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12 avril 2006

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Voici les sites qui parlent de Transgression Berlusconi :

Commentaires

En outre, caricatural jusqu'au bout, il semble mauvais perdant...

Je trouve qu'il y a une propension en France à toujours décréter, dans les élections à l'étranger, qui est le "bon" candidat, et ne pas chercher d'explication en cas de défaite - ou de moindre victoire - si ce n'est "c'est à cause de la propagande". Pour la presse française, Bush devait être battu, et Kerry élu haut la main, on sait ce qu'il advint, malheureusement. A part Herthogue à l'époque, qui a cherché à nous expliquer pourquoi les "red neck" du Midwest ont voté en masse pour un belliciste impérialiste cul béni ?
C'est pourquoi je me réjouis de cet article de Eric Dupin, qui cherche une explication au phénomène Berlusconi, qui a quand même fait près de 50% des voix des Italiens.
Comme j'ai l'habitude de comparer, Berlusconi, c'est le pouvoir de Lagardère avec les méthodes de Tapie, allié avec Mégret. Et, malgré cela, il convainct 50% des Italiens. L'explication "c'est parce qu'il tient les media" me semble très courte ; celle développé ici me semble bien plus complète... et bien plus inquiétante pour l'avenir de nos démocraties occidentales !

Ça va paraître puéril voire vaniteux, mais je suis soulagé de voir, mieux formulé que je ne l'aurais fait, ce que je sentais depuis un certain temps sur les vraies raisons du succès de cette dictature molle. Les vrais couillons sont les Italiens qui avaient voté pour lui croyant pouvoir être geais se parant des plumes du paon, pouvoir être aussi malhonnêtes que lui, alors que c’est le paon qui les a plumés eux. On peut ajouter aussi, comme partout où ce n’est pas notre adversaire qui gagne mais nous qui perdons, que la gauche italienne et ses insuffisances avait fait partie des raisons du succès d’un tel paltoquet. Puisse-t-elle comprendre qu’elle a une chance que, cette fois-ci, elle n’a pas le droit de gâcher.

Mais est-ce propre à l’Italie ? Pourquoi, par exemple, avons-nous élu gardé un Chirac ? Et c'est quoi, notre gauche ?

PS D’un homme sans scrupules, on dit qu’il vendrait la peau de sa mère si ça pouvait lui servir. Celui-ci l’a fait, en exhibant sa mama à l’entrée de l’isoloir. Quand les bornes de l’impudeur sont franchies, il n’y a plus de limites.


PS Première urgence : casser le chaudron de sorcière de Télé Berlusconi. Seul vrai moyen de briser l'enchantement de l'enchanteur Berlu-Berlin. Enfin, enchanteur...
Et se dire aussi que ce genre de chaudron, en moins ostensiblement vulgaire, manipulateur et vain, nous avons déjà ça en France. (Par "vain" je n'entends pas "inutile", car ce sont des fabriques très utiles à leurs initiateurs, mais "vide", propres à vider les cerveaux de tout ce qui relève de la réflexion).

ET M. DUPIN!

Si prodi et berlusconi c'était bonnet blanc et blanc bonnet ?

Après tout, ils sont tous les deux pour l'europe de giscard, la meme merde; les italiens, pur qui voulez vous qu'ils votent sinon pour 2 pourris?

Quels choix avaient-ils?

Quels choix auront nous en 2007 ? Sarkozy ou segolene royal? 2 ultra libéraux!

On ne s'apesantira pas sur le cas Berlusconi, et on se réjouira à défaut du reste qu'il disparaisse de la conduite des affaires italiennes. Tout a été dit sur le bonhomme. Point de salut pour une telle personnalité finalement effectivement repoussante.

Reste quand même cette victoire "serrée" que rien de ce côté-ci des alpes ne laissait supposer. Depuis 5 ans, les relais sont nombreux pour s'épouvanter devant telle ou telle facétie ou telle ou telle couillonnade de Berlusconi. A entendre les observateurs français, certains médias, et le bruit ambiant, on se demandait déjà si nos amis transalpins ne s'étaient pas trompés, il y a 5 ans, en renvoyant à ses chères études le déjà professeur Prodi et avec lui toute la gauche italienne, l'Ulivio, l'Olivier. Ce n'était quand même pas rien d'avoir battu le candidat modéré de toute la gauche italienne.

Là, depuis quelques semaines, voir quelques mois, sondages mis à part, le temps du cavaliere était compté. Ce n'était plus qu'une question de jours pour voir disparaître dans les abysses des intentions de vote le candidat Berlusconi, caricature de caricature, repoussoir absolu, définitivement plombé par ses 5 ans de mandature.

Or si Berlusconi a perdu, c'est de bien peu, et le ras de marée qu'on nous annonçait en Gaulle, n'a pas eu lieu. Battu certes mais pas la râclée qu'on nous prédisait. Comme quoi les électeurs italiens n'ont pas été aussi tranchant que nous l'imaginions (fantasmions ?), que les choses ne sont pas noires/blanches, et qu'on ne sort pas comme cela les "sortants" aussi infâmes, populistes, et inciviques qu'ils soient, en Italie.

Nul doute qu'en chatouillant les bas instinct de ses compatriotes, on peut sauver les meubles, et maintenir son score, mais ne serait-ce point un peu court pour expliquer un résultat aussi ténu ?

@Parkway

"Quels choix auront nous en 2007 ? Sarkozy ou segolene royal? 2 ultra libéraux!".

Ok vu, pour vous, le bon choix ce serait Besancenot ou Laguiller !

De l'immixtion du marketing cigarettier appliqué au libéralisme, "ultra", ici employé à tort et à travers. Le but, on l'aura compris, est de "faire peur".

Moi, c'est les types qui écrivent ce genre de truc qui me font flipper.

Parkway, lisez l'ensemble des interventions de ce blogue, et vous verrez qu'ici on essaie, sans toujours y arriver certes :
- d'argumenter,
- de ne pas employer de vocabulaire grossier.

Merci de voir ce que vous pourrez faire.

Si je puis me permettre cette observation perfide, je n'ai pas encore entendu dire dans les media francais que Prodi avait ete "mal elu", comme Bush a sa premiere election ou bien plus recemment Blair... Curieux.


D'ailleurs, le recompte des voix n'est-il naturellement recommande dans la situation actuelle ? C'est un peu gros d'en blamer Berlu.

Merci Eric pour cet article qui permet de prendre ses distances avec une certaine caricature et surtout un réel désintérêt trop souvent réservé à la situation politique italienne par la presse française.
J’aimerais tout d’abord vous rappeler, s’il en est besoin, que plus de 80 % de italiens ont voté. Les italiens votent toujours en grand nombre, aux élections politiques ou administratives. Et pourtant nombre d’italiens ne prêtent pas une importance plus grande qu’il ne faut à ces élections. Paradoxe ? Non, réalisme plutôt. Les Italiens sont assez individualistes non seulement par cynisme mais aussi parce qu’ils savent que l’Etat peut certes faire des choses pour eux mais qu’il ne faut pas en attendre trop non plus comme leur histoire démocratique récente leur a appris. On a souvent tendance en France à surdimensionner la portée des élections politiques (entendez législatives et présidentielles en France). Ceci s’explique d’autant plus facilement qu’on attend beaucoup de l’Etat. En Italie, moins, incontestablement, et peut-être à raison… A moins qu’on parle de fiscalité, de réforme administrative, de travaux d’intérêt général, toutes choses très concrêtes. Or dans ce domaine, Berlusconi a promis beaucoup (jusqu’au dernier moment) et fait à peu près autant que la gauche…
Aussi les italiens attendent-ils du « Premier » des qualités de gestionnaire, pas de secrétaire général de l’ONU. Berlusconi est à la tête du plus grand parti de droite (ce qui a encore été confirmé), il exaspère jusqu’à ses partenaires par son attitude et ses déclarations. Mais au total, cela n’est pas considéré comme si grave par beaucoup, voire, cela fait sourire. Rappelez-vous aussi qu’il y a un Président de la République pour incarner le sens de l’Etat et la dignité des institutions. Ciampi incarne cela, pas Berlusconi aux yeux de nombreux électeurs de droite.
L’Italie reste un pays divisé économiquement et politiquement entre le Nord et le Sud. Le modèle à suivre, envié, même s’il est critiqué ou moqué, reste celui du Nord. Or là, la droite l’emporte haut la main. Berlusconi est le modèle du milanais par excellence, un affairiste réaliste et bien loin de l’idéologie, il est la figure de l’entrepreneur, qui remporte des succès, dans le « monde réel ». Ne mésestimez jamais l’impact de la fortune de Berlusconi sur les italiens qui voient en lui la figure du succès. Prodi quant à lui est souvent moqué comme l’incarnation du rond de cuir, dont on reconnaît les compétences théoriques (« il Professore ») mais dont la droite rappelle les échecs d’entrepreneur.
Enfin la gauche est une coalition divisée, sur des points essentiels, une mosaïque politique allant du centre jusqu’à l’extrême gauche dont beaucoup raillent l’invraisemblance politique et partant l’incapacité. Cette division a été critiquée à l’envi par la droite qui a joué très démagogiquement sur les peurs non éteintes les années de plomb.

Voilà quelques éléments je crois pour comprendre quelques unes des motivations de l’électorat de droite.


Merci Blabla pour ces précisions et de bons éléments pour mieux comprendre une situation qui si elle était sans appel, ici, semble en tous cas beaucoup plus mitigé chez ceux qui sont concernés.

Content d'entendre confirmer que la droite, toute berlusconienne fut-elle, est majoritaire au Nord (ce qui est finalement peu surprenant) et minoritaire dans le Sud.

Raffraîchissant !

Matteo, sachez qu'en Italie y compris les instituts de sondage prédisaient une victoire franche de Prodi. Il y a donc ici aussi une forme de surprise (surtout à gauche)et une polémique nourrie sur le rôle des sondages.


Vu le niveau de critiques ici en France, les sondages qui donnaient un écart de 8 points n'étaient pas si catastrophiques, compte tenu du cas Berlusconi (tout à la fois la caricature que l'on connaît et "sortant"). A entendre les airs affligés ici dès qu'on évoquait Berlusconi, on l'aurait vu laminé à 15 ou 20 points dans les sondages et dans les urnes. Toujours les fantasme d'une certaine gauche française, épaisse, qui en plus projette sa turpitude chez ses voisins.

Le commentaire de blabla est des plus vrais et des plus concret sur ces élections.
Il ne faut pas oublier que l'Etat tel qu'il existe actuellement en Italie est plus jeune que notre Etat à nous. Nombre d'italiens n'accorde pas beaucoup de crédibilité à leur Etat.
Pour nombre d'entre eux, ils le tolèrent tant qu'il ne vient pas interférer dans leur vie de tous les jours.
C'est aussi une des composante de l'économie souterraine en Italie qui est très importante car culturelle. Berlusconi justement incarne cette Italie là. Celle qui ne souhaite pas vraiment un Etat fort qui va tout légiférer et finalement leur fixer des contraintes.
Il faut savoir par exemple que lorsque vous souhaiter ouvrir un commerce dans certaines villes d'Italie, vous ne devez pas commencez vos démarches par les administrations, mais par les mafias locales qui régissent la vie économiques des quartiers.
Et pour les italiens se n'est pas choquant car cela a toujours fonctionner ainsi.
Quand au fait que le sud et le nord soit divisé sur les résultats, elle traduit là aussi une vérité géographique avec un nord riche et industrialisé et un sud plus pauvre et plus grégaire.
Tous ceci pour dire que je ne m'attendais pas à une victoire écrasante de Berlusconi, mais justement à une score serré.
Pour finir, il est intéressant de voir l'ironie de ces élections où Berlusconi a été battu finalement à cause des réformes de scrutin qu'il avait fait passer en force il y a quelques temps. La proportionnelle et le vote des italiens hors territoire ont eu raison de son siège. Si ça ce n'est pas de la comedia del arte !! :-)

@ blabla :

- Un politologue (François Heisbourg, je crois) a dit que les policiers avaient enfin pu arrêter il grande capo di mafia à cause d'une sorte de fenêtre de tir très étroite ouverte par la "vacance" du pouvoir. Vrai ?
- Cette arrestation est-elle un vrai coup, ou un coup d'épée dans l'eau ?

PMB, je n'ai rien lu de significatif sur ce que vous évoquez. Mais je dois vous confesser que j'ai ces jours-ci privilégier la télévision (l'arme préférée de Berlusconi) dans le contexte de ces élections.
J'ai lu par contre dans la Repubblica un article sur la "vacance" chronique du pouvoir depuis au moins 10 ans en matière de lutte anti-mafia.

Si vous lisez l'italien :
http://www.repubblica.it/2006/04/sezioni/cronaca/provenzano/davanzo/davanzo.html

Pour ajouter à toutes les turpitudes berlusconiennes, ses liaisons dangereuses avec l'extrême-droite italienne : http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/04/11/1681909.html
Cordialement

Concernant l'attitude des citoyens par rapport à l'état, les italiens ont la chance -si l'on peut dire - d'avoir été vaccinés pour longtemps contre l'étatisme par... Mussolini.
Le Duce était en effet un chantre lyrique permanent de l'intervention multiforme de l'état : sur l'école, la culture, l'économie, le sport, la science... Certains de ses discours sont dignes de Chevènement. La création du Minculpop a précédé de plus de 30 ans la politique culturelle de Malraux, commencement de l'étatisation de la culture en France.
Les italiens n'ont pas oublié ce qu'entre 1922 et 1945 l'étatisme obsessionnel a donné chez eux.

« Étatisation de la culture en France »: Basta, vous êtes sûr de ce que vous dites là ?

Ciao, je suis un italien e j'ai lu avec beaucoup d'interet (excusez-moi si mon francais ce n'est pas parfait)votre explication de la politique italienne. Sincerement je suis du nord et je n'ai pas des idéés precise en politique, je ne vote pas le parti je vais voter la personne. Dans les derniéres elections je n'ai pas voté! La raison? je ne crois pas en Berlusconi mais je deteste la gauche, il parle...parle...parle.. parle... mais ils ne font presque rien! Dans les annèes 1996 2001 nous avons eu plus ou moins 3 ou 4 gouvernement de la gauche (notez sans elections! Où est il la democratie de la gauche???), on dit que c'est grace à la gauche que l'italie est rentreé dans la monnaie unique, moi sincerement je dis que c'est grace aux italiens! nous avons payé un tel nombre de taxe insupportable, vraiment insupportable, et l'economie dans ses anneés là? Aucune amelioration apporteé!
La situation du sud?? c'est vrai il est pauvre! Mais les italiens continue a payer pour le sud il sont 50 ans et rien et je repète rien est changé!!!! Voila la raison pour laquelle Berlusconi est fort! les italiens simplement ne pensent plus a la politique parce que ( et ca c'est dommage) ils ont compris que les politiciens font toujours les interets du parti et jamais du peuple.
Excusez moi pour mon francais, j'espère que vous avez compriz! Ciao.

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