Les socialistes ont réuni, samedi dernier à Marseille, leurs septièmes "Etats généraux du projet". Au menu, cette fois, l'éducation et la recherche. Vous ne le saviez pas ? Les médias s'en moquent. Pas une ligne dans "Libération" qui préfère annoncer que Ségolène Royal serait "prête à évoluer sur le mariage homosexuel". Rien non plus dans "Le Figaro" qui a choisi de titrer sur un sondage d'où il ressort que "le duel Sarkozy-Royal s'installe dans les esprits" (commentaire qui accentuera à son tour ledit état d'esprit).
Pourquoi les médias boycottent-ils les laborieuses réunions projectives du PS ? Tout simplement parce que les présidentiables déclarés du PS les ignorent. François Hollande s'en est alarmé ce week-end: "On est là tous les samedis, je ne sais pas où sont les autres !" Comme lors de la précédente réunion à Toulouse, Laurent Fabius, Jack Lang, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn étaient absents.
Le travail collectif n'est pas du goût des présidentiables roses. DSK annonce fièrement sur son blog un "premier podcast" de son comité de soutien à Lyon. Dans la rubrique "projet socialiste" du site de Laurent Fabius, on ne trouve comme contribution récente qu'une tribune libre consacrée à la "précarité". Ségolène Royal est trop occupée à lire les internautes pour dialoguer avec ses camarades de parti. Jack Lang, enfin, appelle à débattre sur ses propres "forums" tout en déplorant sur son blog "l'ultrapersonnalisation des primaires socialistes"...
L'ambiguïté de la position de François Hollande, chef du parti mais aussi présidentiable en pointillé, ne favorise pas l'implication des "élysibles" dans les débats du PS. Il résulte de tout cela des propositions d'un classicisme qui ne force guère l'attention. Mais les socialistes manquent-ils d'idées neuves parce qu'ils ne discutent pas entre eux. Ou bien ne dialoguent-ils pas faute d'avoir grand chose à se dire ?
Et même si au PS, ils arrivent à rédiger un projet.....après la première page, je pique un roupillon...telllement, c'est affligeant de conformisme, aucun enthousiasme, aucun dynamisme, aucune prise de risque, une peur de la polémique....après, on s'étonne des ravages de l'individualisme, de l'abstention, de l'inconscience
Hé, les mecs et les nanas, réveillez vous...
Rédigé par: n.eric31 | 22 mai 2006 à 13h11
Peut-être attendent-ils les législatives pour utiliser le "projet"? Il serait tout à fait dans la logique de la Vème République doublée de l'inversion de calendrie électoral de choisir d'abord une tête comme présidentiable, puis une majorité ensuite.
Si Sarko n'était pas certain d'être investi par l'UMP, on verrait sans doute le même mécanisme à droite, non?
Ou bien, pour le PS, faudrait-il peut être avancer la sélection du candidat pour enfin passer au fond du projet.
Rédigé par: Nicolas | 22 mai 2006 à 14h24
Cher Eric,
Je pencherais pour la deuxième réponse : "faute d'avoir grand chose à se dire".
On me reprochera de me répéter, mais que dire de plus que le parti socialiste n'est pas en mesure de "pondre" un projet. Dans les travaux "collectifs" auxquels tous les éléphants prennent soin de ne pas participer, il faut à chaque candidat potentiel et accessoirement à chaque courant, faire "un grand écart" idéologique.
La logique de travail relève donc de trouver le "plus petit dénominateur commun". Pas fastoche, dès lors que les sujets deviennent précis. Il est une chose de mettre d'accord sur l'objectif commun de "battre la droite" en fin de Congrès, il en est une autre de définir sur des thèmes précis les orientations, les propositions et les moyens budgétaires mobilisables.
Un qui ne manque pas une séance est le sémillant Henri Emmanuelli, gardien de l'orthodoxie du parti, commissaire du peuple chargé de débusquer le début d'un commencement à toute tentative de concessions aux réformes d'adaptation (entendez chez le bilieux landais "ultra libérales").
La motion la plus "confidentielle" du Congrès du Mans, n'était pas le courant "Utopie machin chose", elle arriva avant-dernière. C'était le "socialisme libéral" de JM BOCKEL et Marc d'Heré. Si vous lisez cette motion, vous y trouverez beaucoup d'orientations voisines des politiques suivies par les sociaux démocrates en Europe, voire même par Tony BLAIR lui même. Là rien à voir avec les petites phrases de Ségolène Royal, on sent déjà plus l'adhésion à une politique volontariste, souhaitant faire rimer économie de marché (pleinement assumée) et mécanisme de protection sociale. La motion fit un flop: dernière, bonne dernière avec un score pour mémoire de l'ordre de 1.5 % ou approchant.
Il faut donc maintenant que notre PS démoule son projet, et le décline sur les grands thèmes sociaux. Il leur faut donc "collectivement" élaborer un projet qui tiennent compte des orientations anti capitalistes, dirigistes, et étatistes des Emmanuelli, Montebourg, Peillon & Mélenchon, des orientations plus simplement "régulatrices" des majoritaires, avec en embuscade l'opportuniste Fabius (caïus Détritus) qui joue une partition entre les deux, toute à la fois réaliste/pragmatique et idéologique/dogmatique (pour être sûr de ne rien louper).
Alors ils n'ont pas tort de ne pas perdre leur temps à tenter de marrier carpes et lapins, et de profiter de leur temps libre pour donner de la voie, mobiliser leurs réseaux, lancer des bouteilles à la mer, et améliorer leur image puisque la prochaine échéance est quand même plus personnifiée que les cantonales ou les européennes.
Rédigé par: matéo | 22 mai 2006 à 14h39
Ne pourrait-on pas mettre un mot dans le carnet de correspondance de ces mauvais élèves ayant séché les classes de l'école dans laquelle ils sont inscrits ? Histoire que leurs tuteurs et parents divers soient au moins avertis de leur mauvaise conduite.
Mais ne se berce-t-on pas aussi d'illusions, dans une certaine mesure, quand on s'efforce de croire que les bêtes politiques de tout poil œuvrent, pour la plupart d'entre elles, en vue du bien commun, en particulier celui de leur propre parti ? On caricature souvent Sarkozy comme ayant des dents qui rayent le parquet. Mais, si tel est le cas, en quoi serait-il tellement différent de ses petits camarades, ceux de sa propre école ou de celles d'à côté ? Peut-être en fin de compte un de ses défauts à celui-là serait de ne pas cacher son ambition autant (ou aussi bien) que d'autres. D'autres qui, finalement, ne feraient que s'abriter derrière une “unité” et une “communication” de façade ; derrière une soi-disant modestie ; derrière de beaux principes qui ne font pas courir de risques ; derrière des déclarations bien-pensantes ne faisant pas tache dans le consensus général ; derrière cette sécurité épidermique n'appartenant qu'à ceux qui ne risquent jamais de se couper car ils ne se rasent pas — mais qui, ô combien, rasent souvent leur monde.
Rédigé par: Siganus Sutor | 22 mai 2006 à 15h35
et alors?le fait de faire la promotion de ses porpres actions n'empeche pas l'action collective
Rédigé par: romain blachier | 22 mai 2006 à 15h58
"le fait de faire la promotion de ses porpres actions n'empeche pas l'action collective"
Sauf qu'on peut bien se demander sur quelles bases. Lisez les cinq motions du PS telles que vues au Congrès du Mans et dites-moi comment on peut faire dans le collectif quand on a, à ce point, des préconisations aussi éloignées, pour ne pas dire diamétralement opposées ?
Rédigé par: matéo | 22 mai 2006 à 16h52
Bien vu, Siganus. C'est l'un des péchés majeurs de Sarkozy. Il déclare ses ambitions, en précise le contenu et les motifs, et les défend.
En France, c'est impardonnable. Cela passe pour du cynisme.
En revanche, Ségolène n'est pas ambitieuse. C'est une blanche colombe à l'écoute des Français.
Première étape: moi? candidate à l'Elysée? Noooooon... vous avez vu ça où? Cela dit, si vraiment le bon peuple insiste...
Deuxième étape: moi? un programme électoral? Noooooon, pourquoi? Je prendrai le programme du PS, et puis les idées que les internautes voudront bien déposer sur mon site, ma modeste personne n'a aucune importance...
Etc.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 22 mai 2006 à 21h04
Je n'ai rien dans les médias non plus sur pourquoi Royal s'était abstenue de voter la motion de censure.
http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/05/21/segolene-royal-n-a-pas-vote-sur-la-loi-sarkozy.html
Rédigé par: Citrouille | 22 mai 2006 à 22h57
Ségolène est en direct sur un chat du monde:
"Au nom de quelles valeurs conduire la politique ?
Débat en direct avec la députée socialiste Ségolène Royal, mardi 23 mai 2006 à 17 h 00 "
Ses réponses sont assez affligeantes.
Ne rien dire de précis afin de ne fâcher personne, parler des sentiments, des objectifs et lorsque l'on ne sait que dire employer le conditionnel.
Exemple:
Willy: Quelles osnt les méthodes que vous comptez engager pour que l'Etat réduise son train de vie ?
Ségolène: Les français ont le sentiment que le produit de leur impôts est parfois mal utilisé, qu'il y a des gaspillages et qu'ils ne sont pas suffisamment associés aux choix concernant les dépenses publiques. Je suis attaché à un exercice beaucoup plus simple du pouvoir à l'image de ce qui se fait dans les pays nordiques.... "
Lola: Etes vous pour un service minimum dans les services publics ? Estimez vous normal qu'un pays soit paralysé par le personnel d'une entreprise publique en grève ?
Ségolène: Je crois que c'est surtout le déficit de dialogue social qui pose problème. Personne ne fait grève par gaité de coeur...
L'intégralité du chat sera sur le site du monde à 19h30. Chacun pourra juger....
Au fait, Métro titrait ce matin: Les français veulent des réformes ... et vite. Suit un sondage qui indique de 93% des français jugent urgent d'entreprendre des réformes.
Rédigé par: Mihel | 23 mai 2006 à 18h41
Michel et non Mihel.
Rédigé par: Michel | 23 mai 2006 à 19h05
J'ai bien aimé aussi la valse-hésitation de SR ces dernières semaines sur Tony Blair. Heu, moi? J'ai dit du bien de Blair? J'ai pas dit fort, alors...
Rédigé par: Robert Marchenoir | 23 mai 2006 à 20h59
Et toujours pas de questions de journalistes à la dame sur son attitude dans l'affaire Bernard Hanse. Hertoghe a lancé une note Sarko-Ségo. Je me demande si elle ne partage pas avec lui le privilège de susciter la révérence.
("susciter" est une verbe mal choisi : quand on suscite on lève alors que quand on révère on s'abaisse.)
Rédigé par: PMB | 23 mai 2006 à 21h09
J'ai lu le chat à Ségolène sur le Monde, c'est effectivement indigent. Sa politique sur l'immigration, c'est de développer l'Afrique grâce à l'énergie solaire (qui est gratuite) et aux femmes africaines (qui sont bien braves).
Sa politique sur le logement, c'est de favoriser l'énergie solaire (qui est gratuite).
Je résume à peine.
Sans compter que l'énergie solaire n'est pas gratuite, comme le savent tous ceux qui ont fait des budgets prévisionnels comparés entre le chauffage traditionnel et le chauffage à énergies renouvelables pour leur maison. Pis tu vas m'expliquer comment on fait baisser ses charges avec l'énergie solaire quand on habite en appartement...
Enfin c'était juste histoire de rentrer dans UN détail. Ca vaut pas le coup de se fatiguer à démonter le truc complet non plus.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 23 mai 2006 à 21h17
Le 21ème siècle nous a apporté la démocratie médiatique: celui ou celle qui gagne sera celui ou celle qui aura le plus bel ramage, le tout sans dire de gros mots (à ne pas confondre avec le gros rouge qui tâche), et qui a vu un tout petit chouïa de débat, de polémique....non, rien!! que dalle....(la loi sur l'immigration est passée sans discuter...) alors votez pour le beau sourire: sarko ou ségolène et faîtes un gros dodo....
Rmq; Berlu avec sa puissance médiatique a failli avoir la peau de Prodi....alors pour les prochaines élections, pas d'illusions à se faire, il n'y aura aucun débat...vive la politique-réalité et tous ensemble crions: Loana présidente
Rédigé par: n.eric31 | 23 mai 2006 à 22h51
La gestion du troupeau d'éléphants et d'éléphantes par Hollande est assez laborieux. Le "tous derrière Sarko, je ne veux voir qu'une tête" a ses avantages, à court et à moyen terme. A long terme, il génère de la frustration et donne envie de planter des couteaux dans le dos. Au PS, pour résumer, la frustration, c'est à court terme qu'elle est générée et les couteaux dans le dos c'est tout de suite qu'on se les balance...
Rédigé par: Eric | 23 mai 2006 à 23h00
Au fait, le chat de Ségolène est ici:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-775185,0.html
J'avais posé une question sur la réforme des retraites que le PS s'est engagé à abroger, mais la question n'est pas passée.
Pour Sarlo dodo, le ton de Fillon (qui est en charge des dossiers sociaux) est tout autre : "notre acharnement à défendre des avantages acquis et des privilèges qui ruinent l’avenir de nos enfants"
http://www.blog-fillon.com/article-2785712.html
Pour une vue plus générale de Sarko dodo, voir:
http://www.blog-fillon.com/article-2688465.html
Il y a bien sûr un monde entre le discours, et l'action. Mais s'il n'y a même pas le discours....
Rédigé par: Michel | 24 mai 2006 à 09h59
Il n'y a rien à retirer de ces deux discours de François Fillon. Sauf peut-être les rodomontades sur "la France grande puissance". Mais bon, s'il faut cette sauce pour améliorer le goût du rôti...
A le lecture de ces deux textes, une évidence s'impose à moi: François Fillon est un homme de gauche.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 24 mai 2006 à 12h06
Je fréquente le blog Fillon, j'avais lu, je ne vois pas non plus ce qu'il y aurait à enlever. Si c'est la fameuse phrase qui gêne, c'est assez grave de ne pas comprendre ça.
Rédigé par: matéo | 24 mai 2006 à 14h09
Soyez plus clair RM: "François Fillon est un homme de gauche". Dans votre bouche, est-ce un compliment ?
Rédigé par: Michel | 24 mai 2006 à 14h32
Mouaip, y'a même des intégristes libéraux qui trouvent de le MEDEF n'est pas libéral. Sous entendu que le patronat Français est de gauche. Comme si le patron Français était assez con pour avoir envie qu'on bazarde son entreprise sur le marché international au nom d'une concurence non fausée sans un minimum de protection. La réalité, c'est que même les Etats-Unis, et peut être plus encore que la France font de ce nationalisme économique qui fait dire aux mêmes illuminés aux aisselles que j'imagine toujours bien sèches que c'est là un comportement gauchiste.
Voilà les globalistes d'aujourd'hui traitant les néolibéraux d'hier de gauchistes... Dit moi comment le système te profite, je te dirait qui tu es.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 14h33
Fillon homme de gauche: compliment ou insulte? J'attends ici les commentaires.
Peut-être pourrait-on se pencher par la même occasion sur l'expression Gaullisme social qui à mon sens correspond plus au personnage, avec en plus une propension à avaler des couleuvres...
Peut-être qu'une déroute de la droite aux prochaines élection lui permettrait de réfléchir sur les valeurs de ce gaullisme à la manière d'un homme comme l'ancien ministre Dechartre.
Rédigé par: ah la politique | 24 mai 2006 à 15h41
Michel a dit: "Soyez plus clair RM: 'François Fillon est un homme de gauche"'. Dans votre bouche, est-ce un compliment ?"
Oui.
Matéo: ce qui ne va pas, c'est de prétendre que la France peut redevenir une grande puissance comme elle l'était du temps de Napoléon et des colonies, alors que ça sera très bien si elle arrive à remplir sa vocation de puissance moyenne en assurant la prospérité à ses citoyens. Ce mythe de la France grande puissance éclairant le monde a fait beaucoup de mal, en amenant les citoyens à se payer de mots pendant que les vrais problèmes, eux, sont ignorés.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 24 mai 2006 à 15h49
Vous vivez décidemment dans un monde imaginaire qui ne semble connaitre aucune limites monsieur RM. Notre petit néo de la globalisation par le bas devrait se reconnecter au réel de temps en temps ça ne lui ferait pas de mal.
Dites vous que si pour toute une génération de travailleurs, appelons les des prolétaires, qui se sont battus pour améliorer leurs conditions et pour qui vous entendre brailler dans les hauts parleurs de la résignation doit relever au mieux d'un certain agacement, au pire du suplice ; pour toute leur décendence dont je fait parti, cela releverai plutot de la franche rigolade. Vous êtes pour moi le staliniste traitant un léniniste de capitaliste.
J'aurai cependant juste une question à vous poser : Comment voulez vous que les jeunes qui ont vu leurs parents se tuer à la tache toute leur vie et acceuillir la retraite avec soulagement puisse aujourd'hui rever d'une vie encore plus merdique ? Expliquez moi cela.
Alors, pillule bleue ou pillule rouge ?
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 16h13
"Vous entendre brailler dans les hauts parleurs de la résignation."
J'ai dit exactement le contraire, Croqueville. Mais il faut savoir lire, et ne pas penser à la place des autres.
Rédigé par: Robert Marchenoir | 24 mai 2006 à 16h24
Bonjour messieurs,
C'est votre débat sur F.Fillon qui m'interpelle ; je pense que c'est un homme pragmatique, ayant parfaitement analysé la situation de la France, ses blocages et le poids de ses traditions (et en particulier l'intervention de l'Etat pour tout et n'importe quoi). Et en responsable politique, il sait bien que les transformations de notre société ne peuvent se faire qu'avec un changement des mentalités, qui peut passer par une réforme des institutions imposant à ceux qui les servent de changer de méthodes de gouvernement : cela pour restaurer la confiance des Français dans leurs représentants, dans un premier temps. Il sait que la transformation de notre société doit être profonde, mais qu'il ne servirait à rien de mettre le pays à feu et à sang en allant trop vite, tout en sachant fort bien que trop de temps a été perdu dans ce quinquennat.
Au départ (et longtemps)gaulliste convaincu, il sait bien que notre Monde, notre environnement ont changé et que notre fonctionnement actuel ne correspond plus à notre époque (mais il lui en reste sans doute cette idée d'une "certaine France",et le sens de la probité et de la responsabilité en politique ; ce qui est, aprés tout, trés respectable) .
Alors, de droite ou de gauche avec F.Fillon, cela n'a pas grand sens à mon avis : ailleurs, il serait sans doute démocrate social et libéral ?
Rédigé par: Anne | 24 mai 2006 à 17h31
Et menteur avec ça...
"Les Français sont des analphabètes économiques, mais leurs journalistes ne les aident pas à sortir de ce triste état. Tout se tient...
Rédigé par: Robert Marchenoir | le 05 mai 2006 à 13h55 "
Il est vrai que vous, vous ne pensez pas à la place des autres, vous les prenez caremment pour des ...
Quand je vous lis, à chaque fois je pense à tous ces salariés qui ont trimé en 3x8 continu, dans des industries, ou dans le BTP, exposés aux intempéries et aux nuisances ; fumées nocives, amiante, benzennes, chaleur...
je pense à tous ces salariés qui en meurent sans atteindre l’age de leur retraite ou qui disparaissent entre soixante et soixante cinq ans...
Je pense à tous ces salariés qui perdent leurs emplois suite aux licenciements boursiers ou suite aux délocalisations pour le " bien-être" des actionnaires.
Oui, je pense à tous ces salariés et leurs familles qui ne peuvent que mépriser ceux qui parlent d'eux de cette façon et auraient envie de les voir trimer à leur place et en ch... comme ils le méritent. Il faudrait au moins ça pour soigner leur cécité de privilégié qui imaginent le reste du monde à leur image.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 17h32
En tout cas, lui ne s'exprime jamais pour ne rien dire, contrairement à ce que vous rapportez plus haut des chats et blogs divers et variés de certains ! Rien que pour ça, il a droit au respect de tous !!
Rédigé par: Anne | 24 mai 2006 à 17h35
Anne, le dernier souvenir que j'ai de Fillon, ce sont les airs de vierge outragée qu'il a pris pour brûler le Chirac qu'il a avait adoré... à la seconde même où celui-ci n'en faisait plus son ministre de j'ai oublié quoi. Il fait partie de ces (trop) nombreux politiciens dont les convictions se modèlent sur celles du cheval qu'il faut jouer pour arriver. Sans moi.
Croquenville, arrêtez de nous la jouer humaniste avec les ratés du système. Surtout que c'est grâce à leur ratage que ce système marche. ;-)
Rédigé par: PMB | 24 mai 2006 à 17h41
"qu'avec un changement des mentalités"
C'est bien le truc c'est des libéraux ça, tiens. Penser qu'on a juste un p'tit soucis de com. Les mentalités, faut pas les changer, faudrait plutot échanger nos vies oui. Les nantis à l’usine, payés au smig pendant plusieurs mois et le fillon avec. Après on verra comment ils voient la vie, notre vie.... ce que vous avez l'outrecuidance d'appeler " des traditions " et auquel nous sommes si attachés.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 17h53
Allons PMB, ne faites pas semblant de l'ignorer, Fillon était votre ministre ! Quant à brûler Chirac, nous le faisons tous ici (sauf peut être Anne). Fillon lisez-le. Bien sûr le discours n'est pas l'action. Mais dites-nous au moins si vous êtes d'accord avec le discours.
Rédigé par: Michel | 24 mai 2006 à 17h57
C'est la lutte finale...
Croqueville, plutôt que de croquer du Marchenoir, je vous propose ce lien qui devrait vous intéresser pour dire que oui, effectivement, le débat éonomique en France est indigent :
http://www.telos-eu.com/2006/04/en_economie_peuton_dire_nimpor.php
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 17h57
Michel, "Bien sûr le discours n'est pas l'action".
Je vous avouerais que c'est précisément ce qui me fait douter de façon croissante de nos politiques. Et je ne pense pas être le seul hélas. Vivant en Italie vous imaginerez aisément que ce genre de "détail" est ici aussi opérant. De Chirac, l'antimondialiste, à Berlusconi le Napoléon des temps modernes, il semble qu'il ne faille plus aujourd'hui, s'il le fallut jamais, se bercer d'illusion et se repaître des mots de nos grands hommes. Ce qui pose le problème de la communication en Politique et de l'incapacité croissante de ceux qui la proposent à convaincre vraiment, la démagogie et les discours radicaux et simplistes en récoltant les fruits.
Y quelque chose qui cloche la dedans...
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 18h10
Michel je vous rassure : je brûle Chirac dans les feux de l'Enfer depuis la dissolution !
Et PMB, F.Fillon n'a jamais adulé Chirac qui avait besoin de lui, il était du même camp politique simplement (F.Fillon est trés proche de P.Seguin et entre ce dernier et Chirac on ne peut pas dire que ça a toujours été l'amour fou !!). Bref, il a été investi d'une réforme qu'il était peut-être le seul (au - 1 des seuls) à pouvoir mener à bien, puis mis à L'Education Nationale (excusez du peu, que du facile !!), où il a tenté d'engager une vraie réforme de fond cette fois-ci, avec consultations tous azimuts pendant 1 an, pour se faire balancer sans raison (trop proche de N.Sarkozy ? Oh, quel mauvais esprit, Anne)à la veille de pouvoir l'appliquer lui-même : il y avait de quoi s'agacer un peu !!
Rédigé par: Anne | 24 mai 2006 à 18h10
blabla,
Je ne suis pas coco, pire je suis nihiliste. Et ce que je ne supporte pas, ce sont bien les types dans votre genre qui prétendent parler au nom de la raison. En outre je suis persuadé que l'excès de raison économique ( pragmatisme ) ne peut être que néfaste voir dangereux.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 18h22
Anne, disons alors que si Chirac l'avait gardé comme ministre, Saint François du Mans aurait continué sans mal à faire pénitence sous les ors de la République. Ses offres de service au dauphin auto-proclamé ont été aussi spectaculaires que violentes. De toutes façons, ces gens se trahissent tous à tour de rôle, réciproquement et alternativement. Sans moi.
PS Si ses électeurs des Pays de Loire se sont privé de ses services, il y a peut-être des raisons, et qui ne tiennent pas toutes à ce que ce sont des naïfs manipulés par la (pouah) Gauche. Lesquelles ? Sincèrement, je m'en tape comme ces gens de leur premier reniement. Les hommes politiques, de tous les bords, je les subis faute de mieux.
Rédigé par: PMB | 24 mai 2006 à 18h23
C'est marrant, j'ai écrit mon post sans avoir lu celui de Blabla le tombeur-de-Silvio (merci, j'ai arrosé ça au marsala mandorla), et je m'aperçois que nous avons le même pessimisme sur nos hommes/femmes politiques !
On va remettre ça au baccardi (et attention, pas celui du Harry's bar à Venise : c'est le plus cher de la planète !)
Rédigé par: PMB | 24 mai 2006 à 18h29
Croqueville, je ne sais pas ce que vous êtes, mais assurément un gai luron, charmant comme tout et très constructif dans le débat. Ce mail sera donc la dernière tentative d'échanger quelque chose avec vous...
Vous vous dites nihiliste ? Marrant cela, de se proclamer nihiliste, surtout dans un blog comme celui ci dont le but est d'échanger des points de vue sur la politique française et d'avancer quelques modeste reflexions pour contribuer à changer les choses. Que vient y faire un nihiliste ? Tout nier en bloc ?
L'article que je vous suggérais ne vante pas la raison mais rappelle que l'économie est aussi affaire de technique et pas seulement de fantasmes.
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 18h33
Moi aussi, c'est marrant, j'ai l'impression d'être sur le blog d'Alain madelain ou de pierre Lelouche, c'est normal ?
Est ce que quelqu'un pourrait me rassurer svp. On est bien sur le blog de l'auteur de : "une société de chiens" ?
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 18h34
Vous avez dit: "Alors, de droite ou de gauche avec F.Fillon, cela n'a pas grand sens à mon avis : ailleurs, il serait sans doute démocrate social et libéral ? "
Droite ou gauche n'est pas plus désuet qu'une "certaine idée de la France", Anne. Pour ma part, je ne crois pas au libéralisme social. Le problème de François Fillon est paradoxalement son manque d'ambition qui le conduit à des alliances improbables.
Il fut Baladurien par défaut, il est Sarkosiste pour mieux affirmer son anti-chiraquisme et parcequ'il considère que pour exister en politique, il faut durer au pouvoir. Il a zappé Mendès-France et d'autres à qui pourtant il doit beaucoup. Il oubie parfois Le Theule, son Mentor, lequel doit se retourner dans sa tombe. Il n'est pas encore tout à fait mûre pour entrer dans l'histoire, mais il a les atouts pour. Tout ce qu'on peut lui souhaiter c'est dêtre un jour bien conseillé.
Rédigé par: ah la politique | 24 mai 2006 à 18h39
Blabla, vous devriez lire le bouquin de Dupin. En l'occurence, si quelqu'un n'est pas à sa place ici, il me semble assuremment que c'est vous. Du reste, continuez avec votre numéro du mec qui sait tout, qu'a tout compris et qui se relève le col pour remettre la France dans le droit chemin, j'adore...
Comme on dit, vous savez tout, et c'est tout ce que vous savez.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 18h40
Pour Croqueville qui n'a pas l'air d'avoir bien lu le livre d'Eric et qui ferait bien d'y penser à nouveau :
"Le cynisme des puissants exerce des effets en cascade sur l’ensemble de la société. Instrumentaliser autrui sans scrupules, tout ramener à soi, profiter de la confusion des genres, abuser du pouvoir de l’argent, professer que toutes les vérités se valent : nos cyniques ont plus d’un tour dans leur sac pour se frayer un chemin dans un monde réduit à une jungle"
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 18h47
Vous c'est d'avantage votre grammaire que vous devriez réviser ( et paf cynisme ^^ ). Sujet ; Le cynisme ; complément : des puissants. Ceux là arrivent par capilarité du modèle de société que vous semblez appeller de tous vos voeux.
Moi, je n'en suis que le résultat. Du reste oui, je me reconnais assez bien dans le portrait que dresse Dupin du cynique social ( nihiliste social ). Ce n'est pas un problème. Cela dit vous auriez tord de croire que le nihilisme est apolitique. Comme dit E Dupin, "Le cynique intégral est heureusement
une espèce assez rare".
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 19h03
Croqueville. Pas tout compris, loin s'en faut. C'est grave ?
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 19h07
Bon, PMB, apparemment vous êtes dans le registre "tous pourris"...je ne vous en veux pas :), nous ne sommes pas d'accord point.
ah la politique, je vous rejoins sur le manque d'ambition personnelle qui est peut-être dans ce cas un handicap pour affirmer une ligne bien définie. Il n'en reste pas moins, à mes yeux, un homme de valeur dans un gouvernement (voire un trés bon 1 er Ministre).
Rédigé par: Anne | 24 mai 2006 à 19h08
Savoir si Fillon entrera dans l'histoire me parrait de peu d'intérêt. L'important est de savoir s'il faut miser ou non sur lui et ses amis de circonstance pour faire les réformes dont mes enfants ont besoin.
L'important est aussi me semble t-il de faire comprendre au camp d'en face, au camp dont Eric est le brillant spécialiste, qu'il vaudrait mieux que les réformes se fassent avec eux, plutôt que sans eux.
Rédigé par: Michel | 24 mai 2006 à 19h11
Pas grave. Ce que je voulais dire, c'est que le bouquin de Dupin m'a plutot semblé être une oeuvre issue d'un esprit gauchiste. Or la plupart des posteurs que je vois sur ce blog me semblent clairement amourachés des politiques libérales et de l'utilitarisme auquel fait référence l'auteur, donc de droite. Je trouve ça surprenant voilà tout. Ou alors le centre de gravité c'est à ce point c'est déplacé qu'on me l'aurai caché, je ne sais pas...
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 19h13
Croqueville : ce blog discute la politique, la met en question ,sans tabous et souvent de façon constructive. S'il s'agissait de s'autocongratuler à coup de slogans et de formules à l'emporte-pièces contre le libéralisme ou ce que vous voudrez, cela n'aurait aucun intérêt ici. A moins de vouloir seulement manifester.
Ici donc s'expriment des gens de sensibilité différente mais souvent avec à l'esprit celui de comprendre, d'apprendre et parfois de proposer, le tout avec courtoisie, ce que notre hôte a su susciter avec une réussite indéniable. Cela me convient plutôt bien.
Aussi n'hésitez pas à nous livrer le fond de votre pensée...
Rédigé par: blabla | 24 mai 2006 à 19h24
Traiter ED de gauchiste ? Attends, Croq', c'est ta mort que tu veux ?
;-)
Anne, je sais bien que "tous pourris" c'est facile. Mais vraiment, dans quelle actualité trouvez-vous que nos hommes poltiques soient digne de leur tâche ? Galouzeau à Mérignac, peut-être ?
Rédigé par: PMB | 24 mai 2006 à 19h41
Bon, gardons en effet une tonalité courtoise ! Je ne savais pas que le simple fait d'évoquer Fillon pouvait provoquer de tels emballements ;-) C'est vrai que le "centre de gravité" des discussions de ce blog se situe assez nettement à ma "droite" même si je suis loin d'être un "gauchiste". Signe des temps, sans doute. L'important est d'échanger des arguments et pas des invectives. Encore merci à tous.
Rédigé par: Eric Dupin | 24 mai 2006 à 19h43
Traiter les français ça et là, d'imbéciles, d'économiquement analphabètes, de rigides, d'archaiques... c'est donc cela être constructif. Moi j'aurai dit contre productif, m'enfin bon. Qui plus est, j'ai d'avantage vu tirer à boulet rouge sur l'ambulance socialo - syndicalo - communiste que le contraire. Après, je ne répond plus de rien. J'ai toujours eu cette tendance à défendre celles et ceux qui se trouve du mauvais coté de la barrière et du baton. Et en plus, pépé était communiste et je sais qu'il avait les meilleures raisons du monde de l'être. Ne m'en veuillez donc pas.
Pour finir, admettez que ça fait un choc de voir le blog du type qu'a écrit ça ( pour rm et anne ):
http://www.geocities.com/CapeCanaveral/Lab/9209/intro-sochiens.html
transformé en annexe de liberté-chérie.com
Heureusement que pépé et monté au ciel tiens. Il aurait pas supporté de voir des gens se réclamer de gauche et faire en même temps du prosélitisme pour le dernier avatar du capitalisme.
Rédigé par: Croqueville | 24 mai 2006 à 19h53