citoyens africains, asiatiques. En queue des pays européens, dernier de l’OCDE, les français et l'économie de marché. Et savez quoi ? Certains y voient la grande, voire supérieure acuité intellectuelle de nos concitoyens : Trop fort ! Le français, quoi ! Plus malin que les autres, ayant réponse à tout, qui voit ce que les autres ne voient pas.

Il n’a pas changé d’avis le Français. Et il n'est pas près d'en changer. Ils sont encore nombreux à penser que l’entreprise privée signe sa perte que l’état peut tout, et doit tout faire : choisir la couleur du PQ, repeindre sa voiture, payer son bridge éduquer ses gamins, faire cuire sa soupe.

Vous auriez vu Robert, ici ou là, le libéralisme émerger comme modèle alternatif ? Ce concept mérite développement. On ne doit pas vivre sur la même planète. J’ai bien entendu en revanche les deux candidats majeurs à une élection majeure blackbouler la BCE, l’euro, le désindustralisation : ah qu’il était doux le temps des dévaluations compétitives, quand le politique convoquait son ami et néanmoins collègue financier.

Je m'étonne Robert de vos interrogations, même si je pense vous avoir suivi Robert : toutes vos interrogations sont précédées d’un SI. Tout est là.

Comme disait l’autre : Paris en bouteille et Marseille en bouchon...

"La droitisation des sociétés occidentales ... se repère ... en lisant les commentaires sur ce blog - c'est d'ailleurs un des éléments à l'origine de ce travail."

Quelle est notre part aux droits d'auteur ?

Matéo: je suis parfaitement d'accord avec ce que vous dites. J'exprime simplement l'hypothèse que cela pourrait bien être en train de changer. Si ce basculement se produit, on n'en est qu'aux signes avant-coureurs.

Il y en a plusieurs.

80% de ce que dit Sarkozy est en rupture profonde avec l'ancienne pensée. 80% de ce qu'il dit est scandaleux, hallucinant, formellement interdit par les tenants du politiquement correct, propre à leur donner une crise cardiaque tous les jours. Même s'il a atténué la "rupture" parce qu'elle fait peur. Même s'il a mis de l'eau dirigiste dans son vin libéral.

Or il y a un Français sur deux qui va voter pour lui, s'il est au deuxième tour.

Il existe désormais un parti ouvertement libéral en France, qui s'appelle Alternative Libérale. Oh, c'est un groupuscule, pour l'instant. Mais sont président a 27 ans. Quel âge ont les éléphants des partis traditionnels?

Pensez-vous que la majorité des jeunes Français qui partent s'établir à l'étranger en reviendront avec les mêmes idées gaullisto-socialistes que leurs parents? Eux qui parlent anglais? Qui baignent dans Internet? Qui fuient la France parce qu'elle les étouffe?

Le Parisien a publié, il y a deux jours, une double page intitulée "Ces cerveaux des cités qui partent à l'étranger". Cette fuite ne date pas d'hier. J'attire l'attention là-dessus depuis un ou deux ans. Bien entendu, le phénomène passe largement au-dessous du radar des grands médias.

Prenez ce Français d'origine arabe, photographié en costume de businessman anglais à Londres, à qui son prof de lycée avait conseillé de remplacer son prénom de bougnoule par un autre bien gaulois, histoire de ne pas se cogner à des murs. S'il était resté en France, dit-il, il serait aujourd'hui vendeur d'aspirateurs (au mieux).

Là, il a créé sa boîte de consultants, qui conseille les sociétés anglaises lors de restructurations. Avec son accent, il passe pour un Français qui a réussi à Londres. Il prévoit d'ouvrir une succursale à Paris XVIème un de ces jours.

Quel sera son logiciel mental le jour où il reviendra en France? Sûrement pas celui de l'ENA, de Chirac, de Hollande, de Bové et de la CGT...

Ce n'est pas un hasard si les quatre principaux candidats sont, ou se disent, des candidats de rupture.

Sarkozy, parce qu'il l'est réellement. Ségolène, parce que rompre avec 1% du dogme socialiste, c'est déjà cracher dans le bénitier. Bayrou, parce son seul argument pour l'instant est la rupture avec l'UMPS. Le Pen, parce qu'il prétend rompre avec tout le monde. (A ce sujet, rendez-vous compte qu'il y aura, très vraisemblablement, un vote immigré, arabe ou noir, en faveur de Le Pen; si ça c'est pas le signe d'une rupture...)

Donc il se passe indiscutablement quelque chose. Combien de temps ça prendra, je n'en sais rien.

Je suis le premier à me rendre compte de la force des dogmes acquis. Je suis, par mes commentaires, aux premiers rangs sur les blogs, je mets délibérément les pieds sur les mines, et croyez-moi, elles sautent. La bête se défend. Le déminage sera long.

Mais les signes sont là. Il n'est plus totalement invenvisageable de s'affirmer libéral.

Et, surtout, l'horloge de l'histoire tourne, et ça personne ne peut l'empêcher. 1945 s'éloigne. Le communisme recule dans le passé. Ceux qui ont gagné leurs places grâce à la Résistance sont déjà presque tous morts. Ceux qui les ont gagnées après mai 68 vont bientôt partir à la retraite. Quand arriveront au pouvoir les jeunes qui sont en train de faire leurs études aujourd'hui au MIT, à Berkeley, à Harvard ou à Shangaï, je ne crois pas qu'ils verseront une larme émue sur Georges Marchais, ni qu'il accrocheront la photo d'Olivier Besancenot dans leur bureau.

Faut juste un peu accélérer le mouvement, pour le bien de tout le monde.

RM
Je me souviens d'un sondage sur un journal gratuit il y a 6 mois à un an je crois (c'était pendant la crise du CPE). 74% de français étaient prêts à accepter des réformes car ils en voyaient la nécessité.

Bien sûr, il resta à définir la nature des réformes. Il faut que les réformes soient justes.

"Je suis le premier à me rendre compte de la force des dogmes acquis. Je suis, par mes commentaires, aux premiers rangs sur les blogs, je mets délibérément les pieds sur les mines, et croyez-moi, elles sautent. La bête se défend. Le déminage sera long."

là R. Marchenoir c'est vous qui pétez les plombs. Ce qui s'exprime dans ces lignes porte un nom que je vous laisse trouver tout seul.
Reprenez-vous.

Je sais que nos points de vue sont proches, Robert. Le basculement est probablement en cours, mais perso je n'en décéle pas les signes, et le post suivant de TDB, comme celui qu'elle et eczistenz ont écrit en clotûre de "couple bipolaire" m'indiqueraient plutôt le contraire.

Je ne fais pas la même analyse que vous à l'endroit de Sarkozy, je ne crois qu'il soit un ""libéral qui aurait mis du dirigisme pour en atténuer les manifestations" mais carrément l'inverse : Quelqu'un qui s'avance dans la rupture, et le libéralisme, et qui n'en fera rien. Une fois élu, je vois bien le gars nous faire le coup du rassembleur pondérant déjà les sallies libérales de son projet. On ne se refait pas.

Je suis abonné depuis le début à Alternative Libérale,comme je le suis encore accessoirement à la newsletter de DSK, s'informer ne mange pas de pain, et disons que si le mouvement est à l'émergence des idées "libérales", cela reste souvent un peu bêtasson. Edouard Fillias et Sabine Hérold ont cependant le temps devant eux.Opinion perso, opinion perso.

Sur le reste, vous avez raison, j'espère que vous avez raison et que la génération suivante changera de logiciel, et s'éloignera des poncifs manichéens à la TDB et consorts. Mais je ne perds pas de vue que dans une partie de la jeunesse, le fin du fin du boulot est de devenir fonctionnaire, rien de mal à cela en soi, c'est la quantité qui impressionne.

Pour ce qui concerne Le Pen, le vote noir ou arabe pour sa pomme, c'était déjà le cas en 2002. Je travaillais avec des équipes bigarées en grande banlieue, et je fus estomaqué de découvrir le lundi 22 avril 2002 au matin, m'émeuvant de l'irruption du borgne, que beaucoup de mes collaborateurs, noirs ou arabes avaient voté pour lui. Son vote fut aussi majoritaire chez les "ouvriers" et chez les 18 - 25 ans. Tout le monde s'est empressé de ne pas voir ça. C'est le gros point d'interrogation pour moi en 2007 : re-performance du FN, recul ou carrément l'envolée. Là je sèche.

Trésor de Bienfaits: hahaha! "Reprenez-vous!", me dites-vous. Toutes mes analyses se confirment: à gauche, on est vraiment chez les curés... Militants de la laïcité, mon oeil! Ce qui les gêne, c'est pas la religion: c'est la concurrence de la religion des autres.

Pas de souci de mon côté, TDB: j'assume totalement la phrase que vous citez, comme toutes les autres. J'ignore le péché dont vous m'accusez, et je vous rassure, je passerai une très bonne nuit: ma conscience est parfaitement tranquille...

Matéo: OK sur Alternative Libérale, c'est ni Aron, ni Revel, ni Tocqueville. Mais il faut bien commencer la pédagogie quelque part. Je pense qu'en politique, le plus important est d'avoir raison en gros. D'être plutôt dans la bonne direction. Or, comme nous sommes massivement dans la mauvaise direction, faire un demi-tour, même approximatif et en compagnie de débutants, c'est le début de la sagesse.

Et il existe des blogueurs libéraux de bon niveau:
http://www.u-blog.net/liberte

Quant à Sarkozy, je ne comprends pas votre point de vue. S'il n'était pas un libéral sincère, pourquoi aurait-il pris le risque délibéré de se mettre une bonne partie du pays à dos, avec un catalogue de déclarations que personne n'a jamais osées avant lui, et qui sont autant de bombes pour les étatistes de gauche comme de droite, que nous savons nombreux?

Fera-t-il les réformes indispensables s'il accède au pouvoir? Je n'en sais foutre rien, mais je sais que quiconque n'a ni les convictions nécessaires, ni le courage indispensable, ne les fera pas. Et il me semble qu'il possède les deux.

Sans compter que ceux qui ont commencé les réformes -- tout de même! -- (retraites, LOLF, réforme de l'Etat...), c'est l'UMP, pas le PS.

Donc, en gros: y'a pas photo.

Matéo,

Je crois qu' il y a longtemps que l' on sait que les "ouvriers" votent Le Pen comme ils votaient avant pour le PC et que les "blacks-beurs" des cités en font autant dans une large mesure. Comme tous les autres - et même encore plus car ils sont les premières victimes - il en ont assez du bordel des cités et de leur racaille et de l' image que cela donne d' eux-mêmes qui veulent bosser et vivre comme un tout un chacun.
Les campagnes Starr/Royal pour l' inscription sur les listes électorales sera peut-être bonne pour Le Pen et puis pour Sarko au 2eme tour ...

la France plus à droite ? Entièrement d'accord vu que n'ayant pas -il me semble- trop bougé, du coup j'ai l'impression de me situer vachement plus à gauche. Bon week-end, camarades ! Tous ensemble, tous ensemble au bowling, ce soir! plus de trois strikes de suite... je sens que tout devient possible ! c'est ça, la big révolution et c'est notre bien-aimé tsar cosy qui l'a dit. ;)

D'où me sortez-vous cette notion de péché, R. Marchenoir?
Loin de moi la morale chrétienne en ce qui concerne les pétages de plomb. Mais si ça vous arrange de voir les choses sous cet angle tant mieux pour vous. Vous êtes le seul juge de ce qui vous aide à vivre.

@Robert

"pourquoi aurait-il pris le risque délibéré de se mettre une bonne partie du pays à dos, avec un catalogue de déclarations que personne n'a jamais osées avant lui"

A quelles déclarations et points programmatiques faites-vous allusion ? Quel contenu libéral dans le projet umpien ("travailler plus pour gagner plus" ne reste qu'une formule, pas spécifiquement "libérale" de surcroît)?

"Fera-t-il les réformes indispensables s'il accède au pouvoir? Je n'en sais foutre rien, mais je sais que quiconque n'a ni les convictions nécessaires, ni le courage indispensable, ne les fera pas. Et il me semble qu'il possède les deux."

Effectivement, là nous divergeons. Je ne remets en cause son courage, mais je ne le crois pas convaincu par les idées libérales (au sens "européen" du terme, pas au sens franco-français de "sauvagerie absolue"). Quand bien même aurait-il, à défaut de convictions, des orientations de cette nature, je ne le sens pas apte à les mettre en oeuvre. Je ne parle même pas de résultat, mais de mise en oeuvre (d'obligation de moyen). Vous savez que je m'appuie sur deux ou trois épisodes démontrant à mes yeux plus une aptitude dirigiste, que de capacités libérales. Pour enfoncer le clou, et même si NS reste un compétiteur cohérent, je sens l'arnaque venir. Mitterrand et le "changement" (se terminant par une aggravation des inégalités, un must), Chirac et la "fracture sociale" (pas mal non plus dans l'enfumage, et le mensonge éhonté) et demain un NS pas plus prompt à la rupture que les gaullistes historiques. Comme Ségolène d'ailleurs, promettant monts et merveilles, et qui n'en fera rien, en invoquant, grande spécialité cocardière, "l'héritage" comme motif pour ne pas appliquer le programme, et donner corps aux promesses.

Ces incertitudes tiennent finalement plus, pour moi, à la pratique politique de nos personnels politiques, qu'aux personnes en tant que telles.

Mais bon, il faudra bien voter, en l'occurrence lancer les dès et s'en remettre au hasard. J'aimerais être en capacité d'avoir du temps pour décider, d'avoir du temps pour comparer les projets terme à terme (débarassé des scories de personnes), comme les autres citoyens de l'Europe face à leurs propres échéances électorales majeures. A moins de 100 jours de la notre, je (nous ?) ne suis pas en capacité d'une telle comparaison. J'entends dans la presse que Ségolène "va bientôt dévoiler son programme". Je suis vraiment surpris puisque les trois candidats à l'investiture du PS m'avaient dit que c'était "leur projet", issu de leurs synthèse. Leur candidate ayant plusieurs fois répété que sa feuille de route serait le projet du parti et rien d'autre.

"Loin de moi la morale..."


"..chrétienne", peut-être ! Mais une posture moralisatrice systématique, quand même. Relisez vos multiples posts !!

Cher Eric Dupin,
Je vous lis et vous écoute toujours avec beaucoup d'attention et d'intérêt, car vos analyses sont souvent pertinentes. Je lirai donc votre prochain livre comme les précédents. Permettez moi toutefois de vous exprimer ma perplexité lorsque je lis dans votre introduction que la droite française "est insensiblement passée sous hégémonie libérale"! Puissiez-vous avoir raison! Il me semble toutefois qu'on en est TRES loin! La droite française me paraît bien plus "statophile et dépensolâtre", comme dirait l'autre, que la majorité des gauches dans le monde! Même les velléités libérales de Sarkozy sont bien pudiques!
C'est en tous cas ce que j'essaie de montrer dans mon blog :
http://legauchisterepenti.oldiblog.com

Une preuve de plus que la girouette politique s'affole et que la disctinction classique droite gauche est plus que jamais remise en question :

http://www.liberation.fr/actualite/monde/229557.FR.php

Les plus à droite sont parfois à chercher à gauche. Par ailleurs c'est une preuve de plus comme je le disais auparavant, que ce qui se réveille aujourd'hui, en France comme ailleurs, c'est le nationalisme. Et, encore une fois, cette tare n'est pas une exclusivité de la droite.

Matéo: des preuves du libéralisme de Sarkozy? Suffit de demander. Son discours sur l'éducation, par exemple. Il est clairement favorable à la liberté, à la concurrence, à l'émulation; par opposition au dirigisme, à la planification, à l'ingénierie sociale, hobby des énarques de droite comme de gauche.

Emulation entre les élèves: il se pronoonce ouvertement pour la sélection, une notion taboue en France depuis 1968.

"Une école qui ne donne pas les examens à tout le monde, mais qui donne à chacun la possibilité de les réussir."

Emulation entre les établissements:

"Aux expériences pédagogiques hasardeuses sur le dos des enfants, aux circulaires administratives aussi détaillées qu’éphémères, au nivellement par le bas des exigences, je vous propose que nous substituions la liberté pédagogique des enseignants, l’autonomie des établissements, et l’évaluation des résultats."

Primauté du client sur le fournisseur:

"Je vous propose de créer de la confiance mutuelle et de l’appropriation en permettant aux parents de s’impliquer davantage dans la vie des établissements scolaires de leurs enfants."

Ce qui compte, ce n'est pas qui vous êtes, c'est ce que vous faites:

"Je vous propose que nous évaluions plus souvent les enseignants, mais sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves, pas sur celle des pédagogies qu’ils utilisent."

Abolition de la carte scolaire:

"Je vous propose que chaque famille ait le choix de l’établissement scolaire de son enfant. C’est la conséquence logique de l’autonomie et de la diversification des établissements. La carte scolaire a été créée en 1963. Est-il si inconvenant en 2007 de vouloir s’en affranchir, alors que plus aucun pays en Europe ne la pratique ?"

Dénonciation de l'égalitarisme:

"L’hypocrisie de l’école à deux vitesses, celle des beaux quartiers où l’on enseigne les grands auteurs et le raisonnement scientifique, et celle des quartiers populaires où l’on demande aux enseignants de remplacer Les Fleurs du mal par des chansons de rap, les chefs d’œuvres de la littérature par les films qu’ils ont inspirés, les livres entiers par des morceaux choisis, et l’exercice de rédaction par celui du QCM."

http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/reunion_publique_angers_vendredi_1er_decembre

Entre parenthèses, il suffit de lire ce discours d'Angers de Sarkozy sur l'éducation pour mesurer la petitesse, la mesquinerie, la malhonnêteté, et pour tout dire, la bêtise de la gauche française, quand elle prétend que la seule politique scolaire de Sarkozy, ce serait de "mettre des flics dans les écoles".

Combien de fois n'avez-vous pas lu cet "argument"?

Et le collège du Raincy rendu autonome accueillit à bras ouvert les meilleurs élèves des cités voisines, envoyant les enfants glandeurs d'électeurs d'Eric Raoult se faire voir ailleurs. Car soudain tout devint possible !
Tiens à propos poules et de dents, hier dans la salle d'attente du dentiste je suis tombé sur "les aventures de Mégamonsieur"
http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?livrid=27259

Droitisation... en un sens c'est vrai, puisque meme les elus de gauche sont de bons bourgeois. Par contre, il y a un point qui me chagrine: 40% a 108.000€, ca nous fait la villa de 120m2 a Mougins a 270.000€. Dans ce coin, on imaginerait plutot 500.000€. Cela dit, il y a peut-etre une forte moins-value dans cette maison, un fantome peut-etre ? :-))

2 points de vue très divergeants de ceux de Nicolas et Pimprenelle à propos de la carte scolaire
celui de Louis Maurin de l'"observatoire des inégalités"
"L’assouplissement (de la carte scolaire) va se transformer en un vaste jeu de choix de l’école, non pas pour les catégories populaires, mais pour les catégories situées juste en-dessous des plus favorisés, disons des 15 % de parents relativement diplômés. Les classes « moyennes supérieures » selon la terminologie actuelle, en réalité des catégories aisées du point de vue du diplôme. Ce qui reste de mixité sociale en France se réduira encore un peu, et les catégories les plus défavorisées n’y auront rien gagné du tout."
http://www.inegalites.fr/spip.php?article567&var_recherche=carte%20scolaire&id_mot=31

celui de Bayrou
http://www.bayrou.fr/propositions/1minute/La-carte-scolaire.html
pour qui le point de vue de ses 2 concurrents ne correspond pas du tout aux principes d'une école républicaine.


Ces deux points de vue, de Maurin et de Bayrou, corroborent celui de Fabius pendant les primaires.
Mais Ségolène Royal ne comprend rien à la République. "Elle est droite dans ses valeurs" comme le dit Mauroy (honte à lui), cela lui suffit.

Et si cette "droitisation" n'était qu'une réaction à la société de chiens qui s'est constuite depuis 30 ans...

Eh ben dis donc, les propositions de Bayrou en matière d'éducation, c'est presque aussi creux que le moulin à non-paroles de Ségolène! Extrait:

"Nous devons nous fixer un objectif : diviser par deux l’échec scolaire, et multiplier par deux la réussite scolaire, dans tous les milieux sociaux, particulièrement les moins favorisés."

"La première condition pour y parvenir, c’est que 100 % des élèves sachent lire et écrire à l’entrée en sixième. S’ils ne savent pas, qu’on leur apprenne."

"Retrouver un collège paisible ne se fera pas avec des policiers, mais avec des éducateurs."

Avec une enfilade de platitudes pareilles, c'est sûr que Bayrou va révolutionner la politique!

Le "S'ils ne savent pas, qu'on leur apprenne!" devrait rentrer dans les livres d'histoire, au même titre que les "Que d'eau, que d'eau!", "C'est vous le nègre? Eh bien continuez", etc.

http://www.bayrou.fr/propositions/ecole.html

Robert, vous oubliez le développement très interessant qui suit au le sujet de la violence à l'école:

"Retrouver un collège paisible, cela ne se fera pas avec des policiers dans les établissements scolaires, comme on voudrait nous le faire croire, cela se fera avec des éducateurs.

D’abord parce qu’il n’y a pas suffisamment de policiers pour la ville…

Et ensuite parce que si nous acceptons l’idée que la loi de l’école est la même que la loi de la rue, alors l’école a perdu !

Les valeurs de la rue, hélas !, c’est trop souvent la loi du plus fort. Et la police est là pour imposer la force de la loi aux caïds qui veulent prendre le dessus. Les valeurs de l’école ce n’est pas la loi du plus fort, c’est la loi du respect, le respect du savoir, le respect de l’éducation, à tous les sens du mot, et le respect de l’autre.

Les valeurs de l’école ne sont pas les valeurs de la rue. Le progrès, ce serait que les valeurs de l’école l’emportent un jour dans l’espace de la rue, et pas que les valeurs de la rue l’emportent dans les murs mêmes de l’école !

Si l’on veut sauver l’école, il faut défendre son système de valeurs ! C’est l’autorité du professeur et du surveillant qu’il faut reconstruire.

Et cela passe par une question qu’il faut poser et résoudre.

Les enseignants donnent toujours les mêmes chiffres : même dans les établissements les plus violents, dans les dix pour cent d’établissements d’où viennent soixante pour cent des « signalements » d’incidents violents, comme on dit dans la nomenclature du ministère, c’est un élève, deux élèves par classe qui mettent la classe par terre et déstabilisent l’établissement.

Je veux le dire clairement : à ces élèves-là, il faut des réponses pédagogiques et d’autorité qui ne peuvent pas être apportées dans le cadre normal du collège classique !

Aujourd’hui, pour ces élèves-là, nous n’avons aucune réponse. Quel que soit leur comportement, alors qu’il faudrait réagir au premier incident, ne serait-ce que par exemplarité, avertissement après avertissement, sanction après sanction, ils restent au collège. Au pire, on les change de collège… Et ils continuent leur trouble et leur inquiétude destructrice.

À ces élèves-là, il ne suffit pas de proposer des professeurs et des surveillants (rares). À ces élèves-là, il faut en plus des éducateurs et des psychologues. À ces élèves-là, il faut des établissements qui proposent, de manière durable ou, le plus souvent, transitoire, une prise en main, ou une reprise en main, qui leur rende des repères, d’autorité, de fermeté, de dialogue, sans lesquels ils continueront à se détruire et à détruire autour d’eux, dans la souffrance explosive qui les frappe et dont ils frappent leur entourage.

C’est sans doute la forme de l’internat qui est la plus efficace. Etablissements de petite taille, moyens adaptés, qui permettront des réponses qui n’existent pas ailleurs et pour le collège de retrouver la stabilité sans laquelle il ne peut pas accomplir sa mission.

Dois-je ajouter que tout le monde comprendra le message ? Dois-je ajouter que ceux qui sèment la terreur dans le collège sont aussi ceux qui la sèment dans la cité ou dans le quartier et qui désespèrent leur famille ? Et que ce n’est donc pas seulement une réponse scolaire, c’est une réponse sociale qui se préparera ainsi…

sur l'illetrisme :
"Quelle est la première condition ?
Que tous les élèves, cent pour cent, sachent lire et écrire au moment de l’entrée en sixième. Et, s’ils ne savent pas lire au moment d’entrée en sixième, qu’on ne les laisse pas entrer en sixième sans leur apprendre !"

je vous laisse découvrir la suite... il y en a trente lignes
http://www.bayrou.fr/discours/bayrou-education-110306.html

Sarkozy à Angers :
"Je vous propose que nous divisions par deux immédiatement les effectifs des établissements scolaires les plus dégradés, en répartissant les élèves en surnombre dans les établissements avoisinants"
mouais
et s'il y a plusieurs établissements dégradés dans le voisinage ?
et si les établissements avoisinants sont "limites", il va en surcharger les classes au risque qu'ils se dégradent à leur tour?
et s'il n'y a qu'un ou deux établissement qui marchent bien au milieu d'établissements dégradés ou "limites", il va en augmenter d'un coup l'effectif de 30 ou 50 % ? Que devient alors leur "autonomie" annoncée plus haut ?
Pour moi cette mesure ne serait jamais appliquée.

ne pas permettre a un enfant d'entrer au collège tant qu'il ne maitrise pas la lecture comme le propose Bayrou n'est pas insensé. C'est lui éviter de se retrouver en situation d'echec scolaire au collège avant même le premier cours du premier trimestre. Et quand on sait que les enfants qui basculent dans la violence au collège se comptent essentiellement parmi ceux qui sont en échec scolaire, je ne vois que du bon sens dans cette proposition.

Cher Eric Dupin,
Je me permets de citer ici un extrait de la critique de votre livre que j'ai publiée sur mon blog :
"Le GR a beaucoup d’estime pour Eric Dupin, dont les analyses sont souvent pertinentes. Toutefois, les thèses de son dernier livre sont discutables à bien des égards.

Tout d’abord, Dupin exagère beaucoup la conversion de la droite française aux thèses libérales. Celle-ci est beaucoup plus étatiste que bien des gauches de par le monde. Il suffit pour s’en convaincre de voir avec quelle unanimité la notion de droit opposable au logement a été adoptée récemment. Ou bien de voir à quel point la BCE sert de bouc émissaire à nos politiques, de droite comme de gauche, qui lui imputent en permanence les difficultés de l’économie française, plutôt que de tenir un langage de vérité sur la perte de compétitivité de celle-ci. Que dire aussi de l’impossibilité de soutenir, sous peine de suicide politique, que l’ISF est un impôt idiot ? On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini, et prouver que l’inspiration de la droite française est toujours davantage imprégnée de vieux réflexes marxisants que de théories Friedmaniennes.

Ensuite, Dupin confond la droitisation des esprits et le vide idéologique de la gauche française. Celle-ci n’a pas encore su renouveler son logiciel de pensée et effectuer son aggiornamento idéologique. Elle continue donc cahin-caha à se laisser séduire par le psittacisme des « perroquets du trotskisme sénile » comme disait Revel. Comme la droite française a toujours été terrorisée par la pensée de gauche, elle-même à la remorque de l’extrême gauche, la faillite des thèses marxistes et le vide abyssal qui s’est ensuivi, a laissé le débat politique français dans l’état où il se trouve actuellement : à savoir le règne des bons sentiments et une politique du chien crevé au fil de l’eau. Seul le libéralisme pourrait apporter une réponse cohérente aux problèmes de l’heure (comme l’ont bien compris la plupart des pays dans le monde), mais la France est victime d’un complot de ses élites intellectuelles et politiques qui cultivent soigneusement une diabolisation de celui-ci afin de se protéger des vents du grand large que provoquerait inéluctablement une révolution libérale. De ce point de vue, la vision qu’à Dupin du libéralisme est aussi simpliste et caricaturale que celle du premier pékin du MJS. C’est dommage car l’auteur est capable d’une bien plus grande subtilité.

Par ailleurs, affirmer que Sarkozy est « réactionnaire dans son approche de la société » relève plus de l’anathème que de l’analyse, sauf à dire que toute personne qui s’oppose au mariage homosexuel ou à l’adoption par les couples homosexuels est réactionnaire.

Pour terminer, dire que « la percée de Ségolène Royal s’inscrit dans le mouvement de droitisation des gauches dans les pays riches et vieillissants » me paraît tout à fait excessif. Certes, l’image de mère de famille attachée aux valeurs de respect et d’autorité (voir ses propositions d’encadrement des jeunes délinquants par des militaires) a pu séduire, notamment dans les classes populaires, des gens qui (avec raison) en ont assez des excès du laxisme post-soixante huitard. Pour le reste, Mme Royal séduit d’abord et avant tout parce qu’elle est une sorte de page blanche sur laquelle chacun peut projeter librement ses attentes et ses espoirs. Comme elle ne dit à peu près rien, beaucoup peuvent continuer à croire qu’elle trouvera des solutions nouvelles aux problèmes que n’ont su résoudre ceux qui mènent la même (non)politique depuis trente ans. Mais ce n’est pas là un signe de droitisation de la société française. C’est bien plutôt le reflet du vide idéologique actuel et du fait que les français ne croient plus en rien".
http://legauchisterepenti.oldiblog.com

Gimik: d'accord sur Bayrou. Je m'aperçois que son site est mal foutu. Je me suis référé à la section "éducation" de la rubrique "propositions", or vous montrez ici que le texte qu'il présente en "propositions" n'est qu'une synthèse d'un discours plus long qui figure ailleurs. Et c'est tellement synthétisé que ça se résume à des généralités.

Dans le discours, il propose a) des internats pour les élèves perturbateurs, b) le redoublement jusqu'à ce que les élèves sachent lire, avant d'entrer en sixième. Je ne sais pas si ça suffit, mais ce sont des mesures de bon sens.

Quant à la proposition particulière de Sarkozy que vous relevez (diviser immédiatement par deux les effectifs de classes les plus difficiles et les répartir alentour), ça fait partie de la rubrique récente "j'ouvre la boîte à promesses démagogiques et intenables", le mot qui tue étant évidemment "immédiatement".

Elles sont récentes, elles sont en minorité, mais hélas, elles sont là. Parmi elles, il y a l'éradication du SDéfisme en deux ans et le droit opposable au logement -- cette dernière étant une revendication de la gauche et de l'extrême-gauche, je me permets de le rappeler...

J'ai tendance à penser que cette dernière est, par conséquent, assez mal placée pour parler de démagogie en ce qui le concerne, Sarko n'ayant fait que céder aux sirènes de gauche.

Hé oui. Sarkozy gauchiste. Comme Chirac. On aura tout vu, dans ce pays.

Au fait: y'a t-il des candidats qui proposent de réduire la dépense publique drastiquement ? Rassurez-vous... je déconne.

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