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30 décembre 2005

Commentaires

Basta

Oui, passionnant. En 80 millions d'années, l'année est passée de 400 à 365 jours environ. Il est impressionnant que notre technique soit devenue si pointue qu'elle est assez fréquemment perturbée par ce ralentissement.
Eh bien cette question fort technique pourrait bien, comme presque tout en France, fournir le prétexte à une (petite) manifestation d'anti-américanisme ! Il montre le bout de l'oreille dans votre "Comme par hasard, les Américains...". Je note pourtant que la France serait d'accord avec la préconisation américaine de prendre en compte par lot d'une heure cette dérive temporelle, donc dans... un millier d'années la prochaine fois.
Quant aux lois naturelles qui s'inclinent devant des impératifs technocratiques, il en est un exemple qui bien que rentré dans les habitudes européennes a des effets très sensibles dans la vie courante : l'extravagante heure d'été.

Eric Dupin

Basta, d'accord avec vous pour déplorer la fameuse "heure d'été". Mais on peut noter que les Américains sont plus sensibles que d'autres aux impératifs techno-économiques sans être immédiatement suspecté d'anti-américanisme...

Siganus Sutor

Comme le disait déjà l’Ecclésiaste il y a environ deux mille ans (± 1,3 siècle), « rien de nouveau sous le soleil. »

En 1582, déjà, certains (dont, “bien évidemment”, ces “maudits Anglo-Saxons”) ne voulaient pas suivre les recommandations chronologiques de ceux qui, estimaient-ils, n’avaient pas de juridiction sur eux — quand bien même ce qu’ils disaient se trouvait être en conformité avec les observations. Kepler, qui savait de quoi il parlait, avait ainsi pu ironiser de la sorte : « Les Protestants aiment mieux être en désaccord avec le soleil que d’accord avec le pape. »

Des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, qui n’avaient pas de quoi se sentir offensés par une décision papale, ont illico adopté la bulle de Grégoire XIII en faisant du vendredi 15 octobre 1582 le jour suivant le jeudi 4 octobre de cette année-là. La France s’est semble-t-il un peu fait tirer l’oreille (gallicanisme oblige sans doute) et a attendu deux mois avant de se recaler sur le soleil. Sur les bords de la Seine, le 20 décembre a ainsi succédé au 9 décembre 1582.

Pour ce qui est de la Grande-Bretagne et de ses possessions (y compris américaines), le calendrier grégorien n’a été adopté que cent soixante dix ans après. Aujourd’hui on se chipote pour une malheureuse petite seconde, mais on peut imaginer ce que devait donner, d’un pays à l’autre, un décalage de 10 jours.

Un négociant français aurait ainsi pu donner rendez-vous à Londres, un jour précis, à un client de Boston sans que jamais ils réussissent à se joindre — sauf si l’un attendait l’autre pendant plus d’une semaine. William Shakespeare et Miguel de Cervantès passent pour être morts à la même date (23 avril 1616), mais pas pendant la même journée. Il est en outre bien connu que la “Révolution d’octobre” (1917) s’est passée en novembre. Sainte Thérèse d’Avila, pour sa part, est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582. Un vrai miracle en soi.

Ça ne devait certes pas beaucoup gêner les horloges atomiques de ce temps-là, mais la plaisanterie aurait pu durer encore un moment. La Russie, par exemple, n’a adopté la réforme grégorienne qu’en 1918. Pour la Grèce (membre de la CEE depuis 1981), il aura fallu attendre 1924.

Et compte tenu du fait que les horloges ne tournent toujours pas à la même vitesse entre ceux qui suivent Grégoire et ceux qui suivent Jules, l’écart continue de se creuser. Aujourd’hui, le retard entre le Noël orthodoxe (fêté en janvier) et le Noël du reste de la chrétienté n’est plus de 10 jours mais de 13. Si nous existons toujours dans quelques dizaines de milliers d’années, nous croirons certainement encore au père Noël. Lequel, pour visiter ceux qui auraient continué à suivre la tradition orthodoxe la plus rigoureuse tout en vivant dans l’hémisphère sud, finirait par revêtir son bonnet fourré en hiver et non plus en été. Ouf, enfin !

Eric Dupin

Merci pour ce passionnant éclairage historique !

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  • Je publie le 2 février 2012 "La France identitaire - enquête sur la réaction qui vient" aux éditions La Découverte. Un site est consacré à ce livre où vous trouverez la quatrième de couverture, la table des matières, l'introduction et une revue de presse qui sera mise à jour progressivement. Vous pouvez lire aussi des extraits du chapitre consacré à la gauche publiés sur Slate.fr.

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