Farce scolaire
Quel festival d'hypocrisie autour de cette pauvre "carte scolaire"!
Il y a celui qui veut l'abolir pour permettre aux déshérités
d'échapper aux ghettos scolaires - ben voyons. Et il y a celle qui veut
l'assouplir parce que, de toutes manières, "il n'y a plus de mixité
sociale" - appréciez la nuance. De Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, à
nouveau, la musique est ressemblante.
Observons d'abord que ces
aspirants aux plus hautes fonctions de l'Etat, prétendûment partisans de la loi et de l'ordre, considèrent comme une fatalité, contre laquelle on ne peut rien, que beaucoup de parents trichent avec
la carte scolaire (1). Il est parfaitement exact que cette attitude, répandue jusque dans
certains milieux populaires, manifeste un refus de la "mixité
sociale" dont ils se gargarisent par ailleurs. Ou, pour le dire plus crûment, de la "mixité ethnique", tant
il est vrai que c'est le rejet d'une coexistence avec une majorité
d'enfants issus de l'immigration qui motive les manoeuvres de
contournement de ladite carte.
Mais suivons plutôt la logique de
ces authentiques (nouveaux) réactionnaires. Que se passera-t-il si la
carte scolaire est peu ou prou abolie ? Au bout d'un laps de temps limité, ce sont les écoles qui choisiront leurs
élèves. Pour les meilleures, cela va sans dire. Et comment
celles-ci choisiront-elles les impétrants ? Au pire par d'implicites critères
sociaux-ethniques (dimension de castes de la société française), au
mieux par l'examen du dossier scolaire (tradition de l'élitisme républicain).
Quand bien même la deuxième méthode l'emporterait, les résultats seraient vite problématiques.
Les établissements des "zones difficiles" seraient vidés de leurs
meilleurs éléments (issus ou non de l'immigration) et deviendraient,
pour le coup, de vrais ghettos. Personne ne peut croire que les hypothétiques "moyens supplémentaires", aujourd'hui pieusement promis,
permettraient de surmonter leurs lourds handicaps socio-culturels dans un environnement concurrentiel.
Il est certes légitime de prôner une telle approche libérale, qui
peut par ailleurs avoir ses mérites en termes d'émulation entre les
établissements. Mais que l'on nous épargne les couplets égalitaires qui
l'accompagnent faussement.
(1) Ce n'est quand même pas le cas de tout le monde. Nos deux filles ont étudié au collège de notre quartier aux côtés d'une large majorité d'enfants issus de l'immigration...
Tiens, en Belgique, ce système n'existe pas. Chaque parent est libre d'inscrire son enfant dans n'importe quel établissement scolaire de n'importe quel réseau de n'importe quelle commune
Rédigé par: Don | 10 septembre 2006 at 21h36
Vu rapidement un reportage de la 2 à Bergerac (je crois) où le maire, devant une école primaire réduite, par fuite des parents capables de la faire, à l'état de ghetto ethnique et de concentré d'échecs. Il l'a fermée et a ventilé ses élèves, avec un transport scolaire, sur les sept autres écoles de la ville. Il semble que ce choix porte ses fruits. Mais il est possible que ce sujet, par le goût du simplisme manichéen qui infecte souvent nos grands média télé, ait été rendu lisse. Qui en sait plus ?
Rédigé par: PMB | 10 septembre 2006 at 21h58
Beaucoup de parents trichent avec la carte scolaire dites vous. J’ignore la définition de beaucoup alors pour essayer d’être plus précis il y a environ un tiers des français dans ce cas, et ce au moyen de 3 raisons bien connues :
1) En donnant une seconde adresse qui permet aux parents de scolariser leurs enfants là où ils le souhaitent
2) En choisissant une langue étrangère peu prisée
3) Grâce aux connaissances
Un exemple il y a quelques années, le recteur de l’académie de Paris Mme Hélène Ahrweiler à l’époque, a été inondée d’appels téléphoniques provenant de différentes personnes toutes très importantes. Le but de ces appels était de « pistonner » une jeune fille afin qu ‘elle puisse être incorporée au lycée Henri 4 de Paris. Elle a su bien plus tard le prénom de cette jeune fille : « Mazarine ». Certaines personnes n’ont pas à l’époque crier au scandale.
Néanmoins les statistiques démontrent que ce sont les professeurs qui représentent la majorité de ce tiers. Ce qui n’empêche pas le SNES de se montrer très virulent sur une éventuelle modification de la carte scolaire.
Rédigé par: flamant rose | 10 septembre 2006 at 22h11
Beaucoup de parents trichent avec la carte scolaire dites vous. J’ignore la définition de beaucoup alors pour essayer d’être plus précis il y a environ un tiers des français dans ce cas, et ce au moyen de 3 raisons bien connues :
1) En donnant une seconde adresse qui permet aux parents de scolariser leurs enfants là où ils le souhaitent
2) En choisissant une langue étrangère peu prisée
3) Grâce aux connaissances
Un exemple il y a quelques années, le recteur de l’académie de Paris Mme Hélène Ahrweiler à l’époque, a été inondée d’appels téléphoniques provenant de différentes personnes toutes très importantes. Le but de ces appels était de « pistonner » une jeune fille afin qu ‘elle puisse être incorporée au lycée Henri 4 de Paris. Elle a su bien plus tard le prénom de cette jeune fille : « Mazarine ». Certaines personnes n’ont pas à l’époque crier au scandale.
Néanmoins les statistiques démontrent que ce sont les professeurs qui représentent la majorité de ce tiers. Ce qui n’empêche pas le SNES de se montrer très virulent sur une éventuelle modification de la carte scolaire.
Rédigé par: flamant rose | 10 septembre 2006 at 22h12
Eric, encore un petit effort pour devenir libéral. Je vous sens un peu crispé sur le sujet. C'est bien normal. Plus de deux siècles d’étatisme laissent des traces chez les meilleurs d'entre nous. Mais là, franchement, vous nous faites une petite crise de résistance, comme on dit chez le psychanalyste. Reprenons calmement.
Premier postulat de base : il est légitime pour les parents de rechercher la meilleure éducation possible pour leurs enfants. Non, j’insiste, parce j’ai beau l’air d’enfoncer une porte ouverte, ce n’est pas évident pour tout le monde. En particulier pour le lobby de l’Education Nationale. Comment expliquer autrement l’acharnement suspect de ce dernier à vouloir fustiger le « consumérisme scolaire », comme s’il s’agissait d’un truc à peu près aussi honteux que le racisme ou la pédophilie ?
C’est très bien, le consumérisme. C’est la défense des droits des clients ou des usagers, face à des monopoles beaucoup plus puissants qu’eux. Comment se fait-il que le consumérisme soit « de gauche » quand il met en cause des fabricants de machines à laver, et « de droite » quand il met en cause l’Education Nationale ?
Ceux qui prennent des airs atterrés quand on parle de consumérisme scolaire font sciemment l’amalgame entre l’attitude qui consiste, pour certains parents, à faire comme s’ils avaient « droit » à des bonnes notes pour leur enfant – revendication que tout favorise dans le fonctionnement actuel de l’institution – et l’attitude qui consiste à être exigeant envers l’école et la qualité de l’enseignement, à estimer que l’Education nationale doit des comptes aux citoyens qui la financent, ce qui est exactement l’inverse, puisque cela aboutit à réclamer davantage d’exigence envers les élèves.
C’est, bien sûr, cette seconde attitude qui constitue, pour moi, le vrai consumérisme scolaire.
Donc, je répète, il me paraît non seulement légitime au plan individuel, mais aussi tout à fait souhaitable au niveau collectif, que tous les parents recherchent la meilleure école possible pour leur enfant, qu’ils soient pauvres ou riches, blancs ou noirs, analphabètes ou lettrés.
J’irai plus loin : j’affirme que le jour où tous les parents se comporteront de cette façon, y compris les parents illettrés et pauvres des ghettos, à qui l’institution a lourdement fait comprendre jusqu’à présent qu’ils ne devaient pas se faire d’illusions pour leurs enfants – eh bien nous aurons fait un grand pas vers le progrès social et l’amélioration du système éducatif.
Et c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Combien de professeurs de quartiers difficiles se plaignent de ne jamais arriver à voir les parents ? Et, à l’inverse, combien de témoignages lit-on d’élèves de ZEP, qui, bien que motivés et ambitieux à un moment de leur scolarité, se plaignent d’avoir été découragés par leur professeur, sur le thème : « Toi ? Avocat ? Faut pas rêver, mon gars, t’as vu d’où tu viens ? Tu feras coiffure ou chaudronnerie !... »
Comme si l’institution -- oh ! majoritairement de gauche, égalitariste, pour la mixité sociale et tout et tout -- avait intégré une fois pour toutes que, bon, ces pauvres bougnoules, ils sont tellement exclus par la méchante société capitaliste qu’ils n’arriveront jamais à rien, et que le mieux qu’ils puissent espérer, c’est un modeste petit brevet professionnel de quelque chose, à condition d’être abondamment soutenus par les assistantes sociales, les assoces, les allocs et la compassion des bonnes consciences.
Qu’est-ce que c’est que cette vaste hypocrisie de la « mixité sociale », qu’on veut nous faire gober comme le summum du progressisme ? Montrez-moi un parent, un seul, dont la première préoccupation pour ses enfants est la mixité sociale – là encore, qu’il soit riche ou pauvre, analphabète ou fin lettré. Le premier désir de tout parent, c’est que son enfant réussisse, ou qu’il soit « mixé socialement » ?
Prenez un parent africain du ghetto, et dites-lui : je vous offre de sortir votre enfant de sa classe-poubelle -- violente, pleine d’enfants de parents immigrés, analphabètes, non francophones, où les valeurs sont inversés, où celui qui fait mine de s’intéresser au cours est ostracisé comme « bouffon », où le principal souci du prof est de sortir entier de sa classe -- et je vous le mets dans une école cotée d’un quartier chic, avec de bons profs et des élèves qui ont envie d’apprendre, mais attention ; d’abord il faudra qu’il s’accroche pour bosser – rassurez-vous, on va tout faire pour l’aider – et puis il sera tout seul au milieu de Français bien blancs. Croyez-vous que le parent en question dirait : ah non, je ne veux pas, il n’y aura pas assez de mixité sociale, ça ne sera pas bon pour mon enfant ?
Et à l’inverse, prenez dix parents de l’école chic, proposez-leur un transfert en bloc dans la classe-poubelle et dites-leur : on va vous faire un cadeau royal, on offre à votre enfant la possibilité de profiter d’un maximum de mixité sociale, que croyez-vous qu’ils vous disent ?
Si la qualité de l’éducation est bonne, alors la mixité sociale peut être un avantage supplémentaire, en ce qu’elle permet à l’enfant de côtoyer des camarades d’origines différentes, ce qui est toujours enrichissant (à condition que ce ne soient pas des racailles). Mais il ne faut pas inverser les priorités. La mixité sociale, ou ethnique, est évidemment tout à fait secondaire par rapport au premier critère.
Donc vous dites, Eric, pour le déplorer, que si l’on supprimait la carte scolaire, au bout d’un certain temps, ce seraient les écoles qui choisiraient leurs élèves. Et alors ? Où est le problème ? Vous nous dites : cela risque d’être sur des critères ethniques. Qu’est-ce que c’est que cette façon, en France, de soupçonner systématiquement les gens de racisme, de croire qu’ils ne puissent se conduire convenablement qu’à la condition d’avoir sur le dos les flics anti-discrimination de telle ou telle « haute autorité » ? Qu’est-ce qui vous fait croire qu’à partir du moment où on donnerait suffisamment d’autonomie aux établissements et aux professionnels de l’éducation, une majorité ne serait pas avant tout motivée par le désir de bien faire son métier, c'est-à-dire de sélectionner les élèves sur le critère de la motivation et du mérite, et de les aider à réussir ?
Et vous oubliez le pendant de l’équation, qui est que si l’on supprimait la carte scolaire, les parents aussi auraient le choix de l’école ! Et c’est bien cela dont ne veut à aucun prix le lobby de l’Education nationale : que les parents aient leur mot à dire, à égalité avec l’école ; qu’ils aient la liberté de décider : non, je ne viendrai pas chez vous, je ne suis pas d’accord avec vos méthodes et je trouve que vous travaillez mal ; que les établissements de bureaucrates, de cuistres, de corporatistes, de planqués, soient désertés par les parents, qui ne sont pas plus bêtes que les profs ; bref, que les fonctionnaires soient déchus du pouvoir quasi-monarchique qu’ils ont sur le peuple dans ce pays.
Nous avons vécu tellement longtemps dans ce système, le logiciel étatiste est tellement incrusté dans notre ADN politique, que nous n’arrivons même pas à imaginer qu’une autre situation soit possible. Pour sortir de cette prison mentale, il faut lire les commentaires ébahis des expatriés qui s’installent en France, et tout particulièrement ceux qui ont eu l’occasion de scolariser leurs enfants dans plusieurs autres pays. Tous les témoignages convergent : l’école publique française – comme d’ailleurs l’ensemble de l’appareil d’Etat – traite systématiquement l’usager en mineur, en subordonné, et lui est hostile d’emblée.
Le même élève étranger qui a été accueilli à bras ouverts et encouragé par un proviseur canadien, bien que son cursus antérieur ait été théoriquement insuffisant, a vu son inscription refusée par un chef d’établissement français, qui, devant l’insistance des parents – l’école est obligatoire, après tout – a fini par l’accepter avec réticence, non sans avoir entrepris de le démotiver copieusement sur le thème : « Ca m’étonnerait que vous y arriviez ». (Il a ensuite fait Polytechnique, puis le prestigieux Massachusetts Institute of Technology aux Etats-Unis.)
Et il s’agissait là d’un enfant de cadre expatrié, donc, à priori, doté d’un certain bagage culturel. Imaginez le même, issu d’une famille africaine pauvre.
Pour voir comment fonctionne une école normale, il faut, bien entendu, se tourner vers le privé. Là, on rencontre – ô miracle ! – des professionnels français de l’éducation véritablement intéressés par leur métier, considérant les parents comme des partenaires et non comme des sujets, exigeants vis-à-vis d’eux et trouvant normal qu’ils se montrent exigeants en retour, des collectivités éducatives autonomes fonctionnant comme des entreprises performantes – eh oui -- et non comme des bastions corporatistes…
On rencontre des pions qui téléphonent aux élèves quand ces derniers ont une panne d'oreiller… voire qui viennent les chercher par la peau des fesses à leur domicile… comme le fait un directeur d’école anglais, d’ailleurs.
Et même, tenez-vous bien, il y a des écoles privées qui oeuvrent davantage pour la justice sociale que notre glorieuse Educ’ nat’, et qui ne font pas payer – ou qui font payer moins – les familles qui n’ont pas les moyens. Evidemment, cela, vous ne le lirez pas dans la presse française. Ca ne peut pas exister, ça ne doit pas exister, ce n’est pas conforme à la théorie : donc ça n’existe pas.
En revanche, vous le lirez sur le blog du correspondant du Times à Paris, où, grâce à la mondialisation et à Internet, personne ne peut empêcher des commentateurs étrangers de dire ce qu’ils ont vécu chez nous, et d’expliquer pourquoi le roi français est nu :
http://www.6url.com/0X50
(Le plus intéressant est dans les commentaires. C’est long et en anglais, mais ça vaut le coup. Lisez en particulier les interventions de Diane Rauscher-Kennedy et Maggie.)
Donc, la suppression de la carte scolaire est nécessaire, mais pas suffisante. Il faut aussi mettre le public en concurrence avec le privé. C’est la seule solution pour faire bouger le mammouth. On ne discute pas avec la ligne Maginot : on la contourne.
C’est pourquoi l’idée du chèque-éducation, abondamment discutée aux Etats-Unis et en Angleterre, serait particulièrement adaptée à la France. C’est très simple : 1) L’école publique devient payante ; les parents et les élèves sont responsabilisés ; 2) L’Etat restitue à chaque parent la part de l’impôt dévolue à l’éducation, charge à lui de le dépenser où il veut. 3) Chaque parent choisit de donner ses chèques-éducation à l’école de son choix, publique ou privée. 4) Les écoles, bien entendu, ont elles aussi la liberté de choisir leurs élèves, encouragant ainsi l’effort ; 4) L’autonomie des établissements est fortement accrue ; 5) La création de nouvelles écoles est encouragée, ainsi que la variété des dirigeants et des méthodes.
Alors, les IUFM, ces écoles de cuistrerie et de décervelage des futurs profs, feraient « pschitt » en six mois, face au bon sens des parents et de la partie raisonnable du corps éducatif. Le tri entre les bonnes méthodes et les autres se ferait tout seul, au lieu de donner lieu à un psychodrame national éternellement renouvelé. Le plaisir d’enseigner et d’apprendre aurait une chance de revenir.
Bien entendu, rien de tout cela ne se produira. Le lobby de l’Education nationale y veillera. Avez-vous lu beaucoup d’articles sur le chèque-éducation dans la presse française ? Même Sarkozy n’ose pas en parler, sauf erreur de ma part.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 11 septembre 2006 at 01h53
La carte scolaire est une contrainte. Elle impose un choix, restreint la liberté.
C'est une réponse mauvaise et facile à un vrai problème.
Plutôt que de mettre en place un système qualitatif (pas forcément élitiste), faute de pouvoir dire là ça va, là ça ne va pas, le travail de l'équipe enseignante ne donne pas satisfaction, on oblige les parents à devenir une "clientèle captive". Ironie de la situation, se sont les profs eux-mêmes qui seraient devenus les experts dans le contournement du système liberticide, avec les couches aisées de la population... Merci la gauche. Mais où étaient donc scolarisés les enfants des leaders socialistes à Paris. Pour certains d'entre eux et pas des moindre, dans le 6e, à l'école Alsacienne par exemple, ou à Henri IV, voir même à l'école des roches... Ségolène a au moins l'honnêteté de tirer la leçon de cette situation hypocrite, je ne pense pas qu'elle en tire un grand bénéfice, ces petits "camarades" de jeu, lui en voudront certainement.
Il est facile de pointer les enseignants comme responsable de l'échec du système scolaire français. Mais force est de constater que leur culture, leur orientation, les ont éloignés de l'outil indispensable et préalable à la recherche de la qualité. L'autorité. Mon Dieux, quel mot affreux. Mais même bon, que voulez vous qu'un professeur fasse pour mettre hors d'état de nuire à une classe entière, deux ou trois caïds inconscients du réel gâchis qu'ils provoquent. Quelles sanctions sont aujourd'hui à la disposition des profs ? Aucune. Ce n'est même pas de l'angélisme, puisque ces mêmes professeurs sont donc les premiers à en tirer les conséquences pour leur progéniture. Cela s'appelle du cynisme et de l'esprit partisan.
Rédigé par: noop | 11 septembre 2006 at 09h45
Je partage l'opinion de R Marchenoir de A à Z et juste pour pimenter cette position:
quand mon fils Guillaume est entré en 6ème, il devait aller au collège de Neuilly dit de la Folie st James. Or ce collège avait une très mauvaise réputation (justifiée). Alors, comme Guillaume était un très bon élève, il a été décidé qu'il apprendrait le russe en première langue et il est allé au Lycée ...Pasteur. Il n'y avait pas vraiment de problème de mixité sociale à Neuilly, non, pas vraiment!
Rédigé par: lefunambule | 11 septembre 2006 at 09h57
L'avis de Marchenoir est correct, tout le monde s'amuse à contourner cette carte scolaire et quand on ne peut le faire faute d'appuis diverses on envoie ses enfants dans le privé, en faisant des sacrifices financiers.
Rédigé par: Le chat qui dort | 11 septembre 2006 at 10h17
(Ceci ne vaut pas exemple, ok ?)
Mes enfants ont, l'un redoublé deux fois, fait deux collèges et deux lycées, et raté son bac, l'autre redoublé une fois, et gagne les SMIC avec bac+5. Tout ça, de plus, sans aucun passe-droit.
Non seulement je suis prof, ce qui est déjà limite, mais en plus je suis con !
Allez, aux grands maux les grands remèdes : supprimons les profs.
Rédigé par: PMB | 11 septembre 2006 at 10h29
LE SMIC
Prof, con, et incapable de se relire. La totale.
Rédigé par: PMB | 11 septembre 2006 at 10h34
Je ne veux pas en faire une généralité, mais je connais bon nombre d' écoles du privé ou le sacrifice financier est relativement limité : le prix de l' inscription est fixé en fonction du revenu des parents. Cela permet éventuellemnt aux élèves "pauvres" de bénéficier d' une sorte de bourse. En outre, la population scolaire n' est pas faite que de "bons blancs français de souche".
En revanche, l' inscription est largement conditionnée à l' examen du dossier scolaire et la note de discipline y a toute son importance.
Rédigé par: Erick | 11 septembre 2006 at 10h40
J’ai du contourner cette fameuse carte scolaire 3 fois en déménageant pour permettre à mes enfants un parcours scolaire de qualité. Comme il était hors de question de choisir le privé, à l’époque trop cher pour ma bourse, je me suis donc informé sur les écoles classées correctes auprès d’amis et d’autres parents. Bien m’en a pris : mes enfants ont réussi et mes efforts immobiliers se sont avérés être de bons placements :-))
J’ai toujours considérée la carte scolaire totalement contreproductif, parce qu’irréaliste et idéologique.
Rien n’y personne ne pourra forcer les gens à la respecter s’ils sont la volonté d’offrir à leurs enfants les meilleures chances. Bien au contraire, la ghettoïsation est plutôt accélérée parce que ceux qui n’ont pas la volonté ni les moyens de la contourner se retrouvent ensembles dans des écoles à l’image de leurs quartiers, les autres ayant choisis de partir…
Il est certain que si la carte scolaire n’existait plus, on assisterait à une sélection naturelle vers des écoles à différents niveaux d’excellence, une émulation formidable pour élever le niveau d’instruction de tous, car les critères de sélection ne seraient plus le porte monnaie ou la débrouillardise mais les capacités et le travail de chaque enfant, donc accessible à tous sans distinction de leur couleur ou de leurs origines. Cela obligera aussi les enseignants à des efforts car une certaine concurrence entre les établissements s’installera. Mais c’est peut-être là la principale opposition non avouée de certains… :-)
Rédigé par: vienne | 11 septembre 2006 at 11h14
Juste une remarque.
Vous dites qu'un des effets secondaires de l'abolition de la carte scolaire serait le départ des meilleurs éléments des ghettos.
C'est probable, voire certain.
Mais n'est-ce pas souhaitable de sauver ceux qu'ils le veulent ?
Je n'ai personnellement aucune forme de sympathie pour les hordes de cancres qui n'ont que faire de l'école républicaine et qui se moquent ouvertement de nous (professeurs, parents, contribuables).
Aidons enfin ceux qui le méritent en leur faisant quitter ces mouroirs sociaux et en leur donnant une chance de s'en sortir.
Rédigé par: CPM | 11 septembre 2006 at 11h19
Merci à CPM de répondre franchement à ma principale objection à une suppression de la carte scolaire: le creusement de ghettos scolaires là où les conditions socio-culturelles sont les plus défavorables et les niveaux scolaires les plus bas. Les meilleurs élèves seront tirés d'affaire, mais les autres ? On peut, bien sûr, considérer que les "hordes de cancres" - majoritaires dans ces endroits si je comprends bien - doivent être abandonnés à leur triste sort... Mais que l'on ne nous chante pas alors de romance égalitaire.
Merci en tous cas à tous pour cette sérieuse discussion même si le moins qu'on puisse dire est que je suis ultra-minoritaire !
Rédigé par: Eric Dupin | 11 septembre 2006 at 11h29
@ Eric
Personne n’empêchera l’état de concentrer ses efforts sur ces « hordes de cancres » pour en extraire le plus grand nombre de bons élèves tout en laissant vivre libre les autres…
Rédigé par: vienne | 11 septembre 2006 at 11h46
...les autres écoles...:-)) et non pas les irréductibles sauvageons ...
Rédigé par: vienne | 11 septembre 2006 at 11h49
Tout a été dit et fort bien dit par RM. Dommage qu'une fois de plus, PMB en prenne ombrage, d'autant plus que Robert a pondéré ("face au bon sens des parents et de la partie raisonnable du corps éducatif")son propos, mais passons.
En tant que parent, et résidant dans un quartier "interlope" de Colombes, j'avoue ne pas m'être soucié de la mixité sociale pour la scolarité de mes enfants, et être allé chercher de biens meilleurs établissements que ceux dont je "dépendais". Ce que l'on peut regretter surtout, c'est de voir la société des adultes tétanisée par la reprise en main musclée de ces établissements. Plutôt que d'avoir instauré ou imposé la discipline, ou d'avoir consenti à ce que la police puisse y être présente, nos chers syndicalistes de l'EN ont opposé un refus systématique pour les motifs très bien décrits par RM. La résultante est qu'effectivement les "racailles" ont gagné, et le bosseur est un "bouffon". Récemment dans un collège de Colombes, rénové, doté d'un excellent chef d'établissement, et d'une motivation renouvelée à juguler tout dérapage, ça a dérapé. La première réponse a été la suppression d'une journée de cours parce que l'équipe pédagogique se réunissait au complet sur le thème de "comment mettre fin et quelle conduite tenir face à la violence de certains".
Il est donc dans l'ordre logique des choses que ceux qui peuvent se barrer de ce genre de pétaudière, le fassent. Ce qui est évidemment d'une profonde inégalité. Mais désolé, "il n'y a pas marquer la poste" !
Rédigé par: matéo | 11 septembre 2006 at 12h03
Juste 2 anecdotes. Un ami parti en retraite vendait en 2001, un studio à Sceaux à côté du lycée Lakanal. Le prix était de 1 000 000 de francs soit 152 000 euros. il a été acheté par un industriel pour que sa fille puisse aller à Lakanal. Un bon élève situé habitant un quartier défavorisé suit des cours au CNED car il lui impossible d'apprendre dans son lycée. Juste pour montrer deux situations concrètes.
Rédigé par: Ged | 11 septembre 2006 at 12h16
Merci Eric Dupin d'avoir prolongé mon propos.
Mais visiblement chacun ici voit midi à sa porte et la notion d'intérêt général ne passe pas ! Il n'est pire sourd que qui ne veut entendre.
Je note également ici un déferlement de saloperies contre les profs de la part de gens qui ne seraient peut-être pas capables malgré leur prétention ou à cause d'elle de tenir une heure devant une classe.
Le lyrisme de ceux qui voient un avenir meilleur pour tous dans la loi du plus fort me dégoûte passablement. A tout prendre je préfère encore la franchise de ceux qui évoquent sans détour la sélection naturelle. L'avenir nous dira si ils ont, en ce qui les concerne, enfanté des génies.
Le processus de sélection qui se mettrait en place une fois la carte scolaire supprimée ne s'effectuerait pas plus tard mais immédiatement : les proviseurs feraient leur marché, les meilleurs lycées prenant les meilleurs dossiers et ainsi de suite. Qu'on ne me parle pas d'émulation entre les établissements, c'est de l'hypocrisie pure et simple. Le bon lycée est celui qui capte les meilleurs élèves point barre. Le mauvais celui qui fait avec les handicaps socio-culturels. J'ignore par quel tour de passe-passe la situation pourrait s'inverser quand bien même de nouveaux hussards y laisseraient leur peau.
Rédigé par: Trésor de bienfaits | 11 septembre 2006 at 12h30
Eric, vous m'avez doublée : je le découvre après avoir posté. Désolée d'avoir renchéri sans le vouloir sur votre réaction.
Rédigé par: Trésor de bienfaits | 11 septembre 2006 at 12h38
C'est effectivement un festival d'hypocrisie autour de cette pauvre "carte scolaire"! La carte scolaire, c'est donner une prime aux habitants des beaux quartiers qui seuls peuvent scolariser leurs enfants dans de bons établissement.
La mixité sociale ! Elle a disparue des établissements. Elle est en train de disparaitre de ma belle commune de Villepinte. Ma ville se situe pourtant à deux pas du pôle d'emploi de Roissy, et elle bien désservie, 2 stations RER, une autoroute proche (voire trop proche). Mais, c'est le désert culturel. Pas une librairie pour 35 000 habitants. Mais le pire, c'est l'école et cette fameuse carte scolaire. Les cadres qui sont aussi des parents responsables fuient, et vont voir ailleurs.
Supprimer la carte scolaire, c'est donner une petite chance au fils d'immigré au QI de 160 d'entrer dans une grande école. C'est donner, au parent immigré qui le veut vraiment, la possibilité de donner un avenir à ses enfants. C'est permettre à ma ville de retrouver une certaine mixité sociale. C'est voir mon pavillon prendre 50% de valeur.
Franchement Eric, en respectant la carte scolaire, en faisant passer vos idéaux politiques avant l'avenir de vos enfants, avez vous agis en père responsable ?
Rédigé par: Michel | 11 septembre 2006 at 13h18
Michel,
Je souhaite sincèrement que votre patrimoine immobilier se valorise grâce à la suppression de la carte scolaire ;-) Mais, rassurez-vous, je n'ai pas eu la stupidité de sacrifier mes enfants à mes "idéaux politiques". Je tiens seulement - excusez cet anachronisme - à une certaine cohérence entre les actes et les paroles. Au moment du choix des établissements, c'est vrai que nous avons pris en compte un souhait de mixité sociale. D'autres parents ont alors fait le même choix que nous et c'est, en partie, ce qui a permis à ce collège du XIXème arrondissement de ne pas devenir une caricature. Force est de constater qu'au fur des ans, l'évitement des "classes moyennes" s'est renforcé et que la situation de ce collège s'est aggravée...
Quant à mes deux filles, elles n'auront pas tout perdu dans cette affaire. Les deux ont pu, sans le moindre passe-droit, rejoindre le lycée Charlemagne dépendant de notre secteur. Et l'aînée vient d'entrer dans une bonne école d'architecture. Elle ne m'en veut pas du tout de ses années de collège ZEP. Au contraire, elle est contente d'avoir pu toucher du doigt la diversité de la société française. Nous devons appartenir à une espèce en voie de disparition...
Rédigé par: Eric Dupin | 11 septembre 2006 at 13h40
Mes 2 enfants ont une surdité assez sévère, malgré ça, ils n'ont pas de problème d'intégration dans la société, mais alors aucun....Au début de leur scolarité, je les ai inscrits dans une école privée, croyant les protéger...je ne vous dis pas les pressions très hypocrites des parents auprès du responsable de l'école privée, prétextant que mes gamins feraient baisser le niveau de la classe ou que leurs gamins seraient traumatisés par la surdité des miens et autre chose...dégouté par cette hypocrisie, je place mes gamins dans le collège de mon quartier dont la moitié de leur classe est composée d'enfants d'immigrés qui les ont adoptés dès leur premier jour et étaient très heureux d'avoir un copain et une copine géniale...les enseignants honorés de ma confiance et de celle de ma femme ont fait le maximum pour mes enfants qui à leut tour ont stimulé enseignants et fil(les) d'immigrés
Question pour ceux qui prônent la disparition de la carte scolaire qui les gêne tant....que deviendraient mes enfants si les collèges, lycées dépendent des pressions des parents soucieux pour leurs mômes de l'excellence de l'école qui est devenu un produit de consommation? croient-ils que leurs enfants seraient heureux d'être dans des classes sans aspérités?
Rédigé par: n.eric31 | 11 septembre 2006 at 14h04
@Trésor et Eric Dupin,
Bien que ne me sentant pas particulièrement visé, je relève cependant : "Mais visiblement chacun ici voit midi à sa porte et la notion d'intérêt général ne passe pas ! Il n'est pire sourd que qui ne veut entendre."
On entend parfaitement bien, et effectivement on voit midi sa porte. En toute franchise, les parents que nous sommes n'ont pas eu le réflexe "interêt général" mais très clairement intérêt particulier.
Ma femme, issu du milieu ouvrier (très peu qualifié) a fait l'école publique, une prépa, et intégrée une des meilleures grandes écoles parisiennes en tant que boursière. Elle, et je, ne tenait pas à mettre à priori nos enfants dans le privé. Nous le fîmes pas pour la maternelle et le primaire. En revanche, pour le collège, nous dépendions de collèges "galère". Il y a de bons collèges publics à Colombes, mais avec la carte, ce n'était pas pour nous, car nous habitons un quartier à forte mixité sociale et non les quartiers pavillonnaires, qui sans être chicos, sont de bonne tenue. Nous, les HLM sont à 40m de la maison, les cités proches du stade de Colombes, à 150m, donc no way.
Moi aussi venant des classes moyennes, j'ai toujours habité gamin en habitat collectif et déménageant tous les deux ans, j'ai appris la mixité sociale, régionale voire culturelle.
Pour autant, il ne nous serait pas venu à l'idée de scolariser nos enfants par défaut là où l'état aurait prévu qu'ils le soient, et parce que nous avons de bons revenus, nous avons choisi un collège (et maintenant pour l'aîné, un lycée privée). Nous n'allons pas chialer parce que nous en avons les moyens, même si par principe et par culture, nous aurions préféré privilégier les écoles publiques.
Il n'en reste pas moins, et vous et Eric avez raison que l'on ne peut en ce cas prôner la romance égalitaire. Cela participe de mon point de vue d'une obligation de moyen (si on le peut, on tente jusqu'au bout d'y arriver) mais si aller jusqu'au bout signifie sacrifier les chances de ses propres enfants, vous pourrez comprendre qu'on s'en dispense. Sûrement en bon égoïste, et en bon individualiste, mais c'est le genre de truc non négociable.
Je ne vois pourquoi, j'irai mettre mes enfants dans des écoles dont je sais le niveau calamiteux, et où l'on se refuse d'y faire régner un début de discipline et de rigueur, je ne vais quand même pas obérer leurs chances de réussites parce que l'état est organisé sur ce plan de telle façon que pour l'école, si j'habite là, alors c'est ici et pas ailleurs. Et ben non.
Et le premier venu qui voudra me l'imposer par la loi, c'est simple, nous nous barrons. Et en courant en plus.
Rédigé par: matéo | 11 septembre 2006 at 14h46
moi, je me demande comment faire pour améliorer le niveau dans chaque établissement scolaire et permettre à chaque élève où qu'il se trouve, de s'en sortir, qu'il ait ou non des difficultés scolaires.
Un enfant qui a des difficultés peut-il s'améliorer dans les meilleures conditions possibles, dans le système actuel? J'aurais tendance à penser que le système est assez inégalitaire. Le serait-it plus/moins en supprimant la carte scolaire?
La question principale est pour moi la définition des critères de sélection. Je n'aime pas le principe, mais pouquoi ne pas imaginer des quotas dans chaque établissement, basé sur le dossier scolaire ? 20% de bons élèves, 10% de cancres etc...
Rédigé par: Nicolas | 11 septembre 2006 at 14h47
L'orientation de deux candidats politiques de modifier les termes de la carte scolaire n'arrive pas par hasard. Ils savent l'un et l'autre, que ce faisant, ils répondent à une attente forte du public.
Pour améliorer le niveau, il faudrait commencer par le début : des conditions d'enseignement équivalentes sur le territoire de la république.
Au risque de me répéter, que l'on soit à Neuilly ou à la Courneuve, il faut du calme, du silence, et de la discipline pour apprendre. Cela vaut pour tout apprentissage y compris pour le sport. Une classe de 20 élèves se sert à rien si ces prérequis ne sont pas atteints.
Si la société civile se perd en palabre, en discussion, en conjecture à tout incident sur ce plan, consultant qui l'assistante sociale, qui le rectorat, qui la mairie, qui le psychologue scolaire pour une insulte, des menaces, voir des actes violents ou dégradants, cela signifie aux petits caïds qu'ils ont gagné. Si l'élève qui bosse, enfin qui essaye, se fait molester, insulter, racketer et qu'aucune intervention sérieuse du monde adulte y met fin, alors cet élève est foutu.
Si on "conserve" un système, où ce sont les profs jeunes, frais émoulus de l'école, qui sont mutés en ZEP, et que les rémus n'y sont supérieures que 20€ par mois, alors il n'y aura pas d'équipes pédagogiques efficientes en ces endroits.
Si on laisse les écoles être prises d'assaut en cas d'émeutes, ou lorsque des bandes investissement les lieux pour régler des conflits interquartiers, et qu'on se refuse à certains endroits à avoir un ou des policiers à demeure, alors avec tous les effort du monde, ces lieux resteront calamiteux en termes de résultats, continueront d'engendrer d'énormes gâchis, et le plus grand nombre fera (ou pas) des pieds et des mains pour ne pas y mettre ses enfants.
Parce qu'une fois qu'on a dit, que c'était difficile, que les parents ne répondent pas, que le petit caïd en est à son trentième rappel à l'ordre, qu'éventuellement le père est venu mettre sa main dans la gueule de la prof d'anglais à la sortie, et que mairie, flic, et assistante sociale disent qu'ils ne peuvent rien faire, on propose quoi comme solution pour celles et ceux qui veulent travailler : rien.
Rédigé par: matéo | 11 septembre 2006 at 15h09
@ n.eric31,
Parlez-vous d’un établissement privé confessionnel catholique ? Auquel cas vous auriez pu leur rappeler, en partant, l’existence du Sermon sur la montagne, et de cette exigence du Christ sur l’accueil des plus démunis.
(Et je précise : les plus démunis ne sont pas vos enfants – ma nièce demi-sourde m'interdirait de dire ça – mais ces gens du privé privés de cœur.)
Rédigé par: Soeur Marie-Thérèse | 11 septembre 2006 at 15h28
Bonjour a tous, Matéo
Je pense Matéo qu'on est tout de même là en plein dans la concrétisation de ce "manque de moyens" que vous dites être un faux débat. Je suis d'accord avec vous sur le fait que ce ne sont pas les jeunes profs (ni les jeunes flics) qu'il faut envoyer en ZEP, en banlieue (ou je vis). Ce sont les meilleurs, la crème de la crème, les plus expérimentés, et il faut que les rémunérations rappellent que ce n'est pas un travail comme un autre. Qualité, et quantité : certainement un peu plus de personnel (Assistante sociale, infirmière, quelques assistants de vie scolaire). Il me semble là que si il ne s'agit pas de "moyens", je ne vois pas de quoi on parle ! Ce n'est pas un problème de gestion, ce n'est pas "gérable" en l'état car la plupart des zep en région parisienne se concentrent dans quelques zones bien définies. Dans ces zones, notamment le 93 pour ne pas le nommer, on déshabille Paul pour habiller Pierre... car il n'y a pas de moyens en plus, malgré la proportion de zep. Résultat, rien ne s'améliore au quotidien malgré les efforts des profs.
Rédigé par: eczistenz | 11 septembre 2006 at 15h46
Matéo,
Karchëriser les caïds ?
Moi, j’aime bien les histoires, surtout si ce sont des histoires vraies. Parce que c’est du concret, et pas de la branlette neuronale comme on en trouve trop sur les blogues (même si ce n’est pas de vous que je parle, même s’il m’arrive de m’adonner aussi parfois à ce vice pas solitaire).
Soit un N..., venu de son 9-3 et de sa famille décomposée faire sa loi en 6° dans notre collège de petite ville de province. On a tout essayé, et on a fini par le renvoyer. Mais avec un très appuyé conseil de soins auquel il s’est soumis et un travail de sa mère et aussi, je crois, de son beau-père, il s'est refait progressivement une santé dans un collège voisin, où il entre en troisième. Le jour de la rentrée des sixièmes, il passe nous voir (enfin, ses anciens potes je suppose). Pour le taquiner je lui signale que l'assassin revient toujours sur les lieux de son crime. Il répond qu'il voudrait revenir chez nous (nous faisons aussi lycée) mais qu'il a peur que le directeur refuse. Je le rassure en disant qu'il sera pris non sur son passé ici mais sur son dossier 5-4-3. Enfin un de sauvé, autrement dit.
Qu’est-ce que ça prouve ? Que le bâton, ok, je ne suis pas le dernier à le demander. Mais s’il n’y a pas carotte, et s’il n’y a pas un soin que psys et assistants sociaux sont mieux à même de donner que la police, surtout si Nicolas leur interdit de jouer au foot avec eux (cf Toulouse).
Bon, ça m’étonnerait que je vous convainque. Au moins l’aurais-je dit.
PS Personne n'est au courant pour la solution du maire de Bergerac, concrète, pas idéologue pour un sou ?
Rédigé par: PMB | 11 septembre 2006 at 15h55
PMB,
On peut parler sans fin des moyens. Il n' y à qu' à revoir tous les commentaires sur ce blog qui reviennent régulièrement sur "l' Ecole".
Il y en a au moins un que vous citez dans votre exemple : les parents. Dans l' idéal, ce sont eux qui donneraient l' education, l' Etat ne s' occupant plus que de l' Enseignement. Ils seraient là certainement plus à leur place que les policiers sur un terrain de foot. A chacun son rôle.
Rédigé par: Erick | 11 septembre 2006 at 16h22
En quoi des enfants devraient payer pour des parents démissionnaires !!!
Rédigé par: eczistenz | 11 septembre 2006 at 16h24
Ou ai-je dit ça ? Pas de procés d' intentions SVP.
Rédigé par: Erick | 11 septembre 2006 at 16h56
Mais Matéo, personne, pas moi en tout cas, ne vous jette la pierre d'avoir cherché à préserver vos enfants. C'est un souci pour tout le monde et une responsabilité.
Ce qui est irresponsable, en revanche, c'est le refus de poser les problèmes en termes d'intérêt général car c'est la cohésion sociale qui en dépend et la République même dans ses principes fondateurs.
La carte scolaire qui confine chacun dans son quartier étant le reflet exact des inégalités sociales, il est presque fatal que chacun essaie de tirer son épingle du jeu. Il se trouve qu'aujourd'hui la classe moyenne, qui se sent menacée par la précarité pour elle-même ou pour sa descendance, exprime son inquiétude au sujet de l'école. Marie-Ségo la démago a très bien compris, comme son compère Nico, qu'elle jouait sur du velours en agitant sous son nez la question de la carte scolaire.
Or s'il me semble logique de la part de Sarko de jouer à fond le jeu libéral au détriment des faibles et en prenant le risque de fracturer gravement la société, il me semble indigne de la part d'une candidate qui annonce que son projet sera socialiste de découpler la liberté des deux autres idéaux qui lui sont associés, c'est à dire l'égalité et la fraternité.
Cela ne signifie pas, selon moi, qu'il faille laisser la carte scolaire en l'état sauf à vouloir favoriser en réaction une privatisation croissante de l'Ecole.
Mais que diable!(ça c'est un coup bas à Marie- Thérèse) nous payons une quantité considérable d'experts du mammouth qui pourraient bien de temps en temps faire preuve d'imagination! La suggestion de Nicolas, plus haut, qui reviendrait à imposer une mixité sociale dans chaque établissement, n'est pas inintéressante; même s'il y a fort à parier que les intérêts personnels des gens les plus aisés s'opposeraient farouchement à cette mesure - et les arguments ne leur manqueraient pas, par exemple celui de la question du transport qui ne les effleure pas quand il s'agit de pratiquer la discrimination positive en déplaçant les meilleurs des quartiers défavorisés vers les beaux quartiers. Ce n'est sans doute qu'une solution parmi d'autres! Mais qui ne cherche pas ne trouve pas. L'un des attrape-nigauds de Ségo c'est qu'une fois ses feux d'artifice lancés elle se retire dans ses appartements sans se soucier de savoir si elle a mis le feu à la lande.
Cela dit on ne peut pas demander à l'Ecole, c'est à dire à ses experts, de supprimer l'injustice sociale par le seul biais d'un autre aménagement de la scolarité. La question de l'emploi (de l'emploi des jeunes notamment) et celle de l'urbanisme sont, et je ne suis pas la première à le dire, au coeur de la problématique.
Il s'agit ici de choisir dans quelle société nous voulons vivre et de dire quelles concessions nous serions prêts à faire en vue du bien commun.
Rédigé par: Trésor de bienfaits | 11 septembre 2006 at 17h00
Autre farce, le bac. J'aimerais entendre un candidat dire qu'il compte le supprimer et le remplacer par un examen d'entree en fac.
Rédigé par: Gargamel | 11 septembre 2006 at 17h14
@Eczistenz
Bonjour. Vous écrivez :" Qualité, et quantité : certainement un peu plus de personnel (Assistante sociale, infirmière, quelques assistants de vie scolaire). Il me semble là que si il ne s'agit pas de "moyens", je ne vois pas de quoi on parle ! " Probablement l'effet piquouze qu'évoque notre ami RM. Plus sérieusement, je ne pense pas qu'il faille plus de profs pour mettre en place des règles du jeu où ce sont des profs expérimentés qui iraient en ZEP et sur la base du volontariat, et mieux rémunérés. La variable d'ajustement pour travailler à moyen constant serait le fameux nombre d'élèves par classe, dont on se rend compte qu'il n'est pas opérant, en tous cas pas de façon universelle, et qu'avec une équipe pédagogique assidue, motivée, et la tolérance "zéro" en matière de discipline et de respect des profs, le nombre d'elève ne poserait pas forcément de problème. S'il est sûrement nécessaire que certains collèges et lycées soient prioritairement dotés des personnels d'encadrement que vous citez, je dirais qu'ils ne sont en revanche peut être pas nécessaires dans des établissements plus hupés. Là où ils seraient dédiés à un établissement, ils pourraient se partager sur plusieurs établissements présentant moins de problèmes potentiels. Si la gestion de la machine permettait ses souplesses et non le tronc commun où par comparaison, je touche autant d'allocs en tant que cadre que mon voisin ouvrier, alors que nous n'avons pas les mêmes besoins, il devrait être possible de faire plus là et de faire moins ailleurs. Cet argument est d'autant plus valable dans un contexte où les effectifs d'élèves au niveau national baissent.
@PMB
Je suis totalement pour karchériser ou tout terme équivalent les caïds. Et ce d'autant plus que la plus grande injustice qui me révolte est celle de la violence, de l'exercice de la toute puissance de sa force (et de la force du groupe) des ignorants sur ceux qui ont l'envie, le désir de travailler. Quand le résultat se transcrit par le naufrage du groupe tout entier, ça me donne des envies de taper sur les musclors incultes qui terrorisent, les plus petits, les plus faibles.
Votre exemple est à retenir, mais je préfère pour étayer mon propos initial, celui où de soins et de psys, parents et enfants n'en ont rien à battre, le beau père pareil. Parce qu'évidemment dans le cas évoqué, les choses rentrent dans le rang, parlons plutôt de celui où le gamin (et ses bons potes suiveurs) pourrissent la vie de la classe, du bahut, et ce pendant 4 longues années de collège (le tout multiplié par x élèves dans la même configuration) : nous parlerons alors des mêmes choses.
@Trésor
Exposé comme cela, cela me va déjà beaucoup mieux. Il ne s'agit pas de refuser l'intérêt général, il s'agit de remettre en cause le principe actuel de la carte scolaire qui n'est pas visiblement non plus respectueux de l'intérêt général. Il n'y a pas de solution miracle mais des voies possibles, et cela ne suppose pas d'abandonner toute volonté d'avoir des politiques publiques ciblées sur les endroits qui en ont besoin.
Que vous appliquiez l'adjectif "démago" aux orientations de SR ou de NS est votre affaire, mais je crois le terme inapproprié. La démagogie consisterait à promettre quelque chose que l'on ne peut pas tenir. Or cette décision de remettre en question tout ou partie de la "carte scolaire" est parfaitement faisable. Je ne dis pas que l'un ou l'autre le feront, je ne suis pas devin, mais je dis que s'ils y sont prêts, cela est à leur portée.
Enfin il me semble surtout que la question de l'emploi des jeunes que vous évoquez dépend en partie de la question de l'éducation. Il faudrait y adjoindre celle de la fluidité du marché du travail, sujet sur lequel nous ne manquerons pas de revenir un de ces quatre.
Rédigé par: matéo | 11 septembre 2006 at 18h13
Je voulais évoquer un message de Souer Marie Thérèse mais il a semble-t-il disparu.
Il reprenait un idée développée un peu plus haut. Cela me rappelait la déségrégation par les bus", qui ne nous rajeunit pas, loin s'en faut :
http://en.wikipedia.org/wiki/Desegregation_busing
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 18h59
(Message censuré, puis auto-censuré. Ignorant si c'était le début coquinou ou la fin légèrement prooovatrice qui choquait ED, j'ai enlevé le haut et le bas !)
Trésor, votre passage "La suggestion de Nicolas, plus haut, qui reviendrait à imposer une mixité sociale dans chaque établissement, n'est pas inintéressante; même s'il y a fort à parier que les intérêts personnels des gens les plus aisés s'opposeraient farouchement à cette mesure - et les arguments ne leur manqueraient pas, par exemple celui de la question du transport qui ne les effleure pas quand il s'agit de pratiquer la discrimination positive en déplaçant les meilleurs des quartiers défavorisés vers les beaux quartiers." rejoint l'idée du maire de Bergerac évoquée plus haut. Cette idée semble facile à réaliser.
Rédigé par: Soeur Marie-Thérèse | 11 septembre 2006 at 19h16
Matéo écrit : ...parlons plutôt de celui où le gamin (et ses bons potes suiveurs) pourrissent la vie de la classe, du bahut (...) : nous parlerons alors des mêmes choses.
Mais je crois que nous parlons des mêmes choses ! Et vous auriez pu ajouter : de l’immeuble, de la cité ! Pas plus que vous je n’admets que ces gens soient dans l’impunité !
Simplement (mais rien n’est simple), on ne peut agir efficacement et durablement sur ces caïds et sur le caïdat que si la répression est accompagnée et, mieux, précédée par la prévention. Par une réflexion-action sur les origines lointaines du problème (et donc, on rejoint mon exemple). Car on ne naît pas délinquant, on le devient. Ces enfants sont le fruit pourri du chômage de masse né petit en 74, et qui n’a fait que croître et embellir, le premier choc, la première pierre non pas posée mais enlevée au mur qui tenait debout et dignes malgré tout des banlieues où, même dur et mal payé, on allait au travail.
Rédigé par: PMB | 11 septembre 2006 at 19h19
Je doute qu'Eric se livre à de la censure. Ce serait lui faire affront de suggérer cela, et je doute encore plus que la teneur de votre message ait pu de toutes façons susciter une telle réaction.
Or donc, ce que vous dites m'évoquait ce que je disais juste un peu plus haut sur le "desegragation busing"qu'ont connu les States.
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 19h20
Le message de "Soeur Marie-Thérèse", que je connais fort bien, a été effacé inopinément. Mais je n'ai aucun scrupule à "censurer" les messages qui ne respectent pas les règles annoncées dans l'avertissement ! Il me semble que nos débats ont tout à y gagner.
Rédigé par: Eric Dupin | 11 septembre 2006 at 21h11
Eric, Pas de problèmes pour moi avec vos règles qui constituent une limite fort raisonnable au droit de parole. D'ailleurs, dès lors que ces régles sont claires et aux contours bien précis, et que vous les annoncez, je ne pense pas que vos interventions destinées à supprimer les commentaires puissent être prises pour de la censure.
Dans une de vos précédentes interventions, vous suggériez que vous avez placé vos enfants au cours de leur scolarité dans une ZEP par soucis de mixité sociale. J'ai bien compris ? Vous dites par ailleurs que votre choix ainsi que celui d'autres parents ont " permis à ce collège du XIXème arrondissement de ne pas devenir une caricature". Pourtant plus loin vous ajoutez que la "situation de ce collège s'est aggravée..."
Je suis surpris par vos termes. Caricature ? laquelle ? Situation aggravée ? Par rapport à quoi et pourquoi ?
Tout ceci semble participer de l'idée qu'il y aurait un idéal d'école républicaine ou la mixité est parfaite. Mais laquelle ? Pensez-vous qu'une école d'un quartier prolétaire d'une petite ville ouvrière, à comparer avec celle d'un quartier bourgeois de centre ville, ou d'un hameau de moyenne montagne, ait pu et puisse encore vous apporter cete "mixité sociale" qui semble être un absolu ? Par ailleurs la mixité va varier selon que l'on parle d'une école, d'un collège, ou d'un lycée, surtout en "Province", dans les petites villes, où les lycées sont peu nombreux et assurent par la force des choses votre mixité.
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 21h30
ED écrit : "Soeur Marie-Thérèse", que je connais fort bien".
Blabla, ne le répétez pas, mais je suis sûr qu'ED travaille avec les Chinois du FBI !!!
La mixité sociale, elle commence au moment où, même dans l'école d'un hameau de montagne, on a le souci du monde extérieur. Freinet est un de ceux qui a compris ça le premier, quand il a poussé ses élèves à correspondre avec d'autres écoles. Il n'y a isolement que si on le cherche, que si on ne se bat pas pour le rompre, que si on ne sort pas de son nombril (ou de ses problèmes). Tout petit exemple, lié à mon expérience (non, ce n'est pas de mon nombril que je veux parler) : la difficulté que nous avons à faire lire à nos élèves des romans qui parlent d'autres pays, d'autres époque que la leurs, d'autres personnages qu'eux. Eh ben on le fait quand même !
Rédigé par: Soeur MST | 11 septembre 2006 at 21h43
Blabla,
En cette matière comme en d'autres, il n'y a pas d'absolu. Mais on ne peut que s'inquiéter de l'impérieux désir d'entre soi sur lequel surfent ceux qui prennent le sens du vent...
Rédigé par: Eric Dupin | 11 septembre 2006 at 21h49
Soeur MST (osé le nom), je suis assez près de partager votre point de vue.
L'idée selon laquelle, la mixité sociale consiste à mélanger des pauvres et des riches (des bleux et des verts, etc.) dans un même espace pour qu'ils apprennent à se voir me semble assez fumeuse. Je ne voudrais pas que mon propos soit déformé et prête à la caricature mais il me semble en effet que l'ouverture se peut stimuler autrement que par le mélange forcé et physique. Je connais pas mal de gens chauds partisans de ce genre de mixité sociale et qui ne fréquentent QUE des gens ayant en gros les mêmes activités et surtout les mêmes idées qu'eux. De plus, et c'est ce que je suggérais auparavant, quand peut-on s'estimer heureux du bon degré de mixité ? Qui le décidera ? Des petits citadins, quelque soit leur richesse resteront toujours assez loin des préoccupations des agriculteurs, des pêcheurs, des mineurs...
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 21h54
Eric, en somme la suppression de la carte scolaire aboutirait selon vous fatalement à une forme de ségrégation sociale, pure et simple. Pensez-vous sérieusement que la situation actuelle serait fort différente de celle qu'induirait cette suppression ? Je n'en suis personnellement pas si sûr.
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 21h59
(Ce s... de S s'était glissé subrepticement dans MT - pourquoi vous me croyez pas ?)
- "Des petits citadins, quelque soit leur richesse resteront toujours assez loin des préoccupations des agriculteurs, des pêcheurs, des mineurs..." Et réciproquement. Oui, s'ils les connaissent un minimum. Si je relis ma collection de vieilles géos, ou l'inusable "Tour de France par deux enfants", c'était un des buts visés.
- Situation fort différente, sans doute pas. Mais pire. Et on n'est pas obligé de l'accepter, voyez les petits malins de Bergerac, sans doute pas assez idéologues pour intéresser certains ici. Encore un coup d'expérience perso ? Mes collègues d'établissements voisins plus petits que le mien se plaignent à bon droit qu'on reçoive chez nous les enfants de leurs médecins, vétérinaires ou pharmaciens, tous parents soucieux que leur progéniture ne sente pas trop la bouse qui parfume, bien sûr, les sabots des ploucs de l'endroit. Je leur ai suggéré d'organiser le boycott de ces gens, bien contents de gagner grassement leur vie avec ces mêmes bouseux.
Rédigé par: Soeur MT | 11 septembre 2006 at 22h17
Sur l'éternel débat du "manque de moyens", voici une expérience qui devrait faire réfléchir, rapportée par l'IFRAP, une association d'enquêteurs libérale qui s'est donné pour mission de débusquer les ahurissants gaspillages de l'administration.
Elle concerne les hôpitaux, mais vu que leur gestion et celle de l'Education nationale sont pilotées par le même comité, présidé par Gaston Lagaffe, on peut parier sans grand risque que les mêmes actions auraient les mêmes effets:
"Une mission du cabinet d’audit McKinsey, avec la complicité de la directrice des Hôpitaux de Paris, Rose-Marie Van Lerbherge, s’est attaquée aux urgences à l’hôpital Beaujon."
"C’est le problème réputé le plus difficile, celui qui défraie la chronique depuis 2002, mais en quelques semaines ces consultants ont fait diminuer de 2 heures le temps d’attente aux urgences. A moyens constants et effectifs constants, et tout en dé-stressant le personnel médical."
"Ce qui prouve que l’hôpital public peut mieux faire pour les malades et les employés sans argent supplémentaire, et à coup sûr pourrait mieux faire aussi avec moins d’argent."
Donc, McKinsey, les têtes d'oeuf du capitalisme américain sauvage, ultra-libéral et mondialisé, arrivent, en quelques semaines, à améliorer de façon significative le confort des malades et celui des fonctionnaires de santé, là où il a fallu quatre ans aux têtes d'oeuf de l'étatisme socialiste français, compassionnel, citoyen et solidaire, pour... ne rien faire, parce que c'était trop compliqué.
Et sans augmenter les "moyens".
C'est pour cela que je rigole doucement quand le lobby corporatiste de l'Education nationale monte sur ses grands chevaux à la moindre critique venue de l'extérieur, et s'insurge: vous ne pouvez pas comprendre, vous n'y connaissez rien, c'est beaucoup plus compliqué que ça.
Ben non. C'est simple si on cherche à aller à l'essentiel. La preuve.
En revanche, compliquer à l'extrême le problème est une façon très efficace de garantir l'immobilisme. Ce qui est bien le but de la manip.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 11 septembre 2006 at 23h12
Et pour la bouse Robert, comment on fait ?
Just kidding...
Vous suggérez qu'il s'agit avant tout d'un problème d'organisation, de management, de culture d'entreprise (ou de son défaut), appelez cela comme vous voulez, l'idée étant qu'on s'y prend mal et non un qu'il y ait un problème de moyen. Comment expliquez-vous que ce soit ainsi dans une administration ausi énorme et comptant autant de personnes ? N'y a-t-il pas des expériences heureuses et réussies ? Toutes les écoles et les lycés sont-ils à mettre dans le même sac ? Je pense qu'il ne faut pas trop généraliser.
Par ailleurs, les Grandes écoles françaises viennent d'être primées pour leurs excellents résultats et semblent faire des envieux dans la presse anglaise. Leur succès ne tient-il donc qu'à leurs méthodes différentes ?
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 23h21
Pardon pour mes fautes, je suis un ancien élève du lycéE public...
Rédigé par: blabla | 11 septembre 2006 at 23h23
Ci-aprés, les propos d' un candidat. Démagogie ou vision juste ? Affutez vos claviers, bloggeurs !
"Je veux relever le niveau d’exigence de sorte que chacun soit incité à l’effort et au dépassement de soi, de sorte aussi, pourquoi ne pas le dire, que ceux qui n’ont pas envie de travailler ne puissent pas empêcher ceux qui veulent étudier de le faire.
Je propose d’en finir avec le passage en 6e d’enfants qui ne savent ni lire ni écrire, car c'est les condamner à un échec certain.
Je propose d’en finir avec le passage automatique dans la classe supérieure jusqu’en 3e des élèves qui n’arrivent pas à suivre, car c'est les condamner à en faire des exclus au sein de notre école républicaine.
Je propose que lorsque les handicaps sont trop lourds on organise des classes de 15 élèves et que soient créés pour les bons élèves issus de familles modestes des internats d’excellence, pour que chacun ait la chance de bénéficier d'un environnement favorable.
Je propose d’en finir avec l’abaissement du niveau du bac pour pouvoir le donner plus facilement à tout le monde.
Je propose d’en finir avec l’obligation pour l’université d’accueillir des étudiants qui ne sont pas suffisamment préparés aux études supérieures, au point que les deux tiers d'entre eux abandonnent avant la fin de la deuxième année. A l'amertume s'ajoute la perte de temps.
Je propose que l’Université reçoive davantage de moyens mais qu’elle soit plus autonome, plus proche du monde de l’entreprise, plus impliquée dans la recherche, qu'elle puisse réguler l’accès à certaines filières dont les débouchés sont faibles, pour qu’enfin tant d’étudiants ne se retrouvent plus engagés dans des voies sans issues.
Je propose de construire ensemble un projet éducatif qui aura pour finalité de faciliter le passage de la jeunesse à l’âge adulte, non de le retarder.
Je veux construire une école qui donne envie d’apprendre.
Je veux construire une école qui renoue avec une conception exigeante de la culture et du savoir.
Je veux construire une école capable d'être le creuset d’une culture commune."
Rédigé par: Erick | 12 septembre 2006 at 07h52