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« Cocktail Royal | Accueil | Paralysante sinistrose »

11 janvier 2006

Commentaires

Matéo

là le sujet est déjà plus dans mes cordes puisque je travaille dans ce secteur d'activité.

Les soldes sont un marronnnier. Trop tôt, trop tard. 4 semaines ou 6 semaines. Toujours est-il que nous sommes revenus depuis 3 ans environ au système d'il y a 10 ans. Vous noterez au passage que dans notre pays les dates et périodes de soldes faits par des opérateurs privés (les enseignes) sont décidés par le pouvoir administratif via les préfectures.
Ce gouvernement là présenté souvent comme prompt à écouter le chant des sirènes libérales n'a pas changé, là encore, ce dispositif "ancestral" où l'état fixe les règles. Il y a plus libéral ailleurs.

Quel que soit le décisionnaire in fine de la date de début et de fin des soldes, le système actuel n'est pas mauvais d'un point de vue commercial. Plus tôt, c'est-à-dire dès le 26 décembre comme c'était le cas il ya qq années, c'est le meilleur moyen de "tuer" les collections en prix "plein pot". Le consommateur, pas balot en la matière, fait durer le manteau ou le tailleur de l'année dernière et se paye à -30, ou - 40 % le nouveau. Fin décembre, il aura largement le temps de porter le "nouveau" sur une période hivernale loin d'être terminée. La date de départ des soldes d'hiver vers le 10 du mois de janvier est donc plutôt bien placée. A noter que si les soldes commencent trop tôt, et suscitent donc de l'attentisme, les ventes se font majoritairement à prix cassés, et sont donc destructrices de marges. La même problématique sur le départ des soldes d'été tient aux départs en vacances. Là plus tôt (vers le 25/26 juin) est mieux adapté dans la mesure où le commerçant francilien ou alsacien dispose encore quasi pleinement de sa clientèle. Plus tard, c'est mauvais parce que ces mêmes commerçants verront leurs clientèles fondre comme neige au soleil, celles-ci privilégieront alors des commerces équivalents de leur lieu de villégiature.

En l'état de l'art, à l'image du village gaulois, vous trouverez dans le monde "commerçant" autant d'avis sur la question qu'il y a de commerçants. C'est la loi de ce milieu.

La fausse bonne idée de Thierry Breton concernant d'augmenter les périodes de soldes (> à deux vagues "été" et "hiver") est d'autant plus "imbécile" que tout commerçant quel qu'il soit a la capacité tout au long de l'année de faire bénéficier la clientèle de "promotions" là encore clairement définies par la loi. Il lui est donc possible "d'attirer les clients" par des prix promotionnels à n'importe quel moment de l'année, si celui-ci recherche à un moment donné l'écoulement rapide de sa marchandise quitte à diminuer sa marge commerciale.

Le seul écueil est qu'il doit reconstituer dans un délai de 30 à 40 jours (de mémoire) pour un produit donné, un prix dit "de référence". Pour illustrer ce sabir réglementaire, un commerçant qui déciderait de faire une promotion sur un tailleur "x" de - 20 % le 15 décembre et pour dix jours, devra arrêter sa promotion donc le 25 décembre. Il "reconstituera" artificiellement son prix de référence (prix initial du produit) le 25 janvier. Si les soldes commençaient le 11 janvier, et qu'il souhaite "solder" ce même produit, le tailleur "x", par exemple à - 30 %, la loi lui fait obligation (puisqu'il n'a pas reconstitué le prix de référence) à faire - 30 sur les - 20 % déjà consentis lors la promotion. Ces dispositions qui datent de 1977 ont comme objectif de conserver des périodes de prix plein pot, et de mettre au diapason les concurrents directs d'un même secteur.

Il ne faut pas perdre de vue de plus la nature de la remise, car le consommateur a déjà largement percuté que lorqu'il y a des produits soldés à -70 ou 80 %, il se fait empapaouter quand il achète plein pot. La préservation de période plein pot, permet de préserver les marges du commerçant, et de ne pas laisser à croire que les soldes, promotions, remises et ristournes sont "permanentes". Après on touche à la vérité des prix, et là il est sûr que les chaînes organisées sur le circuit "court" seraient largement favorisées versus le commerces traditionnel où le commerçant fait ses stocks au moment des salons professionnels et portent ensuite son investissement jusqu'aux soldes.
A vos souhaits !

joseph tura

Le sujet est intéressant mais le ministre dès qu'il a prononcé "DEUX ou trois" devient difficile à écouter. T.Breton, le soi-disant représentant de la société civile (jolie imposture), a depuis longtemps quitté le monde des mortels.

matéo

On notera pour faire taire les poncifs que tout étant de droite, cette proposition du ministre Breton, à l'identique de ce qu'avait laissé entrevoir l'action de Nicolas Sarkozy qui recevait il y a quelques mois les acteurs de la distribution, s'incrit dans l'optique de ce gouvernement de relancer la production en agissant sur les prix. Maîtriser ou faire baisser les prix sont vus comme levier de la création d'emplois. Loin, très loin du libéralisme dont il est souvent taxé, ce gouvernement est la version "de droite" d'une même technocratie, dont les deux déclinaisons sont le dirigisme et l'interventionisme. Le tout reste de tonalité étatiste.

Séverin

D'accord avec Matéo qui souligne le levier de consommation que représenteraient des soldes supplémentaires.

C'est une façon de redonner du pouvoir d'achat, et d'une certaine manière, on peut considérer que l'on dit aux grands groupes de distribution:" Vous gagnez beaucoup (trop?) sur le dos des consommateurs".
Nous vous incitons et permettons donc,de façon non-contraignante (le Marché s'en charge), de "redistribuer" de la richesse en vendant à perte (ou au moins avec une marge plus faible).

Reste l'impact sur le commerce de détail qui ne bénéficie pas nécessairement d'une logistique et d'un volume de vente suffisant pour travailler à flux tendus...

Robert Marchenoir

Question idiote: pourquoi ne pas supprimer la législation des soldes? Pourquoi ne pas laisser les seuls revendeurs décider du moment où ils bradent leurs collections anciennes ou qui n'ont pas marché, pour faire la place aux nouvelles? En quoi l'Etat est-il compétent en termes de fringues, de disques, de gadgets électroniques et de tout ce qui peut se solder sur le marché?

Que l'Etat s'occupe donc de ce qu'il est seul à pouvoir faire, c'est déjà beaucoup et il ne manquera pas de travail.

titou31

>Question idiote: pourquoi ne pas supprimer la législation des soldes?

Et bien, pour ne pas permettre à un gros de tuer tout les autres. Tu soldes, tu soldes, tes concurrents ne peuvent plus te suivre, et mettent la clé sous la porte. Et là, tu te rattrapes sur tes prix, car tu es désormais seul. Et les consommateurs font la grimace. Parfois, même la main invisible du marché peut se fourrer un doigt dans l'oeil (quand elle ne nous le met pas... non j'oserai pas la faire celle-là ;-)

Matéo

@titou31

Ce n'est pas aussi "binaire" que cela. Disons que contrairement à une idée reçue, il y a de la place pour tout le monde. Ce que le commerce traditionnel ne comprend pas toujours est qu'il est condamné s'il fait la même chose que la grande distribution. Sa pérennisation passe par sa capacité et son aptitude à développer une offre complémentaire à la grande distribution, et à développer le service, comme le conseil, où la grande distribution sait déjà moins bien faire. Si le commerçant traditionnel veut également se battre sur le critère prix, il ne pourra objectivement pas rivaliser.

Pour bien connaître cette "population", ceux-ci ont souvent tendance à perdre de vue que le premier service offert aux client est le respect des horaires d'ouverture. Il y a une tendance marquée, à défaut d'être générale, où le commerçant indépendant ferme plus tôt quand le chiffre de la journée n'a pas été au rendez-vous. Cela peut donner lieu, et je l'ai vécu rue Dufour à Paris, à des fermetures intempestives vers 18h00, donnant un côté village gaulois à l'ensemble de la rue commerçante. Autant de comportement qui favorise directement les pôles commerciaux plus rigoureux sur ces points.

Séverin

@Matéo,

"Sa pérennisation passe par sa capacité et son aptitude à développer une offre complémentaire à la grande distribution, et à développer le service, comme le conseil, où la grande distribution sait déjà moins bien faire."

Je suis tenté d'y croire, de me dire qu'il y a un avenir pour les petites structures avec un positionnement de niche, plus "qualitatif".

Mais je remarque aussi que les grandes chaines, qu'il s'agisse du luxe (LVMH, PPR...)ou de produits grand public, ont déjà un positionnement axé sur l'expertise, le conseil ou le service (livraison, SAV, n° vert conseil...).

Les marques textiles comme Mango s'approvisionnent en Asie et vendent cher, Darty offre une prestation assez complète, et les grandes surfaces développent toutes des rayons traiteur, fromage à la coupe, boulangerie (ce qui a entrainé une multiplication des types de pains dans les boulangeries de quartier, pour se différencier).

Les horaires sont effectivement un élément important, mais même les épiciers ouverts jusqu'à 23h-00h ne s'en sortent pas bien.

Comment développer une offre différenciée et complémentaire, sans lutte sur les prix, quand le pouvoir d'achat stagne, que les "grands" intègrent rapidement les tendances émergeantes (labels, bio, nouvelles technologies) et s'adaptent à la demande de "sur mesure" (comme Nike avec ses "séries limitées" de chaussures)?

Microsoft, que je vais prendre comme exemple extrême, peut sortir 20M€ pour acheter un petit logiciel familial de gestion, sans conséquence pour lui, et étouffe une bonne part de l'offre "complémentaire", ayant ensuite le choix de la commercialisation (date et prix),selon ses besoins.

Je ne suis pas très imaginatif (et peut être aussi mal renseigné), mais je n'arrive pas à voir/concevoir un business-model pérenne pour les détaillants et le commerce traditionnel (ce qui ne doit quand même pas les empêcher d'essayer de progresser partout où ça leur est possible)...

Alors je ne sais quoi penser de l'équation plus de soldes = plus de pouvoir d'achat - de commerce traditionnel...

Matéo

Il me semble qu'on peut développer une offre complémentaire en travaillant comme vous l'évoquez sur les niches, ou moins restrictivement sur d'autres segments de clientèle, moins sensibles au prix. Le rapport qualité-prix a encore de beaux jours devant lui, et je ne suis pas sûr que le commerce traditionnel ait épuisé ces ressources sur ce plan.

Votre exemple des boulangeries m'amuse. D'abord vous avez parfaitement raison, les pains spéciaux sont un bon exemple de diversification. Je passe souvent mes vacances en France l'été, et je change quasiment chaque année d'endroit, et je suis toujours estomaqué de voir que dans les campagnes les plus reculées, je trouve du pain de qualité très inférieure à celle de la région parisienne (sans aucun complexe de supériorité de parigot, je vous assure). En fait et pour avoir souvent poser la question, je me suis rendu compte que les boulangers traditionnels recourent souvent, pour des questions de "volume" disent-ils et de practicité, aux "pâtons surgelés", soit un produit en tous points identiques aux grandes surfaces. Il n'est pas étonnant à ce compte là, que les volumes diminuent encore plus, et que le consommateur prenne son pain en même temps qu'il remplit son caddy puisqu'il n'y a pas de différence significative.

Je me souviens d'un boucher du XIX ème, qui m'expliquait travailler totalement à rebours de la grande surface voisine. Viande d'excellente qualité, évidemment beaucoup plus chère, préparation de votre commande "à l'ancienne" où on dégraisse et on pare les morceaux avant la pesée. Autant de petites choses qui lui garantissaient un volant de client important. La traçabilité des bêtes, et maintenant l'affichage clair et ostentatoire de la race et de l'élevage restent un facteur important de différenciation avec le linéaire libre-service. Les boucheries à la coupe des hypers, il y en a peu en super, ont fait beaucoup de progrès, mais restent de qualité très inégale.

le commerce de bouche, et la confection me semble disposer encore de bonnes perspectives, en revanche en matière d'électronique, de produits brun/blanc, ou même de biens culturels, malheureusement les choses me paraissent un peu pliées.

Robert Marchenoir

Titou, votre argument est évidemment l'objection n°1.

Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de penser -- sans avoir la réponse -- qu'il devrait y avoir une façon de sortir de ce système: acheter uniquement, ou essentiellement, pendant les soldes, comme cela se fait de plus en plus, surtout pour les vêtements, c'est absurde.

Les marchands pratiquent toute l'année des prix que tout le monde considère comme du racket, personne n'achète, et tout le monde se précipite pour profiter des prix "normaux" dès les soldes ouverts, dans des conditions de service évidemment épouvantables.

Ca rappelle le système soviétique, où on se collait à une file dès qu'on en voyait une, parce que ça voulait dire qu'il y avait, exceptionnellement, quelque chose à vendre dans le magasin...

La piste de Matéo est intéressante. Je connais une boulangerie à Paris devant laquelle, tous les week-ends, s'allonge une file impressionnante. Les habitués patientent tranquillement dans la queue sans rechigner. Les étrangers au quartier se scandalisent: "Mais c'est comme en URSS!".

La cause en est simple: le pain est très bon. Et plus cher. Pourtant, devant la boulangerie concurrente qui se trouve à vingt mètres, il n'y a aucune queue. Je ne me fais aucun souci pour les revenus du patron. Et je peux vous dire qu'il a créé un paquet d'emplois.

Je vous conseille d'aller voir les soldes de Lands' End, un grand vépéciste américain de vêtements converti au Web:

http://www.6url.com/0CA9

Leurs soldes ordinaires vont jusqu'à 80%. Pas comme nos soldes de rapiats en France, quand le vendeur s'estime très généreux d'avoir baissé son prix de 50%.

Et chaque samedi, vous avez des enchères descendantes. Les articles sont soldés à 50 ou 60%, pour commencer. Puis le prix baisse tout au long de la semaine. Le vendredi, s'il en reste, la réduction est de 75% sur le prix de départ, déjà réduit de 60%!

Et je ne vous parle pas des articles légèrement défectueux, qui sont encore moins chers.

Voilà ce que j'appelle de vraies soldes pour renouveler les stocks tout en offrant de super-affaires aux clients, et non pour écraser les concurrents.

Dans notre système capitalistico-dirigiste, on accumule les inconvénients: comme tout le monde considère que les fringues, ça ne s'achète qu'en période de soldes, et qu'il faut bien payer le loyer, le chauffage et les vendeuses le reste du temps, les prix des soldes sont moyennement intéressants, tout le monde se marche sur les pieds en s'insultant, et des fonctionnaires employés à vie passent leur temps, payés par le contribuable, à décider s'il faut solder les maillots de bain le 28 juillet ou le 2 août. (Inutile de me corriger sur les dates, je les ignore totalement...)

Et voilà pourquoi votre fille est muette, et 10% des Français sont au chômage.

L'Epicier déblogue

Les soldes "à la française" sont basées sur des argumentations hypocrites et révèlent une facette de notre libéralisme ultra.

L'argument selon lequel les soldes sont absolument nécessaires pour écouler les stocks est falacieux et scandaleux : si les soldes n'existaient pas, les fabricants seraient bien obligés de reprendre les invendus.

Le fait de baisser les prix de 20 ou 80 % signifie avant tout que les produits sont vendus beaucoup trop chers le reste de l'année, d'où une défiance de la clientèle. Comment un boutiquier peut-il se qualifier de "vendeur-conseil" lorsqu'il joue les marchands de tapis deux mois par an ?

Et surtout, les soldes font le jeu d'un libéralisme ultra dans lequel la "Grande distrib", qu'elle soit généraliste ou spécialisée, prend la part du lion au détriment du petit commerçant. Ce jeu est dangereux car le jour où il n'y aura plus que des grandes enseignes, quid de la liberté d'entreprendre ?

Voici une proposition : laissons chaque chef d'entreprise organiser 4 fois une semaine de solde dans l'année, aux dates qui lui conviennent.

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France Identitaire

  • Je publie le 2 février 2012 "La France identitaire - enquête sur la réaction qui vient" aux éditions La Découverte. Un site est consacré à ce livre où vous trouverez la quatrième de couverture, la table des matières, l'introduction et une revue de presse qui sera mise à jour progressivement. Vous pouvez lire aussi des extraits du chapitre consacré à la gauche publiés sur Slate.fr.

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